Introduction L’immunomarquage de PRAME est un outil d’une grande sensibilité et spécificité pour différencier la nature bénigne/maligne des proliférations mélanocytaires. Il contribue à améliorer de manière significative la classification des lésions mélanocytaires de diagnostic histologique difficile.L’AFAQAP a organisé en 2023 un premier essai d’aptitude inter-laboratoires du marquage PRAME afin d’évaluer la qualité technique à l’échelon national. Objectif Identifier les protocoles inadaptés ou sub-optimaux, et proposer des recommandations si nécessaire. Méthode Les participants ont appliqué leur protocole de routine sur une lame blanche comportant 2 échantillons cutanés, l’un provenant d’un mélanome, l’autre d’un nævus, et 1 échantillon de testicule normal.Les résultats attendus étaient les suivants : marquage nucléaire intense dans 100 % des cellules tumorales du mélanome ; absence de marquage dans les cellules næviques et marquage cytoplasmique franc des cellules des glandes sébacées ; marquage nucléaire modéré à intense des spermatogonies, et faible à modéré de quelques spermatocytes.Les résultats étaient classés en 4 groupes : optimal, bon, moyen et insuffisant. Résultats Quarante-trois structures ont participé au test et 93 % d’entre elles ont obtenu un marquage adéquat (optimal ou bon) sur les 3 échantillons.Dans le mélanome, le taux de marquage adéquat était de 95 %. Seuls 2 participants (5 %) ont eu un résultat insuffisant lié à une intensité de marquage bien trop faible. Leur marquage était également de trop faible intensité sur les échantillons de nævus et de testicule. À l’inverse, un participant a obtenu un résultat moyen sur le nævus en raison d’un marquage positif aberrant de quelques noyaux de cellules naeviques.Trois clones ont été utilisés : le clone QR005 de Quartett/Diagomics (35 fois), le clone EPR20330 (7 fois), et le clone RBT-PRAME de BioSB/Diagomics (1 fois).Parmi les 35 utilisateurs du clone QR005, 32 ont eu un résultat adéquat sur plateforme Dako Omnis (5/5), Leica (7/7) et Roche-Ventana (20/22) ; 2 utilisateurs de la plateforme Roche-Ventana ont obtenu un résultat insuffisant sur le mélanome, et moyen sur le nævus et le testicule. Le seul utilisateur de ce clone sur plateforme Dako Autostainer a obtenu un résultat moyen sur le nævus.Le clone EPR20330 de Roche-Ventana (6 utilisateurs) ou d’Abcam (1 utilisateur), toujours utilisé sur plateforme Roche-Ventana, a donné 100 % de résultats adéquats.Le clone RBT-PRAME de BioSB/Diagomics (1 utilisateur sur Dako Omnis) a donné un résultat adéquat. Discussion/Conclusion L’essai d’aptitude IHC PRAME 2023 de l’AFAQAP a montré un marquage adéquat de PRAME chez 93 % des participants, moyen chez 2 %, et insuffisant chez 5 %. Le testicule normal est un très bon témoin pour calibrer la technique IHC PRAME. Les recommandations proposées aux 3 structures ayant obtenu un résultat moyen ou insuffisant devraient leur permettre d’améliorer leur technique.
