Introduction Les glucocorticoïdes à faibles doses (GC) améliorent presque tous les cas de pseudopolyarthrite rhizomélique (PPR), mais des événements indésirables sont fréquents. Le but de cet essai randomisé contrôlé versus placebo chez les patients atteints d’une PPR récente était d’évaluer si le baricitinib (inhibiteur de JAK 1/2) permet d’atteindre un contrôle de la maladie sans GC par voie orale dans les PPR récentes. Patients et méthodes Nous avons mené un essai randomisé à double insu (1:1) contrôlé versus placebo en groupe parallèle entre le 1er décembre 2020 et le 30 août 2023. Le protocole a été enregistré sur clinicaltrials.gov (NCT04027101). Trente-quatre patients ayant une PPR récente naïve de GC avec un score d’activité DAS-PPR CRP>17 ont reçu 4mg de baricitinib par voie orale ou un placebo correspondant (avec un sauvetage des GC par voie orale possible en cas d’activité élevée de la maladie) pendant 12 semaines, puis 2mg de baricitinib ou un placebo correspondant, jusqu’à la semaine 24. Une infiltration subdeltoïdienne de GC était autorisée à la semaine 0 et à la semaine 4. Le critère d’évaluation principal était le DAS-PPR CRP<10 sans sauvetage par GC par voie orale de la semaine 0 à la semaine 12. La période de suivi était de 36 semaines. Résultats Nous avons randomisé 34 patients (18 patients avec baricitinib et 16 patients avec le placebo ; 22 femmes et 12 hommes). L’âge moyen était de 69,1 (±7,2) ans. La durée moyenne d’évolution depuis le premier symptôme était de 60,7 (±46,9) jours. Le DAS-PPR CRP moyen était de 31,7 (±10,5). Comparativement au placebo, la dose de 4mg de baricitinib a permis d’obtenir un DAS-PPR CRP comparable à la semaine 12, avec moins de participants nécessitant un sauvetage par GC oral. Le critère d’évaluation principal a été atteint à la semaine 12 par 14/18 (77,8 %) et 2/16 (13,3 %) des patients dans les groupes baricitinib et placebo, respectivement (RR [IC à 95 %] : 5,8 [3,2 ; 10,6] ; valeur de p brute=0,0004 ; valeur de p ajustée sur le centre<0,0001). Aucun décès, aucun événement cardiovasculaire indésirable majeur ou nouveau signal de tolérance n’a été observé. Conclusion Les patients atteints de PPR récente naïve de traitement prenant 4mg de baricitinib ont nettement moins souvent besoin de GC par voie orale que ceux sous placebo pour atteindre une faible activité de la maladie à la semaine 12, sans nouveau signal de sécurité (Fig. 1). Ce qui pourrait révolutionner la prise en charge de la maladie, notamment en cas de contre indication relative des GC (ostéoporose, diabète, troubles psychiques, hypertension…).
Les glucocorticoïdes (GC) permettent de mettre en rémission presque tous les cas de pseudopolyarthrite rhizomélique (PPR). Seules trois études ouvertes ont été menées (avec tocilizumab et tofacitinib) sans adjonction de GC dans la PPR débutante. Compte tenu de son bon profil de sécurité, l'abatacept pourrait être utilisé à la place des GC en début de PPR s'il permettait d'obtenir une faible activité de la maladie chez presque tous les patients (> 80 %). Pour évaluer si l'abatacept permet une faible activité de la maladie sans GC (critère principal : DAS-PPR CRP ≤ 10 sans GC de S0 à la semaine 12), dans les PPR récentes nous avons mené un essai preuve de concept randomisé en double insu (1 : 1) en groupes parallèles versus placebo entre décembre 2018 et octobre 2021. Trente-quatre patients présentant une PPR récente (< 6 mois), avec un score d'activité DAS-PPR CRP > 17 sans signe d'artérite à cellule géante (évaluation clinique et tomographie par émission de positons/tomodensitométrie au 18F-fluorodésoxyglucose) ont reçu 125 mg d'abatacept par voie sous-cutanée chaque semaine ou un placebo. Une infiltration sous acromiale pouvait être faite à l'inclusion et à un mois sans que ce soit considéré comme un sauvetage. Un sauvetage par GC oraux pouvait être proposé en cas d'activité élevée de la maladie avant 12 semaines mais le patient était alors considéré en échec thérapeutique. Un traitement par GC en fonction de l'activité de la maladie pouvait être prescrit de la semaine 12 jusqu'à la semaine 36. L'étude a été conçue pour démontrer une différence de 60 % de taux de réponse (80 % vs 20 %). Le critère d'évaluation principal a été atteint respectivement par 8/16 (50,0 %) et 4/18 (22,2 %) des patients