Introduction La HAS a publie des recommandations pour la pratique de l’autosurveillance glycemique (ASG) dans le diabete de type 2 (DT2) en proposant un nombre quotidien de glycemies capillaires (GC) selon le traitement. L’objectif de ce travail est d’evaluer les pratiques de l’ASG d’une cohorte de patients DT2 suivis en diabetologie en tenant compte du risque hypoglycemique. Patients et methodes Cette enquete retrospective a porte sur les sujets DT2 suivis en bilan annuel (mars 2011 a juin 2012) dans un service de diabetologie de CHU. A cette occasion est realisee une evaluation du nombre quotidien de CG et de la frequence des hypoglycemies rapportees par le patient. Le traitement a risque comprend au moins un medicament hypoglycemique (TThypo) : sulfamide hypoglycemiant, glinide et/ou ou insuline. Resultats Parmi les 1788 patients (IMC : 29,8 ± 1,3 kg/m 2 ; duree du diabete : 23,6 ± 2,4 ans), 68,7 % beneficient d’un TThypo. Il existe une association forte entre TThypo et survenue d’hypoglycemie (> a 4 par mois ; p Conclusion Dans ce service de diabetologie, la pratique de l’ASG n’est conforme aux recommandations de l’HAS que pour la moitie des DT2. L’ASG ne semble pas optimale chez les patients DT2 a risque d’hypoglycemie. Inversement, son utilisation semble excessive dans les situations a moindre risque. L’ASG merite d’etre evaluee regulierement chez les patients DT2 afin d’en ameliorer le rapport cout/benefice.
Background The control of blood pressure is one of the main objectives in type 2 diabetes mellitus (T2D) management, as well as glycaemic control. Purpose The first objective of this study was to describe the practise in hypertensive drug management in a cohort of DT2 patients from a diabetology department of a university hospital and to compare this practise with the current guidelines for hypertension treatment (HGs). Materials and Methods This retrospective study examined T2D outpatients who came to the diabetology department between June and November 2010 for an annual cheque-up. Clinical and therapeutic data were extracted. Patients’ blood pressure levels were measured by an automated procedure (Dynamap). Results The analysis was carried out on 803 patients (age: 64.9 ± 8.9 yrs; 38.6% women). The combination of T2D with confirmed hypertension was frequent (82.9%) and higher than the national results (80%). This situation was associated with cardiovascular and renal complications for 21% and 22.4% of the patients, respectively. The average systolic and diastolic blood pressures were 132.9 and 71.3 mmHg, respectively. Recommended objective for DT2 patients (<130/80 mmHg) was reached for 44.6% of the patients. Mono, dual and triple therapies were in accordance with the HGs in 100%, 95% and 85% of the patients, respectively. The effect of these different combinations, illustrated by the median of the blood pressure levels, was better for monotherapies (128.5/70.3 mmHg) than for dual and triple therapies (132.5/72 and 131/70.8 mmHg, respectively). 19% of patients had to take at least 4 anti-hypertensive drugs and the median of their systolic and diastolic blood pressures were 135.5 and 71 mmHg, respectively. Conclusions In DT2 patients, blood pressure control should be improved, with for example earlier detection of hypertension and/or therapeutic reinforcement. However, antihypertensive drug management seems to be in accordance with the French official guidelines. The development of new drugs and patient education programmes may improve patient adherence. No conflict of interest.
Le contrôle de la pression artérielle (PA) est un objectif prioritaire pour les patients diabétiques de type 2 (DT2) au même titre que le contrôle glycémique. Les objectifs de cette étude sont de décrire les résultats de PA obtenus dans une cohorte de patients suivis dans un centre hospitalier de recours, de les comparer à l'échantillon représentatif national ENTRED 2007–2010 et d'évaluer la conformité des prescriptions de traitements antihypertenseurs (antiHTA) par rapport aux référentiels de la HAS. Cette enquête rétrospective a porté sur les patients DT2 reçus en hospitalisation de jour entre juin et novembre 2010 dans un service de diabétologie de CHU. À l'occasion de ce bilan annuel des complications du diabète est réalisée une mesure automatisée de la PA (Dynamap®). L'analyse porte sur 1 041 patients (âge : 62 ± 11 ans; femmes : 40 %). L'association DT2 et hypertension artérielle (HTA) est fréquente (73 %) et proche de la fréquence retrouvée au sein d'ENTRED (80 %). Cette situation est associée à des complications cardiovasculaires et rénales pour respectivement 20 % et 31 % des patients. La PA moyenne est égale à 130,5/71,5 mmHg. L'objectif < 130/80 mmHg est atteint chez 47,6 % des patients. Les monothérapies antiHTA sont conformes à 95 % aux référentiels (PA médiane = 131/71,5 mmHg). Les bithérapies antiHTA sont conformes à 99,5 % (médiane = 132,5/72 mmHg) et les trithérapies à 83 % (médiane = 133,5/72 mmHg). Dans un service de diabétologie de recours, la stratégie thérapeutique anti-hypertensive semble conforme aux recommandations de la HAS. Cependant, l'objectif de 130/80 mmHg n'est atteint que pour la moitié des patients environ, résultat que l'on retrouve dans l'étude ENTRED (51 %). L'HTA étant un facteur de risque cardiovasculaire majeur pour le patient DT2, ces résultats ne sont pas optimaux. D'autres approches sont à étudier et notamment la problématique de l'observance.