L’immunomarquage anti-NKX3.1 est un marqueur utile pour déterminer l’origine prostatique d’une tumeur. L’AFAQAP a organisé en 2022 un premier essai d’aptitude inter-laboratoire évaluant la qualité technique du marquage NKX3.1 à l’échelon national. Il visait à identifier les protocoles inadaptés ou sub-optimaux, et à proposer au besoin des recommandations. Les participants ont eu à techniquer selon leur protocole de routine une lame blanche comportant 3 échantillons tissulaires : de prostate normale, d’adénocarcinome prostatique et de vésicule séminale. La prostate normale était attendue fortement positive dans 100 % des cellules épithéliales, l’adénocarcinome prostatique fortement positif dans 90 % des cellules tumorales et la vésicule séminale négative. Les résultats étaient classés en 4 groupes : optimal, bon, moyen (limite/passable/acceptable) et insuffisant. Les structures participantes étaient au nombre de 25. Un marquage adéquat (optimal ou bon) sur les 3 échantillons a été obtenu par 88 % des participants. Trois participants (12 %) ont eu un résultat de qualité moyenne sur 1 ou 2 des 3 échantillons. Il n’y a pas eu de résultats insuffisants. Dans la prostate normale, le taux de marquage adéquat était de 92 %, seuls 2 participants (8 %) ayant obtenu un résultat moyen lié à un marquage trop faible. Ces 2 participants, plus un troisième (3/25, 12 %) ont obtenu un marquage moyen, trop faible, sur l’adénocarcinome prostatique. À noter que tous les participants au test ont obtenu une absence de marquage dans la vésicule séminale, comme attendu. Un seul clone a été utilisé : le clone EP356 de 5 origines différentes : 11 participants se sont fournis chez BioSB, 9 chez Roche-Ventana, 2 chez Epitomics, 2 chez Cell Marque, et 1 chez Zeta Corporation. Parmi les 11 utilisateurs du clone EP356 de BioSB, 8 ont eu un résultat adéquat (optimal ou bon) : sur plateforme Agilent-Dako Autostainer (1/1 utilisateur), Agilent-Dako Omnis (2/2), Leica (3/3) et Roche-Ventana (2/5). Pour 3 des 5 utilisateurs de la plateforme Roche-Ventana, un résultat moyen a été obtenu lorsque le clone était utilisé en format pré-dilué. Le clone EP356 Roche-Ventana, utilisé 9 fois sur plateforme Roche-Ventana, a donné 100 % de résultats adéquats. De même, les clone Epitomics (1 × sur Leica et 1 × sur Roche-Ventana), Cell Marque (1 × sur Agilent-Dako Omnis et 1 × sur Roche-Ventana), et Zeta Corporation (1 × sur Leica) ont donné 100 % de résultats adéquats. L’essai d’aptitude IHC NKX3.1 de 2022 de l’AFAQAP a montré une qualité technique satisfaisante du marquage de NKX3.1 chez 88 % des participants, et moyenne chez 12 % d’entre eux. Il n’y a pas eu de faux-positifs. La prostate normale est un bon témoin pour calibrer l’IHC NKX3.1. Les recommandations techniques proposées aux quelques structures ayant obtenu un résultat moyen devraient leur permettre de parfaire leur technique.
The detection of oncogenic mutations in cell-free DNA (cfDNA) may identify therapeutic targets in many cancers, but it requires maximum sensitivity and specificity to avoid any loss of chance. Since 2017, the national Gen&Tiss external quality assessment (EQA) program has been assessing the performance of French laboratories for the detection of EGFR mutations in lung cancer patients by providing each year 5 reconstituted plasma samples of known composition. Since 2019, the EQA also provides an evaluation for the genes of interest in colorectal cancer and melanoma, with 5 additional samples for KRAS and NRAS mutations, and 5 others for BRAF mutations. The performance of the methods used in France was assessed based on the results of Gen&tiss EQA campaigns conducted from 2017 to 2021. A total of 1303 EQA samples were analysed over 5 years, including 720, 142, 71 and 103 EGFR, KRAS, NRAS and BRAF-mutated samples respectively and 267 WT samples. An average of 39 laboratories were evaluated each year, with no significant change over the period. cfDNA extraction protocols varied widely between laboratories, with a trend towards a diversification of methods: 5 different protocols were used in 2017 compared to 11 in 2021. Analytical methods have also changed over the period: the use of quantitative PCR (qPCR), which predominated in 2017, has decreased over the period (from 43% to 29% of laboratories) to the benefit of NGS (from 39% to 59%). The use of digital PCR (dPCR) has remained stable (from 15% to 12%). The true positive (TP) rate averaged 84% over the period, with no significant change from one campaign to the next one (Wilcoxon signed ranks test: p = 0.776). The TP rate was significantly associated with the extraction kit (Fisher: p = 0.0002) and the analytical method (p = 0.0003) but was independent of the mutated gene (p = 0.075). qPCR was the most sensitive (TP rate = 92%), ahead of NGS (83%) and dPCR (77%). The true negative (TN) rate averaged 99% with no significant change over the period (p = 0.763). The TN rate was independent of extraction kit (p = 0.273), analytical method (p = 0.677) and mutated gene (p = 0.455). Despite better analytical performance, the use of qPCR for cfDNA analysis is tending to decrease in France in favour of NGS, as the number of target mutations increases.
