Psychiatric wards that only exceptionally use isolation and mechanical restraint may be suspected of using "chemical restraint". However, in the case of these services, the hypothesis of a reduction in the general level of restraint can also be formulated. Prior to a comprehensive study to test these hypotheses, the current research aims to assess indicators which define high levels of the use of these measures and a relevant sample. The study was conducted in three facilities with 254 hospitalized patients over a week. Five per cent experienced isolation, 2% mechanical restraint, and 13% received high doses of medication (including "as needed" treatments). These figures are below literature data and national averages. Variances exist among centers, with one showing higher percentages for all three measures. While confirming the feasibility of studying these measures together, the study suggests the need for longer observations and continuous evaluation of prescription practices to better reflect yearly isolation and restraint trends. Future studies should involve more centers and include case studies for a nuanced understanding of administration practices in relation to prescriptions. (c) 2024 L'Encephale, Paris.
Les services de psychiatrie qui ne recourent qu’exceptionnellement à l’isolement et la contention mécanique peuvent être soupçonnés de recourir à la « contention chimique ». Cependant, face à ces services, l’hypothèse d’une diminution du niveau général de contrainte peut également être formulée. Préalablement à une recherche d’ampleur visant à tester ces hypothèses, la présente étude vise à tester les indicateurs permettant de définir des hauts niveaux de recours à ces mesures et un échantillon pertinent. L’étude a été déployée dans trois établissements auprès des patients hospitalisés sur une semaine donnée, à savoir 254 patients. Cinq pour cent des patients de l’échantillon ont fait l’objet d’une mesure d’isolement et 2 % d’une mesure de contention. Les hautes doses ont concerné 13 % des patients (en comptant les traitements si besoin) et 9 % des patients (en les excluant). Ces données sont inférieures aux données de la littérature et aux moyennes nationales. Des différences apparaissent cependant entre les centres, l’un d’eux affichant, pour les trois mesures des pourcentages plus élevés que les deux autres. Cette étude confirme la faisabilité d’étudier conjointement les trois mesures, la pertinence des indicateurs utilisés et les possibilités d’extraction des données. Cependant, la semaine étudiée ne paraissant pas le reflet de ce qui s’observe sur l’ensemble de l’année en matière d’isolement et de contention, il serait opportun de multiplier les semaines d’observation, voire d’évaluer en continu les pratiques de prescription. Les futures études devront aussi inclure un nombre plus important de centres et inclure également des études de cas, permettant d’approcher plus finement les pratiques d’administration en rapport avec celles de prescriptions.
The purpose of this article is to describe the implementation of clinical pharmacy activities in a psychiatric hospital. These activities, which aim to improve the quality and safety of prescriptions by encouraging the integration of hospital pharmacists into the healthcare teams, present a potential encroachment of the pharmacist's territory on the terrain of the prescribing physician. The article shows how pharmacists accompany this implementation through diplomatic activities at the boundary between their jurisdiction and that of physicians, in order to avoid possible tensions and to favour their reception. We define this diplomacy as a way of asserting oneself within the healthcare teams, by putting forward one's added value during the clinical decision-making, and avoiding any head-on confrontation with pre-eminence of the doctors in these teams, by defusing the potential sources of conflicts relating to jurisdiction or authority. We show that this diplomacy is played out both in the face-to-face interactions between healthcare professionals and in the institutional arrangements that frame and perpetuate these activities.
L’article a pour objet le déploiement d’activités dites de pharmacie clinique dans un établissement spécialisé en psychiatrie. Ces activités, qui visent l’amélioration de la qualité et de la sécurité des prescriptions en favorisant l’intégration des pharmacien·nes hospitalier·es au sein des équipes de soin, constituent un empiétement potentiel du territoire du pharmacien sur celui du médecin prescripteur. L’article montre comment les pharmacien·nes accompagnent ce déploiement par des activités de diplomatie qu’iels mènent à la frontière de leur juridiction avec celle des médecins, et ce afin d’éviter d’éventuelles tensions et favoriser leur réception. Nous définissons cette diplomatie comme une manière de s’imposer dans les équipes de soin, en mettant en avant sa plus-value dans la décision clinique, sans s’opposer frontalement à la prééminence des médecins dans ces équipes, en déminant les sources potentielles de conflits de juridiction ou d’autorité. Nous montrons que cette diplomatie se déploie à la fois dans les interactions de face à face entre les professionnel·les de santé et dans des dispositifs institutionnels qui encadrent et pérennisent ces activités.
