
This paper concerns itself with the multiplication of objects in Hag-Seed – The Tempest Retold. Objects journey from Shakespeare’s play into the 2016 novel and act both as attributes, and as co-extensions of bodies, forming original entities when modifying the corporeality of characters. As the original Shakespeare play materializes as an object (the book the reader is holding but also the video performance in the diegesis), a reflexion on the control of bodies, and their (dis)location is carried out. A multiplicity of repetitions, substitutions, imitations, keep opening new doors in the novel but go beyond postmodern allusions to a world where originality has collapsed. Such repetitions are analyzed in this paper through the lens of Walter Benjamin’s work on the reproductivity of modern art, of Linda Hutcheon’s analysis of postmodern literature, and of Foucault’s analysis of epistemic shifts at the end of the Renaissance. We consider whether objects and/or things function as evolutionary mechanisms through their metamorphosis and extend this by examining whether the result of this adaptability resonates with the resilience of literature as a whole. In contrast to the idea that reality is unfathomable, certain objects provide us with a new vision of strangeness, of otherness and possibly monstrosity, thereby offering us alternate realities.
Cet article étudie la notion d’agentivité nonhumaine dans L’Arbre-monde de Richard Powers. A partir de la théorie de l’acteur-réseau de Bruno Latour, qui ouvre un espace théorique pour la définition d’une agentivité des objets, l’article explore la possibilité d’appliquer cette théorie à la représentation des arbres dans le roman. Si la métaphore peut suggérer une forme d’agentivité par sa capacité à rapprocher le monde de la subjectivité humaine, elle constitue également une barrière à la prise en compte d’une agentitivé en dehors de l’humain. En étudiant la façon dont Powers explore la relation entre les niveaux littéral et métaphorique de la narration, on constate que l’agentivité des arbres émerge comme un effet de cette interaction, plutôt qu’à travers une appropriation métaphorique. On peut dire que cette stratégie narrative produit des « assemblages » qui ressemblent à ceux qui pour Bruno Latour et Jane Bennett créent une agentivité nonhumaine.
En prenant appui sur l’analyse de The Silence, le dernier roman de Don DeLillo publié en 2020, le présent article montre comment l’écran joue un rôle de médiateur servant à façonner l’identité des humains au sein de la culture technologique contemporaine. L’écran permet de penser le présent en raison du double statut qu’il acquiert : en tant qu’hyponyme de la technologie et en tant qu’objet physique qui organise la vie humaine. Cet article vise à montrer comment le caractère dysfonctionnel de l’écran le rend plus visible dans l’espace physique, lui conférant par là-même de nouvelles caractéristiques qui attirent l’attention du lecteur non pas tant sur ses fonctions que sur la manière dont sa présence modifie les interactions humaines. Cette condition déplace l’accent de la fonctionnalité vers l’ontologie. Dans l’espace narratif, l’objet devient un agent qui remodèle le comportement et ajuste les fins humaines pour qu’elles correspondent au caractère des moyens technologiques. L’écran fonctionne comme le catalyseur d’une parole qui tourne à vide isolant davantage les personnages. Si le langage ne parvient plus à façonner l’identité dans l’espace sensible qu’habitent les personnages, le récit, lui, est à même d’investir le langage d’une force qui émerge des silences qu’il crée, ce qui encourage l’écoute active du texte qui se déploie sous les yeux du lecteur.