L’index Ki67 dépend de l’hétérogénéité tumorale, de la qualité de l’immunomarquage et de l’interprétation du marquage par le pathologiste. L’utilisation des logiciels d’analyse d’image quantitative a pour but de rendre cette interprétation moins sujette aux variations intra- et inter-observateurs. L’objectif de ce travail était d’analyser une série de lames d’un test qualité AFAQAP avec la plateforme digitale d’IMSTAR et de comparer les valeurs obtenues avec celles des pathologistes experts relecteurs. Les 55 lames blanches comparables d’un carcinome mammaire ont été immunomarquées par 55 laboratoires participant au test de comparaison inter-laboratoire AFAQAP 2021, avec leur propre protocole de routine d’IHC Ki67. L’index a été obtenu sur chaque lame selon deux méthodes de lecture centralisée : visuelle par les deux pathologistes relecteurs et automatisée avec le logiciel, selon les recommandations du Cancéropôle de l’Inter-Région Grand-Est 2014 ( www.afaqap.fr ). La plateforme de scanning digitale et d’analyse IMSTAR PathfinderTM a utilisé le microscope Olympus BX63 motorisé (moyen-débit, 80-160 lames), le scanner Olympus VS200 (haut-débit, 210 lames) et le logiciel d’analyse PathoScan T-M Ki67. L‘index Ki67, évalué par les experts relecteurs sur les 55 lames émanant des participants auxquelles s’ajoutent 3 lames de référence AFAQAP, pouvait être réparti en 3 classes : 12–15 % (36 lames), 8–12 % (15 lames) et 5–8 % (7 lames). Les index calculés par le logiciel dans les zones tumorales sélectionnées par les experts relecteurs concordent à 92 % avec les index évalués visuellement par ces experts. Ils se situent dans l’intervalle défini pour 53 lames et ont été surévalués pour 5 lames. L’enjeu de l’analyse de Ki67 est de maitriser la partie technique du marquage IHC et l’interprétation de cet immunomarquage par le pathologiste. La maitrise technique relève de la formation et des contrôles qualité techniques. La maitrise de l’interprétation relève de la formation et du respect des recommandations. Elle se heurte néanmoins aux difficultés de l’évaluation à l’œil sujette à variabilité. C’est dans ce domaine que l’analyse d’image est d’un apport important. Le logiciel a été en phase avec l’évaluation des experts aguerris dans 92 % des cas. C’est d’autant plus remarquable que les techniques d’IHC émanaient de 55 laboratoires. Le logiciel a ainsi su s’adapter aux variations des préparations quels que soient les réactifs utilisés. La surévaluation constatée dans 8 % des cas avec le logiciel a pu être expliquée par la présence d’artéfacts de coloration ou d’un bruit de fond d’intensité comparable à une faible expression du Ki67. L’outil apporte une aide significative à la démarche qualité de l’AFAQAP visant à proposer une standardisation de l’évaluation Ki67, notamment pour les tumeurs présentant des index proches des seuils d’utilité clinique.