La loi du 5 juillet 2011 a introduit la possibilite de soins ambulatoires sans consentement dans le cadre de programmes de soins. Un premier bilan statistique realise par l’Irdes fait apparaitre qu’en 2015 pres de 37 000 personnes auraient ete prises en charge selon cette modalite de soin, soit 40 % des personnes ayant recu des soins sans consentement cette annee-la.
Les modalites de soins sans consentement ambulatoires soulevent des enjeux tant cliniques que juridiques, ethiques et sociaux. Quels benefices attend-on de ces dispositifs, pour la personne, sur le plan clinique, mais aussi sur le plan de sa trajectoire de soins ou de son insertion sociale ? S’y ajoute-t-il des attentes pour la societe, en termes de reduction de conduites jugees « problematiques » ?
Cet article s’intéresse à la manière dont les pratiques professionnelles se sont reconfigurées dans la période expérimentale du « Un chez-soi d’abord » (2011-2015), selon une visée qui conjuguait Housing First et Rétablissement. Comment et dans quelle mesure les équipes d’intervention ont-elles mobilisé des valeurs professionnelles en rapport avec la philosophie du rétablissement tout en inventant de nouvelles règles de métier ? Les nouveaux cadrages politiques et opérationnels de l’intervention, dans les différents temps du programme (début, en routine et fin d’expérimentation), ont mis en exergue les savoirs acquis par expérience et la volonté d’autonomie des acteurs, qu’ils soient locataires, pairs-aidants ou professionnels. Dans ce contexte, les équipes « orientées rétablissement » ont cherché à faire valoir leurs propres critères d’autonomie, en décalage avec ceux produits par les politiques publiques usuelles alors que leur intervention dépendait des partenariats et du cadre institutionnel régissant leur gouvernance.
Cet article s’intéresse à la manière dont les pratiques professionnelles se sont reconfigurées dans la période expérimentale du « Un chez-soi d’abord » (2011-2015), selon une visée qui conjuguait Housing First et Rétablissement. Comment et dans quelle mesure les équipes d’intervention ont-elles mobilisé des valeurs professionnelles en rapport avec la philosophie du rétablissement tout en inventant de nouvelles règles de métier ? Les nouveaux cadrages politiques et opérationnels de l’intervention, dans les différents temps du programme (début, en routine et fin d’expérimentation), ont mis en exergue les savoirs acquis par expérience et la volonté d’autonomie des acteurs, qu’ils soient locataires, pairs-aidants ou professionnels. Dans ce contexte, les équipes « orientées rétablissement » ont cherché à faire valoir leurs propres critères d’autonomie, en décalage avec ceux produits par les politiques publiques usuelles alors que leur intervention dépendait des partenariats et du cadre institutionnel régissant leur gouvernance.
Background In 2006, a local collective combating homelessness set up an ‘experimental squat’ in an abandoned building in Marseille, France’s second largest city. They envisioned the squat as an alternative to conventional health and social services for individuals experiencing long-term homelessness and severe psychiatric disorders. Building on what they learned from the squat, some then joined a larger coalition that succeeded in convincing national government decision-makers to develop a scientific, intervention-based programme based on the Housing First model. This article analyses the political process through which social movement activism gave way to support for a state-funded programme for homeless people with mental disorders. Methods A qualitative study of this political process was conducted between 2006 and 2014, using a hybrid theoretical perspective that combines attention to both top-down and bottom-up actions with a modified Advocacy Coalition Framework. In addition to document analysis of published and grey literature linked to the policy process, researchers drew on participant observation and observant participation of the political process. Data analysis consisted primarily of a thematic analysis of field-notes and semi-structured interviews with 65 relevant actors. Results A coalition of local activists, state officials and national service providers transformed knowledge about a local innovation (an experimental therapeutic squat) into the rationale for a national, scientifically based project consisting of a randomised controlled trial of four state-supported Housing First sites, costing several million euros. The coalition’s strategy was two-pronged, namely to defend a social cause (the right to housing) and to promote a scientifically validated means of realising positive outcomes (housing tenure) and cost-effectiveness (reduced hospitalisation costs). Conclusion Activists’ self-agency, especially that of making themselves audible to public authorities, was enhanced by the coalition’s ability to seize ‘windows of opportunities’ to their advantage. However, in contrast to the United States and Canadian Housing First contexts, which are driven by implementation science and related approaches, it was grassroots activists who promoted a scientific-technical approach among government officials unfamiliar with evidence-based practices in France. The windows of opportunity nevertheless failed to attract participation of those most in need of housing, raising the question of whether and how marginalised and/or subordinate groups can be integrated into collaborative research when a social movement-driven innovation turns into a scientific approach. Trial registration The current clinical trial number is NCT01570712 . Registered July 17, 2011. First patient enrolled August 18, 2011.