des groupes abatacept et placebo (RR [IC 95 %] : 2,24 [0,9 ; 5,5] ; p = 0,15). Les valeurs moyennes du DAS-PPR CRP étaient respectivement de 10,2 (SD 12,2) et de 13,5 (SD 14,3) dans les groupes abatacept et placebo (p = 0,77) à 12 semaines. Seule la CRP (mg/L) était significativement plus faible dans le groupe abatacept que dans le groupe placebo à cette échéance (4 [SD 4] vs 11 [SD 10,0] ; différence −6 [−9 ; −4] p = 0,01). Les résultats sont peu différents aux visites ultérieures. Il n'y a pas eu de nouveaux signaux en termes de tolérance. À noter qu'une seule patiente, incluse dans le bras abatacept, avait des signes pouvant faire discuter une artérite à cellule géante infraclinique à l'inclusion ; elle a fait l'objet d'un sauvetage au cours du suivi. Cette étude suggère que l'effet de l'abatacept sans une association aux corticoïdes n'est pas suffisamment puissant pour contrôler l'activité de la PPR précoce, mais il ne s'agit que d'une première étape pour décider si une étude plus large doit être menée et non d'une conclusion définitive quand à son efficacité dans la PPR. La méthodologie proposée apparaît efficiente pour tester les molécules dans la PPR débutante sans corticoïdes et sans perte de chance pour le patient.
IntroductionLe traitement de référence dans la pseudo-polyarthrite rhizomélique (PPR) est la corticothérapie avec un objectif de décroissance sur 6 mois mais 45 % des patients présentent une évolution défavorable caractérisée par des rechutes à l’arrêt du traitement ou une corticodépendance. Les facteurs de mauvais pronostics dans la PPR sont peu étudiés et controversés. Le tocilizumab a récemment montré son efficacité dans la PPR à visée d’épargne cortisonique.L’objectif de ce travail était d’identifier des facteurs prédictifs d’évolution favorable de la PPR corticodépendante pour en optimiser la prise en charge thérapeutique.Patients et méthodesCe travail a été réalisé à partir des données d’une étude de phase III comparant le tocilizumab au placebo en association à une décroissance de la corticothérapie chez des patients atteints de PPR corticodépendante (SEMAPHORE). La réponse au traitement était évaluée à S24 après 6 administrations de tocilizumab 8mg/kg (ou 4mg/kg si contre-indication) ou de placebo. Le critère d’évolution favorable était un score DAS-PPR<10 avec une dose de corticoïdes≤5mg/j d’équivalent prednisone ou une diminution de la dose≥10mg/j entre l’inclusion et la semaine 24. La prédiction d’une évolution favorable par les paramètres d’inclusion (sexe, âge, IMC, durée d’évolution de la maladie, prise de méthotrexate, dose de corticoïdes, score de sévérité DAS-PPR), données biologiques comme la CRP ou la VS, nombre de sites échographiques pathologiques et scores d’aptitude fonctionnelle comme le HAQ-DI et le SF36 a été évaluée en univarié puis multivarié pour les variables avec un p<0,2 en univarié dans l’ensemble de la population puis dans les deux bras thérapeutiques (tocilizumab et placebo).RésultatsÀ S24, 49 patients sur les 100 inclus avaient rempli le critère d’évolution favorable. Les facteurs d’évolution favorable d’une PPR corticodépendante sont le bras de traitement (tocilizumab) et le faible score HAQ-DI. Le sexe, l’âge, la dose de corticoïdes, la prise de méthotrexate, les paramètres biologiques et échographiques n’influencent pas la réponse au traitement. Dans le groupe des patients traités par tocilizumab, l’absence de traitement par méthotrexate, l’absence d’anémie et un score HAQ-DI faible étaient prédictifs d’une évolution favorable. Dans le groupe des patients traités par placebo, aucune variable n’était associée significativement à une évolution favorable.DiscussionLe facteur principal de bonne réponse de la PPR corticodépendante dans cette étude est le traitement par tocilizumab pendant 6 mois. Les patients répondeurs ont des scores d’évaluation de la capacité fonctionnelle (HAQ-DI) plus faibles que les patients non répondeurs ce qui laisse penser que les symptômes possiblement liés aux comorbidités ou à l’âge ne sont pas améliorés par les traitements.ConclusionLes patients avec de meilleures aptitudes fonctionnelles au diagnostic ont un meilleur pronostic d’évolution favorable peu importe leur âge, la durée d’évolution de la PPR, sa sévérité et la présence d’un syndrome inflammatoire biologique.