Background Testing for germline BRCA1/2 mutations has an established predictive role in breast and ovarian cancer risk assessment and EQA on germline mutation testing have been performed for a long time. With the European extension of indication for the PARP inhibitors, the screening of tumors first is increasingly important. However, tumoral BRCA1/2 testing is a different analytical process on formalin-fixed, paraffin-embedded (FFPE) material and with some challenging variants as large rearrangements. Validation of the test method and participation in external quality assessment programs are therefore required. Methods In the French national quality control programs (Gen&tiss) of 2017 and 2018, laboratories received 5 samples from ovarian cancer patients and 1 educational artificial sample with mutations present at different variant allelic frequencies in BRCA1/2 and a large rearrangement in BRCA1. Results The number of participants was 21 in 2017 and 26 in 2018. The number of labs with severe error was 3 in 2017 (14%) and 4 in 2018 (15%). For BRCA1, the average score remained stable between 2017 [9.6/10 (N = 21)] and 2018 [9.6/10 (N = 26)]. In both years, 2 laboratories made severe errors (false positive/false negative). In 2017 only 11 laboratories (N = 20) identified the educational variant present at 7% VAF. For BRCA2 the score slightly decreased from 9.8/10 (N = 22) to 9.4/10 (N = 26) and the number of laboratories with severe errors increased from 1 to 3. Half of the laboratories (N = 20) detected all three mutations present in the educational sample (VAF 10% to 30%) in the 2017 scheme. In 2018 a large deletion in BRCA1 present in the educational sample was only detected by 4 out of 20 laboratories. Three out of 26 laboratories detected the additional RAD51C variant and none the RAD51D variant. The main methods applied in France focus on BRCA1 and BRCA2 genes and amplification-based enrichment. Conclusions The genotype results were very similar between 2017 and 2018: acceptable but there are still more than 14% with severe errors. The limit of detection is a critical point. Few labs are ready to extend testing beyond BRCA1/2 genes. The question of large rearrangements is not yet solved for tumoral screening. EQA on tumoral BRCA1/2 testing is therefore essential to improve laboratory performance. Legal entity responsible for the study Gen&tiss - GFCO and AFAQAP. Funding AstraZeneca. Disclosure All authors have declared no conflicts of interest.
Devant l’essor des examens moléculaires sur blocs de paraffine archivés, les désarchivages plus fréquents, les volumes d’archivage qui augmentent et les exigences de l’accréditation qui se profilent, la gestion de l’archivage revêt actuellement un enjeu stratégique. Qu’en est-il ? En septembre 2015, l’AFAQAP a mené une enquête en ligne sur l’archivage auprès de toutes les structures françaises d’ACP. Elle visait à étudier l’état des pratiques et leur évolution depuis 2005. Le formulaire abordait 48 questions réparties en 7 thèmes, dont l’archivage/désarchivage des blocs et lames. Les réponses sont parvenues de 124 structures, 44 % libérales (SLib) et 56 % publiques (SPub). Actuellement, 33,3 % des SLib et 46,7 % des SPub produisent plus de 20 mètres linéaires de blocs par an. En 2015, ils étaient conservés plus de 10 ans pour 53 % des SLib (47,3 % en 2005) et plus de 30 ans pour 79 % des SPub (83,6 % en 2005). Ils sont stockés dans un espace dédié pour 82,5 % des SLib et 87,9 % des SPub (vs 74,3 % et 82,1 % en 2005). En 2015, les conditions de stockage étaient jugées comme complètement adaptées pour 60 % des SLib et 34,5 % des SPub (vs 38,5 % et 25,5 % en 2005), partiellement adaptées pour 32,5 % des SLib, 48,3 % des SPub (vs 46 % et 47,3 % en 2005) et non adaptées pour 2,5 % des SLib et 15,5 % des SPub (vs 7,7 % et 23,6 % en 2005). La traçabilité des actions de désarchivage existe dans 85,3 % des structures (vs 51,1 % en 2005). Il est actuellement plus souvent possible de déterminer par qui le désarchivage est réalisé (54,6 % en 2015 vs 24,7 % en 2005) et pour quels prescripteurs, avec une évolution plus importante pour les SPub (71,9 % vs 28,1 % en 2005) que pour les SLib (77,5 % vs 57,5 % en 2005). Le motif de désarchivage est aussi mieux colligé (77 % vs 43 % en 2005). Les structures d’ACP ont investi pour s’adapter aux nouvelles données de l’archivage des blocs, sans obligation légale nouvelle, avec des résultats positifs indéniables sur les durées et conditions de stockage, et une meilleure indexation facilitant les échanges inter-structures. Avec l’accroissement des examens moléculaires portant sur les protéines et les acides nucléiques, plus sensibles que les examens histologiques conventionnels aux modifications physico-chimiques induites par le conditionnement des tissus, les pathologistes intègrent le fait que la fixation et la déshydratation mais également la température et l’hygrométrie ambiantes lors du stockage influencent les résultats d’examens moléculaires à partir de blocs archivés [1]. L’archivage-désarchivage en ACP est une activité devenue exigeante. En s’y adaptant, les pathologistes participent aux évolutions médicales. Cela demanderait à être pris en compte par les pouvoirs publics.
