Le lupus systémique (LS) peut induire des lésions d’organes irréversibles, dues à l’activité de la maladie et à l’utilisation accrue de corticostéroïdes et d’immunosuppresseurs. L’obtention d’une rémission prolongée ou d’une faible activité de la maladie est associée à une diminution des séquelles sur le long terme. Plusieurs définitions de la rémission dans le LS ont récemment été proposées, notamment les critères de rémission selon DORIS [1] et la définition d’une faible activité du LS (LLDAS) [2]. La relation entre rémission et qualité de vie dans le LS est peu connue avec des données parfois contradictoires. L’objectif est de décrire le lien entre les scores de qualité de vie (QDV) génériques et spécifiques au cours du LS et la rémission définie par les consensus internationaux DORIS et LLDAS. Il s’agit d’une étude de cohorte multicentrique française au cours de laquelle 336 patients atteints de LS ont été suivis pendant 2 ans avec un recueil des données sur l’activité de la maladie tous les 6 mois et des données sur la QDV perçue par autoquestionnaires génériques (SF-36) et spécifiques (LupusQoL, LupusPRO et SLEQOL) tous les 3 mois. Selon DORIS, la rémission sous traitement (RONT) requiert un cSLEDAI = 0 et un PGA < 0,5 avec une utilisation possible de traitements antipaludéens, de corticoïdes stables à faible dose (équivalent prednisone ≤ 5 mg/jour), et/ou d’immunosuppresseurs et de biothérapies de manière stable. La rémission hors traitement (ROFT) est définie par un cSLEDAI = 0 et un PGA < 0,5 sans immunosuppresseur ou biothérapie et une posologie d’équivalent prednisone = 0. La faible activité de la maladie (LLDAS) est définie par un SLEDAI-2 K ≤ 4 et un PGA ≤ 1. L’utilisation de modèles mixtes tenant compte des mesures répétées ont permis de comparer les scores de qualité de vie entre les groupes (ROFT/RONT contre absence de rémission et faible activité (LLDAS) contre forte activité de la maladie). Durant le suivi, 1478 visites et 2547 questionnaires ont été recueillis. À l’inclusion, les critères de rémission sous traitement étaient atteints chez 49 patients (14 %) et ceux pour la rémission hors traitement chez 61 patients (18 %). La part de patients en rémission sous traitement ou hors traitement augmente jusqu’à respectivement 16 et 20 % à 18 et 24 mois. Concernant les critères de faible activité de la maladie (LLDAS), ceux-ci étaient remplis pour 158 patients (47 %) à l’inclusion et pour 172 patients (51 %) à 24 mois. La différence de QDV entre les patients avec maladie active et ceux remplissant les critères LLDAS/RONT/ROFT atteignait la différence minimale cliniquement importante (MCID) de 5 points sur l’échelle 0–100 dans les domaines « symptômes du lupus » (+5 LLDAS, +9 RONT et +5 ROFT), « traitement du lupus » (+5 LLDAS, +8 RONT et +9 ROFT), « intensité de la douleur » (+6 LLDAS, +9 RONT et +6 ROFT) de LupusPRO et dans les domaines « rôle émotionnel » (+5 LLDAS, +8 RONT), « rôle physique » (+7 RONT et +7 ROFT), « douleur physique » (+6 RONT), « santé mentale » (+5 RONT) et « fonctionnement social » (+6 RONT) du SF-36. La MCID n’a pas été atteinte pour les domaines du LupusQol et du SLEQOL. Le niveau de soutien social perçu évalué par le LupusPRO était significativement plus faible chez les patients en LLDAS (−7, p = 0,0377) et chez les patients en ROFT selon DORIS (−10, p = 0,0569). Ce travail est le premier à démontrer l’existence d’une association entre la rémission DORIS/LLDAS et la qualité de vie. Connaître la variation attendue de la QDV entre les groupes répondant à différentes définitions de la rémission issues des consensus internationaux sera d’un apport précieux pour l’interprétation des essais cliniques à venir dans le LS.
Background Computed tomography ( CT) scan with rectal contrast enema (RCE-CT) could increase the detection rate of anastomotic leaks (AL) in the early postoperative period following colorectal surgery, compared to CT scan without RCE. The aim of this study was to assess the benefit of RCE-CT for the early diagnosis of AL following colorectal surgery. Methods Patients who had a RCE-CT for suspected AL in the early postoperative period following colorectal surgery with anastomosis between January 2012 and July 2019 at the Dijon University Hospital were retrospectively included. All images were reviewed by two independent observers who were blinded to the original report. The reviewers reported for each patient whether an AL was present or not in each imaging modality (CT scan, then RCE-CT). Sensitivity, specificity, positive predictive value (PPV) and negative predictive value (NPV) were then calculated to determine the diagnostic performance of each modality. Results One hundred and thirty-nine patients were included. RCE-CT had an increased NPV compared to CT scan (82% vs 77% ( p = 0.02) and 84% vs 68% ( p < 0.0001) for observers 1 and 2, respectively). RCE-CT had an increased sensitivity compared to CT scan (79% vs 48% ( p < 0.0001) for observer 2). RCE-CT had a significant lower false-negative rate for both observers: 18% vs 23% ( p = 0.02) and 16% vs 32% ( p < 0.0001). Conclusions RCE-CT improved the detection rates of AL in the early period following colorectal surgery. RCE-CT should be recommended when a CT scan is negative and AL is still suspected.
