IntroductionAprès plus de trois années à un niveau très bas de circulation dans le contexte de la pandémie de Covid-19, des augmentations d'infections à Mycoplasma pneumoniae ont été signalées à Santé publique France en novembre 2023 par des cliniciens à l'hôpital et lors de cas groupés en milieu scolaire. Plusieurs réseaux de partenaires et sources de données ont été mobilisés pour investiguer la situation.Matériels et méthodesL'analyse de la dynamique et de l'intensité de l'épidémie s'est basée, d'une part, sur le recours aux soins d'urgence pour pneumopathie en ville (réseau SOS Médecins) et à l'hôpital (réseau Oscour®) de la surveillance syndromique SurSaUD® et, d'autre part, sur les réseaux de laboratoires à l'hôpital RENAL et en ville 3Labos. Ce suivi a été complété par celui de la résistance aux antibiotiques.RésultatsLe recours aux soins d'urgence pour pneumopathie a fortement augmenté de fin octobre (S43) à fin décembre 2023 (S52) en ville lors des consultations SOS Médecins ou à l'hôpital aux urgences chez les enfants et les jeunes adultes. En S52/2023, chez les 5-14 ans les parts des pneumopathies étaient de 4 349/100 000 consultations en ville (+129% par comparaison à S43/2023) et 4 469/100 000 passages aux urgences (+120%). Chez les 15-44 ans, ces parts étaient respectivement de 1 850/100 000 (+153%) et 1 468/100 000 (+122%). Les niveaux atteints pour les pneumopathies toutes causes et bactériennes étaient près de quatre fois et deux fois supérieurs aux moyennes observées respectivement dans ces classes d'âge en 2015-2020. Une nette hausse du taux de détection par PCR de M. pneumoniae a été observée début novembre (S44/2023) à l'hôpital jusqu'à atteindre début janvier (S01/2024) un taux de positivité (7,4%) près de sept fois plus élevé à celui observé à la même période en 2019. Les données provisoires 3Labos mettaient aussi en évidence une hausse du taux de positivité des sérologies IgM à M. pneumoniae en ville à partir d'octobre 2023 atteignant en novembre des niveaux dépassant ceux de 2019. Le taux de résistance aux macrolides de M. pneumoniae était de l'ordre de 2% entre les semaines 43/2023 et 01/2024 et inférieur à celui de précédentes épidémies.ConclusionLes données issues de cette surveillance multi-sources sont en faveur d'une forte recrudescence des infections à M. pneumoniae depuis l'automne 2023 chez les enfants et les jeunes adultes, comme dans d'autres pays européens. Bien qu'une stabilisation s'amorçait courant janvier 2024, les niveaux des indicateurs restaient élevés. L'intensité inhabituelle de cette épidémie est certainement la conséquence d'une baisse de l'immunité pendant la pandémie, et associée à la levée des mesures contre la Covid-19.Aucun lien d'intérêt
IntroductionPrésenter l'évolution entre 2009 et 2021 de la distribution des sérotypes et de la résistance aux béta-lactamines des souches de pneumocoque isolées d'infections invasives (IIP) chez l'adulte (>16 ans) et évaluer la place des vaccins PCV20 et PPV23.Matériels et méthodesEntre 2009, année précédant l'introduction du PCV13 en France, et 2021, 6055 souches isolées d'IIP chez l'adulte (1446 souches de liquide cérébro-spinal [LCS] et 4609 souches d'hémocultures [HEM]) ont été étudiées par les ORP pour leur sensibilité à l'amoxicilline (AMX) et au céfotaxime (CTX) en déterminant la CMI par microdilution en milieu liquide (interprétation selon le CA-SFM-EUCAST) et sérotypées par le Centre National de Référence du Pneumocoque.RésultatsEn 2021, les sérotypes du vaccin PCV13 ne représentaient plus que 23% des souches isolées de méningite et 25% de bactériémie versus 51% et 62% respectivement en 2009. Les sérotypes 3, 19A et 19F restaient encore très présents, ils représentaient 22% des souches. Parallèlement, on a noté une augmentation majeure du sérotype 8 qui représentait en 2021 8% des souches isolées de LCS et 20% d'HEM. Tous ces sérotypes sont compris dans le vaccin PPV23 et dans le PCV20. En 2021, le PPV23 couvrait 