
Résumé Au lieu de nous appuyer sur les propriétés morphosyntaxiques des constructions disloquées pour rendre compte de leur intonation, nous proposons d’inverser cette approche en décrivant la structure prosodique comme un objet autonome, défini comme un regroupement hiérarchique d’unités prosodiques minimales, à savoir les groupes accentuels, lesquels correspondent à des séquences de mots ne comportant qu’une seule syllabe accentuée (hors accent emphatique), localisée en français sur la dernière syllabe du dernier mot du groupe accentuel. La relation entre morphosyntaxe et prosodie peut alors être examinée à partir des propriétés de la structure prosodique, et non l’inverse. Cela implique qu’il doit être possible de définir les structures prosodiques à partir de leurs caractéristiques intrinsèques, liées uniquement aux propriétés mélodiques des séquences orales. Nous pouvons ainsi évaluer les conditions phonologiques nécessaires et suffisantes auxquelles doivent satisfaire les marqueurs prosodiques réalisés par les contours mélodiques afin d’indiquer sans ambiguïté des structures prosodiques impliquant des dislocations à gauche et à droite.
Résumé L’étude analyse le fonctionnement textuel et dialogique de la dislocation dans Voyage au bout de la nuit de Céline et Les Mandarins de Simone de Beauvoir, en distinguant la dislocation à droite (DD) et la dislocation à gauche (DG) dans une perspective comparative avec le polonais. L’analyse de la DD met notamment en évidence son dialogisme interlocutif anticipatif, visant à désambiguïser le référent, ainsi que son rôle stylistique chez Céline, où elle renforce l’ironie et la stylisation orale. L’étude de la DG montre ses fonctionnements interlocutif et intralocutif, correspondant respectivement à la reformulation interactionnelle et à la mise en relief de la progression thématique. L’analyse des traductions apporte enfin un éclairage original sur les stratégies adoptées, allant du maintien de la correspondance syntaxique à des réorganisations syntaxiques et/ou lexicales.
Résumé Cet article étudie la dislocation des syntagmes adjectivaux en français, en se fondant sur un corpus littéraire de Frantext . Trois points sont examinés : la non-référentialité des adjectifs, la question de la contrastivité des adjectifs disloqués et leurs propriétés prosodiques. D’abord, l’information exprimée par un adjectif est toujours liée au contexte précédent, et le plus souvent par un « antécédent » direct. Ensuite, le corpus permet d’observer que la dislocation des adjectifs ne semble pas contrainte par une interprétation contrastive, la majorité des occurrences n’exprimant pas de contraste. Enfin, la prosodie des adjectifs disloqués correspond à divers types de configurations, présentant à la fois des patrons prototypiques et des patrons non prototypiques.
Résumé Cette contribution analyse les doubles dislocations du sujet (syntagme nominal lexical + pronom disjoint + pronom clitique) en français informel, en les comparant aux dislocations à gauche « prototypiques » (syntagme nominal lexical + pronom clitique) et aux constructions à pronom disjoint (syntagme nominal lexical + pronom disjoint). À partir d’un corpus de 623 occurrences au total, nous montrons que les doubles dislocations ont une préférence nette pour les référents humains, expriment systématiquement un contraste explicite, et signalent fréquemment un changement de topique.