Les essais nucleaires atmospheriques realises par les Etats-Unis, l’ex Union sovietique, le Royaume-Uni, la Chine et la France entre 1945 et 1980 ont entraine des retombees radioactives dans l’environnement. La question des consequences de ces rayonnements ionisants sur la sante des populations exposees se pose depuis plusieurs decennies. Cette expertise collective Inserm, sollicitee par le ministere de la Defense, a pour objectif d’evaluer les consequences sanitaires des essais nucleaires atmospheriques menes par la France en Polynesie francaise entre 1966 et 1974. Afin d’explorer la relation eventuelle entre certaines pathologies et une exposition aux rayonnements ionisants, en particulier aux faibles doses, le groupe pluridisciplinaire d’experts specialistes en sociologie, sante publique, epidemiologie, dosimetrie, radiobiologie et genetique, a analyse les connaissances scientifiques internationales disponibles sur les dommages sanitaires des essais nucleaires atmospheriques realises par les differents pays dont la France ; il s’est egalement interesse aux effets sanitaires causes par d’autres types d’exposition aux rayonnements ionisants, ainsi qu’aux mecanismes biologiques sous-jacents et aux methodes retrospectives d’estimation des doses recues. A l’issue de cette analyse, le groupe d’experts propose des perspectives de recherche, de surveillance sanitaire et de veille scientifique afin d’ameliorer l’evaluation et le suivi des consequences des essais nucleaires sur la sante en Polynesie francaise.
Évaluer les variations géographiques de la participation au programme national de dépistage organisé du cancer du sein en fonction de la défavorisation sociale dans l'ensemble de la France métropolitaine. Les données de 4 805 390 femmes vivant dans 36 209 communes de 95 départements et participant au programme de dépistage organisé en 2013–2014 ont été analysées en utilisant un indice écologique français de défavorisation sociale (FDep–« French Deprivation Index »). Les taux de participation au dépistage organisé ont été décrits par quintiles de déprivation, et analysés dans un modèle de Poisson à effets aléatoire dans lequel le FDep était introduit comme un effet continu non linéaire. Ce dernier modèle permettait par ailleurs de quantifier les variations de la participation entre les communes et les départements. Le taux de participation standardisé était le plus élevé dans les quintiles intermédiaires (55 %). Il était de 45 % pour le quintile le moins défavorisé et de 52 % pour le quintile le plus défavorisé. L'utilisation du modèle confirme qu'en moyenne, la relation entre la participation au programme de dépistage organisé et la défavorisation sociale de la commune de résidence est en forme de U inversé : la participation était plus faible pour les communes les moins et les plus défavorisées. Cette forme a également été observée pour chacune des deux sous-populations – communes urbaines et rurales – considérées séparément. Ce profil était cependant variable d'un département à un autre. Malgré la prise en compte du FDep dans le modèle, les variations géographiques inexpliquées des taux de participation entre les départements et entre les communes restaient plus importantes que celles expliquées par le FDep. Notre étude a mis en évidence des disparités importantes dans les taux de participation départementaux et les profils de la relation entre défavorisation et participation. Cependant, la défavorisation sociale ne semble avoir qu'une faible influence sur la variation géographique des taux de participation au niveau de la France métropolitaine. Il s'avère nécessaire de mieux comprendre les facteurs qui affectent les variations géographiques des taux de participation, en particulier le recours à des pratiques de dépistage « hors programme ».
Congenital hypothyroidism (CH) is a condition of thyroid hormone deficiency present at birth. Based on data recorded by the South-eastern France newborn screening center, an unusually large number of cases were observed in 1986, the year when radioactive iodine from the Chernobyl disaster was released. We sought to investigate the time clustering pattern of CH cases in this area using 31 years of data to study whether this cluster is unlikely to have arisen by chance. The study included all cases of CH with eutopic thyroid gland and thyroid dysgenesis screened from 1982 to 2012 in Provence-Alpes-Côte-d’Azur and the island of Corsica. Statistical tests (Naus and Kulldorff scan tests) to retrospectively investigate an unusual temporal clustering of cases were applied, adjusting for the temporal incidence trend and variation of the neonatal population size. CH with eutopic thyroid gland were analyzed separately from thyroid dysgenesis, as an anomaly in thyroid development following radiation would be expected to present itself as thyroid dysgenesis. Thyroid dysgenesis was the underlying cause in 73% of the 522 cases of CH in newborn infants registered in the studied geographical area between 1982–2012. A statistically annual average increase was observed for CH with eutopic gland only (+3.4%, confidence interval: 1.2, 6.3). Irrespective of the type of CH or alternative hypothesis investigated for the clustering pattern, no statistically significant temporal clusters of cases were found. Our results indicate that the perceived excess of cases in 1986 in South-Eastern France was not statistically unusual. This finding does not suggest a role for radioactive fallout of Chernobyl in the incidence of CH cases.