57% des sérotypes de méningites et 69% des sérotypes de bactériémies. Le vaccin PCV20 couvrait quant à lui 54% des sérotypes de méningites et 63% des sérotypes de bactériémies. A noter que le sérotype 9N, présent dans le PPV23 et absent du PCV20 représentait 5% des sérotypes impliqués dans les IIP chez l'adulte. Concernant les sérotypes non vaccinaux, les principaux (>3%) impliqués dans les IIP chez l'adulte en 2021 étaient le 15A (4%), 23A (3%), 23B (3%) et 24F (3%).En 2021, 6% des souches isolées d'HEM étaient résistantes à l'AMXiv (CMI >2mg/L), 12% à l'AMXpo (CMI >1mg/L) et 5 souches (0,5%) étaient résistantes au CTX (CMI >2mg/L). Concernant les souches isolées de LCS, 20% (n=23/115) avaient une CMI à l'AMX >0,5mg/L dont 7%, une CMI >2 mg/L. S'agissant du CTX, 17% (n=19/115) des souches avaient une CMI>0,5 mg/L. Parmi elles, 1 souche avait une CMI à 2 mg/L et 2 souches, une CMI de 4 mg/L.Les sérotypes les plus représentés étaient le 19F (27% des souches de CMI>0,5 mg/L pour AMX - 25% des souches de CMI>0,5 mg/L pour CTX), 19A (14% des souches de CMI>0,5 mg/L pour AMX - 12% des souches de CMI>0,5 mg/L pour CTX),le sérotype 11A (17% des souches de CMI>0,5 mg/L pour AMX - 17% des souches de CMI>0,5 mg/L pour CTX), le 15A (5% des souches de CMI>0,5 mg/L pour AMX - 10% des souches de CMI>0,5 mg/L pour CTX) et le 35B (12% des souches de CMI>0,5 mg/L pour AMX -12% des souches de CMI>0,5 mg/L pour CTX).ConclusionLes variations de la distribution des sérotypes dans le temps, l'augmentation croissante des résistances aux béta-lactamines dont les C3G ainsi que l'évolution des recommandations et des schémas vaccinaux soulignent l'importance de poursuivre la surveillance du pneumocoque afin d'adapter les futurs vaccins.Aucun lien d'intérêt
IntroductionEvaluer l'évolution entre 2009 et 2021 de la résistance aux bêta-lactamines et de la distribution des sérotypes dans les infections invasives pédiatriques à pneumocoque (IIPP).Matériels et méthodesEntre 2009, année précédant l'introduction du PCV13 en France, et 2021, les souches de pneumocoque isolées de liquide cérébro-spinal (LCS) et d'hémocultures (HEM) ont été collectés par les ORPs et étudiées pour leur résistance à l'amoxicilline (AMX) et au céfotaxime (CTX). Les sérotypes ont été réalisés au CNRP.RésultatsAu total, 1965 isolats de pneumocoque ont été collectés, 448 de LCS et 1517 HEM.S'agissant des isolats de LCS, leur nombre est passé de 106 en 2009 à 37 en 2021 (-65%). La stabilité observée entre 2015 et 2019 a été suivie par une nouvelle réduction en 2021 passant de 52 à 37 (-29%). Toutefois la proportion des méningites a augmenté parmi les IIPP passant de 18,4% en 2009 à 23,1 en 2021. La répartition des souches de méningites par tranche d'âges était la suivante : 0-23 mois 60%, 2-5 ans 17% et 6-15 ans 24%. En 2021, 30% des souches (n=11/37) avaient une CMI à l'AMX >0,5 mg/L dont 3 souches avec une CMI >2 mg/L et 16% des souches (n=6/37) avaient une CMI au CTX >0,5 mg/L dont 4 souches avec une CMI à 1 mg/L et 2 souches avec une CMI à 4 mg/L.S'agissant des isolats d'HEM, leur nombre est passé de 469 en 2009 à 123 en 2021 (-74%). La stabilité observée entre 2015 et 2017 a été suivie par une nouvelle réduction en 2021 passant de 154 à 123 (-20%). La répartition des souches d'HEM par tranche d'âges était la suivante : 0-23 mois 44%, 2-5 ans 36% et 6-15 ans 20%. En 2021, 16% des souches (n=20/123) avaient une CMI à l'AMX >0,5mg/L dont 12 souches avec une CMI >2 mg/L et 12% des souches (n=15/123) avaient une CMI au CTX >0,5 mg/L dont 9 souches avec une CMI à 1 mg/L et 6 souches avec une CMI à 2 mg/L.Le sérotype capsulaire a été déterminé pour 1821 souches. En 2009 les sérotypes du vaccin PCV13 représentaient 76% des IIPP et seulement 13% en 2021. S'agissant des vaccins PCV15 et PCV20, leurs sérotypes représentaient respectivement en 2009 78% et 85% des IIPP et en 2021 20% et 54% des IIPP. Les sérotypes les plus fréquents dans les IIPP en 2021 étaient les sérotypes non-vaccinaux 24F (16%), 10A (11%) et 15B/C (9%). Au sein des sérotypes non PCV13 émergents en 2021, 4/24 des souches 24F avaient une CMI AMX >0,5 mg/L et 8/10 des souches 11A avaient une CMI au CTX >0,5 mg/L.ConclusionLes variations de la distribution des sérotypes dans le temps soulignent l'importance de poursuivre la surveillance afin de dépister les évolutions dans la circulation des sérotypes, mais également de surveiller l'évolution de la résistance des souches aux antibiotiques. Cette surveillance est indispensable pour adapter la composition des futurs vaccins.Aucun lien d'intérêt
