La douleur pelvienne chronique (DPC) est un problème fréquent et préoccupant car malgré la qualité et la diversité des examens secondaires réalisés, il n’est pas retrouvé de lésion accessible à un traitement spécifique dans 30 à 40 % des cas. Une prise en charge psychologique et psychothérapeutique est dès lors habituellement conseillée et habituellement mal acceptée… Un ensemble séméiologique simple permet pourtant dˈappréhender différemment ce problème. Très souvent en effet la dominante douloureuse n’est pas viscérale mais au contraire pariétale. Ce n’est pas le « contenu » du pelvis qui « fait mal » mais le « contenant ». Il est possible de parler dans ces cas de fibromyalgie pelvienne. La similitude avec les syndromes fibromyalgiques généraux est très grande. Cette fibromyalgie pelvienne peut être quantifiée par un bilan algométrique et elle illustre en fait la somatisation dˈune problématique lourde et difficile, progressivement révélée dans le cadre dˈune prise en charge multidisciplinaire et simultanée, physique et psychologique. Dans la très grande majorité des cas ces femmes ont été, dans le passé, la victime de violences physiques, morales ou sexuelles infligées par des proches ou des tiers. La prise en charge de la douleur du corps concomitante de la prise en charge psychothérapeutique libère beaucoup plus rapidement quˈil n’est habituel ces femmes de leur souffrance et permet la guérison dans 70 % des cas.