Background: In countries with local cancer registration, the national cancer incidence is usually estimated by multiplying the national mortality by the incidence/mortality (I/M) ratio from pooled registries. This study aims at validating this I/M estimation in France, by a comparison with estimation obtained using the ratio of incidence over hospital discharge (I/HD) or the ratio of incidence over health insurance data (long-duration diseases, I/LDD).Methods: This comparison was performed for 22 cancer sites over the period 2004-2006. In France, a longitudinal I/M approach was developed relying on incidence and mortality trend analyses; here, the corresponding estimations of national incidence were extracted for 2004-2006. The I/HD and I/LDD estimations were performed using a common cross-sectional methodology.Results: The three estimations were found similar for most cancers. The relative differences in incidence rates (vs. I/M) were below 5% for numerous cancers and below 10% for all cancers but three. The highest differences were observed for thyroid cancer (up to +21% in women and +8% in men), skin melanoma (up to +13% in women and +8% in men), and Hodgkin disease in men (up to +15%). Differences were also observed in women aged over 60 for cervical cancer. Except for thyroid cancer, differences were mainly due to the smoothing performed in the I/M approach.Conclusion: Our results support the validity of I/M approaches for national estimations, except for thyroid cancer. The longitudinal version of this approach has, furthermore, the advantage of providing smoothed estimations and trend analyses, including useful birth-cohort indicators, and should thus be preferred. (C) 2012 Elsevier Ltd. All rights reserved.
La deuxième lecture des mammographies est un des piliers du programme de dépistage organisé du cancer du sein. Mise en place dès son origine, elle a parfaitement rempli ses rôles de contrôle de la qualité des clichés et de détection de cancers non diagnostiqués par le premier lecteur. Six pour cent des cancers détectés en dépistage le sont par la deuxième lecture. Actuellement réalisée sans dématérialisation sur films imprimés, son organisation semble devoir être remise à plat afin de pouvoir répondre aux évolutions technologiques en cours ou à venir (Tomosynthèse, Intelligence artificielle) et à la digitalisation des pratiques et de la société. Après avoir fait un rappel sur les différentes modalités de seconde lecture dans le monde, les résultats de la deuxième lecture en France, les insuffisances actuelles ou à venir, des propositions d'évolutions sont émises par ce groupe de travail de professionnels impliqués dans le dépistage organisé du cancer du sein.Second reading is an important part of breast cancer organized screening program. Image quality control and detection of non-diagnosed cancer by first reader are the two goals of this process. In France, 6 % of all screening cancer are diagnosed by second reading, actually done on screen film. With the technologic evolution (Digital breast tomosynthesis, Artificial intelligence) and societal digitalization, this process need to evolve. After some report about organization and results for second reading in France and outside, current and future shortcomings, proposition from professionals involved in breast cancer screening are made to improve this public health program.
Les structures de gestion départementales des dépistages mettent en oeuvre le programme national de dépistage organisé du cancer du sein au niveau local. Elles recueillent les informations sur la participation et le suivi des femmes dépistées. Afin d'assurer la qualité et l'homogénéité des données entre les départements, un guide méthodologique est proposé afin que l'InVS valide et agrège ensuite ces données dans une base nationale annuelle. Il calcule les indicateurs d'évaluation de ce programme, ce qui permet de vérifier la conformité de sa mise en oeuvre par rapport aux spécifications du cahier des charges national et de disposer d'indicateurs de qualité et d'efficacité précoce. Cette évaluation est nécessaire aux instances de pilotage du programme pour la prise des décisions relatives à leur poursuite ou à leur modification.