Introduction Les maladies invasives à pneumocoques (IIP) restent une cause majeure de morbi-mortalité dans le monde. Malgré la diminution globale de la circulation des sérotypes du vaccin conjugué, la baisse de l'incidence de la maladie chez les adultes a été plus faible que prévu. En 2015, nous avons observé une augmentation de l'incidence des infections associées aux sérotypes 3 et 8 chez les adultes de plus de 65 ans. Cependant, grâce à cette évolution, les facteurs associés à la gravité de la maladie étaient peu connus. L'objectif de l'étude du groupe SIIPA était d'identifier les facteurs associés aux présentations sévères d'IIP, y compris les facteurs liés à l'hôte et aux sérotypes. Matériels et méthodes Nous avons mené une étude de cohorte prospective longitudinale, de 2014 à 2022, dans 25 centres français, incluant des patients adultes atteints d'IIP sans méningite (NCT03983616). Les données démographiques, cliniques et microbiologiques, y compris les sérotypes, ont été collectées prospectivement. Les cas graves ont été définis comme une septicémie sévère ou une admission en unité de soins intensifs. Les facteurs associés aux IIP graves ont été identifiés à l'aide d'une régression logistique avec un modèle polynomial fractionnaire multivariable. Résultats De 2014 à 2022, 1 931 cas de IIP ont été inclus ; 1 074 (56 %) étaient des hommes, 1 258 (65 %) étaient âgés de plus de 65 ans et 1 384/1 681 (82 %) étaient à risque d'IIP. Dans les 12 mois précédant l'IIP, 1 560/1 924 (81%) avaient consulté un praticien et 724/1 559 (46%) avaient été hospitalisés, tandis que 134/1 829 (7%) avaient été vaccinés contre le pneumocoque. Nous avons observé 913 (47%) cas sévères et 391 (20%) sont décédés pendant l'hospitalisation. Les patients à risque représentent 86,5 % des patients sévères (vs 78,5 % pour les patients non sévères, p<0,005). Chez les patients âgés de 65 ans et plus, le risque de développer une PI sévère est au moins 3 fois plus élevé que chez les patients plus jeunes (aOR 2,66, 95%CI [1,49-4,75], p=0,001). Les patients présentant des facteurs de risque ont un risque plus élevé de maladie pneumococcique grave, en particulier d'insuffisance cardiaque (1,56, 95%CI[1,19-2,04], p=0,001) et d'insuffisance rénale chronique (1,60, 95%CI[1,16-2,21], p=0,004). Les sérotypes 3 (1,91, 95 % IC [1,46-2,50], p<0,005), 19A (1,73, 95 % IC [1,13-2,67], p=0,012) et 19F (2,38, 95 % IC [1,25-4,54], p=0,008) étaient significativement associés à des IIP sévère. Conclusion Les facteurs liés à l'hôte et les sérotypes vaccinaux ont été associés à des formes sévères d'IIP. Si de nouveaux vaccins conjugués sont attendus en France en 2024, des efforts devraient être faits pour tenir compte de ces facteurs afin de préciser la cible des recommandations vaccinales et d'améliorer la couverture vaccinale dans les populations à risque.Liens d'intérêts déclarés :C.J. interventions ponctuelles, activité de conseil scientifique, invitation congrès par Pfizer et MSD
