Among public employment policies, Work Integration Social Companies (WISCs) are recognized as a professional sector that promotes socio-professional inclusion. Public funding for social companies promoting integration through work is governed by contractual obligations tied to the achievement of employment and training outcomes. In this context, this article explores the feasibility of assessing the employability of workers within social enterprises for integration through work (WISC), along with the methodologies used for such evaluations. First, the concept of employability in the specific setting of integration through economic activity is examined. Then, this study provides an original contribution to the econometric measurement of the effects of socio-professional support on the employability of individuals employed in integration programs run by associations in France. The main findings reveal that identifying, addressing, and resolving social issues significantly enhances the likelihood of professional integration, particularly in cases involving housing instability or difficulties related to social and family life.
Suivant une approche pluridisciplinaire, cet article analyse l’attention que la Loi ESS 2014 a porté à l’entrepreneuriat social associatif et à la contribution sociopolitique dont les associations sont potentiellement le creuset. A contrario du droit européen, la Loi 2014 ne reconnait pas la catégorie économique d’entreprise sociale tout en envisageant les propriétés entrepreneuriales de l’Association. Quant à la dimension sociopolitique de l’Association, la loi fait abstraction du principe de réciprocité, l’expression juridique des espaces publics de proximité et des processus de co-construction des politiques publiques manquant de consistance.
Les voies alternatives ouvertes par l’économie sociale et solidaire (ESS) sont questionnées à la lumière de la transformation de l’État social français sous l’effet du néolibéralisme. Identifié dans ses fondements politiques à la « gouvernementalité », à l’« entrepreneurialité » et au « managérialisme », l’État social néolibéral promeut un ensemble de normes institutionnelles affectant l’ESS, qui tend à évoluer vers une économie sociale d’entreprise. Ce mouvement normatif qui touche aux valeurs, aux principes et aux structures de l’ESS permet-il d’envisager des alternatives ? Selon les auteurs, des ferments de pratiques alternatives sont observables en marge des institutions publiques. Parallèlement, des regroupements territorialisés semblent constituer une autre trajectoire alternative, cette fois-ci en lien étroit avec l’action publique.
L’insertion par l’activité économique ( iae ) est un secteur professionnel composé d’acteurs publics et privés, ayant pour finalité l’inclusion socio-économique par le travail et pour l’emploi. Le secteur a connu ces dernières années une évolution notable des politiques publiques dédiées. D’une part, des dispositifs de contractualisation incitative se sont affirmés en matière d’efficience d’insertion. D’autre part, le développement de quasi-marchés est censé consolider le modèle économique des structures opérationnelles de l’ iae , désormais considérées comme des entreprises sociales inclusives ( esi ). Cette nouvelle régulation publique hybride, quasi hiérarchique et quasi marchande, a participé grandement à la formation d’un environnement concurrentiel. L’objet de notre contribution est de cerner les déterminants institutionnels des dynamiques concurrentielles et de se pencher sur les formes concurrentielles complexes. Il s’agit ainsi de mettre en exergue les concurrences internes au secteur ainsi que les concurrences entre esi et entreprises hors iae , avant de se centrer sur l’intensification concurrentielle et les partenariats concurrentiels.
Le développement social des territoires est d’une actualité revivifiée par le contexte des gilets jaunes. Dès 2013, la Fondation de France approfondit la question territoriale à travers le programme « Dynamiques Territoriales », expérimenté sur six territoires. L’institution philanthropique fait des pas de côté au regard de ses pratiques usuelles, en cherchant à prendre en compte les spécificités de territoires comme l’intentionnalité des acteurs. Centrant son attention sur les idées d’habitants et l’ empowerment (augmentation de la puissance d’agir) , l’adaptation de ses modes d’intervention implique qu’elle appréhende les formes de proximités dominantes et les ressources pouvant être activées pour chaque territoire. Au terme de l’expérimentation de deux dispositifs territoriaux, Hors Piste dans les Hautes-Alpes et Mine d’idées sur le cœur du bassin minier, l’analyse conduit à mieux comprendre, rétroactivement, la posture et les conditions d’une contribution innovante d’une philanthropie stratégique de proximité.
The topic of territorial social development has gained new relevance in the wake of the “gilets jaunes” movement in France. Since 2013, the Fondation de France has explored the territorial question through the “Territorial Dynamics” program, which is being tested in six territories. The philanthropic institution is going beyond its usual practices, seeking to take into account the specific characteristics of territories as well as the intentionality of actors. Focusing its attention on the ideas of inhabitants and on empowerment (increasing the power to act), the adaptation of its modes of intervention implies that it understands the dominant forms of proximity and the resources that can be activated for each territory.At the conclusion of the experiment with two territorial schemes, “Hors Piste” in the Hautes-Alpes department and “Mine d’idees” in the heart of the mining basin, the analysis helps us to better understand, retroactively, the stance and conditions of the innovative contribution of a strategic philanthropy of proximity.
Las soluciones alternativas abiertas por la Economia social y solidaria (ESS) se cuestionan a la luz de la transformacion del Estado social frances bajo el efecto del neoliberalismo. El Estado social neoliberal, que se identifica en la «gobernabilidad», «el espiritu empresarial» y el «gerencialismo», promueve un conjunto de normas institucionales afectando la ESS, la que tiene a evolucionar hacia une economia social de empresa. ?Permite este movimiento normativo que afecta a los valores, los principios y las estructuras de l’ESS considerar alternativas? Segun los autores, practicas alternativas surgentes al margen de las instituciones publicas se pueden observar. Al mismo tiempo, agrupamientos territorializados parecen constituir una otra trayectoria alternativa, pero estrechamente vinculada con la accion publica.