Objective Since the guidelines of the International Committee for Standardisation in Haematology ( ICSH ) in 1984 and those of the European Committee for External Quality Assessment Programmes in Laboratory Medicine ( EQALM ) in 2004, no leading organisation has published technical recommendations for the preparation of air‐dried cytological specimens using May‐Grünwald–Giemsa ( MGG ) staining. Data sources Literature data were retrieved using reference books, baseline‐published studies, articles extracted from PubMed/Medline and Google Scholar, and online‐available industry datasheets. Rationale The present review addresses all pre‐analytical issues concerning the use of Romanowsky's stains (including MGG ) in haematology and non‐gynaecological cytopathology. It aims at serving as actualised, best practice recommendations for the proper handling of air‐dried cytological specimens. It, therefore, appears complementary to the staining criteria of the non‐gynaecological diagnostic cytology handbook edited by the United Kingdom National External Quality Assessment Service ( UK ‐ NEQAS ) in February 2015.
HER-France is a French national web-based database focused on HER2 status in breast cancer and provided by 125 Pathology Laboratories (PL) since October 2011. It was developed for a local and national monitoring of HER2 but contains also additional data like the SBR grade, ER and PR status, and Ki67 index. The objective of this study is to allow PL to compare their actual HER2 rate, not only with the national data (obtained by aggregation of data of all participating labs) but also to their own expected HER2 rate estimated through the additional collected data. To guarantee best pre-analytical conditions, only results on core-biopsies were taken into account. For the prediction model 30,777 sample results from 2014 were used. Different models were built such as penalized regression and random forest to predict HER2 positivity. To evaluate the performance of the models and choose the most suitable, the database was divided in two subsets: the training (70% of the database) and the test one (30%). The models were built on the training data and evaluate on the test dataset. An accuracy measure (AUC) was used to compare models, with AUC=1 indicating a perfect fitting, whereas AUC under 0.5 indicating a random guess. HER2 positivity rate was 12%. The most accurate model found was the penalised regression as the prediction accuracy (AUC=0.78) proved good ability for HER2 modeling. The significant factors associated with HER2 positivity were the higher SBR grade and Ki67, lower RO and RP status and ductal histological subtype. This study added Ki67 as a strong factor of HER2 positivity nearby histological subtype, grade and hormonal status as previously mentioned by Ruschoff et al. In the future, these results should be used to develop a tool integrated within Her-France functionalities in order to allow pathologists to better monitor their practices.
Ki67 est un biomarqueur pertinent pour la décision de chimiothérapie dans le cancer du sein RH+/HER2–, dans un cadre standardisé. L’indispensable démarche de standardisation doit prendre en compte 5 facteurs impactant la prise en charge clinique : 1) la technique de révélation du signal IHC, 2) l’hétérogénéité intra-tumorale, 3) la méthode d’appréciation du % de cellules marquées, 4) la formulation du résultat, 5) le(s) seuil(s) de décision thérapeutique. Après 3 campagnes d’évaluation externe de la qualité (EEQ), l’AFAQAP a pu identifier les techniques IHC optimales et une cause majeure de variations inter-observateurs : la prise en compte excessive des zones de prolifération de très petite taille (hot spots). Devant l’insuffisance de recommandations nationales et internationales sur les facteurs 2 à 5 mentionnés, il est apparu opportun d’émettre des propositions issues d’une réflexion multidisciplinaire inter-régionale. Établir des recommandations pour le référentiel de pratique clinique du Grand-Est (GE). Un groupe de 8 pathologistes, d’1 oncologue médical et de 2 observateurs externes, a pris en compte les données de la littérature, les bilans des EEQ de l’AFAQAP et l’expérience de chacun (avis d’experts). Le résultat du travail a été présenté en réunion plénière inter-régionale des réseaux de cancérologie d’Alsace, Bourgogne, Champagne-Ardenne, Franche-Comté