Background Aquagenic pruritus (AP), an intense sensation of scratching induced after water contact, is the most troublesome aspect of BCR-ABL1-negative myeloproliferative neoplasms (MPNs). Mostly described in polycythemia vera (PV, ~ 40%), it is also present in essential thrombocythemia (ET) and primary myelofibrosis (PMF) (10%). Even if this symptom can decrease or disappear under cytoreductive treatments, 30% of treated MPN patients still persist with a real impact on the quality of life (QoL). Because its pathophysiology is poorly understood, efficient symptomatic treatments of AP are missing. The neuropeptide substance P (SP) plays a crucial role in the induction of pruritus. Several studies showed the efficacy of aprepitant, an antagonist of SP receptor (NK-1R), in the treatment of chronic pruritus but never evaluated in AP. The objectives of APHYPAP are twofold: a clinical aim with the evaluation of the efficacy of two drugs in the treatment of a persistent AP for MPN patients and a biological aim to find clues to elucidate AP pathophysiology. Methods/design A multicentric, double-blind, double-placebo, randomized study will include 80 patients with MPN (PV or ET or PMF) treated since at least 6 months for their hemopathy but suffering from a persistent AP (VAS intensity ≥6/10). Patients will be randomized between aprepitant (80 mg daily) + placebo to match to hydroxyzine OR hydroxyzine (25 mg daily) + placebo to match to aprepitant for 14 days. At D0, baseline information will be collected and drugs dispense. Outcome measures will be assessed at D15, D30, D45, and D60. The primary study endpoint will be the reduction of pruritus intensity below (or equal) at 3/10 on VAS at D15. Secondary outcome measures will include the number of patients with a reduction or cessation of AP at D15 or D60; evaluation of QoL and AP characteristics at D0, D15, D30, D45, and D60 with MPN-SAF and AP questionnaires, respectively; modification of plasmatic concentrations of cytokines and neuropeptides at D0, D15, D30, and D60; and modification of epidermal innervation density and pruriceptor expression at D0 and D15. Discussion The APHYPAP trial will examine the efficacy of aprepitant vs hydroxyzine (reference treatment for AP) to treat persistent AP in MPN patients. The primary objective is to demonstrate the superiority of aprepitant vs hydroxyzine to treat persistent AP of MPN patients. The treatment received will be considered efficient if the AP intensity will be reduced at 3/10 or below on VAS after 14 days of treatment. The results of this study may provide a new treatment option for this troublesome symptom and also give us more insights in the pathophysiology understanding of AP. Trial registration APHYPAP. NCT03808805 , first posted: January 18, 2019; last update posted: June 10, 2021. EudraCT 2018-090426-66
Les profils d’effets indésirables d’abiratérone et enzalutamide reposent principalement sur les essais cliniques de phase III. Les données post-AMM soulèvent plusieurs signaux de sécurité dont l’insuffisance rénale aiguë sous abiratérone. L’objectif de l’étude était de comparer en vie réelle les taux d’incidence d’événements indésirables ayant conduit à l’hospitalisation des patients nouveaux utilisateurs d’abiratérone versus enzalutamide et de discuter les signaux de sécurité précédemment identifiés. Nous avons utilisé le Système national des données de santé (SNDS) pour identifier les nouveaux utilisateurs d’abiratérone ou d’enzalutamide entre 2013 et 2017 et suivis jusqu’au 31/12/2018. Les événements d’intérêt étaient une hospitalisation pour fibrillation auriculaire, insuffisance cardiaque, cardiopathie ischémique, insuffisance rénale aiguë, infarctus du myocarde, allongement du QT/torsade de pointe, AVC ischémique, hépatite ou convulsion. Les ratios de taux d’incidence (IRR) ont été estimés pour chaque événement indépendamment les uns des autres, en utilisant un modèle de Poisson, à travers une sous-population de patients ne présentant pas de contre-indication ou de précaution d’emploi à l’un ou l’autre des traitements. Enzalutamide était le groupe référence. Parmi 15 340 nouveaux utilisateurs d’abiratérone (70,5 %) et d’enzalutamide (29,5 %), près de 51 % des patients ont présenté au moins un évènement d’intérêt, dont 78 % n’en ont présenté qu’un seul. Les évènements les plus fréquemment observés étaient les hospitalisations pour fibrillation auriculaire, insuffisance cardiaque, ou encore insuffisance rénale aiguë ; à l’inverse, les hospitalisations pour AVC ischémique, allongement du QT, hépatite et convulsions survenaient chez moins de 10 cas pour 1000 personnes-années exposées dans chacun des groupes. Les hospitalisation pour