Nous analysons le soutien philanthropique au développement territorial au travers d’un programme lancé en 2013 par la Fondation de France (FdF). La réalisation de bilans évaluatifs pour les deux premiers dispositifs territorialisés arrivant à terme (2014-2018), l’un déployé sur un territoire rural et l’autre sur un territoire urbain, a permis de montrer que la FdF contribue aux processus territorialisés et territorialisants d’innovation sociale. L’innovation sociale, que nous qualifions d’endogène au territoire, se manifeste par des processus révélant des formes d’ empowerment territorial, individuel et communautaire. L’étude des dispositifs met en lumière les deux propriétés des processus d’innovation sociale : la dépendance au territoire et une configuration du territoire. Les processus d’innovation sociale dépendent des proximités entre bénéficiaires associés et de la nature des ressources en usage. Ils tendent aussi à engendrer ces proximités et générer la création-valorisation de ces ressources. Codes JEL : O35, A14, A12
Au cours des dix dernieres annees, en France, la baisse des subventions publiques et le recours aux marches publics dans les politiques sociales ont fragilise significativement les structures associatives de petite taille. Cette evolution institutionnelle favorise des logiques de developpement territorial et ouvre parallelement une fenetre d'opportunite pour des acteurs philanthropiques comme les Fondations. Nous allons aborder le soutien philanthropique au developpement territorial au travers de la strategie d'intervention de deux des six delegations regionales de la Fondation de France (FdF). L'une l'a deploye sur un territoire rural, l'autre sur un territoire urbain. La FdF possede une conception du developpement territorial qualifiee d'endogene, reposant sur la participation des habitants et la cooperation entre differents acteurs locaux dans le but d'aider a la creation d'activites et a la consolidation de liens sociaux. Nous voulons montrer que la FdF contribue aux processus d'innovation sociale territorialisee en appuyant des projets locaux novateurs et, par voie de consequence, en renforcant les capacites d'experimentation des acteurs associatifs implantes, de (re)creation de proximites et de revitalisation des solidarites locales. Abstract During the last ten years, in France, the reduction in the public subsidies and the use to public procurement in social policies weakened significantly the small-sized associative structures. This institutional evolution favorite of the logics of territorial development and opens at the same time a window of opportunity for actors philanthropic as the Foundations. We are going to approach the philanthropic support for the territorial development through the strategy of intervention of two out of the six regional delegations of Fondation de France (FdF). One set it up on a rural territory, the other one on a urban territory. The FdF possesses a design of the territorial development considered as endogenous, based on the involvement of the inhabitants and on the cooperation between various local actors with the aim of helping in the creation of activities and in the consolidation of social links. This article shows that the FdF contributes to the processes of social territorialized innovation by supporting innovative local projects and, consequently, by strengthening the capacities of experiment of the well-established associative actors, of (re)creation of proximities and revitalization of the local solidarities. 2
Dans cette communication, nous abordons le soutien philanthropique a l'empowerment territorial a travers la strategie d'intervention de deux des six delegations regionales de la Fondation de France (FdF). L'une l'a deployee sur un territoire rural, l'autre sur un territoire urbain. La FdF possede une conception de l'empowerment s'inscrivant dans un developpement territorial qualifie d'endogene. Ce mode de developpement territorial met en exergue la participation des habitants et la cooperation entre differents acteurs locaux dans le but d'aider a la creation d'activites et a la consolidation de liens sociaux. Nous voulons montrer que la FdF contribue a l'empowerment territorial, en renforcant les capacites d'experimentation des acteurs implantes. La (re)creation de proximites et de ressources qui en decoule donne lieu a des innovations sociales reperables tout autant au niveau des projets finalises que par les effets produits. 2
Secteur professionnel hétérogène, l’insertion par l’activité économique (IAE) a été influencé ces dernières années par une régulation publique hybride : une régulation tutélaire caractérisée par des mécanismes coercitifs d’intervention publique, l’objectif étant de corréler contrats et subventions à des services d’insertion de qualité fournis par des structures opérationnelles ; une régulation concurrentielle caractérisée par des mécanismes de compétition promouvant la valeur économique et l’efficience technique des productions support à l’insertion. Par conséquent, les structures opérationnelles composant le secteur convergent vers l’adoption de normes entrepreneuriales. Leur viabilité économique impose d’adopter un modèle économique à finalité sociale moins adossé aux subventions publiques et plus commercial. Suivant la même dynamique, leur transformation en entreprises sociales d’insertion par le travail (ESI) s’accompagne de processus de concentration, dont nous étudions les formes, les configurations et les propriétés. En particulier ont été identifiés huit types de regroupements d’entreprises et une forme de polarisation territoriale, le pôle territorial de coopération économique. Classification JEL : D74, G34, G38, L22, L31
Le pôle territorial de coopération économique (PTCE), une forme innovante de coopération territoriale de l’ESS ?. An article from journal Revue internationale de l'économie sociale (Le pôle territorial de coopération économique (PTCE)), on Érudit.
Ces dernières années, les pôles territoriaux de coopération économique (PTCE) ont émergé à l’initiative d’entreprises et de réseaux de l’économie sociale et solidaire (ESS), avec l’appui financier et le soutien matériel des acteurs publics nationaux et régionaux. Doit-on les considérer comme une forme de polarisation se rapprochant des systèmes localisés de production et d’innovation stabilisés dans différents secteurs industriels ? Parallèlement, peut-on confirmer des liens de filiation à l’égard de l’ESS ? L’étude comparative de huit cas de PTCE a permis d’identifier deux configurations résiliaires et de faire ressortir des caractéristiques de leur mode de gouvernance. Une analyse plus poussée des attributs de la gouvernance a débouché sur une caractérisation des trois dimensions partenariale, mixte et territorialisée, puis sur une exploration des dispositifs institutionnels.