Au cours du lupus systémique (LS), l’activité de la maladie est modérément associée à une altération de la qualité de vie (QdV). Une relation plus spécifique a été démontrée entre les poussées articulaires et l’altération de la QdV physique. Un des défis importants est de comprendre comment l’activité de la maladie influence la QdV au cours de cette maladie. La prise en compte de variables intermédiaires pertinentes qui interviendraient dans la relation entre l’activité de la maladie et la QdV grâce à la réalisation d’analyses de médiation pourrait répondre à ce besoin. La fatigue est un des symptômes les plus fréquemment rapportés par les patients atteints de LS et constitue un déterminant important de leur QdV. Des analyses de médiation ont donc été menées afin de déterminer dans quelle mesure la fatigue explique l’altération de la QdV physique chez les patients présentant une poussée articulaire. Nous avons réalisé des analyses de médiation sur les données à l’inclusion d’une cohorte prospective multicentrique française dont l’objet était l’étude de l’évolution de la santé perçue et de l’activité de la maladie chez 336 patients atteints de LS qui ont été suivis pendant 2 ans entre 2011 et 2015. Les analyses de médiation avaient pour but de mesurer l’effet indirect lié à la fatigue dans la relation entre la présence d’une poussée articulaire et la QdV physique. La proportion d’effet médié correspondant au ratio effet indirect/effet total a été calculé pour chaque modèle de médiation. Cette proportion d’effet médié se réfère au pourcentage de la baisse de QdV qui est expliqué par la fatigue chez les patients souffrant d’une poussée articulaire. La fatigue a été mesurée par les domaines « Fatigue générale/physique » et « Fatigue mentale » du score générique de fatigue MFI-20 et par le domaine « Fatigue » du score spécifique LupusQoL. Les analyses ont été ajustées sur la précarité sociale (score EPICES), le statut professionnel (actif/sans emploi), l’âge (> 40 ans), l’IMC (> 25/kg/m 2 ), le statut tabagique, la dose de corticoïdes (> 10 mg/j), la prise d’un immunosuppresseur, la présence de séquelles liées au LS (SLICC ≥ 1), et la présence d’une poussée cutanée, neuropsychiatrique, rénale ou de signes généraux (score SFI-R). L’échantillon d’étude était constitué de 336 patients dont 302 (90 %) femmes. L’âge moyen (SD) était de 41 (12) ans et la durée moyenne (SD) d’évolution du LS était de 12 (9) ans. Le score SLICC/ACR-DI était ≥ 1 chez 131 (39 %) patients. Parmi les 336 patients, 145 (43 %) présentaient une poussée dans au moins un organe. Le type de poussée le plus fréquemment observé était la présence d’une poussée articulaire que l’on retrouvait chez 94 (28 %) patients. Les poussées articulaires étaient associées à une altération de la QdV physique (différence moyenne sur une échelle de 0 à 100, avec 100 étant la meilleure QdV possible, entre les patients avec et sans poussée ostéoarticulaire : domaine « santé physique » : −9,07 [IC95 % : −14,6 ; −3,73], domaine « fonctionnement physique » : −7,56 [−12,73 ; −2,59]). L’effet médiateur de la fatigue dans la relation entre les poussées articulaires et les deux domaines de QdV physique décrits plus haut était significatif avec chaque score de fatigue utilisé (c.-à-d. IC95 % de l’effet indirect estimé par bootstrap excluant la valeur 0). La proportion de l’effet des poussées articulaires sur l’altération de la santé physique expliquée par la fatigue (proportion d’effet médié) variait de 59,6 % à 78 % avec le domaine « santé physique » du score LupusQOL et de 51,1 % à 73,7 % avec le domaine « fonctionnement physique » du score SLEQOL, selon le domaine de fatigue sélectionné. En conclusion, l’association entre les poussées articulaires et l’altération de la QdV physique est largement médiée par la fatigue au cours du LS. Ce résultat est d’autant plus pertinent sur le plan clinique que la prévalence de la fatigue est estimée à plus de 80 % chez les patients atteints de LS. Cette étude suggère donc que la fatigue semble jouer un rôle important dans la perception de l’activité de la maladie par les patients. La prise en charge de la fatigue devrait ainsi trouver une place importante au cours de leur suivi.