et Lorraine en avril 2014, puis soumis à un vote anonyme. Il a été décidé de ne pas focaliser l’interprétation sur les hot spots et de fournir un index moyen. Le comptage automatisé n’étant pas à ce jour pleinement abouti, l’appréciation par eyeballing (appuyée à l’œil) ou le comptage manuel (au microscope ou sur écran) ont été jugés satisfaisants à condition de s’aider, en cas d’hétérogénéité, d’un algorithme de calcul créé pour l’occasion et disponible sur Internet avec son mode d’emploi (www.afaqap.org/index-Ki67). Deux seuils de décision thérapeutique à 10 % et 30 % ont été retenus. Ils aboutissent à 3 tranches d’index, les tranches basse et haute invitant respectivement à une abstention ou une indication de chimiothérapie. La formulation recommandée du compte rendu ACP sur pièce opératoire a été la suivante : l’index Ki67 est homogène/hétérogène, estimé ≤ 10 % (# %)/dans la tranche 11–30 % (# %)/>30 % (# %). En cas de marquage hétérogène, l’index moyen est fourni et, dans la tranche 11–30 %, il est précisé la présence ou non de zone occupant > 30 % de la surface tumorale avec un index > 30 %. Ces propositions ont été retenues par 96 % des 93 votants en réunion plénière, autorisant leur diffusion pour harmoniser les résultats et les pratiques dans le GE. La méthode d’estimation de Ki67 est à standardiser, sous peine de déclassement de la valeur de ce marqueur d’aide à la décision thérapeutique. L’inter-région, alliant diversité d’opinion et proximité territoriale, a permis une approche pragmatique de cette standardisation.
L’INCa et la SFP ont publié en 2011 une mise à jour du document « Comptes rendus (CR) d’anatomopathologie : données minimales à renseigner pour une tumeur primitive ». Les évolutions par rapport à la version de 2009 concernaient aussi bien les données médicales qu’administratives. Réaliser un bilan du renseignement de 14 données administratives concernant l’identification du patient, des praticiens et des structures en charge du dossier, et des éléments de traçabilité. Les évaluations des CR ont été déclaratives et anonymes. Elles ont porté en 2012 sur 10 CR récents et consécutifs pour cancer du corps utérin, du sein, du testicule, des tissus mous, de mélanome, émanant respectivement de 23, 34, 12, 6 et 17 structures, soit 920 CR. En 2013, l’évaluation a porté sur 10 CR pour cancer du côlon, du poumon, de la prostate, du rein, de la thyroïde, émanant respectivement de 21, 13, 18, 12 et 17 structures, soit 810 CR et un total de 1730 CR sur les 2 dernières années. En raison des modalités d’anonymat, il n’a pas été possible d’identifier les structures ayant participé à plusieurs évaluations. Pour 7 critères, le taux de non-conformités (NConf) était < 10 % avec des taux de réponse adéquate allant de 91,4 à 99,0 % : identification complète du patient, nom d’usage communiqué (par exemple nom marital) quand applicable, nom et coordonnées du demandeur, numéro d’enregistrement du prélèvement dans la structure ACP, date de réception du prélèvement et date de validation du compte rendu, coordonnées complètes de la structure ACP, nom du médecin ACP ayant validé l’examen. Pour 7 critères, le taux de NConf dépassait 10 % : nature du sexe du patient hors organes morphologiquement sexués (14,9 % de NConf dont 1,8 % de non-communiqués par le préleveur [NCom]), identifiant national de santé (INS*) du patient (95,8 % de NConf dont 55,5 % de NCom), identifiant permanent de santé (IPP*) attribué par l’établissement au patient (66,3 % de NConf dont 25,4 % de NCom), code postal* de résidence du patient (62,1 % de NConf dont 25,3 % de NCom), numéro FINESS* de l’établissement d’origine du prélèvement (91,2 % de NConf dont 57,1 % de NCom, quand applicable), date de prélèvement (29,4 % de NConf dont 3,7 % de NCom), numéro FINESS* de la structure ACP (86,0 % de NConf). Quatre critères étaient « non-communiqués par le préleveur » dans plus de 10 % des cas (INS du patient, IPP attribué par l’établissement au patient, code postal de résidence du patient et numéro FINESS de l’établissement d’origine du prélèvement). Les données administratives récemment requises sont insuffisamment renseignées dans la plupart des CR ACP. Pallier ce manque demande à être sensibilisé au sujet, de faire évoluer les feuilles de prescription et de mettre à jour les systèmes informatiques. *Données requises depuis 2011.