IntroductionLes recommandations de vaccination anti-pneumococcique (PCV13/PPSV23) ont été étendues aux populations à risque d'infections invasives à pneumocoque (IIP) en 2017 en France, incluant le diabète, les maladies chroniques respiratoires,cardiaques,rénales, hépatiques, alors que les indications précédentes étaient limitées aux patients à haut risque comme les immunodéprimés. L'objectif de l'étude réalisée par le groupe SIIPA était d'étudier l'effet des changements de recommandations vaccinales sur les caractéristiques des IIP.Matériels et méthodesNous avons inclus prospectivement des cas d'IIP sans méningite provenant de 25 hôpitaux de soins aigus dans 6 régions entre 2014 et 2022 (NCT03983616). Les caractéristiques, la gravité clinique et la distribution des sérotypes des cas d'IIP ont été comparées entre les périodes avant (2014-2017) et après (2018-2022) la révision des recommandations. Les cas graves ont été définis comme une septicémie sévère ou une admission en unité de soins intensifs.RésultatsDe 2014 à 2022, 1931 cas d'IIP ont été inclus, 903 dans la période pré-recommandation et 1028 dans la période post-recommandation. La plupart des cas étaient âgés de ≥65 ans (65%) au cours des deux périodes. La proportion de cas masculins a augmenté de manière significative dans la période post-recommandation (53% vs. 58% ; p=0.02). La plupart des cas étaient à risque (702/1681, 43%) ou à haut risque (682/1681, 41%), sans différence significative entre les deux périodes (p=0,4). Seuls 7% des cas d'IIP avaient été vaccinés contre le pneumocoque, sans différence entre les deux groupes (p=0,6). La proportion de cas graves n'a pas changé de manière significative entre les deux périodes (47% vs 48% ; p=0.8). Les décès à l'hôpital ont légèrement diminué dans la période post-recommandation avec une différence marginalement significative (22% vs 19% ; p=0.061), et la durée médiane du séjour à l'hôpital a diminué de manière significative entre les deux périodes. Parmi les 1854 cas dont le sérotype était connu, 499 (27%) avaient un sérotype PCV13, et 823 (44%) un sérotype PPSV23nonPCV13, sans différence entre les périodes. De nombreux cas avaient un sérotype PCV15 (35%) ou PCV20 (61%).ConclusionMalgré l'extension des recommandations en matière de vaccination antipneumococcique, le nombre de cas graves d'IIP est resté élevé. La couverture vaccinale est extrêmement faible, bien que la plupart des cas d'IIP aient été considérés comme éligibles et qu'ils aient été dus à des sérotypes inclus dans les vaccins autorisés dans la plupart des cas. Cela souligne la nécessité d'élaborer de nouvelles stratégies pour améliorer la couverture vaccinale dans les populations à risque.Aucun lien d'intérêt
Objective: The 23 French Regional Pneumococcal Observatories (ORPs) analyzed antibiotic resistance and serotypes of Streptococcus pneumoniae strains isolated from invasive infections in France over a 12-year period. Methods: Between 2009 and 2021, the ORPs analyzed 19,319 strains, including 1,965 in children and 17,354 in adults. Strains were assessed for their resistance to penicillin G, amoxicillin and cefotaxime. Serotypes were identified in collaboration with the National Reference Centre. Results: During this period, the number of strains collected yearly decreased significantly. The decrease was particularly pronounced up until 2013, especially in children (-61.0%). However, penicillin non -susceptible strains (PNSPs) increased in children (24.7% in 2009 vs 45.0% in 2021, p < 0.0001) and in adults (27.1% in 2009 vs 31.3% in 2021, p < 0.05), as well as resistance (I + R) to amoxicillin (children: 12.5% in 2009 vs 19.4% in 2021, p < 0.05; adults: 13.4% in 2009 vs 14.5% in 2021, NS) and resistance (I + R) to cefotaxime (children: 8.0% in 2009 vs 13.1% in 2021, p < 0.05; adults: 7.1% in 2009 vs 11.9% in 2021, p < 0.0001). All in all, the proportion of strains belonging to serotypes present in the PCV13 vac-cine has fallen sharply, from 64.8% in 2009 to 23.6 % in 2021. At the same time, serotypes such as 8, 10A, 11A, 15B/C and 9N, not included in PCV13, were increasing. Conclusion: During the study period, data collected by the network highlighted an increase of invasive PNSPs in children and non-vaccine serotypes. Surveillance of resistance and serotypes remains instru-mental, particularly to monitor the evolution of vaccine efficacy.