STUDY QUESTION:Do assisted reproductive technologies (ART) and in vitro embryo culture influence the epigenetic control of imprinted genes (IGs) and transposable elements (TEs) in children?SUMMARY ANSWER:Significant differences in the DNA methylation of IGs or transposon families were reported between ART and naturally conceived children, but there was no difference between culture media.WHAT IS KNOWN ALREADY:There is concern that ART may play a role in increasing the incidence of adverse health outcomes in children, probably through epigenetic mechanisms. It is crucial to assess epigenetic control, especially following non-optimal in vitro culture conditions and to compare epigenetic analyses from ART-conceived and naturally conceived children.STUDY DESIGN, SIZE, DURATION:This follow-up study was based on an earlier randomized study comparing in vitro fertilization outcomes following the use of two distinct culture media. We compared the epigenetic profiles of children from the initial randomized study according to the mode of conception [i.e. ART singletons compared with those of a cohort of naturally conceived singleton children (CTL)], the type of embryo culture medium used [global medium (LifeGlobal) and single step medium (Irvine Scientific)] and the mode of in vitro fertilization (i.e. IVF versus ICSI).PARTICIPANTS/MATERIALS, SETTING, METHODS:A total of 57 buccal smears were collected from 7- to 8-year-old children. The DNA methylation profiles of four differentially methylated regions (DMRs) of IGs (H19/IGF2: IG-DMR, KCNQ1OT1: TSS-DMR, SNURF: TSS-DMR, and PEG3: TSS-DMR) and two TEs (AluYa5 and LINE-1) were first assessed by pyrosequencing. We further explored IGs and TEs' methylation changes through methylation array (Human MethylationEPIC BeadChip referred as EPIC array, Illumina).MAIN RESULTS AND THE ROLE OF CHANCE:Changes in the IGs' DNA methylation levels were found in ART children compared to controls. DNA methylation levels of H19/IGF2 DMR were significantly lower in ART children than in CTL children [52% versus 58%, P = 0.003, false discovery rate (FDR) P = 0.018] while a significantly higher methylation rate was observed for the PEG3 DMR (51% versus 48%, P = 0.007, FDR P = 0.021). However, no differences were found between the culture media. After observing these targeted modifications, analyses were performed at wider scale. Again, no differences were detected according to the culture media, but imprinted-related DMRs overlapping promoter region near the genes major for the development (MEG3, BLCAP, and DLX5) were detected between the ART and CTL children.LIMITATIONS, REASONS FOR CAUTION:The sample size could seem relatively small, but the high consistency of our results was ensured by the homogeneity of the cohort from the initial randomized study, the standardized laboratory techniques and the robust statistical analyses accounting for multiple testing.WIDER IMPLICATIONS OF THE FINDINGS:Although this study did not report DNA methylation differences depending on the culture medium, it sheds light on epigenetic changes that could be observed in some children conceived by ART as compared to CTL children. The clinical relevance of such differences remains largely unknown, and it is still unclear whether such changes are due to some specific ART procedures and/or to parental infertility.STUDY FUNDING/COMPETING INTEREST(S):This work was supported by funding from the Agence Nationale pour la Recherche ('CARE'-ANR JCJC 2017). The authors have no conflicts of interest.TRIAL REGISTRATION NUMBER:Not concerned.
Bien que le tabagisme soit un facteur de risque connu des accidents vasculaires cérébraux (AVC) ischémiques, son influence sur le pronostic post-AVC demeure controversé. Ces disparités peuvent être expliquées par la présence de facteurs de confusion insuffisamment pris en compte, notamment la précarité. Cette étude visait à évaluer l’impact conjoint de la précarité et du tabagisme sur le pronostic fonctionnel après un AVC ischémique en s’appuyant sur les données de l’étude de cohorte prospective INDIA (Inégalités sociales et pronostic des patients hospitalisés pour AVC dans quatre départements français contrastés). De 2010 à 2014, 1536 patients avec un premier AVC ont été inclus dans l’étude INDIA. Pour la présente étude, seuls les patients atteints d’AVC ischémiques avec des données complètes sur le statut tabagique, la précarité et le pronostic ont été considérés (n = 1242). La précarité était définie par un score EPICES ≥ 30,17. Le critère de jugement principal était le pronostic fonctionnel à 12 mois, évalué par le score de Rankin modifié (mRS). L’association entre tabagisme et handicap modéré ou sévère a 12 mois (mRS ≥ 3) a été évaluée par régression logistique. Les patients fumeurs (n = 189 (15,2 %)) étaient plus jeunes (55,8 ans ± 12,9 versus 69,3 ± 14,1, p < 0,001) et plus souvent précaires que les non-fumeurs (58,2 % versus 49,2 %, p = 0,02). L’impact du tabagisme sur le pronostic fonctionnel différait en fonction de la précarité (p d’interaction = 0,003). Le tabagisme était significativement associé à une probabilité accrue d’avoir un handicap modéré ou sévère a 12 mois chez les patients non précaires (OR ajusté (ORa) = 2,08[IC95 % 1,03–4,18], p = 0,039), mais pas chez les patients précaires (ORa = 0,88 [IC95 % 0,48–1,61], p = 0,69). L’impact différentiel du tabac sur le pronostic fonctionnel en fonction de la précarité nécessite probablement la mise en place d’études qualitatives afin d’identifier les freins à l’accès aux soins, ainsi que les leviers permettant une meilleure implication des patients dans leur santé.
