
L’aménagement de la ville doit répondre à de nouveaux enjeux qui questionnent la place de la biodiversité dans les espaces urbains et les bénéfices qu’elle apporte aux citadins. Dans les stratégies qui sont déployées pour la valoriser, il ne faut pas négliger le rôle que jouent les habitants vivant notamment dans les copropriétés privées. Ces derniers peuvent en effet choisir de favoriser ou non la présence d’une diversité d’espèces en adaptant l’aménagement et la gestion de leur jardin. Leur mobilisation suppose de mieux comprendre les relations qu’ils entretiennent avec la biodiversité et d’identifier des moyens pour les rendre plus acteurs de sa protection. La relation sonore est une des modalités permettant d’entrer en interaction avec elle : en effet, les espèces animales produisent des sons, audibles par les citoyens. C’est particulièrement vrai pour les oiseaux dont la diversité des chants dépend notamment de la composition et de l’agencement des jardins. Cet article interroge la pertinence d’une approche sensible orientée sur les sons que produit la biodiversité pour mieux appréhender la relation des habitants à la ville. Elle vise à questionner les émotions et les sentiments que procurent les chants d’oiseaux aux habitants, les savoirs et les valeurs qu’ils y associent et à évaluer si cette composante sonore de la biodiversité peut créer une intention de transformer la ville et d’agir en faveur des oiseaux. Pour cela, nous nous sommes appuyés sur une méthode d’enquête in situ, mêlant écoutes et entretiens menés auprès de 34 habitants résidant dans des copropriétés de la Métropole de Lyon. Il en ressort que les chants d’oiseaux influencent favorablement le cadre de vie des habitants. Ils permettent aussi à ces derniers d’engager une réflexion sur la qualité écologique des structures paysagères de leur jardin. Il apparaît en revanche que les habitants ne le pensent pas forcément en continuité avec d’autres espaces de la ville. Si pour certains émerge une volonté de protéger les oiseaux, celle-ci se cantonne plutôt à l’échelle de l’espace privé.
L’article revient sur un outil créé sur le terrain dans le cadre d’une recherche doctorale menée auprès de personnes en situation de vulnérabilité, à savoir des personnes exilées et des personnes en situation de handicap accueillies dans des dispositifs d’accueil et établissements et services médico-sociaux. Le memory géographique s’inspire du jeu simple qui consiste à retrouver à tour de rôle des paires (deux mêmes images). Le jeu qui repose sur la photo elicitation à partir de clichés pris sur le terrain (commerces, lieux publics, infrastructures de loisirs, sites touristiques remarquables) permet de faire parler les enquêté-es de et sur leurs pratiques spatiales et ainsi interroger leur espace vécu. Grâce au climat de confiance qu’il instaure, l’outil donne accès aux connaissances que les personnes ont du territoire et aux émotions associées à certains lieux. Assorti à une pratique immersive du terrain et à des méthodes ethnographiques plus classiques, il facilite l’élaboration d’un lien horizontal avec les personnes et permet de décaler les cadres spatiaux et temporels de vies rythmées par les institutions.
Cet article analyse un usage de la cartographie sensible afin d’expliciter les relations d’attachements au territoire d’un éleveur du Morvan. En s’appuyant sur plusieurs étapes d'élaboration, l’étude révèle des liens dynamiques aux espaces de travail, restés jusqu'alors implicites. Dans notre approche de géographie de l'environnement, la cartographie sensible devient un outil ouvrant sur l'explicitation de savoirs en mouvement et sur l'émergence de nouvelles connaissances pour comprendre l'impact affectif et émotionnel des changements climatiques sur les professions agricoles, non sans le risque d’une expression de vulnérabilités à accompagner.