Depuis une vingtaine d'années, de plus en plus de travaux cliniques, épidémiologiques et expérimentaux confirment l'impact des perturbateurs endocriniens environnementaux (PEE) sur la réduction de la fertilité masculine et féminine. Le concept de l'origine fœtale d'une pathologie à l'âge adulte s'est renforcé plus particulièrement dans le domaine de la reproduction. Il est apparu de plus que cette exposition anténatale constitue un véritable risque pour les générations futures, supportant l'hypothèse d'un effet multi- et trans-générationnel de l'impact des PEE.La mise en évidence d'une contamination environnementale reste actuellement un défi eu égard au nombre considérables de PEE produits et mis sur le marché. La chromatographie en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse est apparue comme une méthode de référence. L'évaluation de l'action hormonale ou antihormonale sur des lignées cellulaires stablement transfectées est aussi régulièrement utilisée. Sur les trois pistes épigénétiques (variations de méthylation, microARNs, histones), les recherches semblent se focaliser sur l'implication des microARNs : les variations de leur expression dans la régulation de la fertilité offrant de nouvelles perspectives dans la compréhension du mécanisme modulant la réponse cellulaire à l'exposition fœtale aux PEE. Ils ouvrent la voie à l'identification de marqueurs d'exposition et, dans le futur, à des outils thérapeutiques potentiels.Endocrine disruptor chemicals (EDCs) are ubiquitous contaminants in the environment, wildlife, and humans. During the last 20 years, several epidemiological, clinical and experimental studies have demonstrated the role of EDCs on the reduction of male and female fertility. The concept of foetal origins of adult disease is particularly topical in the field of reproduction. Moreover, exposure to EDCs during pregnancy has been shown to influence epigenetic programming of endocrine signalling and other important physiological pathways, and provided the basis for multi- and transgenerational transmission of adult diseases. However, the large panel of EDCs simultaneously present in the air, sol and water makes the quantification of human exposition still a challenge. Gas chromatography coupled with mass spectrometry, the measurement of total plasmatic hormonal bioactivity on stably transfected cell lines as well as the EDC analysis in hair samples are useful methods of evaluation. More recently, microRNAs analysis offers a new perspective in the comprehension of the mechanisms behind the modulation of cellular response to foetal or post-natal exposure to EDCs. They will help researchers and clinicians in identifying EDCs exposition markers and new therapeutic approaches in the future.
Controversy exists with the use of the acromioclavicular hook plate for the treatment of lateral-third clavicle fractures (Neer type II). This is thought to stem from problems associated with the hook plate causing impingement symptoms, which can cause long-term limitation of movement and pain. Our aim was to evaluate the functional outcomes of patients with lateral-third clavicle fractures treated with the hook plate.We prospectively reviewed all patients who underwent surgery from July 2005 to August 2009 using our prospectively recorded electronic patient information database. All patients were assessed in the clinic to determine both Oxford and Constant shoulder scores.We identified 36 patients who underwent surgery with the hook plate, 26 men and 10 women. The mean age was 36.2 years (range, 22-60 years). Of the patients, 46% were smokers. The median length of hospital stay was 2 days (interquartile range [IQR], 1-3). The median follow-up was 28 months (IQR, 23-37). The median time from date of injury to surgery was 7 days (IQR, 4-76). The mean time to union was 3 months (IQR, 2-4), and the union rate was 95%. In total, 92% of plates were removed. The median time to removal was 4.5 months (IQR, 3-8.75). There were no complications. Two patients presented months later after falls with fractures around the medial end of the hook plate.Hook plates are an effective form of treatment for lateral third clavicle fractures. The best outcomes occur with plate removal before 6 months postoperatively, provided that the fracture has healed.
The aim of this study was to compare incidence of breast, prostate, and colorectal cancer incidence estimated from a French administrative database with the incidences estimated from the cancer registry data.A cohort of 426,410 people included in the general sample of health insurance beneficiaries (EGB) database as of January 1, 2007, was constituted. Several algorithms were developed to estimate cancer incidence between 2008 and 2012 using principal diagnosis (PD) of hospital discharge data (medical information systems program [PMSI]) and/or long-term disease (LTD) and together with a procedure necessary for histological diagnosis and indicating initial disease management. The incidence rates obtained were compared with those from the registry data using the standardized incidence ratio (SIR).The algorithm taking into account LTD and PD in the PMSI and the mandatory presence of a marker procedure provided estimates close to those from the registry data for breast cancer (SIR: 1.12 [1.07–1.18]) and colorectal cancer (SIR: 0.94 [0.88–1.02] in men and SIR: 0.93 [0.86–1.01] in women). For prostate cancer, taking into account specific procedures and drugs in addition to LTD and PD in the PMSI enhanced the estimation of incidence (SIR: 1.03 [0.98–1.08]).The PMSI together with reimbursement data (LTD, procedures, drugs) provided estimates of breast, prostate, and colorectal cancer incidence, at a national level, comparable to those from the cancer registry data.L’objectif de cette étude était de comparer l’incidence des cancers du sein, de la prostate et du côlon-rectum obtenue à partir d’algorithmes appliqués à un échantillon de la base de données médico-administratives de l’assurance maladie, à celle estimée à partir des données de registres du cancer.Une cohorte de 426 410 personnes résidant en France métropolitaine, affiliées au régime général, présentes dans l’échantillon généraliste des bénéficiaires (EGB) de l’assurance maladie au 1er janvier 2007 a été constituée. Plusieurs algorithmes ont été développés à partir des données hospitalières et de remboursement pour estimer l’incidence des cancers entre 2008 et 2012. Ils utilisaient le code CIM-10 du cancer d’intérêt codé en diagnostic principal dans le programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI) et/ou dans les affections de longue durée (ALD), ainsi qu’un acte nécessaire au diagnostic histologique et révélateur de la prise en charge initiale. Concernant le cancer de la prostate, la présence d’actes ou de médicaments spécifiques à la prise en charge de ce cancer était également prise en compte. Les taux d’incidence obtenus ont été comparés à ceux issus des données de registres à l’aide d’un calcul du ratio d’incidence standardisé (SIR).L’algorithme prenant en compte non seulement l’ALD mais aussi le diagnostic principal dans le PMSI et la présence obligatoire d’un acte traceur permettait d’obtenir des estimations proches de celles issues des données de registres pour le cancer du sein (SIR : 1,12 [1,07–1,18]) et le cancer colorectal chez l’homme (SIR : 0,94 [0,88–1,02]) et chez la femme (0,93 [0,86–1,01]). Pour le cancer de la prostate, la prise en compte en sus des données du PMSI et d’ALD, des actes et médicaments spécifiques permettait une meilleure approche de l’incidence et parvenait à un SIR de 1,03 [0,98–1,08].Les données de l’EGB de l’assurance maladie permettent, à l’aide du couplage des données hospitalières et de remboursement, d’obtenir des estimations de taux d’incidence des cancers du sein, de la prostate et du côlon-rectum, à un niveau national, comparables à celles issues des données de registres.