Le lupus érythémateux systémique (LES) est une maladie auto-immune rare impactant lourdement la qualité de vie (QdV) des patients. La plupart des études longitudinales précédentes portaient sur des questionnaires génériques et ne détaillaient pas l’influence du type de poussée clinique sur l’évolution de la QDV. Notre étude avait pour objectif d’évaluer l’évolution de la qualité de vie spécifique dans les 18 mois suivant une poussée clinique, à l’aide d’une approche basée sur la théorie de réponse aux items. La cohorte prospective longitudinale française EQUAL est constituée de patients atteints de LES suivis pendant deux ans. La QDV spécifique selon le LupusQol et le SLEQOL a été recueillie tous les trois mois. L’activité lupique selon le SELENA-SLEDAI (SFI) et le SELENA-SLEDAI révisé (SFI-R) a été évaluée tous les six mois. La réponse aux items des questionnaires spécifiques LupusQoL et SLEQOL par des patients dans les 18 mois (à 6, 12 et 18 mois après une poussée) suivant une poussée clinique a été comparée à celle des patients sans poussée grâce à un modèle linéaire logistique à hypothèses assouplies pour les dimensions de chaque questionnaire. Entre décembre 2011 et juillet 2015, 336 patients ont été inclus (89,9 % de femmes). Les domaines du LupusQol et du SLEQOL concernant la qualité de vie physique (santé physique, fonctionnement physique et douleur) étaient les plus impactés par les poussées ostéoarticulaires et cutanées (perte d’indépendance, ralentissement moteur, difficulté à la marche, impact de la douleur sur les activités, le sommeil, la mobilité, inquiétude lié à la douleur articulaire, sentiment de gêne pour les autres et de tristesse). Les items impactés par la poussée cutanée concernaient également les problématiques d’image de soi. Les poussées neurologiques ou psychiatriques impactaient plus sévèrement la qualité de vie spécifique. La qualité de vie des patients est modifiée jusqu’à 18 mois après une poussée. Les résultats d’analyse selon la théorie de réponse aux items permettent de repérer les items qui représentent le mieux l’évolution de la qualité de vie des patients. Les items portant sur la santé physique et sur la douleur sont les plus sensibles aux variations de QDV après une poussée ostéoarticulaire ou cutanée, indiquant que cette préoccupation des patients s’améliore dans les six à 18 mois après une poussée.
BACKGROUND:Acute kidney injury is the most frequent complication in patients with septic shock and is an independent risk factor for death. Although renal-replacement therapy is the standard of care for severe acute kidney injury, the ideal time for initiation remains controversial. METHODS:In a multicenter, randomized, controlled trial, we assigned patients with early-stage septic shock who had severe acute kidney injury at the failure stage of the risk, injury, failure, loss, and end-stage kidney disease (RIFLE) classification system but without life-threatening complications related to acute kidney injury to receive renal-replacement therapy either within 12 hours after documentation of failure-stage acute kidney injury (early strategy) or after a delay of 48 hours if renal recovery had not occurred (delayed strategy). The failure stage of the RIFLE classification system is characterized by a serum creatinine level 3 times the baseline level (or ≥4 mg per deciliter with a rapid increase of ≥0.5 mg per deciliter), urine output less than 0.3 ml per kilogram of body weight per hour for 24 hours or longer, or anuria for at least 12 hours. The primary outcome was death at 90 days. RESULTS:The trial was stopped early for futility after the second planned interim analysis. A total of 488 patients underwent randomization; there were no significant between-group differences in the characteristics at baseline. Among the 477 patients for whom follow-up data at 90 days were available, 58% of the patients in the early-strategy group (138 of 239 patients) and 54% in the delayed-strategy group (128 of 238 patients) had died (P=0.38). In the delayed-strategy group, 38% (93 patients) did not receive renal-replacement therapy. Criteria for emergency renal-replacement therapy were met in 17% of the patients in the delayed-strategy group (41 patients). CONCLUSIONS:Among patients with septic shock who had severe acute kidney injury, there was no significant difference in overall mortality at 90 days between patients who were assigned to an early strategy for the initiation of renal-replacement therapy and those who were assigned to a delayed strategy. (Funded by the French Ministry of Health; IDEAL-ICU ClinicalTrials.gov number, NCT01682590 .).
Le traumatisme sévère est associé à un risque élevé de morbidité et de mortalité. L’atteinte thoracique est souvent présente. Le but de l’étude était de déterminer si les facteurs pronostiques du traumatisme sévère sont modifiés par la sévérité de l’atteinte thoracique. Une analyse ancillaire de l’étude FIRST, une cohorte multicentrique incluant des patients ayant un traumatisme sévère nécessitant une admission à dans l’une des réanimations des centres hospitalo-universitaires (CHU) participants dans les 72 heures post-traumatiques. Les patients admis initialement dans un hôpital général ont été exclus. Parmi les 2052 patients analysés, 583 (28 %) ont eu un traumatisme thoracique grave (AIS thorax > 3). Le taux de mortalité était de 22 % dans le groupe AIS > 3 et 17 % dans le groupe AIS ≤ 3 (p = 0,006). En analyse multivariée, seule l’interaction entre les accidents de moto/vélo en comparaison à ceux du véhicule et le traumatisme thoracique grave est restée significative (p = 0,042) après ajustement sur le Glasgow, la fréquence cardiaque, l’âge, le sexe et l’AIS tête. Dans le groupe de traumatismes thoraciques graves, les motocyclistes/cyclistes avaient un risque de mortalité plus élevé que les patients victimes d’accidents de voiture (SHR : 1,66 ; IC 95 %, 1,08 à 2,55 ; p = 0,02), alors que dans le groupe traumatisme thoracique non sévère, il n’y a pas de différence significative de mortalité entre les deux groupes (SHR : 0,97 ; IC 95 %, 0,66 à 1,42 ; p = 0,87). Les motards ou les cyclistes avaient un risque significativement plus élevé de mortalité quand ils ont un traumatisme thoracique grave. Ces résultats peuvent être utilisés pour établir des mesures thérapeutiques et préventives.
