
Cet article explore la dynamique référentielle tout au long d’une séquence d’enseignement incluant une évaluation continue pour apprendre (ECPA), en exploitant les travaux sur la référentialisation et le cadre théorique de la microculture de classe. Comment la voix des élèves s’exprime-t-elle quand ils et elles sont impliqué·es dans la co-construction des critères d’évaluation et des indicateurs, plus spécialement dans des pratiques d’ECPA ? L’analyse s’appuie sur une étude de cas menée dans un établissement de formation préprofessionnelle. Triangulant diverses sources de données (canevas de séquence, documents, entretiens avec l’enseignante, enregistrements audios d’interactions en classe), les résultats mettent en évidence, pour chacun des six temps de la séquence d’enseignement sur le débat en expression orale, la mise en relation référentielle (ou co-constitution dialectique entre référents et référés), le rôle des jugements évaluatifs en acte, la prise en compte de la voix des élèves sur les trois plans de la microculture de classe, et le rôle des temps réflexifs sur les expériences vécues. La discussion revient sur les constats empiriques principaux et dégage des ressources structurantes pour caractériser des trajectoires référentielles liées à des enjeux d’enseignement et d’évaluation continue pour apprendre. En s’appuyant sur les résultats empiriques, l’article se termine en questionnant plusieurs points critiques de la théorie.
Dans cet article théorique, nous souhaitons poursuivre les recherches entamées sur le concept d’objet-frontière d’évaluation (Roblez, 2025) en étayant davantage sa structure théorique et en nous intéressant aux apprentissages pouvant être facilités ou générés par son usage. Pour ce faire, nous réfléchirons à partir des rapports différentiels (Mottier Lopez, 2023) et du cube des modalités évaluatives (Gremion & Vaudan Méresse, 2022) pour identifier des pistes utiles à l’action.
Cet article expose une analyse de pratique qui rend compte d’une séquence d’apprentissage menée dans une classe de cours élémentaire en France. La séquence portait sur la production de textes poétiques. Afin de favoriser l’identification par les élèves des caractéristiques emblématiques de ce type de texte, puis de les inciter à réinvestir ces caractéristiques dans une activité d’écriture de poèmes, l’enseignante a mis en place une activité d’élaboration d’un référentiel avec les élèves. La perspective de recherche dont nous rendons compte ici consiste à apprécier de quelle façon le recours à cette élaboration a-t-il pu favoriser l’identification par les élèves des spécificités du texte poétique. Il s’agit également de porter un regard sur la mise en œuvre de cette activité par une enseignante et des élèves qui n’en sont pas familiers : repérer d’éventuels obstacles. Nous nous sommes par ailleurs interrogé·es sur les effets que cette construction d’un référentiel évaluatif par les élèves a pu avoir sur le passage à la production d’écrits.
À la fin de leur formation professionnelle initiale, les apprenti·es passent, entre autres, un examen pratique supervisé par deux évaluateur·rices. Cette fonction est réservée aux professionnel·les volontaires et expérimenté∙es issu∙es du domaine. Notre étude basée sur deux focus groups permet de mieux comprendre les motivations à occuper cette fonction facultative principalement réalisée sur le temps de congé ainsi que la construction de la légitimité de cette fonction et son apport au travail quotidien. Nos résultats montrent une diversité de types de motivation allant de motivations extrinsèques à intrinsèques selon le continuum de la théorie de l’autodétermination. Ensuite, la légitimité perçue par les évaluateur·rices est étroitement liée à leur expérience ainsi qu’à leur capacité à gérer efficacement les imprévus rencontrés lors des examens pratiques. Enfin, la fonction d’évaluateur·rice a une influence sur le travail quotidien et réciproquement.
Dans cet article est présentée une recherche-intervention en contexte académique français. L’objet est d’exposer, à partir du concept d’ » objet-frontière » (Star, 2010 ; Trompette & Vinck, 2009), comment ont été co-constitués trois objets d’évaluation singuliers et leurs référents d’évaluation. Notre hypothèse est que le concept d’objet-frontière d’évaluation peut servir à observer dans la « co-constitution référentielle dynamique » (Mottier Lopez, 2022 ; Mottier Lopez & Dechamboux, 2017) l’identification de l’objet d’évaluation commun en conservant les tensions et disparités de ses significations. Dans le cadre de cette recherche, trois objets-frontières d’évaluation ont été identifiés par les pilotes territoriaux d’une action publique éducative réformant la formation continue des professeur·es du premier degré : la réussite du dispositif de formation, la place du directeur d’école dans son pilotage et la professionnalité du formateur de ce dispositif. La conclusion présente les limites identifiées et les perspectives pour la deuxième année de recherche à venir.