Le programme national de dépistage organisé du cancer du sein (DO) a été généralisé à l’ensemble du territoire français en 2004. Ce dépistage permet aux femmes une détection précoce de ce cancer afin de réduire sa mortalité. Cependant, le dépistage peut aussi induire certains inconvénients, comme produire des résultats faussement positifs, causant du stress. Il peut également détecter des cancers peu létaux ou inoffensifs. L’objectif de ce travail est de décrire l’évolution des faux positifs (FP), des cancers invasifs de petite taille et des cancers in situ, en prenant en compte un dépistage individuel (DI) avant l’entrée dans le DO.
Introduction: This study aimed at modelling the effect of organized breast cancer screening on mortality in France. It combined results from a Markov model for breast cancer progression, to predict number of cases by node status, and from relative survival analyses, to predict deaths. The method estimated the relative risk of mortality at 8 years, in women aged 50-69, between a population screened every two years and a reference population. Methods: Analyses concerned cases diagnosed between 1990 and 1996, with a follow-up up to 2004 for the vital status. Markov models analysed data from 3 screening programs (:300,000 mammographies) and took into account opportunistic screening among participants to avoid bias in parameter's estimates. We used survival data from cancers in the general population (n = 918, 7 cancer registries) and from screened cancers (n = 565, 3 cancer registries), after excluding a subgroup of screened cases with a particularly high survival. Sensitivity analyses were performed. Results: Markov model main analysis lacked of fit in two out of three districts. Fit was improved in stratified analyses by age or district, though some lack of fit persisted in two districts. Assuming 10% or 20% overdiagnosed screened cancers, mortality reduction was estimated as 23% (95% CI: 4, 38%) and 19% (CI: -3, 35%) respectively. Results were highly sensitive to the exclusion in the screened cancers survival analysis. Conversely, RR estimates varied moderately according to the Markov model parameters used (stratified by age or district). Conclusion: The study aimed at estimating the effect of screening in a screened population compared to an unscreened control group. Such a control group does not exist in France, and we used a general population contaminated by opportunistic screening to provide a conservative estimate. Conservative choices were systematically adopted to avoid favourable estimates. A selection bias might however affect the estimates, though it should be moderate because extreme social classes are under-represented among participants. This modelling provided broad estimates for the effect of organized biennial screening in France in the early nineteen-nineties. Results will be strengthened with longer follow-up. (C) 2010 Elsevier Ltd. All rights reserved.
This work presents a brief overview of Markov models in cancer screening evaluation and focuses on two specific models. A three-state model was first proposed to estimate jointly the sensitivity of the screening procedure and the average duration in the preclinical phase, i.e. the period when the cancer is asymptomatic but detectable by screening. A five-state model, incorporating lymph node involvement as a prognostic factor, was later proposed combined with a survival analysis to predict the mortality reduction associated with screening. The strengths and limitations of these two models are illustrated using data from French breast cancer service screening programmes. The three-state model is a useful frame but parameter estimates should be interpreted with caution. They are highly correlated and depend heavily on the parametric assumptions of the model. Our results pointed out a serious limitation to the five-state model, due to implicit assumptions which are not always verified. Although it may still be useful, there is a need for more flexible models. Over-diagnosis is an important issue for both models and induces bias in parameter estimates. It can be addressed by adding a non-progressive state, but this may provide an uncertain estimation of over-diagnosis. When the primary goal is to avoid bias, rather than to estimate over-diagnosis, it may be more appropriate to correct for over-diagnosis assuming different levels in a sensitivity analysis. This would be particularly relevant in a perspective of mortality reduction estimation.