Abstract Background During epidemic seasons, bronchiolitis affects young children with a large burden in emergency departments (EDs). Following the beginning of the COVID-19 pandemic and 2 perturbed seasons, the aim of this study was to assess the burden of bronchiolitis in EDs in terms of visits and post-discharge hospitalisations in 2022-23 compared with the pre-COVID seasons. Methods Santé publique France, collects ED data through OSCOUR® (95% of French ED visits). ED visits with a medical diagnosis of bronchiolitis (based on ICD-10 codes) in children under 2 years of age (yo) were included. The burden of the 2022-23 epidemic season (from 2022-W36 to 2023-W16) was compared with that of the pre-COVID seasons (2015-16 to 2019-20), by age group, in terms of visits and hospitalisations after discharge, in particular in intensive care units (ICUs) (annual data and means). Results In 2022-23, 99,864 ED visits for bronchiolitis and 31,505 post-discharge hospitalisations were registered for children under 2 yo (vs. respectively +49% and +44% compared to the pre-COVID seasons). It represented 15% of all ED visits and 33% of all hospitalisations after discharge of this age group (vs. 10% and 23% pre-COVID). Among children under 1 year, distribution of bronchiolitis ED visits by age group remained relatively stable in comparison with pre-COVID seasons. For children under 6 months, bronchiolitis accounted for 27% of all ED visits (19% pre-COVID), 45% of all hospitalisations (35% pre-COVID) and more than 70% of hospitalisations referred in ICU during 7 weeks (2 weeks pre-COVID). Conclusions The 2022-2023 bronchiolitis epidemic was of extreme intensity in France with a highest impact than for pre-covid seasons and leading to saturation of EDs. These findings were consistent with an increase in respiratory illness in children during the 2022-23 winter season, and raised questions about the impact of the COVID-19 pandemic on their epidemiology and a potential decrease of immunity. Key messages • Beside a very high intensity for the 2022-23 bronchiolitis epidemic, distribution of ED visits by age group remained relatively stable among children under 1 year. • In 2022-2023, among children under 6 months, during nearly two months (7 weeks), more than 70% of hospitalizations after discharged referred in ICU were due to bronchiolitis.
Congenital syphilis (CS) is caused by Treponema pallidum infection in utero. There is a need to develop new tools to diagnose CS: the diagnostic value of PCR is difficult to assess. The aim of this study was to describe the clinical and laboratory characteristics of mothers and infants with CS as diagnosed by PCR tests on various maternal and neonatal samples. Patients and methods. - We included all infants epidemiologically linked to a mother diagnosed with syphilis whose samples were referred to the Syphilis Reference Center, and for whom at least one positive PCR result was obtained. Results. - Twenty-two mother-infant pairs (8.3%) with assay performed on samples from one to four different anatomic sites were included between February 2011 and April 2018. Seven mothers (31.8%) were born abroad, fifteen (68.2%) presented psychological and/or social problems, eight (36.4%) had not been screened for syphilis prior to delivery, and eleven (50%) were referred from French overseas departments or territories, or from the Paris region. Six infants (27.3%) were stillborn and six were born preterm, white fifteen infants (68.2%) presented clinical features of CS. All infants born preterm were symptomatic. Infant VDRL/RPR titer was no greater than four times that in the mother's serum, except in two cases. Discussion. - Lack of antenatal care, social disadvantage and psychological issues were common. There is a need for enhanced surveillance both in the French overseas departments/territories and in the Paris region. A larger study is required to assess the sensitivity and specificity of PCR. The best site for sampling has yet to be established. We recommend the collection of as many samples as possible to avoid underdiagnosis of CS. (C) 2019 Published by Elsevier Masson SAS.