Des précédents travaux ont montré des inégalités géographiques dans la détection des adénomes colorectaux, avec un impact du niveau socio-économique et de l’offre d’accès aux soins. Le but de cette étude était de déterminer l’impact de la mise en place du dépistage du cancer colorectal (CCR) en 2003 sur le taux de détection des adénomes colorectaux et sur les disparités géographiques et socio-économiques de détection. La population de l’étude, identifiée à partir du registre des polypes de Côte d’Or, comprenait tous les patients âgés de plus de 20 ans résidant dans le département de Côte d’Or (France) avec un premier adénome diagnostiqué entre 1997 et 2008. Le niveau socio-économique était défini par l’« European Deprivation Index » (EDI). L’accès aux soins était évalué à l’aide de la densité médicale en médecins généralistes (MG), la distance routière au médecin généraliste et au gastroentérologiste le plus proche. Un modèle de régression bayésien a été utilisé pour estimer l’influence de ces covariables sur le taux de détection des adénomes. Le taux de détection standardisé des adénomes était de 165 pour 100 000 [intervalle de confiance (IC) à 95 % : 160–171] avant mise en place du dépistage et de 271 pour 100 000 [IC à 95 % : 265–277] après. Avant mise en place du dépistage, l’éloignement du MG [risque relatif (RR) = 0,77 (0,65–0,91)] et le niveau socio-économique [RR = 0,97 (0,95–0,99)] réduisaient de manière indépendante la probabilité de détection des adénomes. Après mise en place du dépistage, la probabilité de détection des adénomes colorectaux n’était plus influencée par les facteurs socio-économiques ni géographiques. Le dépistage organisé du CCR a permis d’améliorer la détection des adénomes et a contribué à la réduction des inégalités sociales de santé. La transition vers un test immunologique sera un autre pas en avant pour la réduction des inégalités de détection et de l’incidence du cancer colorectal.
L’objectif de cette étude était de vérifier l’invariance culturelle d’un questionnaire de qualité de vie (QDV) spécifique du lupus systémique (LS) : le SLEQOL. On parle de fonctionnement différentiel d’item (DIF) lorsque la réponse à une question est différente en fonction de la culture pour un même niveau de QDV. Nous avons réalisé une étude du fonctionnement différentiel des items du SLEQOL en comparant les résultats obtenus chez des patients français et issus de la cohorte de Singapour. Le SLEQOL est un questionnaire de qualité de vie spécifique du lupus systémique développé et validé à Singapour. La version française a été développée grâce à une procédure de traduction conforme avec les recommandations en vigueur en collaboration avec les développeurs. La version française a été soumise aux patients inclus dans la cohorte française multicentrique EQUAL. Les propriétés psychométriques (validité de structure interne, cohérence interne, fiabilité test-retest et validité externe) de la version française du SLEQOL ont été étudiées avec les outils statistiques appropriés. L’invariance du questionnaire a été étudiée en comparant les estimations de la qualité de vie obtenues grâce à un modèle issu de la théorie des réponses aux items (IRT) dans la cohorte française et dans la cohorte de Singapour. La détection d’un DIF a été étudiée par la comparaison de modèles emboîtés expliquant la réponse aux items par la QDV, l’origine géographique (France ou Singapour), et l’interaction entre les deux. L’intensité du DIF a été évaluée grâce à l’utilisation de la différence du pseudo-R2 de McFadden (DIF négligeable si différence de pseudo-R2 < 0,035.) Les analyses ont porté sur les résultats issus des questionnaires remplis par 310 patients français dont 277 femmes, d’âge moyen (écart-type) 41(12) ans. Le SLEDAI médian (intervalle interquartile) était de 4 (0–8). Les qualités psychométriques de la version française du SLEQOL étaient acceptables. Les 534 patients singapouriens étaient de sexe féminin dans 491 cas, d’âge moyen 42,9(12,7) ans avec un SLEDAI médian à 2 (0–6). Un DIF a été détecté pour 23 items. L’intensité du DIF était négligeable pour tous les items sauf 4 (différence de pseudo-R2 de McFadden supérieure au seuil de 0,035). Concernant les 4 items avec un DIF significatif : – l’item « fatigue » était plus souvent coché par les patients français pour un même niveau de qualité de vie dans l’échelle « symptômes » (p < 0,0001, pseudo-R2 = 0,042) ; – l’item « peur des aiguilles » était plus souvent coché par les patients de Singapour pour un même niveau de qualité de vie dans l’échelle « traitement du lupus » (p < 0,0001, pseudo-R2 = 0,038) ; – l’item « inquiétude à cause de la charge financière pour ma famille » était plus souvent coché par les patients de Singapour pour un même niveau de qualité de vie dans l’échelle « image de soi » (p < 0,0001, pseudo-R2 = 0,05) ; – l’item « impression de consommer plus d’alcool ou de tabac » était plus souvent coché par les patients de Singapour dans cette même dimension (p < 0,0001, pseudo-R2 = 0,04). L’invariance du SLEQOL était vérifiée en dehors de 4 items pouvant être à l’origine de divergence dans l’interprétation du score dans les études internationales. Les différences portant sur les difficultés financières sont probablement liées aux différences des systèmes de santé entre les deux pays. Les différences de consommation d’alcool et de tabac entre les deux pays expliquent possiblement que la consommation d’alcool soit banalisée en France, et au contraire associée à une plus grande détresse psychologique à Singapour. Il est également probable que la perception de la fatigue et la crainte d’une prise de sang soit culturellement différentes. Le questionnaire SLEQOL est globalement valide et invariant. Un fonctionnement différentiel d’item modéré lié à la culture a été détecté dans 4 des 40 items du SLEQOL.
