
L’amour est-il un sentiment, un désir ou une forme de connaissance ? Dans cet entretien, Jean-Luc Marion pense le phénomène amoureux comme une expérience de l’altérité irréductible à la sexualité. À partir du « je t’aime » qui se performe fragilement dans une contingence amoureuse doublée du risque de la perte, il déploie une réflexion sur un amour qui nous précède toujours : celui de Dieu.
Le 7-Octobre a réactivé pour les communautés juives le fantôme du traumatisme de la Shoah. En revenant sur le concept de « post-mémoire » qu’elle a elle-même formulé, Marianne Hirsch s’interroge sur les conditions de transmission de cette mémoire traumatique, et le risque qu’elle se referme sur elle-même, empêchant la vision d’autres souffrances transgénérationnelles, en l’occurrence, celle des Palestiniens.
Le néologisme « relationner » désigne des formes contemporaines du lien qui débordent le cadre du couple et du mariage. En analysant la pluralité des attachements affectifs, ce texte fait de la relation une catégorie centrale pour penser les transformations de l’amour et les conditions d’une nouvelle forme de communauté.
Les romans de Jean Villemin sont aussi énigmatiques que leur auteur. Portrait d’une œuvre où la certitude se dérobe, que l’on ne peut ni résumer, ni dompter.
Fortement ancrée dans la tradition du catholicisme social, la nouvelle encyclique du pape Léon XIV réussit le pari d’une véritable réflexion éthique sur l’intelligence artificielle, consciente à la fois des conséquences anthropologiques et des responsabilités politiques qu’elle implique.
Région partagée entre des ambitions d’autonomie et une grande instabilité, le Sahel représente un enjeu géopolitique majeur.
Hwang Sok-yong transpose un grand mythe coréen dans le présent pour faire de Princesse Bari un roman où l’exil et la violence du monde sont sans cesse traversés par la poésie et l’espérance.
En racontant la vie d’une femme des plus influentes, cette biographie retrace l’histoire de la place de la Chine dans le monde au long du XX e siècle.
En explorant l’histoire oubliée des musées commerciaux, Sophie Cras renouvelle notre compréhension des liens entre capitalisme, culture matérielle et imaginaire colonial.
Entre l’œuvre de Jaccottet et celle de Merleau-Ponty s’esquisse une même fidélité à l’incertitude. À rebours de toute maîtrise du sens, leurs écritures donnent forme à une poétique de l’épars dans laquelle l’effacement et la modestie ne conduisent pas au repli sur soi mais à une attention plus ouverte au sensible.
S’il n’existe plus en tant que mouvement intellectuel constitué et identifiable, le personnalisme n’a pas cessé pour autant d’irriguer la société civile. Revenir sur ses conditions d’émergence permet ici de réaffirmer le rôle fondamental, pour toute personne, d’une communauté vivante dans laquelle s’épanouir.
Chez Iris Murdoch, l’amour ne relève pas d’abord du sentiment mais d’un exercice du regard. En dialogue avec Simone de Beauvoir et Simone Weil, ce texte interroge la manière dont l’éthique de l’attention permet de penser autrement les relations entre amour, genre et pouvoir.
Dans cet entretien, Camille Laurens revient sur un parcours d’écriture au cours duquel elle n’a cessé d’explorer l’objet amoureux. En interrogeant la permanence de la rencontre amoureuse et la force du lien filial, elle entraîne ses lecteurs dans une recherche de ce que pourrait être le véritable amour.
En revenant sur l’évolution de la République islamique, Farhad Khosrokhavar montre comment un pouvoir en perte d’emprise idéologique s’enferme dans une logique de répression permanente.
Deux personnages séparés par 2000 ans, chacun happé par un même désir d’éternité, tracent un itinéraire qui les porte à reconfigurer le rapport humain au temps.
Journaliste et coréalisatrice de la mini-série documentaire De rockstar à tueur : le cas Cantat (Netflix, 2025), Anne-Sophie Jahn enquête depuis 2016 sur le meurtre de Marie Trintignant en 2003 à Vilnius et le suicide de Krisztina Rády en 2010 à Bordeaux. Après la publication d’un premier article pour Le Point en 2017 intitulé « Bertrand Cantat, enquête sur une omerta », et la publication en 2023 de l’ouvrage Désir Noir (Flammarion), elle revient sur le traitement médiatique de l’affaire Bertrand Cantat et nous invite à une relecture de ce fait divers à l’aune du mouvement Me Too et du concept de féminicide.
Avec son dernier livre Nous avons encore envie , Raphaël Glucksmann se saisit à son tour de l’humeur patriotique qui domine déjà la pré-campagne pour les élections présidentielles de 2027. Mais ces discours ne suffisent pas à formuler un projet collectif crédible, fondé sur une politique de la solidarité et de l’entraide plutôt que sur l’identité ou l’incarnation prophétique.