This paper seeks to explain why party candidates and their party leadership have congruent policy positions or not. Despite its importance as a way through which parties are able to behave as a unitary actor, this congruence has never been studied as a dependent variable. We seek to fill this void in the literature. Our results suggest that leadership-candidate congruence comes about through two mechanisms: selection and learning. With selection, the party leadership aims to get those candidates elected whose policy preferences are congruent with the party line. Learning occurs through the process of socialization in which candidates assume the views of the party they work and candidate for as their own under. This happens under the pressure of cognitive dissonance. If a candidate learns about the position of the leadership and notices that they are incongruent, they may feel discomfort and change their opinion to be congruent with the party.
La sélection des candidats est une fonction majeure exercée par les partis politiques. Or, il ressort que les acteurs responsables de la sélection des candidats sont assez différents d’un parti à l’autre. Cette contribution propose une exploration au-delà de ce qui est appelé « le jardin secret de la politique » en classant les sélecteurs dans les partis en fonction de deux dimensions : l’inclusivité et la centralisation. Au regard des variations importantes constatées, la question se pose de savoir si celles-ci peuvent avoir un impact sur le type de candidats sélectionnés. La relation entre les modes de sélection des candidats et le degré de congruence idéologique entre masses et élites est testée empiriquement, en utilisant les positions des candidats d’une part, et des électeurs d’autre part, sur l’échelle gauche–droite et sur un enjeu lié à l’échelle autoritaire–libertaire. Le cas d’étude couvre dix partis politiques belges, pour deux élections fédérales – une élection normale (2007) et une élection anticipée (2010). Le caractère urgent des élections anticipées de 2010 a contraint certains partis à rendre plus exclusifs leurs modes de sélection. La variation entre les cas n’en est donc que plus grande. Nos résultats suggèrent que le mode de sélection serait lié au degré de congruence. Des sélectorats plus exclusifs auraient davantage tendance à sélectionner des candidats idéologiquement plus proches de leurs électeurs. Cela pourrait s’expliquer par le plus haut taux d’information qui existerait entre les hautes sphères des partis et les électeurs, et par le plus grand pragmatisme électoraliste d’un sélectorat plus restreint.
Le dixieme chapitre traite de l’abrogation du vote obligatoire et de ses effets. Min Reuchamps, Didier Caluwaerts, Lieven De Winter, Vincent Jacquet et Conrad Meulewaeter ont analyse les intentions d’aller voter – dans le cas ou le vote ne serait plus obligatoire – aux elections communales, regionales, federales et europeennes. Les resultats demontrent que plus le niveau de decision politique est eleve, plus l’intention d’aller voter est faible. Les personnes qui n’iraient pas aux urnes presentent des caracteristiques sociologiques connues : elles sont peu eduquees et moins actives en politique (moins interessees...). L’analyse des differences entre les electorats demontre qu’il y en a peu en Flandre, mais qu’en Wallonie la situation serait defavorable au PS et, par contre, plus favorable a Ecolo et au MR.
Het tiende hoofdstuk is gewijd aan de opkomstplicht en aan de mogelijke effecten van de afschaffing ervan. Min Reuchamps, Didier Caluwaerts, Lieven De Winter, Vincent Jacquet en Conrad Meulewaeter kijken eerst naar de bereidheid om te stemmen – indien er geen opkomstplicht was – bij lokale, regionale, federale en Europese verkiezingen. En dan valt meteen op dat hoe groter het beleidsniveau is, hoe kleiner de bereidheid om te gaan stemmen. Op de vraag wie dan thuis zou blijven, vinden zij het verwachte antwoord: de lager geschoolde en de politiek minst actieve burgers zouden geen kiezers meer zijn. Voor de verhoudingen tussen de partijen zou dat in Vlaanderen weinig verschillen opleveren. In Wallonie is er een grotere impact te verwachten, met vooral verlies voor de PS en winst voor Ecolo en MR.
Les Wallons, tout comme le reste des Belges, ont l’obligation de se rendre aux urnes a chaque scrutin, pour toutes les elections. Si une telle obligation est – devenue – rare a l’echelle de la planete, les electeurs en Belgique doivent s’y plier depuis 1893, meme si dans les faits tous ne participent au scrutin. Une question au cœur de la democratie representative doit des lors etre posee puisque cette representation repose sur la participation des electeurs : qui irait encore voter aux elections, si le vote n’etait plus obligatoire ? Les donnees recueillies par le Barometre social de la Wallonie permettent d’offrir une reponse a cette interrogation. Une question de cette enquete a sonde explicitement le comportement electoral hypothetique des Wallons, en l’absence d’obligation d’aller voter. De maniere inedite, ce n’est pas une question generique « Si le vote n’etait plus obligatoire en Belgique, iriez-vous encore voter aux elections ? » qui a ete posee aux repondants, mais quatre questions afin de traiter specifiquement chaque niveau de pouvoir : communal, regional, federal et europeen. Pour analyser ces donnees originales a propos du comportement electoral des Wallons, nous reviendrons, dans un premier temps, sur le contexte historique et juridique du vote obligatoire en Belgique et en Wallonie afin d’ensuite faire etat des hypotheses classiques sur les consequences politiques de cette obligation. Sur cette base, nous presenterons les donnees du Barometre social de la Wallonie recoltees en 2012 dont nous approfondirons l’analyse a l’aide de modeles multi-varies. Ce cheminement progressif nous permettra en conclusion de repondre a la question : qui irait encore voter aux elections communales, regionales, federales et europeennes ? Et ce faisant de contribuer a la reflexion : les elections sont-elles comparables ?