
Dès le rattachement de l'Alsace à la France, la valorisation du territoire s'affirme comme l'un des objectifs majeurs de la monarchie dans la province, et pour ce faire, la maîtrise des cours d'eau est vite perçue comme essentielle. Au-delà du seul intérêt économique, l'étude des fonds de l'intendance montre qu'au XVIIIe siècle, l'ingérence du pouvoir royal dans la police des cours d'eau à travers la gestion des conflits d'usage et de la lutte contre les inondations, permet à la monarchie de légitimer son intervention, et donc par extension, l'autorité du souverain. Dans ce domaine, l'action des ingénieurs des Ponts et Chaussées est essentielle à l'action des pouvoirs administratifs. Ces derniers autant que les populations riveraines se reposent sur leur expertise et leur pratique du terrain. Toutefois, en dépit de leur intervention permanente, la portée des mesures reste cantonnée au niveau local et les compromis imposés par la réalité tant environnementale que politique de la province sont nombreux, conduisant à une administration originale, sans pour autant être exceptionnelle, du réseau hydrographique alsacien
L'estimation de l'élasticité des débits aux précipitations est présentée pour un ensemble d'une cinquantaine de bassins versants situés en Afrique sub-saharienne. L'élasticité des débits aux précipitations est définie ici comme le changement proportionnel de l'écoulement moyen annuel divisé par le changement proportionnel de la précipitation moyenne annuelle. Elle décrit donc la sensibilité des débits à des changements de précipitations et s'avère un outil utile pour évaluer de manière simple, mais non simpliste, l'impact du changement climatique dans des projets relatifs à l'utilisation des ressources en eau. L'élasticité des débits aux précipitations est évaluée ici de manière empirique grâce à des estimateurs non-paramétriques et des séries historiques de débit observé et de précipitation. Les résultats indiquent que l'élasticité des débits aux précipitations est de l'ordre de 1 à 3 sur les bassins versants étudiés. Les anomalies des précipitations sont donc amplifiées au niveau des écoulements avec un facteur de 1 à 3. L'élasticité des débits aux précipitations diminue lorsqu'augmentent l'écoulement moyen interannuel et le coefficient de ruissellement. En revanche, il ne semble pas exister de relation directe entre élasticité des débits et superficie de bassin versant. La cartographie des résultats ne révèle pas non plus de facteurs physiques pouvant expliquer la variabilité des valeurs d'élasticité. De même le type de climat ne semble pas un facteur explicatif de premier ordre.
La Méditerranée est une zone tempérée occupée par diverses populations la rendant une des régions les plus sensibles aux changements anthropiques et climatiques. L'objectif de ce travail est d'établir une classification climatique pour l'hydrologie qui met en évidence la continuité climatique d'un lieu à un autre et pourrait évaluer les tendances des changements. La démarche proposée comporte une Analyse en Composantes Principales pour réduire le nombre des indices climatiques et ne considérer que les plus contributaires, une classification en K-moyennes pour distribuer les stations en un certain nombre de classes, ici 5 et finalement la construction d'un arbre de décision à partir des distances aux noyaux des classes climatiques pour déterminer si un lieu quelconque possède ou non un climat méditerranéen et à quel type appartient-il. Les données de 144 stations au pas de temps mensuel dans 20 pays méditerranéens sont utilisées pour caler la classification, 36 autres stations pour vérifier cette classification en Méditerranée et 21 stations pour la vérifier au Chili et en Afrique du Sud connus pour leur climat à caractère Méditerranéen. Les résultats montrent que la distribution en 5 classes coïncide avec une distribution géographique en Méditerranée et l'analyse de la connexité interclasse montre que l'évolution du climat se fait de façon continue, puisqu'une même station peut obéir aux critères d'appartenance de plusieurs classes.
Le masque en béton bitumineux est l'un des organes les plus utilisés pour l'étanchéité des barrages en remblai. Le parement en béton bitumineux est, en particulier dans le cas des installations de stockage par pompage hydroélectriques, sont souvent très exposé à des fluctuations importantes de température, qui sont causées par la radiation solaire, la variation du niveau d'eau dans le réservoir, par le gel dans la saison d'hiver, ainsi que la vitesse et la direction du vent, sans oublier les précipitations. Pour mieux expliquer le phénomène de transfert de chaleur, il est nécessaire de connaître les variations de température dans les différentes couches du masque en béton bitumineux. Ce travail décrit la mesure de la température dans le masque en béton bitumineux (brut et avec protection) du barrage Ghrib (Ain Defla, Algérie) et son évaluation à l'aide d'un modèle numérique du transfert de chaleur dans le parement en béton bitumineux en utilisant le logiciel Fluent. Dans un premier temps une validation du modèle par comparaison avec des mesures expérimentales, dans le cas d'une variation journalière de température ambiante, La comparaison des résultats du calcul du modèle numérique avec les mesures réelles montre une excellente ressemblance. Nous simulons ensuite la pose d'une protection thermique en ajoutons une couche convective en béton poreux. Les résultats de cette simulation montrent que le transfert de chaleur par convection possède le potentiel de développer une différence de température significative entre les parties inférieure et supérieure du masque, et aussi que l'ajout de cette couche permet d'amortir le pic de température et le réduire à 12,31 °C, ceci de 9 h jusqu'à 15 h au moment où la chaleur est très élevée, ce qui est significatif pour notre masque, où les températures atteignant leurs valeurs maximales (49 °C).
Cette étude a pour objectifs de mieux comprendre la variabilité hydroclimatique et d'estimer les changements potentiels d'extrêmes pluviométriques dans le bassin-versant du fleuve Casamance. Pour ce faire, des données d'observation hydrométéorologique et des sorties de modèles climatiques régionaux sous les scénarios d'un réchauffement de 1,5 °C et 2 °C ont été utilisées. Les résultats obtenus durant la partie historique montrent des périodes de forte évapotranspiration potentielle (1993–2013), de déficits pluviométriques considérables (années 1970 et 1980). En outre, le bilan hydrique simplifié (pluie – ETP) interannuel durant la saison pluvieuse montre une forte variabilité interannuelle avec des valeurs minimales enregistrées (1981–2000) en haute et moyenne Casamance. La période de hautes eaux est notée durant les mois de juillet, août, septembre et octobre en haute Casamance à la station hydrométrique de Kolda, les basses eaux sont enregistrées aux autres mois de l'année. Quant au futur, l'ensemble du bassin pourrait faire face à une diminution des précipitations et des jours pluvieux qui vont impacter négativement la disponibilité de la ressource en eau. Cependant, les projections montrent une augmentation de l'intensité des pluies et des pluies extrêmement humides (99e centile).Ces extrêmes pluviométriques humides peuvent causer des inondations qui affecteront les populations et leurs activités socio-économiques ; mais aussi elles peuvent participer aussi à la recharge des nappes.