Introduction Les maladies systémiques se caractérisent par une atteinte simultanée de plusieurs systèmes, avec des niveaux élevés de morbidité et de mortalité. Cependant, les approches optimales pour le diagnostic et la gestion restent floues. Cette étude vise à explorer les connaissances ainsi que les attitudes pratiques des médecins de première ligne tunisiens concernant la gestion thérapeutique des maladies systémiques. Matériels et méthodes Il s’agit d’une étude transversale utilisant un questionnaire anonyme distribué par e-mail à des médecins de famille exerçant dans les secteurs privé et public. Le questionnaire a été minutieusement conçu à l’aide de l’application web Google Forms® pour explorer leurs perceptions concernant les maladies systémiques et leurs attitudes pratiques. Résultats Nous avons colligé 40 médecins dont 9 hommes et 31 femmes. L’âge moyen des participants était de 29,17±9,69 ans [allant de 26 à 48 ans]. La majorité des médecins exercent dans le secteur public dans 82,5 %, tandis que 17,5 % exercent dans le secteur privé. Seuls 5 participants n’ont jamais suivi de patients atteints de maladies systémiques, tandis que 35 médecins ont suivi au moins un patient au cours de leur carrière. La majorité des participants (75 %) ont rencontré des difficultés pour conseiller un patient lors de l’initiation ou le renouvellement d’un traitement d’une maladie systémique. Les médicaments identifiés comme posant problème lors de leur prescription étaient les immunosuppresseurs, les biothérapies, les glucocorticoïdes et l’hydroxychloroquine, avec des préoccupations respectives de 60 %, 53,3 %, 46,7 % et 36,7 % des participants. La prévention des événements indésirables graves associés aux glucocorticoïdes semble susciter des préoccupations parmi 37,5 % des participants. Les principales effets indésirables associés à l’utilisation des glucocorticoïdes, telles que rapportées par nos participants, étaient l’ostéoporose secondaire (73,3 %), le diabète secondaire (66,7 %), les infections (46,7 %), et l’insuffisance surrénalienne (33,3 %). En revanche, 52,5 % ont exprimé leurs inquiétudes concernant les effets secondaires des biothérapies et des immunosuppresseurs. Les principaux effets secondaires de ces deux traitements sont l’hépatotoxicité, hématotoxicité et les infections avec des préoccupations respectives de 14 (66,7 %), 11 (52,4 %) et 10 (47,6 %) participants. L’évaluation de l’adhésion au traitement chez les patients atteints de maladies systémiques a également été jugée problématique par 23 médecins (57,5 %). Enfin, une majorité significative (92,5 %) de nos participants estime que des programmes éducatifs concernant la gestion thérapeutique des patients atteints de maladies systémiques pourraient être nécessaires. Conclusion Les maladies systémiques sont complexes, graves et imprévisibles. Cette situation rend difficile l’établissement de directives consensuelles en matière de traitement et peut susciter des inquiétudes quant à la manière de traiter et d’évaluer la réponse au traitement. C’est pourquoi il est nécessaire de se concentrer davantage sur ce sujet lors de la formation et des événements scientifiques.
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