This paper is a qualitative analysis of the effects of accompagnement, a support framework, on recovery trajectories of people with long-term homelessness and severe psychiatric disorders during 24 months in a Housing First-type program in France. A comprehensive methodology based on grounded theory was used to construct an interview guide, conduct multiple interviews with 35 Housing First participants sampled for heterogeneity, and produce memos on their trajectories before and after entering the program based on interview information. Thematic analysis of a representative subsample (n = 13) of memos identified 12 objective factors and 6 subjective factors key to the recovery process. An in-depth re-analysis of the memos generated four recovery themes: (1) the need for secure space favorable to self-reflexivity; (2) a “honeymoon” effect; (3) the importance of even weak social ties; (4) support from and hope among peers. Three challenges to recovery were identified: (1) finding a balance between protection and risk; (2) breaking downward spirals; (3) bifurcating the trajectory. This study provides new insight into the recovery process, understood as a non-linear transformation of an experience—the relationship between objective life conditions and subjective perception of those conditions—which reinforces protective support over risk elements.
Plus de 900 000 personnes, en France, font l’objet d’une mesure juridique de protection (tutelle, curatelle), mais bien plus encore voient, momentanement ou durablement, leur capacite a decider pour elles-memes disqualifiee, et d’autres etre amenees a decider pour elles, qu’il s’agisse de proches ou de professionnels. Ces processus de decision pour autrui peuvent avoir recu une formalisation juridique forte (majeurs proteges, personnes hospitalisees en psychiatrie sans leur consentement) ou rester dans des cadres ou la loi n’a que peu de prises ou n’est pas mobilisee (malades, personnes âgees ou en situation de handicap, enfants). Elles peuvent concerner des decisions majeures, comme l’entree en maison de retraite, le choix d’un traitement medical, ou bien se loger dans des moments ordinaires — mais pas necessairement moins importants — de la vie quotidienne (gestion de l’argent, organisation domestique, relations affectives et sexuelles). Ce dossier aborde ces questions non pas directement sur le plan des politiques publiques, mais en faisant porter la reflexion sur des relations de soin ou d’accompagnement abordees de maniere ethnographique, de facon a mettre en evidence la maniere dont les questions se posent en situation. (Extrait)
To which extent is it possible to conduct a professional care defined by the care-receiver him-herself? Taking the exemple of the "Housing First program" in France, which refers to the north-american recovery model of care, this article intends to analyse the difficulties this form of care meets. Based on empirical cases, described through ethnographic observations, focus groups and interviews conducted with the members of the Housing-First Team, this article enlights two main limits to the development of a "recovery care": the various degrees to which the model is known, understood and endorsed by the teams and their partners and some "borderline situations" which question the ability of the teams to maintain a recovery-based care (risk to lose ones home or see ones health badly affected). This example is the occasion to explore a problem characteristic to the care relation: who may legitimely define the "best care" for someone in each case? (C) 2014 Association ALTER. Published by Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
« C’est pour son bien ». La decision pour autrui comme enjeu micro-politique - Aude Beliard, Solene Billaud, Assurer la releve. Une approche micro-politique des processus de transmission de la tutelle de personnes handicapees - Celine Borelle, Le traitement de la subjectivite du destinataire de soin comme operateur micro-politique. Le cas des enfants diagnostiques autistes - Antoine Hennion, Pierre A. Vidal-Naquet, « Enfermer Maman ! » Epreuves et arrangements : le care comme ethique de situation, Ana Marques, Est-il legitime de ne pas decider pour autrui ? Le travail politique autour d’une Equipe mobile de psychiatrie-precarite.