Dans les services hospitaliers, la prescription de nutrition parentérale (NP) est fréquemment associée à d'autres médicaments injectables. Leurs administrations sont souvent simultanées et se font parfois par les mêmes lignes de perfusion, sans connaissance des problémes de compatibilité entre les mélanges nutritionnels et ces molécules. Ce travail avait pour objectif d'analyser les pratiques de services de courts séjours, de répertorier les principales molécules prescrites et d'étudier les possibles interactions entre nutriments et médicaments. Un recueil prospectif d'une durée de 3 semaines a été effectué dans chacun des 4 services les plus prescripteurs de NP du CHU de Nancy (services de réanimation exclus). Nous avons relevé toutes les prescriptions et interrogé les infirmiéres sur les pratiques d'administration. Pour chacune des spécialités, la compatibilité NP / médicament a été analysée à partir de 4 sources bibliographiques : le dictionnaire Vidal, le Handbook of injectable drugs, Stabilis 3 et PubMed. Les données rassemblées ont été classées en 4 catégories : compatible, incompatible, non documentée ou avis divergent de la littérature. Au total, 75 patients avaient une prescription de NP. L'âge moyen était de 57,6 ± 17,0 ans. Tous bénéficiaient de traitements intraveineux concomitants (soit 654 lignes de prescription). Le nombre moyen de médicaments injectables prescrits par patient était de 4,6 ± 2,6 (hors compléments vitaminiques et oligo-éléments). 63 médicaments différents ont été relevés. La NP était connectée sur un prolongateur avec rampe de robinets permettant de brancher les médicaments en dérivation. Seul un de ces 63 produits (halopéridol) a été administré directement dans la nutrition. 5 combinaisons NP / médicament (soit 7,9 %) étaient incompatibles. Les molécules en jeu étaient : l'aciclovir (précipité blanc immédiat), l'albumine (rupture visible de l'émulsion lipidique), l'amphotéricine B (précipité jaune immédiat), l'acide zolédronique et le voriconazole. Les conséquences de telles incompatibilités sont: l'obstruction du cathéter, la formation de dérivés toxiques, la perte d'efficacité de la molécule, le risque d'embolie et le dépôt de cristaux dans certains organes. 20,6 % des combinaisons étaient compatibles, 46 % non documentées et dans 25,4 % des cas, la littérature divergeait. À l'issu de ce travail, il apparaît que près de 8 % des médicaments étaient incompatibles avec l'administration dans les mêmes lignes de perfusion et de façon simultanée à la NP. L'administration de ces produits devrait être réalisée sur une autre voie, ou à défaut, après arrêt de la perfusion de NP et rinçage de la tubulure. La pratique de la NP cyclique devrait être encouragée. Au total, pour 71 % des médicaments la compatibilité avec la NP n'était pas établie.