Afin de faire participer les élèves alloglottes aux activités scolaires en français dès leur entrée à l'école, la plupart des établissements mettent en place des systèmes d'aide (appui, cours intensif de français, classe d’accueil...). Pour favoriser les apprentissages, le système didactique auxiliaire (espace d’aide linguistique dans notre cas) doit être bien coordonné avec le système principal mis en place dans la classe des élèves concernés. Dans cette contribution, nous présentons plus précisément une étude de cas concernant la pratique d’enseignement de deux enseignant∙es lors de la mise en place d’une séquence d’enseignement coordonnée entre le système didactique principal et auxiliaire. Il s’agit d’une séquence de compréhension du conte Les Trois Petits Cochons réalisée auprès d‘élèves de 5 ans, soit de 1P. La coordination entre les systèmes repose sur l'élaboration et l'utilisation de l'outil passeport de l'oral. Nos analyses ont permis de comprendre le rôle du passeport comme instrument d’évaluation qui coordonne les actions des enseignant∙es et qui suit la progression des apprentissages des élèves.
Attempts to change national education systems are recognized internationally as extremely challenging. This is particularly true when the success of a potential innovation requires support from wider society. Reform of high stakes qualifications and assessment is such a case; where success depends not only on the commitment of learners and teachers but also on the active support of wider groups such as parents, policy makers, employers, universities, and colleges. This article presents a case study of a policy process, the Independent Review of Qualifications and Assessment in Scotland, commissioned by Scottish Government. The methodology attempted to co-construct policy with all those whose support would be crucial to the successful enactment of policy proposals. First establishing the context for change, the article introduces the theoretical model that underpinned the policy process and how that influenced the development to the point when the report, ‘It’s Our Future’, was submitted to the Cabinet Secretary for Education and Skills in Scotland. The Review advocates significant reform to qualifications and assessment in Scotland, moving from qualifications that are principally subject-based to “The Scottish Diploma of Achievement”, an inclusive, baccalaureate-style graduation diploma. The article concludes by reflecting on challenges in reform of national high-stakes qualifications and assessment and tensions inherent in deeply collaborative approaches to national policy development.
Ce texte présente l’expérience de l’écriture collective, dans le canton de Fribourg (partie francophone), des prescriptions en matière d’évaluation des apprentissages pour les enseignant·es et directions des établissements scolaires de l’école obligatoire (élèves de 4 ans à 16 ans). Une particularité de la démarche d’écriture entreprise entre 2019 et 2020 est d’avoir mené un projet d’écriture collective, rédigée directement par des professionnel·les impliqué·es dans les différents contextes institutionnels, pour les professionnel·les du terrain. Le texte présente les origines du projet, liées notamment aux enjeux de réformes précédentes, à des constats dans le terrain fribourgeois et à une volonté politique d’aller vers une plus grande harmonisation sur l’ensemble de la scolarité obligatoire Il présente ensuite les principes généraux de l’écriture collective qui ont impliqué un ensemble de groupes de travail et des distributions de rôles et de responsabilités interdépendantes. Finalement quelques objectivations critiques sont formulées à propos de la démarche expérimentée par les trois acteur·rices qui avaient la mission de piloter le projet.
Entre les années 2019 et 2022, un groupe mandaté par La Divisione della scuola du canton du Tessin a élaboré un document concernant l’évaluation des apprentissages par compétences. Il s’agit d’un document destiné aux enseignant·es de l’école obligatoire et qui vise une transformation de la culture de l’évaluation des apprentissages des élèves dans le canton du Tessin. L’article expose les étapes du processus de conception et d’écriture du document et les synergies entre le groupe de travail qui s’est occupé de la conception et de la rédaction du document, et celui d’accompagnement ayant pour but de co-élaborer certaines parties du document et de donner des conseils sur d’autres. Les deux groupes étaient composés de professionnel·les provenant de contextes différents. Cette composition a permis d’avoir une vision globale des changements nécessaires, ainsi que des éléments problématiques. Les obstacles et les éléments facilitateurs du processus, ainsi que les concepts-clés (l’évaluation dans une approche par compétences, l’intégration de l’évaluation dans la planification didactique, les rubriques évaluatives et les profils de compétences) sont mis en évidence dans cette contribution. L’application de ces concepts-clés dans les pratiques quotidiennes des enseignant·es devrait amener des changements qui tendent vers une culture de l’évaluation pour l’apprentissage. Finalement, l’article propose quelques leviers qui pourraient soutenir le processus de changement de la culture de l’évaluation, par exemple, l’exigence d’aligner les prescriptions avec les processus de changement des pratiques.
