
Les arthrites septiques périphériques ont une prise en charge diagnostique et thérapeutique à présent bien codifiée, notamment depuis la publication des dernières recommandations de la Société française de rhumatologie en 2020. Par « arthrites périphériques » ont été retenues les localisations suivantes : épaule, coude, poignet et articulations des doigts au membre supérieur, et hanche, genou, cheville, médio-pied et articulations des orteils pour le membre inférieur. Néanmoins, certaines articulations rattachées au squelette axial peuvent également être concernées par les infections ostéo-articulaires, avec des prises en charge qui peuvent légèrement différer, du fait de contraintes mécaniques, d’une écologie bactérienne ou d’une typologie de patient qui leur sont propres. L’accent est mis ici sur quatre localisations « axiales » d’arthrites septiques : l’articulation sacroiliaque, la symhyse pubienne, l’articulation sternoclaviculaire et l’articulation acromio-claviculaire.
La pandémie de Covid-19 a clairement impacté la prise en charge des rhumatismes inflammatoires chroniques (RIC) en termes de rupture de suivi et de rupture de traitement en raison du risque d’infection sévère liée à la maladie et aux traitements immuno-modulateurs. Des traitements permettent maintenant de prévenir ces formes sévères incluant des vaccins et des anticorps monoclonaux spécifiques dirigés contre la protéine « Spike » du virus SARS-CoV2. Parmi les traitements utilisés dans les RIC, les corticoïdes et le rituximab apparaissent clairement comme associés à une forme sévère de la Covid. La réponse humorale vaccinale après vaccination avec des vaccins à ARN messager (ARNm) apparaît diminuée sous méthotrexate, abatacept et surtout rituximab. Des schémas vaccinaux spécifiques ont déjà été proposés pour les patients sous rituximab et devraient s’affiner au fur et à mesure des connaissances car ces vaccins devraient s’inscrire maintenant dans le calendrier vaccinal de nos patients. Pour ceux qui ne développent pas d’anticorps après un schéma vaccinal complet, l’association d’anticorps casirivimab et imdévimab peut être administrée mensuellement en préventif ou en post-exposition.
La prise en charge des spondylodiscites infectieuses est complexe et multidisciplinaire. Survenant chez des patients souvent âgés et comorbides, elle nécessite une bonne collaboration entre rhumatologues, infectiologues, bactériologistes et chirurgiens pour assurer une prise en charge optimale. La pierre angulaire reste l’antibiothérapie qui sera dans l’idéal introduite après l’identification du germe causal. L’évaluation clinique et radiologique initiale permettront de choisir au mieux la stratégie d’immobilisation. Un lever le plus précoce possible sera entrepris pour éviter les complications de décubitus. La présence d’anomalies neurologiques initiales ou de collections importantes fera discuter une prise en charge chirurgicale. Enfin, le monitoring de l’efficacité et de la tolérance du traitement sur le court, moyen et long terme sera indispensable pour attester de la guérison de l’infection et détecter de potentielles séquelles. Dans cette revue, nous détaillerons un à un ces différents temps de la prise en charge.
Bien que le pronostic de la polyarthrite rhumatoïde (PR) ait été révolutionné par l’arrivée des traitements de fond ciblés, des douleurs chroniques persistent chez de nombreux patients atteints de PR. Si certaines de ces douleurs sont liées à un échec du contrôle de l’inflammation par les thérapies actuelles, une large majorité de ces douleurs chroniques se situent plutôt dans le cadre de douleurs réfractaires non-inflammatoires La compréhension, la prise en charge voire la prévention de ces douleurs restent un défi majeur. Dans cette revue narrative, nous présenterons dans un premier temps les facteurs de risque associés à leur survenue ainsi que les mécanismes en cause. Nous discuterons ensuite des stratégies de prévention qui peuvent dès aujourd’hui être mises en place.