L'administration des traitements médicamenteux oraux dans les sondes d'alimentation pose des problèmes pratiques et comporte des risques liés à la transformation galénique. Nous avons analysé les prescriptions des patients sous nutrition entérale et déterminé si les formes pharmaceutiques prescrites étaient compatibles avec ce mode d'administration. Les modalités pratiques de passage des médicaments par le personnel soignant ont fait l'objet d'une évaluation. Au CHU de Nancy, en 2006, 1725 patients ont bénéficié d'une nutrition entérale exclusive. Parmi ceux-ci, les prescriptions ont été analysées de façon prospective et exhaustive entre avril et juin 2006, soit 200 ordonnances. L'évaluation des pratiques d'administration a été faite auprès de 29 équipes soignantes. Les procédés de préparation et d'administration ont été confrontés à un référentiel issu des recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS). Sur 671 médicaments prescrits, 17 % seulement étaient sous forme liquide. Soixante-cinq pour cent des traitements ont donc nécessité un pilage ou une ouverture de gélule. Trente-trois pour cent des médicaments avaient une forme galénique non conforme, soit en raison de l'existence d'une forme liquide, soluble ou dispersible (20 %), soit en raison d'une contre-indication au pilage du comprimé ou à l'ouverture de la gélule (5 %). Sur 101 médicaments administrés par 29 équipes différentes : le non-respect du mode de préparation concernait 7 % des traitements (écrasement d'anticancéreux sans précaution, dissolution de médicaments ne pouvant pas l'être…). Le délai entre passage du médicament et la nutrition entérale n'était pas respecté pour 11 % des médicaments. Les manipulations étaient faites sans gants dans 52 % des cas et sans masque dans 76 % des cas. Les médicaments étaient généralement administrés sous forme d'un mélange associant toutes les molécules (93 % des observations). Le rinçage après administration de l'ensemble des médicaments n'était pas systématique (non réalisé dans 27 % des cas). Il n'était jamais fait entre les passages et rarement avant leur administration. Cette étude montre : 1) qu'il est possible de faciliter l'administration des médicaments en prescrivant des formes liquides, solubles ou dispersibles (disponible pour 57 % des médicaments mais utilisées que dans 34 %) ; 2) elle met en exergue la nécessité d'élaborer des protocoles d'administration des médicaments et d'organiser leur dispensation, notamment en impliquant plus étroitement les pharmacies hospitalières. Drugs' administration via feeding tubes requires specific care because of the problems of interactions and not adapted galenic forms. We analyzed the prescriptions of patients with enteral feeding and determined if the galenics forms were compatible with enteral feeding. We also analyzed the methods of drug's passage by nurses. In 2006 1725 patients at the hospital in Nancy were exclusively given enteral feeding. Among those patients 200 prescriptions were analysed by a prospective and exhaustive way between April and June 20O6. Twenty-nine nurses'teams were audited. The practices nurses were compared with the recommendations of the Haute Autorité de santé (HAS). Only 17% of the 671 drugs were liquids. Sixty-five percent of the drugs were pulverised or the capsule were opened. The galenic form was not in conformity for 33% of the drugs: because of the existence of a liquid, soluble or dispersible form (20%), or because of a prohibition to crushing tablet or opening of the capsule (5%). Among 101 drugs administred by 29 different teams: the administration were not inappropriate for 7% (crushing the anti-cancer drug without precaution, drugs that were dissolved while they should not have been…) The time between passage of the drug and the enteral nutrition were not respected for 11% of the drugs. The gloves were not worn in 52% of the observations and the mask in 76%. The drugs were managed in mixture for 93% of the observations. No rinsing was made after drugs administration in 27% of the cases, never between consecutive administrations and seldom before administration. This study shows: 1) that it is possible to facilitate the administration of the drugs by prescribing liquid forms, soluble or dispersibles (possible for 57% of the treatments but was used only in 34% of the drugs); 2) it puts forward the lack of protocols of administration and the need for a cooperation with the pharmacists in order to control and to adapt the galenic forms.
Objective. - Drugs' administration via feeding tubes requires specific care because of the problems of interactions and not adapted galenic forms. We analyzed the prescriptions of patients with enteral feeding and determined if the galenics forms were compatible with enteral feeding. We also analyzed the methods of drug's passage by nurses.Methods. - In 2006 1725 patients at the hospital in Nancy were exclusively given enteral feeding. Among those patients 200 prescriptions were analysed by a prospective and exhaustive way between April and June 2006. Twenty-nine nurses' teams were audited. The practices nurses were compared with the recommendations of the Haute Autorite de sante (HAS).Results. - Only 17% of the 671 drugs were liquids. Sixty-five percent of the drugs were pulverised or the capsule were opened. The galenic form was not in conformity for 33% of the drugs: because of the existence of a liquid, soluble or dispersible form (20%), or because of a prohibition to crushing tablet or opening of the capsule (5%). Among 101 drugs administred by 29 different teams: the administration were not inappropriate for 7% (crushing the anti-cancer drug without precaution, drugs that were dissolved while they should not have been...) The time between passage of the drug and the enteral nutrition were not respected for 11% of the drugs. The gloves were not worn in 52% of the observations and the mask in 76%. The drugs were managed in mixture for 93% of the observations. No rinsing was made after drugs administration in 27% of the cases, never between consecutive administrations and seldom before administration.Conclusion. - This study shows: 1) that it is possible to facilitate the administration of the drugs by prescribing liquid forms, soluble or dispersibles (possible for 57% of the treatments but was used only in 34% of the drugs); 2) it puts forward the lack of protocols of administration and the need for a cooperation with the pharmacists in order to control and to adapt the galenic forms. (c) 2007 Elsevier Masson SAS. Tous droits reserves.