L’extubation est une décision difficile en réanimation car en cas de réintubation, la mortalité est particulièrement élevée. L’oxygénothérapie à haut débit (OHD) et la ventilation noninvasive (VNI) sont 2 supports respiratoires qui permettent d’améliorer l’oxygénation, de réduire le travail respiratoire, et le risque de réintubation chez certains patients bien identifiés. En réanimation, l’OHD appliquée en prophylaxie semble efficace chez les patients qui présentent une hypoxémie légère au moment de l’extubation (risque de réintubation < 10 %) tandis que la VNI est particulièrement efficace chez les patients considérés à haut risque d’échec d’extubation (risque de réintubation > 20 %). Les patients âgés de plus de 65 ans, atteints d’une maladie chronique cardiaque ou respiratoire, ou avec une hypercapnie sont des patients à haut risque facilement identifiés au moment de l’extubation. En cas d’insuffisance respiratoire post-extubation, la stratégie d’oxygénation optimale n’est pas codifiée. L’OHD n’a jamais été évalué dans cette indication et les recommandations suggèrent de ne pas utiliser la VNI. En post-opératoire, l’oxygène standard suffit même après une chirurgie lourde programmée (risque d’intubation < 5 %), mais devrait être remplacé plutôt par l’OHD en cas d’hypoxémie (risque d’intubation 10–15 %), et par la VNI en cas d’insuffisance respiratoire avec signes de détresse (risque d’intubation 50 %).The decision of extubation is difficult in ICUs because in case of reintubation mortality is particularly high. High-flow nasal cannula oxygen therapy (HFNC) and noninvasive ventilation (NIV) are two respiratory supports that help to improve oxygenation, to decrease work of breathing and to decrease the risk of reintubation in selected patients. In the ICU, HFNC seems effective in patient with mild hypoxemia at time of extubation (risk of reintubation < 10%) while prophylactic NIV is particularly effective in patients at high-risk of extubation failure (risk of reintubation > 20%). Patients older than 65 years, those with underlying chronic cardiac or respiratory disease, or with hypercapnia are patients at high-risk easily identified at time of extubation. The best oxygenation strategy for management of post-extubation respiratory failure is unknown. HFNC has never been assessed in this setting, and NIV may have deleterious effects in patients with post-extubation respiratory failure. In postoperative patients, standard oxygen is sufficient even after major planned surgery (risk of intubation < 5%), but should probably be switched to HFNC in patients with hypoxemia (risk of intubation 10–15%) and further to NIV in patients with respiratory failure with hypoxemia and clinical signs of respiratory distress (risk of intubation 50%).
Les infections intra-abdominales représentent les complications les plus fréquentes et les plus graves en termes de morbi-mortalité après chirurgie colorectale programmée, en raison notamment d'un diagnostic souvent trop tardif. Plusieurs marqueurs ont été étudiés dans la littérature pour prédire leur apparition, en particulier la protéine C-réactive (CRP) et la procalcitonine (PCT), mais avec des résultats contradictoires. L'objectif de cette méta-analyse était de comparer les capacités prédictives de la CRP et de la PCT dans la survenue des infections intra-abdominales après chirurgie colorectale programmée en tenant compte de l'ensemble des données publiées et de leur hétérogénéité. Les bases de données bibliographiques Medline et Cochrane ont été consultées afin d'identifier les études portant sur le dosage de la CRP et/ou PCT à j2 et/ou j3 et/ou j4 et/ou j5. Seules les études ayant comme critère de jugement les infections intra-abdominales après chirurgie colorectale programmée ont été retenues. La qualité méthodologique a été évaluée par l'outil QUADAS2. Pour chaque biomarqueur et à chaque temps, les estimations de la sensibilité et spécificité obtenues dans les différentes études ont été utilisées pour estimer la courbe ROC résumée (SROC) et l'aire sous la courbe (AUC) correspondante. Le modèle bivarié à effet aléatoire de DerSimonian and Laird a été appliqué pour tenir compte de l'hétérogénéité des estimations. L'analyse principale portait sur les valeurs de CRP et PCT obtenues à j4. Au total, 11 articles rassemblant 2692 patients ont été inclus dans la méta-analyse. Sur l'ensemble des études, la fréquence d'infections intra-abdominales était de 9,6 %. À j4, la sensibilité variait entre 75 et 100 % et la spécificité entre 60 et 76 % pour la CRP suivant les seuils choisis par les auteurs. Pour la PCT, la sensibilité variait entre 69 et 82 %, et la spécificité entre 40 et 71 %. Il n'existait pas de différence significative entre CRP (AUC : 0,79 (IC 95 % [0,75–0,83]) et PCT (0,72 (IC 95 % [0,66–0,77]) à j4. Il n'existait pas non plus de différences significatives pour j2, j3 et j5. Les résultats préliminaires suggèrent que la PCT n'a pas une capacité prédictive significativement supérieure à la CRP pour les infections intra-abdominales après chirurgie colorectale programmée. Avec un coût inférieur à la PCT, le dosage de la CRP à j4 pourrait être privilégié pour prédire les infections intra-abdominales.