insuffisance rénale aiguë (IRR : 1,42, IC95 % : 1,01–2,00) et fibrillation auriculaire (IRR : 1,12, IC95 % : 1,05–1,19) ainsi qu’un bilan hépatique suggérant une hépatotoxicié (IRR : 3,06, IC95 % : 2,66–3,53) étaient significativement plus observés sous abiratérone que sous enzalutamide. Notre étude permet d’apporter des informations complémentaires concernant les événements indésirables conduisant à une hospitalisation sous abiratérone et enzalutamide, en condition réelle d’utilisation. Malgré plusieurs limites dont le manque de données cliniques, le signal d’insuffisance rénale aiguë sous abiratérone reste cohérent avec les résultats d’une précédente analyse de la base française de pharmacovigilance, et mérite d’être investigué plus en détail.
Background: Immediate postpartum haemorrhage (PPH) is a major, feared and often unpredictable issue. Besides many clinical risk factors, some biological parameters could also be predictive of PPH. Objective: To study simple and easily accessible haematological parameters as potential risk factors for PPH after vaginal delivery. Methods: All women who had a vaginal delivery between April 1, 2013 and May 29, 2015 in the maternity ward of Brest University Hospital (France) were included, after oral informed consent obtained. Clinical data were collected by obstetricians or midwives during antenatal care visits, labour and delivery, and recorded by trained research assistants. Haematological variables, including immature platelet fraction, were measured from a blood sample systematically collected at the entrance in the delivery room. PPH, measured with a graduated collector bag, was defined as blood loss of at least 500 ml. Results: 2742 women were included. PPH occurred in 141 (5%) women. Seven clinical factors were independently associated with PPH: pre-eclampsia (OR 5.85, 95%CI 2.02, 16.90), multiple pregnancy (OR 3.28, 95%CI 1.21, 8.91), assisted reproduction (OR 2.75, 95%CI 1.45, 5.20), antepartum bleeding (OR 2.15, 95%CI 1.24,3.73), post-term delivery (OR 1.93, 95%CI 1.17, 3.17), obesity (OR 2.95, 95%CI 1.76, 4.93) and episiotomy (OR 2.51, 95%CI 1.63, 3.74). Three haematological factors were additionally identified as independent risk factors for PPH: platelets < 150 Giga/L (OR 2.98, 95%CI 1.63, 5.46), fibrinogen < 4.5 g/l (OR 1.86, 95%CI 1.21, 2.87) and APTT ratio >= 1.1 (OR 2.16, 95%CI 1.31, 3.57). Immature platelet fraction was not associated with PPH. Conclusion: Besides classical clinical risk factors, this study identifies simple haematological parameters as risk factors for PPH. (C) 2021 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
Background and Purpose:Additional therapy may improve poststroke outcomes. Self-rehabilitation is a useful means to increase rehabilitation time. Mechanized systems are usual means to extend time for motor training. The primary aim was to compare the effects of self-rehabilitation using a mechanized device with control self-exercises on upper extremity impairment in patients with stroke.Methods:Phase III, parallel, concealed allocation, randomized controlled, multicenter trial, with 12-month follow-up. Patients aged 18 to 80 years, 3 weeks to 3 months poststroke with a Fugl-Meyer Assessment score of 10 to 40 points, were randomized to the Exo or control groups. All undertook two 30-minute self-rehabilitation sessions/day, 5 days/wk for 4 weeks in addition to usual rehabilitation. The Exo group performed games-based exercises using a gravity-supported mechanical exoskeleton (Armeo Spring). The control group performed stretching plus basic active exercises. Primary outcome was change in upper extremity Fugl-Meyer Assessment score at 4 weeks.Results:Two hundred fifteen participants were randomly allocated to the Exo group (107) or the control group (108). Mean age (SD), 58.3 (13.6) years; mean time poststroke, 54.8 (22.1) days; and mean baseline Fugl-Meyer Assessment score, 26.1 (9.5). There was no between-group difference in mean change in Fugl-Meyer Assessment score following the intervention: 13.3 (9.0) in the Exo group and 11.8 (8.8) in the control group (P=0.22). There were no significant between-group differences in changes for any of the other outcomes at any time point (except for perception of the self-rehabilitation). There was no between-group difference in cost utility at 12 months.Conclusions:In patients with moderate-to-severe impairment in the subacute phase of stroke, the purchase and use of complex devices to provide additional upper limb training may not be necessary: simply educating patients to regularly move and stretch their limbs appears sufficient.Registration:URL: https://www.clinicaltrials.gov; Unique identifier: NCT01383512.
