Depuis les débuts de la pandémie du Covid-19, il fut peu question des peurs. Elles constituent pourtant une des dimensions essentielles des politiques, des comportements, individuels ou collectifs, des affects et des réactions. Conjointes à d'autres inquiétudes sociales, technologiques et environnementales, elles nous confrontent à une véritable tectonique des peurs grandes et petites, intimes et collectives, génératrices au quotidien de violences, de colères, de lassitudes ou d'apathies. S'il est difficile de se projeter dans l'après crise et d'imaginer ce que les sociétés en retiendront, il semble qu'elle fut l'occasion de remise en question des biopolitiques néo-libérales qui avaient conduit à la pénurie en matière de santé tout en imaginant se situer hors d'atteinte de tels risques. Qu'en est-il ? Plus qu'à un exercice d'évaluation des politiques publiques, c'est ici à une réflexion systémique globale sur le sens et les orientations de la biopolitique au temps du Covid-19 et des nouvelles peurs, que cet article invite.
Politique et fictions entretiennent des rapports constants et étroits dans des domaines extrêmement variés allant des nouvelles technologies aux politiques urbaines, de l'écologie à la création cinématographique, de l'enseignement aux médias. En posant un regard rétrospectif sur les dossiers publiés par les Quaderni depuis trente ans, cet article met en évidence une transformation radicale des formes, des figures et des enjeux de communication. Des utopies technologiques aux dystopies de la science fiction, des storytellings aux mini-récits fragmentaires, des fictions complotistes aux fake news, c'est l'ensemble du champ politique qui semble contaminé par la fiction et s'engloutir en elle. Un parallèle avec les travaux de l'américain Fredric Jameson permet de souligner l'apport spécifique de la démarche des Quaderni dans l'analyse critique des rapports entre technologie, communication et pouvoir.
John Dewey (1859-1952), philosophe de l’école pragmatique nord-américaine propose des définitions de l’intelligence, des données, de la connaissance orientées vers l’action que l’on retrouve dans les problématiques de la Smart City. Cet article confronte les discours et les conceptions de la ville intelligente à cette clé de lecture. Cette approche, décentrée par rapport aux travaux habituels sur la Smart City, permet une analyse des convergences comme des écarts où se jouent les questions de l’agir créatif, de la démocratie, de la technologie et les stratégies des différents acteurs publics et privés.
En 1978, dans un ouvrage intitulé Les Ruines du futur Yves Stourdzé, sociologue des organisations et de la communication, s'engage dans une réflexion prospective sur les sciences et technologies en rupture radicale avec les travaux de prospective réalisés en France depuis la fin des années 1950. Cette approche va nourrir les travaux du Centre d'Études des Systèmes et des Technologies Avancées (CESTA) qu'il dirigera de 1982 à 1986 ; un think tank atypique conçu initialement sur le modèle de l'Office of Technology Assessment (US). Dans cet article nous retracerons dans un premier temps les attendus, rôles et apories de la prospective des années 1960-1980 avant d'analyser les apports d'Yves Stourdzé et du CESTA.
« L’image authentique peut etre ancienne, la pensee authentique est neuve. Elle est d’aujourd’hui. Cet aujourd’hui peut etre indigent, c’est vrai. Mais quel qu’il soit, il faut le prendre fermement par les cornes pour pouvoir interroger le passe ».Walter Benjamin, « Contre un chef d’œuvre » in Œuvres II. Gallimard Folio/Essais, 2013. Les « Futures studies » rencontrent un grand succes dans les pays anglo-saxons. La World Futures Studies Federation (WFSF) creee en France par l’Unesco en 1973 e...
Quelles relations entretiennent le thriller La Proie de Michael Crichton et la Fondation Nationale des Sciences américaine à propos des nanotechnologies ? Quel enjeu est le leur et quelles représentations véhiculent-ils ? Ce papier tente de dégager à la fois les stratégies de puissance mises en oeuvre, la place singulière qu'y occupe la communication et le point aveugle de l'ensemble des débats autour d'une nouvelle maîtrise du temps.
Chopplet Marc. Le Telethon ou les paradoxes de la communication scientifique a la television. In: Quaderni, n°29, Printemps 1996. Sciences de la Vie et medias. pp. 107-127.
LA FABRIQUE DE L'ORGANISME MARC CHOPPLET L'utilisation de modèles mécaniques et hydrauliques fut au 17ème et 18ème siècles un moteur essentiel de représentation et d'analyse du fonctionnement de l'organisme. Si la sensation se prêtait dans une certaine mesure à cette conception de rhomme-machine, la nutrition et la reproduction ne pouvaient s'inscrire dans ces cadres conceptuels. D'où la création de modèles organiques qui vont, à leur tour, influer sur la production de nouvelles machines et trouver des prolongements dans le domaine des thèmes de la langue et de la communication sociale.