BACKGROUND:MEN1, which is secondary to the mutation of the MEN1 gene, is a rare autosomal-dominant disease that predisposes mutation carriers to endocrine tumors. Most studies demonstrated the absence of direct genotype-phenotype correlations. The existence of a higher risk of death in the Groupe d'étude des Tumeurs Endocrines-cohort associated with a mutation in the JunD interacting domain suggests heterogeneity across families in disease expressivity. This study aims to assess the existence of modifying genetic factors by estimating the intrafamilial correlations and heritability of the six main tumor types in MEN1.METHODS:The study included 797 patients from 265 kindred and studied seven phenotypic criteria: parathyroid and pancreatic neuroendocrine tumors (NETs) and pituitary, adrenal, bronchial, and thymic (thNET) tumors and the presence of metastasis. Intrafamilial correlations and heritability estimates were calculated from family tree data using specific validated statistical analysis software.RESULTS:Intrafamilial correlations were significant and decreased along parental degrees distance for pituitary, adrenal and thNETs. The heritability of these three tumor types was consistently strong and significant with 64% (s.e.m.=0.13; P<0.001) for pituitary tumor, 65% (s.e.m.=0.21; P<0.001) for adrenal tumors, and 97% (s.e.m.=0.41; P=0.006) for thNETs.CONCLUSION:The present study shows the existence of modifying genetic factors for thymus, adrenal, and pituitary MEN1 tumor types. The identification of at-risk subgroups of individuals within cohorts is the first step toward personalization of care. Next generation sequencing on this subset of tumors will help identify the molecular basis of MEN1 variable genetic expressivity.
ABSTRACT Aim: The precise selection of patients for ACT is critical but there remain no validated molecular tools which are prognostic for relapse or predictive of benefit from ACT. Methods: LACE-Bio, based on the LACE (Lung Adjuvant Cisplatin Evaluation) meta-analysis project, includes a fully annotated database and tissue bank from 4 randomised trials comparing ACT to non-treated control (IALT(1), ANITA(2), NCIC CTG JBR-10 (3) and CALGB 9633(4). It contains ∼1500 samples, including frozen tissue (JBR.10). Histochemical/immunohistochemical (HC) biomarkers shown in one trial to have a significant prognostic and/or predictive effect on overall survival, were cross-validated in the 3 other trials; when only a trend (T) for such effects was observed we performed a pooled analysis combining all 4 trials. All statistical analyses were conducted by the meta-analysis unit at Gustave Roussy. Biomarker assays for validation/pooled analyses were in general conducted by the group reporting the original biomarker results Results: Numerous issues were encountered during the attempted validation of promising assays, including method of fixation, storage, the use of TMAs vs. sections, stored vs. fresh sections, and reagent/antibody batches. Despite meticulous methodology, the majority of the promising biomarkers (other than mutations) could not be confirmed as of value. Marker Trial Predictive? Prognostic? Confirmed? ERCC1 IALT Yes Yes No LYMPHOID INFILTRATE IALT No Yes Yes MUCIN CALGB No Yes PROGNOSTIC (DFS) b-TUBULIN JBR10 Trend Yes PROGNOSTIC P27 IALT Yes Yes No FASL IALT Trend No No FAS/FASL IALT Yes Yes No BAX IALT Trend No No Conclusions: Although inexpensive and widely available, HC based assays from single trials may be misleading and require validation before being implemented. Of particular concern are HC biomarkers which we could not validate, but which are being used as selection tools in open trials. LACE-Bio-2 is evaluating potential genomic biomarkers using next-generation sequencing that may allow more precise selection of NSCLC patients for ACT in NSCLC. Disclosure: All authors have declared no conflicts of interest.
Les inégalités sociales de santé (ISS) sont très prononcées en France et elles ne cessent d’augmenter depuis 20 ans. Entre les deux extrêmes de l’échelle sociale, des différences d’un facteur 2 à 3 sont observées pour plusieurs indicateurs de santé, et pour la plupart des pathologies en lien avec la nutrition, obésité et diabète en particulier. Des disparités sociales en matière d’alimentation et d’activité physique se manifestent dès le début de la vie, et pourraient contribuer à la constitution des ISS à travers l’accumulation, quand la position socioéconomique (PSE) décroît, de contraintes économiques, structurelles et psychosociales qui limitent l’adoption de comportements favorables à la santé. Les politiques nutritionnelles ont un rôle majeur à jouer dans la réduction de ces inégalités, en particulier à travers la mise en œuvre d’interventions multifactorielles, territoriales, participatives et multi-partenariales, en accord avec les principes de promotion de la santé.Social inequalities in health are strongly pronounced in France, where they have worsened steadily over the past two decades. Between the two extremes on the social scale, these differences of a factor of 2 to 3 are found with several health indicators and for most nutrition associated diseases, obesity and diabetes in particular. Social disparities concerning food and physical activity are evidenced from childhood, and can contribute to social inequalities in health through a process of accumulation. This is usually the result of a decline in the individual's socio-economic position, with economic, structural and psychosocial constraints that limit the take-up of healthy behaviours. Nutrition policies have a key part to play in the reduction of these inequalities, particularly through the implementation of multi-factorial, territorial, participative and multi-partner interventions consistent with the principles health promotion.