À la suite de la crise sanitaire liée au COVID-19 et à l’impact qu’il a eu sur l’école et les cursus des élèves, le Service de l’Enseignement du Canton du Valais a décidé la mise en place de l’annualisation des moyennes pour l’ensemble de la scolarité obligatoire. Le suivi de la plus-value de cette décision sur les apprentissages et la progression des élèves a mis en évidence ses possibilités de pérennisation et a ouvert la porte vers d’autres considérations. Dans le cadre légal en vigueur, comment peut-on soutenir l’apprentissage des élèves par l’évaluation ? Cette question est traitée actuellement par plusieurs acteurs et actrices de l’école valaisanne. Nous retraçons ici son historique et son ancrage dans les préoccupations actuelles.
En 2021, la brochure Lignes directrices pour l’évaluation des apprentissages des élèves a été éditée par le canton de Neuchâtel (Suisse). L’article présente le processus d’écriture de ce texte. À la suite de modifications apportées par la rénovation structurelle du cycle 3, de nombreux questionnements sur l’évaluation ont émergé de la part d’enseignant∙es du secondaire 1. Pour y répondre, le groupe de travail mandaté par le département cantonal, constitué de responsables de l’enseignement, de membres de direction et de représentant∙es des syndicats des enseignant∙es, ont corédigé un texte visant à accompagner les pratiques évaluatives au cycle 3. Avec la volonté politique de redéfinir le cadre général de l’évaluation en repositionnant l’évaluation dans sa fonction pédagogique comme levier pour soutenir les élèves de la 1e à la 11e année, le texte initialement destiné au cycle 3 a été adapté et étendu à l’ensemble de la scolarité. Les Lignes directrices pour l’évaluation des apprentissages des élèves cherche à développer une culture commune prenant en compte le passage à une évaluation des compétences, à encourager l’évaluation pour soutenir les apprentissages et à adapter l’évaluation en fonction des apprentissages des élèves ayant des besoins éducatifs particuliers. Pour que les démarches évaluatives des enseignant·es puissent être en adéquation avec les principes de la politique cantonale décrits, il semble nécessaire de poursuivre la dynamique de formation « en continu » dans les établissements sur des thématiques liées à l’évaluation, de revoir les règlements cantonaux et de poursuivre le développement d’outils exemplifiant des pratiques évaluatives.
Cet article présente une synthèse des textes cantonaux (Fribourg, Neuchâtel, Jura, Tessin, Valais) et intercantonal (IRDP) du numéro 8 de la Revue LEeE, en les mettant en relation avec les propositions conceptuelles du texte introductif de Lucie Mottier Lopez dans ce même numéro. Les démarches de co-élaboration de documents à visée instituante s’inscrivent dans des mouvements plus larges de transformation des cultures évaluatives. Elles impliquent des professionnel∙les de l’éducation à différents niveaux de la sphère éducative. Les processus collaboratifs varient d’un canton à l’autre, mais tous cherchent à associer les enseignant∙es à la démarche. Des défis sont rencontrés, tel que la terminologie à négocier, et des défis sont anticipés, telle que la résistance au changement de la part du terrain. En guise de conclusion, l’article examine les notions d’objet-frontière et de boundary spanners contribuant à bâtir des ponts de dialogue et de cohérence entre les mondes concernés, en faveur d’une transformation des cultures évaluatives vers des évaluations positives pour l’avenir.
Les politiques éducatives se sont orientées en faveur d’une Ecole inclusive et de pratiques d’enseignement différenciées pour développer le potentiel de tous les élèves. Qu’en est-il des pratiques d’évaluation des apprentissages, et plus particulièrement dans des situations d’évaluation sommative ? Peuvent-elles/doivent-elles être différenciées par les enseignant·es ? Ces questions sont d’autant plus légitimes avec l’avènement actuel d’une évaluation pour apprendre (assessment for learning) dans les politiques éducatives. En effet, dans ce paradigme toute démarche d’évaluation, même sommative, peut participer au projet de soutenir le développement des élèves. Notre recherche a pour but d’identifier et d’expliquer les perceptions et pratiques déclarées d’enseignant·es quant à la différenciation pédagogique dans le cadre d’évaluations sommatives. Nous avons réalisé des entretiens semi-directifs avec six enseignant·es du primaire (3e à 8e année ; élèves de 6 à 12 ans). Les analyses de cas et analyses globales montrent qu’elles·ils font preuve, dans les évaluations sommatives, d’une certaine flexibilité pour tous les élèves (temps, consignes). Leurs actions sont toutefois plutôt spontanées, au moment de la passation d’un test. Elles consistent surtout à créer un environnement rassurant mais touchent peu les objets évalués et les productions attendues, sauf pour des élèves à besoins particuliers. L’analyse des entretiens permet de relever les obstacles, principalement : une représentation traditionnelle de l’évaluation sommative, une représentation de la justice scolaire spécifique à l’évaluation sommative (méritocratie, égalité de traitement), un manque de temps, un manque de compétences et de connaissances des possibilités de différencier l’évaluation sommative.
