
Cet article analyse l’évolution de la construction communément utilisée en jóola fóoñi pour exprimer le souhait du locuteur concernant un état de choses qui échappe au contrôle des participants à l’acte de langage. À l’origine, il s’agit d’une construction bi-propositionnelle dans laquelle la proposition principale est Ɛmɩtεy εkaan ‘Fasse Dieu que’, mais la possibilité de répéter Ɛmɩtεy ‘Dieu’ comme sujet de la proposition subordonnée référant à l’état de choses souhaité montre que la construction a été réanalysée en tant que construction monopropositionnelle dans laquelle l’ancienne proposition principale joue le rôle d’une particule optative, dont la structure interne, bien qu’encore visible, n’est plus pertinente.
Le tcherkesse occidental, une langue polysynthétique appartenant à la famille des langues ouest-caucasiennes, a un système d’impératifs et optatifs très ramifié, qui comprend au moins un Impératif Fort, un Impératif Faible, un Optatif Fort, un Optatif Faible et, en plus, une stratégie indirecte d’expression d’un impérative causatif, basée sur l’Impératif Fort. Leur distribution dépend de divers facteurs tels que le contrôle du locuteur sur la situation, la performativité, la personne en position de topique, et le type de prédicat. Par ailleurs, certaines formes, à l’exclusion des autres, peuvent se combiner avec les temps morphologiques. Le système dans son intégralité peut être décrit en référence à l’Impératif Prototypique universel, qui est représenté par un faisceau de propriétés liées aux paramètres mentionnés ci-dessus, et il reflète la grammaticalisation d’une certaine fonction discursive. L’impératif proprement dit (Impératif Fort) est utilisé dans la plupart des contextes prototypiques, tandis que les autres catégories expriment différentes déviations par rapport à ce prototype.
Dans cet article sont abordées les constructions optatives (CO) du français, une langue sans optatif morphologique. Quatre types de constructions sont étudiés : les CO phrastiques avec des verbes performatifs et modaux, les CO elliptiques nominales exprimant le souhait, les CO contenant un verbe au subjonctif dans une proposition indépendante, et les propositions pseudo-conditionnelles exprimant le désir ou l’intention. On étudiera notamment le rôle du subjonctif dans les CO, ainsi que celui de différents marqueurs qui se sont spécialisés, tel l’adverbe vivement .
L’albanais est l’unique langue moderne appartenant à l’aire linguistique de l’européen moyen type (SAE) qui ait un optatif morphologiquement distinct. Le mode optatif en albanais a deux formes temporelles, le présent et le parfait, et au moins deux domaines d’emploi relativement réguliers. Le premier est ce que l’on désigne comme l’optatif performatif, qui est utilisé pour exprimer différents types de bénédictions, de malédictions et de jurons. Ces expressions ont souvent un caractère idiomatique ou semi-idiomatique, et se rencontrent plutôt dans le registre familier. Le second domaine, plus typique de la langue écrite, se rencontre dans les phrases conditionnelles et concessives. Les données, provenant du Corpus national albanais, montrent que les formes optatives, particulièrement dans leur fonction performative, peuvent se trouver dans différents types de textes en albanais moderne : prosaïques, poétiques, religieux, et, plus rarement, dans les textes journalistiques et les essais. Dans les textes de fiction, leur usage est stylistiquement limité au discours direct des personnages et porte souvent une nuance archaïque ou dialectale.