Définir une population à risque de cancer pancréatique permettrait de réaliser un dépistage ciblé et d’améliorer le pronostic en posant un diagnostic précoce. Le lien entre diabète et cancer pancréatique est bien connu, mais les mécanismes de cette association restent à préciser. Plusieurs arguments montrent que le diabète associé au cancer du pancréas est paranéoplasique et non secondaire à l’invasion tumorale du parenchyme pancréatique. En effet, le diabète précède de plusieurs mois l’apparition radiologique de la tumeur et sa fréquence est la même quelle que soit la taille tumorale. L’amélioration du profil glycémique après résection tumorale via une diminution de l’insulinorésistance renforce cette idée. Par ailleurs, des modèles expérimentaux ont montré que la dysrégulation glycémique survenait précocement dans la carcinogenèse pancréatique. Il paraît donc nécessaire d’identifier les singularités de ce diabète afin de les différencier des caractéristiques du diabète de type 2 (DT2). L’absence de syndrome métabolique associée et l’absence d’antécédent familial de DT2 sont des premiers éléments en faveur d’un diabète paranéoplasique. Une autre spécificité de ce type de diabète est la perte pondérale précédant le diagnostic de diabète, réduction de poids qui pour autant ne correspond pas à la cachexie cancéreuse. Les mécanismes physiopathologiques impliqués sont d’une part une dysfonction de la cellule b, secondaire à la sécrétion par les cellules cancéreuses de médiateurs paranéoplasiques comme l’adrénomédulline, et d’autre part l’existence d’une insulinorésistance des tissus périphériques. L’identification précise des mécanismes du diabète paranéoplasique et des patients à risque permettra de cibler les diabétiques chez lesquels la surveillance de l’imagerie pancréatique, au moment et à distance du diagnostic de diabète, paraît nécessaire.Identification of patients with increased risk of pancreatic cancer will improve their screening and prognosis by performing an early diagnosis. The link between diabetes and pancreatic cancer is well known, but the mechanisms at the basis of this relationship remain to be investigated. Several arguments show that diabetes in pancreatic cancer is paraneoplastic but not due to the destruction of pancreas. Indeed, diabetes occurs several months before the tumor is radiologically detectable, and its prevalence is the same regardless of the size of the tumor. Improvement of glycemia after tumoral surgery via decrease of insulin resistance also supports this concept. Moreover, experimental models show that glycemic dysregulation appears early during pancreatic carcinogenesis. It seems required to identify the specificities of a pancreatic cancer-induced diabetes that differ from the general features of a typical type 2 diabetes. The absence of metabolic syndrome and the absence of family history of diabetes are in favor of a paraneoplastic diabetes. Another specificity of this type of diabetes is weight loss that occurs before the diagnosis of diabetes, and which is different from cachexia. The pathophysiological mechanisms involve both a β-cell dysfunction secondary to secretion by cancer cells of paraneoplastic mediators as adrenomedullin, and an insulin resistance in peripheral tissues. Characterization of the mechanisms of paraneoplastic diabetes and identification of patients with increased cancer risk represent major challenges to select diabetic patients in whom pancreatic imaging monitoring could be helpful at diagnosis and during the follow-up.
OBJECTIVE:To assess the impact of primary tumour resection on overall survival (OS) of patients diagnosed with stage IV colorectal cancer (CRC). DESIGN:Among the 294 patients with non-resectable colorectal metastases enrolled in the Fédération Francophone de Cancérologie Digestive (FFCD) 9601 phase III trial, which compared different first-line single-agent chemotherapy regimens, 216 patients (73%) presented with synchronous metastases at study entry and constituted the present study population. Potential baseline prognostic variables including prior primary tumour resection were assessed by univariate and multivariate Cox analyses. Progression-free survival (PFS) and OS curves were compared with the logrank test. RESULTS:Among the 216 patients with stage IV CRC (median follow-up, 33 months), 156 patients (72%) had undergone resection of their primary tumour prior to study entry. The resection and non-resection groups did not differ for baseline characteristics except for primary tumour location (rectum, 14% versus 35%; p=0.0006). In multivariate analysis, resection of the primary was the strongest independent prognostic factor for PFS (hazard ratio (HR), 0.5; 95% confidence interval [CI], 0.4-0.8; p=0.0002) and OS (HR, 0.4; CI, 0.3-0.6; p<0.0001). Both median PFS (5.1 [4.6-5.6] versus 2.9 [2.2-4.1] months; p=0.001) and OS (16.3 [13.7-19.2] versus 9.6 [7.4-12.5]; p<0.0001) were significantly higher in the resection group. These differences in patient survival were maintained after exclusion of patients with rectal primary (n=43). CONCLUSION:Resection of the primary tumour may be associated with longer PFS and OS in patients with stage IV CRC starting first-line, single-agent chemotherapy.