Background Oral alitretinoin is a retinoid used for severe chronic hand eczema. Although caution is recommended for patients with uncontrolled dyslipidaemia or cardiovascular risk factors, the actual atherothrombotic risk has not been investigated thus far. Objectives To detect any excess of atherothrombotic events among patients exposed to alitretinoin, during treatment or in the 2 years following initiation. Methods Using the French Health Insurance database, we compared the number of patients who had an atherothrombotic event (coronary artery disease, ischaemic stroke or peripheral artery disease requiring revascularization) in the population exposed to oral alitretinoin vs. the general population of the same age, sex and baseline cardiovascular risk, using standardized morbidity ratios (SMRs). Results Between 2009 and 2017, 19 513 patients were exposed to oral alitretinoin in France. Sixty-four (0 center dot 3%) patients had an atherothrombotic event while on alitretinoin. Patients receiving alitretinoin experienced no more atherothrombotic events than the general population: patients without cardiovascular risk factors or previous atherothrombotic events had a SMR of 0 center dot 65 [95% confidence interval (CI) 0 center dot 26-1 center dot 34] during alitretinoin treatment, and 1 center dot 21 (95% CI 0 center dot 90-1 center dot 59) in the 2 years following initiation; patients with cardiovascular risk factors or previous atherothrombotic events had a SMR of 0 center dot 82 (95% CI 0 center dot 60-1 center dot 08) during alitretinoin treatment and 0 center dot 95 (95% CI 0 center dot 82-1 center dot 09) in the 2 years following initiation. Taken separately, SMRs for each outcome did not increase either. Conclusions These data from an exhaustive nationwide population-based study do not support an increase in the incidence of atherothrombotic events with alitretinoin use, regardless of the baseline cardiovascular risk of the patient.
Des études récentes suggèrent que l’ÉlectroStimulation NeuroMusculaire (ESNM) peut améliorer la fonction musculaire, la tolérance à l’effort, la dyspnée et la qualité de vie des patients atteints de BPCO. L’objectif de cette étude était de comparer l’efficacité d’un programme d’ESNM versus un programme d’entraînement sur cycloergomètre (ECE) dans le cadre d’un programme standardisé de réhabilitation respiratoire chez des patients atteints de BPCO sévère ou très sévère avec un index BODE ≥ 5. Les patients atteints de BPCO stade 3 or 4 avec un index BODE ≥ 5 étaient inclus dans cette étude contrôlée, randomisée, en simple aveugle. Les patients ont été répartis de façon aléatoire dans les groupes suivants : NMES et ECE. Le programme commun aux deux groupes comprenait un protocole d’entraînement en endurance sur tapis de marche. Les critères de jugement étaient l’évaluation de l’évolution de la capacité à l’exercice ([lors du test de lever de chaise de 1 min (critère de jugement principal) et durant le test de marche de 6 min]), de la force et de l’endurance des quadriceps (avec un dynamomètre portable), de la dyspnée et de la qualité de vie entre j0 et j21. Le nombre de sujets nécessaires était 102. Cent deux patients (âge : 65,2 ± 7,6 ; VEMS : 30,18 % ± 8,19) ont été inclus dans cette étude. Il n’y a pas eu de différence significative dans l’évolution moyenne entre les groupes, excepté pour l’échelle de dyspnée mMRC, p < 0,05. Dans chaque groupe l’évolution de tous les critères de jugement (test de lever de chaise de 1 minute, test de marche de 6 min, force des quadriceps, endurance des quadriceps, dyspnée et qualité de vie) était significative, p < 0,05, à l’exception de l’évolution de la capacité inspiratoire. La différence du nombre de répétitions durant le test de lever de chaise de 1 min a été : ESNM : + 3,26 ± 3,82 ; ECE : + 2,62 ± 4,11. Les effets d’un programme de réhabilitation respiratoire comprenant de l’ESNM et un programme en endurance sur tapis de marche ne sont pas différents des effets d’un programme comprenant du réentraînement en endurance sur cycloergomètre et tapis de marche. Un programme d’ESNM durant un programme de réhabilitation peut être une alternative à un entraînement sur cycloergomètre pour les patients atteints de BPCO sévère et très sévère avec un index BODE ≥ 5.