Cet article a pour objectif de décrire et questionner les processus qui ont conduit, dès 2020, le Service de l’enseignement du canton du Jura en collaboration avec la Haute école pédagogique des cantons de Berne, du Jura et de Neuchâtel (HEP-BEJUNE) à unir leurs efforts pour initier et impulser un renouvellement contemporain des cultures et des pratiques évaluatives en milieu scolaire (primaire et secondaire), davantage orienté vers un paradigme d’évaluation-soutien d’apprentissage. Ce mouvement s’est concrétisé au travers d’une double démarche : 1) la production d’un texte par le Service de l’enseignement visant à fixer le cadre général de l’évaluation des apprentissages et, 2) la conception de sessions de formation dédiées à l’évaluation pour le personnel enseignant en collaboration avec l’institution de formation (HEP-BEJUNE). Dans cet article, il s’agit de présenter les circonstances, les impulsions et les facteurs déclencheurs qui ont motivé un mouvement de réforme dans le champ de l’évaluation des apprentissages. Puis, il est question non seulement de décrire la démarche retenue par le canton du Jura, mais également de discuter des obstacles/freins et/ou des éléments facilitateurs qui entravent ou éclairent un processus visant à un enjeu de transformation des cultures et des pratiques évaluatives en milieu scolaire. En guise de conclusion, il s’agit de proposer quelques pistes pour ancrer durablement le renouvellement des cultures et des pratiques évaluatives avec l’engagement et l’adhésion du personnel enseignant.
Cet article présente les Pistes pour l’évaluation (PistEval), un site Internet sur lequel sont mises à disposition des enseignant·es romand·es des ressources évaluatives pour la 8e année (élèves de 11-12 ans) en français et en mathématiques. Elles visent à les soutenir dans l’élaboration de leurs évaluations, qu’elles servent à des fins diagnostique, formative ou certificative. Les tâches proposées sont accompagnées d’étayages théorico-didactiques et méthodologiques. Après avoir exposé le contenu des PistEval, leurs visées et le contexte du projet dans lequel elles s’inscrivent, nous décrivons le processus déployé et les acteurs et actrices impliqué·es dans leur élaboration. Nous nous focalisons ensuite sur leurs étayages, que nous présentons plus en détail, avant d’évoquer les éléments qui ont facilité la mise en place des PistEval, ainsi que les difficultés rencontrées. Finalement, nous revenons sur les principaux apports du projet, à savoir la définition de certains principes communs pour l’évaluation de la compréhension de l’écrit en français et de la résolution de problèmes en mathématiques, ainsi que sur les pistes de réflexion proposées. Nous évoquons également la perspective des PistEval qui est de faire évoluer les pratiques évaluatives des enseignant·es, de manière à ce qu’elles soient au service des apprentissages des élèves.
Ce texte présente un commentaire de mise à distance des articles écrits par les membres du réseau IEAN-CH dans le numéro 8 de La Revue LEeE. Il a été rédigé à la suite de l’évaluation que l’auteur a fait de ces textes en tant qu’expert externe, c’est-à-dire sans être membre du réseau.
Entrer en scolarité demande à l’enfant de vivre un certain nombre de transitions afin de s’approprier un mode de fonctionnement spécifique à l’école. Pour le soutenir sur ce chemin, les enseignant∙es des petits degrés doivent mettre en place les conditions qui accompagnent les élèves en devenir. Dans cette communication, nous proposons une étude qualitative à partir de données récoltées durant 18 mois dans une classe de maternelle en Suisse romande. Nous proposons deux types d’analyses : tout d’abord celle du journal de bord de l’enseignante dans lequel elle a consigné les activités menées dans la classe, puis celle d’un cahier de réunion réalisé lors de réunions autour d’activités initiées par les enfants. Ces analyses débouchent sur la description d’une pratique inclusive qui prend en compte les besoins et les intérêts des enfants pour les amener progressivement vers l’appropriation collective des savoirs scolaires. Si le journal de bord donne à voir une unité d’enseignement/apprentissage flexible qui se co-construit autour d’un objet de savoir, le cahier de réunion y remplit les fonctions d’instrument de liaison entre la perspective des enfants et celle des savoirs scolaires, ainsi que d’outil d’évaluation dynamique et d’institutionnalisation de la mémoire didactique collective.