L'anatomie pathologique se trouve en première ligne dans le rendu de facteurs moléculaires pronostiques et prédictifs de réponse thérapeutique du cancer du sein (biomarqueurs). Les résultats de RO, RP, Ki-67 par immunohistochimie (IHC) et de HER2 par IHC et hybridation in situ (HIS) reposent dès lors sur : 1) des conditions préanalytiques maîtrisées, 2) des techniques d'examen rigoureuses, 3) des contrôles qualité périodiques et 4) des collectes de données à des fi ns de comparaison intra- et inter-laboratoires. HERFrance représente un outil informatique de suivi national de ces données. Il a été développé par l'AFAQAP (Association Française d'Assurance Qualité en Anatomie Pathologique) en charge de l'évaluation des pratiques professionnelles (EPP) en Anatomie et Cytologie Pathologiques (ACP) et en démarche d'accréditation selon la norme ISO 17043 des organismes de comparaison inter-laboratoires.
Le récepteur du facteur de croissance épithélial REGF apparaît comme un élément clé du processus tumoral, de part son fort niveau d’expression dans certains types tumoraux et les phénomènes qu’il régule via ses voies de signalisation : division cellulaire, angiogenèse, métastase et inhibition de l’apoptose. De nombreuses stratégies thérapeutiques ont été mises en place afin soit de bloquer le récepteur REGF par anticorps monoclonaux, soit d’intervenir sur sa tyrosine kinase. Pour REGF, la diversité des modes d’activation (amplification, mutation, augmentation de la transcription, ligands…) entraîne des difficultés dans le choix des techniques d’évaluation du statut REGF. L’immunohistochimie apparaît, actuellement, comme la méthode la plus adaptée à la routine, mais nécessite une démarche de standardisation et de qualité.Les pathologistes sont actuellement sollicités pour la sélection des patients en vue d’un traitement ciblé par un anticorps monoclonal : Erbitux® et de nombreux efforts de standardisation sont en cours. Cependant, le score de positivité ne fait l’objet d’aucun consensus. Une des questions est de savoir s’il est nécessaire ou non d’évaluer le statut REGF avant traitement ciblé. Une sélection correcte des patients pour le traitement passe peut-être par la détection d’autres facteurs qui pourraient être impliqués dans des mécanismes de résistance. L’indication d’une recherche systématique du statut REGF tumoral en vue d’un traitement ciblé reste à déterminer. Une évaluation fonctionnelle et dynamique de la fonctionnalité du récepteur semble être une perspective intéressante. La place exacte du pathologiste dans ce cadre reste encore à préciser.Epithelial growth factor receptor (EGFR) appears as a key element in carcinogenesis. It displays high levels of expression in some tumor types. Its activation induces cell proliferation, angiogenesis, cell mobility and inhibition of apoptosis. EGFR inhibitors such as monoclonal antibodies or small molecules tyrosine kinase inhibitors have been developed. For EGFR, the diversity of the activation means (amplification, mutation, enhanced transcription, ligands…) leads to technical caveats. Immunohistochemistry appears to be the most appropriate test for clinical use, but standardized assays and scoring systems are mandatory.Pathologists are involved in the selection of patients for a monoclonal antibody based targeted treatment, Erbitux®, and numerous standardization efforts are provided. No consensus has been reached, to date, for a scoring system.Whether the EGFR status has to be tested for the selection of patients is a non answered question. The selection of the “right patient for the right treatment” might be through the evaluation of other putative markers involved in resistance.EGFR testing may be required before targeted treatment. An exciting endpoint might be the functional and dynamic evaluation of EGFR and downstream proteins, for patients, before and during treatment. The exact role of the pathologist still have to be accurately determined.
Les cliniciens souhaitent disposer de biomarqueurs sélectionnant les patientes porteuses d'un cancer du sein RE+ qui pourraient ne pas recevoir de chimiothérapie. Le degré de prolifération cellulaire est un élément essentiel dans ce choix : Ki-67 est connu depuis de nombreuses années et est facilement réalisé par les anatomopathologistes, mais il n'est pas considéré comme un standard dans la pratique quotidienne.