L’infection in utero par Treponema pallidum est responsable de la syphilis congénitale (SC) symptomatique chez le nouveau-né dans 1/3 des cas, causant 46 % de mort fœtale in utero (MFIU) et 27 % de prématurité. La PCR est une méthode diagnostique directe récente de SC, de sensibilité et spécificité non évaluées. Nous rapportons les données des couples mère–enfant (CME) diagnostiqués par PCR T. pallidum dans le cadre d’une surveillance spécifique par le CNR et l’Agence nationale de santé publique France. Nous avons inclus tous les CME expertisés au CNR, avec au moins une PCR T. pallidum positive sur un échantillon périnatal. Les données étaient recueillies prospectivement. Entre 2011 et 2018, nous avons analysé 331 CME, 264 avaient eu une demande de PCR. La PCR était positive sur au moins un des prélèvements dans 22 cas (8,3 %) : 5 (22,7 %) provenaient d’Île-de-France (IDF), 6 (27,3 %) des départements et territoires d’outre-mer (DOM-TOM). Seules 4 mères (18,2 %) étaient symptomatiques. Sept (31,8 %) venaient d’un pays en développement, 15 (68,1 %) d’un milieu psychosocial difficile. Treize (59 %) n’avaient pas été dépistées au premier trimestre de grossesse. On comptait 6 MFIU (27,3 %), 6 naissances prématurées (27,3 %), 15 enfants (68,1 %) symptomatiques, parmi lesquels la totalité des prématurés. Le traitement administré en majorité (69 %) était la pénicilline (10 à 14 jours). Le nombre de prélèvements par CME variait de 1 à 4, la PCR était positive dans 31/46 échantillons (67,4 %) ; les sites les plus prélevés étaient le placenta, le cordon ombilical et le liquide amniotique : 6/10, 4/9 et 4/7 prélèvements positifs, respectivement. Le résultat de la sérologie à la naissance était disponible pour 10 CME, le titre du test VDRL (Venereal Disease Research Laboratory) néonatal était 4 fois supérieur au VDRL maternel dans 2 cas. Trois tests VDRL maternels étaient négatifs : 2 patientes avaient été traitées précocement, la troisième était un faux positif. Enfin 4/11 (36 %) sérologies néonatales IgM étaient négatives. Pour la première fois en France, nous analysons une série de SC diagnostiquée par PCR. La moitié des cas est issue d’IDF et des DOM-TOM, incitant à une vigilance accrue dans ces régions ; la majorité est issue d’un milieu précaire. Le taux de prématurité est similaire aux données de la littérature mais celui de MFIU est inférieur. La règle d’un titre de VDRL néonatal 4 fois supérieur au maternel pour le diagnostic de SC est discutable car retrouvé chez seulement 2 CME. La SC n’a pas disparu. Il faut multiplier au maximum les demandes de PCR sur les prélèvements périnataux chez le nouveau-né afin de ne pas méconnaître le diagnostic. Nos faibles effectifs ne permettent pas un calcul de sensibilité et de spécificité de la PCR selon le site prélevé. Une étude de plus grande envergure permettra de mieux préciser la place de la sérologie et de la PCR pour le diagnostic et la prise en charge de la SC.
In France, surveillance of early syphilis (primary, secondary and early latent) relies on the clinician-based ResIST sentinel network. Although ResIST enables the monitoring of trends, an insight of the complete picture of the syphilis epidemic is not possible. More specifically, cases reported by this network are mostly diagnosed in free STI clinics and hospitals (respectively, 75% and 24%). This study aims to estimate the number and rate of diagnoses made outside these health facilities by exploring health insurance data. An algorithm combining healthcare reimbursements for specific diagnostic tests and recommended treatment was fitted to identify syphilis cases. Sensitivity analyses were used to validate the algorithm. Age and gender standardized diagnosis rates were estimated using census data. The study period was restricted to three years, from January 2011 to December 2013, before the stock depletion of benzathine penicillin G (BPG) in 2014 and 2015. Between 2011 and 2013, 12,644 (7.5 cases per 100,000 inhabitants) reimbursements were made for syphilis-related diagnoses. The annual number of cases increased by 22% from 2011 (n = 3771, rate = 6.7/100,000) to 2013 (n = 4589, rate = 8.2/100,000). The rate of syphilis diagnosis increased in men from 12.9/100 000 to 16.0/100,000, while it remained steady in women at approximately 1.8/100,000. The disease burden was greatest in French overseas territories (18.1/100,000) and in the Paris area (11.7 cases/100,000). Despite the lack of data on the number of confirmed diagnoses and information about sexual behaviour, these findings demonstrate the relevance of analysing insurance data to help monitor the syphilis epidemic in patients who visit general practitioners and non-hospital-based specialists. With BPG availability, annual rate could be estimated again to carry on epidemiological dynamic analysis and guide prevention actions.
During summer 2016, all the conditions for local mosquito-borne transmission of Zika virus (ZIKV) are met in mainland France: a competent vector, Aedes albopictus, a large number of travellers returning from ZIKV-affected areas, and an immunologically naive population. From 1 January to 15 July 2016, 625 persons with evidence of recent ZIKV infection were reported in mainland France. We describe the surveillance system in place and control measures implemented to reduce the risk of infection.