Assessment policy and practice is a key cornerstone of education and a significant influence on teaching and learning, and on learner outcomes. This paper provides insights into recent assessment reforms in Ireland which have sought to reposition assessment in both primary and lower secondary education as part of broader curriculum change. It provides an overview of the prevailing assessment landscape prior to these reforms and explores the associated assessment culture that has evolved over time thereby providing a rich picture of the context for these reforms. Taking the two core policy documents at the heart of the reforms, the Primary Curriculum Framework (2023) and the Framework for Junior Cycle (2015), it identifies four common facets that underpin assessment, before then providing insights into the process of developing education policy advice and how this is shaped not only by research but also by the key education stakeholders. Based on the lived experience of these recent reforms, this paper identifies some key factors that have been identified as contributing towards and conspiring against the successful implementation of a new vision for assessment. The paper concludes with a reflection on assessment policy as a driver of education reform.
Cet article présente sur le plan théorique la thématique traitée par ce numéro 8 de La Revue LEeE quand un enjeu politique est de rédiger des textes à visée instituante pour impulser une transformation de la culture de l’évaluation dans les classes et les établissements scolaires de la Suisse romande et du Tessin. Pour ce faire, quatre axes conceptuels sont développés : (1) une perspective générale « d’évaluations positives pour l’avenir » visant à englober les différentes propositions retenues par les cantons romands et du Tessin, présentées dans les articles qui composent le numéro. Un accent est mis sur la conception d’une évaluation comme ressource potentielle à la réalisation de trajectoires identitaires sur un long terme au regard des contextes contemporains en constante évolution. (2) Les cultures de l’évaluation, avec la présentation de trois exploitations contrastées dans la littérature scientifique. (3) La négociation des cultures d’évaluation incluant la collaboration des acteurs et actrices concerné·es. à nouveau, différentes conceptions de la collaboration sont présentées, ouvrant à une approche plus globale et systémique de la théorie sociale de l’apprentissage de Wenger autour des « communautés » et des « paysages de pratique ». (4) Le rôle de la production de documents à visée instituante quand un enjeu est d’impulser une transformation des cultures d’évaluation dans les systèmes scolaires, avec l’hypothèse des négociations de sens qui y contribuent et des apprentissages qui en résultent. D’une façon générale, le but de cet article est d’exposer différents cadres conceptuels susceptibles d’orienter, en partie, la lecture des comptes-rendus empiriques exposés dans les articles « cantonaux » d’une part, et d’exposer quelques premiers fondements théoriques aux synthèses conclusives du numéro d’autre part.
L’approche de l’Évaluation-soutien d’Apprentissage favorise la motivation et l’engagement des élèves et participe au développement de leur capacité d’autorégulation. En cela, elle constitue un outil pédagogique précieux dans la perspective de l’inclusion scolaire puisqu’elle contribue au désir d’apprendre et a pour but de promouvoir les apprentissages des élèves. Dans cette conception, l’évaluation s’intègre à la planification même de l’enseignement, y compris pour permettre aux élèves de comprendre les objectifs poursuivis ainsi que les critères qui serviront à évaluer leurs productions. C’est sur cette base que les élèves pourront participer à l’évaluation de leur travail et recevoir des rétroactions utiles pour progresser. L’article présente une recherche collaborative, impliquant six enseignantes généralistes au degré primaire, pour concevoir une démarche et des outils d’évaluation des premiers apprentissages de l’anglais à l’école primaire. À partir d’un ensemble de données empiriques récoltées lors d’une formation continue combinée à la mise en place d’expérimentations dans six classes de 7ème année primaire (élèves de 10 à 11 ans), nos résultats permettent de rendre compte de l’usage effectif des outils d’évaluation, avec leurs bénéfices et limites. Les analyses montrent, entre autres, une variété de pratiques pouvant être plus ou moins favorables au soutien des apprentissages. Des leviers et des obstacles à la participation des élèves dans le processus d’évaluation sont mis en évidence. Enfin, en posant un regard critique sur le dispositif de recherche collaborative, nous interrogeons les conditions nécessaires à une transformation des pratiques d’évaluation, pouvant favoriser un accès plus égalitaire aux apprentissages, dans une visée d’école inclusive.