Les sénologues sont à la recherche de marqueurs aidant à la prise de décision thérapeutique. La demande est particulièrement forte pour les carcinomes infiltrants de grade SBR II, RE+ et HER2- afin de sélectionner les patientes à même de bénéficier au mieux de chimiothérapie. Ki-67 est un marqueur de prolifération de référence et il peut être utilisé en cancérologie mammaire à des fins pronostiques ou de réponse immédiate à la chimiothérapie. Dans le cancer du sein, un index de Ki-67 de 10 %, 15 % ou 20 %, selon les écoles, a été proposé comme valeur seuil sous laquelle l’intérêt d’une chimiothérapie pouvait être remise en question en termes de balance bénéfice/risque.
Dans le prolongement de la réflexion menée par l'Académie nationale de pharmacie nous avons réévalué les 3 études de référence suggérant l'innocuité des adjuvants aluminiques. Une seule étude expérimentale a été menée grâce à l'26Al isotopique (Flarend et al., 1997). Cette étude, ignorant la capture cellulaire des adjuvants et menée pendant 28 jours sur seulement 2 lapins par adjuvant, a montré une rétention de 78 % de l'Al de l'adjuvant phosphate de 94 % de l'hydroxyde. Ces résultats sont incompatibles avec une élimination rapide de l'aluminium vaccinal par voie urinaire. L'étude de la distribution tissulaire a omis le muscle injecté, le ganglion de drainage, et l'os. Deux études théoriques ont calculé le risque de l'Al vaccinal chez le nourrisson, par référence au Minimal Risk Level (MRL) par voie orale extrapolé d'expériences animales. Keith et al. (2002) ont utilisé un MRL trop élevé (2 mg/kg/j), un modèle erroné d'absorption immédiate de 100 % de l'Al vaccinal, et n'ont pas tenu compte de l'immaturité du rein et de la barrière hémato-encéphalique. Mitkus et al. (2011) ne considérant que l'Al absorbé ont ignoré l'Al particulaire dont la capture par les cellules immunitaires joue un rôle dans la migration systémique et le potentiel neuro-inflammatoire de l'adjuvant. Son utilisation d'un MRL par voie orale est inapproprié et d'un niveau (1 mg/kg/j) bien trop élevé au regard des travaux expérimentaux récents. Les durées d'absorption calculées sont inexactes. Ces faiblesses conceptuelles et méthodologiques rendent souhaitable la réalisation de nouvelles études toxicocinétiques expérimentales de long terme afin que soit garanti l'innocuité des adjuvants à base d'aluminium.We reviewed the three reference toxicokinetic studies commonly used to suggest innocuity of aluminum (Al)-based adjuvants. A single experimental study was carried out using isotopic 26Al (Flarend et al., 1997). This study ignored adjuvant cell capture. It was conducted over a short period of time (28 days) and used only two rabbits per adjuvant. At the endpoint, Al retention was 78% for aluminum phosphate and 94% for aluminum hydroxide, both results being incompatible with quick elimination of vaccine-derived Al in urines. Tissue distribution analysis omitted three important retention sites: the injected muscle, the draining lymph node and bone. Two theoretical studies have evaluated the potential risk of vaccine Al in infants, by reference to the oral Minimal Risk Level (MRL) extrapolated from animal studies. Keith et al., 2002 used a too high MRL (2 mg/kg/d), an erroneous model of 100% immediate absorption of vaccine Al, and did not consider renal and blood-brain barrier immaturity. Mitkus et al. (2011) only considered absorbed Al, with erroneous calculations of absorption duration. They ignored particulate Al captured by immune cells, which play a role in systemic diffusion and the neuro-inflammatory potential of the adjuvant. MRL they used was both inappropriate (oral Al vs injected adjuvant) and far too high (1 mg/kg/d) with regard to experimental studies of Al-induced memory and behavioral changes. Both paucity and serious weaknesses of these studies strongly suggest that novel experimental studies of Al adjuvants toxicokinetics should be performed on the long-term, including post-natal and adult exposures, to ensure innocuity and restore population confidence in Al-containing vaccines.