
L’article interroge la pertinence du concept d’illibéralisme pour analyser le pouvoir en Russie, au regard des lectures en termes de rejet de la démocratie. Il examine ses usages dans la littérature académique ainsi que dans les discours d’experts et d’acteurs politiques russes. Générale dans la première, dans les seconds, l’utilisation des notions d’illibéralisme et de libéralisme devient révélatrice des déplacements progressifs des cadres d’interprétation du politique, passant d’une approche économiciste vers une vision proprement politique..
Giorgia Meloni, présidente du Conseil des ministres italiens depuis octobre 2022, suscite des réactions contrastées en Italie et à l’étranger : d’un côté, de l’inquiétude, de l’autre de l’enthousiasme. Cet article montre qu’elle présente une certaine propension à l’illibéralisme. Toutefois, l’analyse de l’action publique de son gouvernement de coalition fait apparaître quelques motifs de préoccupation mais ne permet pas de considérer que l’Italie est devenue une démocratie illibérale.
Cet article analyse la construction et l’évaluation des soft skills dans des dispositifs numériques au prisme d’une réflexivité curriculaire entendue comme un processus par lequel l’individu construit un regard réflexif méso sur ses expériences. À partir d’une enquête qualitative exploratoire, il montre l’hétérogénéité des perceptions et des logiques d’appréciation des compétences, soulignant les limites des dispositifs numériques et la nécessité d’une approche contextualisée et réflexive des parcours.
Un régime peut être à la fois démocratique, parce qu’il maintient les libertés politiques, et illibéral, parce qu’il restreint les libertés privées au nom d’une conception déterminée de la vie bonne. La Hongrie d’Orbán, de 2010 à 2026, est l’illustration paradigmatique d’un tel idéal-type. Tentative de rétablir le primat de la communauté sur l’individu caractéristique de la démocratie des Anciens, la démocratie illibérale est ce-pendant instable : tant que le cadre du pluralisme est maintenu, les illibéraux sont exposés au risque de devoir tôt ou tard céder la place. S’il est détruit, c’est la démocratie qui disparaît.
L’article analyse le post-libéralisme nord-américain comme une critique radicale du libéralisme, nourrie par la réactivation de l’intégralisme catholique et articulée autour de la notion de « bien commun ». À partir des travaux de Deneen, Vermeule et Pappin, il met en lumière le passage d’une contestation philosophique du libéralisme à l’élaboration d’un projet juridique et politique cohérent, caractérisé par le renforce-ment de l’exécutif et la légitimation d’un paternalisme moral. Il souligne, ce faisant, la remise en cause du pluralisme et des principes démocra-tiques au profit d’un ordre substantiel garanti par des formes de gouvernement autoritaires.