Objective Major salivary gland ultrasonography (SGUS) is widely used for the diagnosis of primary Sjogren's syndrome (pSS). Our objective was to assess the contribution of SGUS compared to other items of the 2016 ACR/EULAR pSS classification criteria, based on expert opinion. Methods A secure web-based relational database was used by 24 experts from 14 countries to assess 512 realistic vignettes developed from data of patients with suspected pSS. Each vignette provided classification criteria items and information on history, clinical symptoms and SGUS findings. Each expert assessed 64 vignettes, and each vignette was assessed by 3 experts. A diagnosis of pSS was defined according to at least 2 of 3 experts. Validation was performed in the independent French DiapSS cohort of patients with suspected pSS. Results A criteria-based pSS diagnosis and SGUS findings were independently associated with an expert diagnosis of pSS (P < 0.001). The derived diagnostic weights of individual items in the 2016 ACR/EULAR criteria including SGUS were as follows: anti-SSA, 3; focus score >= 1, 3; SGUS score >= 2, 1; positive Schirmer's test, 1; dry mouth, 1; and salivary flow rate < 0.1 mL/min, 1. The corrected C statistic area under the curve for the new weighted score was 0.96. Adding SGUS improves the sensitivity from 90.2 % to 95.6% with a quite similar specificity 84.1% versus 82.6%. Results were similar in the DiapSS cohort: adding SGUS improves the sensitivity from 87% to 93%. Conclusion SGUS had similar weight compared to minor items, and its addition improves the performance of the 2016 ACR/EULAR classification criteria.
Background Cerebral palsy (CP), which is the leading cause of motor disability during childhood, can produce sensory and cognitive impairments at different degrees. Most recent therapeutic interventions for these patients have solely focused on upper extremities (UE), although more than 60% of these patients present lower extremities (LE) deficits. Recently, a new therapeutic concept, Hand-arm Bimanual Intensive Therapy Including Lower Extremities (HABIT-ILE), has been proposed, involving the constant stimulation of UE and LE. Based on motor skill learning principles, HABIT-ILE is delivered in a day-camp setting, promoting voluntary movements for several hours per day during 10 consecutive week days. Interestingly, the effects of this intervention in a large scale of youngsters are yet to be observed. This is of interest due to the lack of knowledge on functional, neuroplastic and biomechanical changes in infants with bilateral CP. The aim of this randomized controlled study is to assess the effects of HABIT-ILE adapted for pre-school children with bilateral CP regarding functional, neuroplastic and biomechanical factors. Methods This international, multicentric study will include 50 pre-school children with CP from 12 to 60 months of age, comparing the effect of 50 h (2 weeks) of HABIT-ILE versus regular motor activity and/or customary rehabilitation. HABIT-ILE presents structured activities and functional tasks with continuous increase in difficulty while the child evolves. Assessments will be performed at 3 period times: baseline, two weeks later and 3 months later. The primary outcome will be the Gross Motor Function Measure 66. Secondary outcomes will include Both Hands Assessment, Melbourne Assessment-2, Semmes-Weinstein Monofilament Test, algometry assessments, executive function tests, ACTIVLIM-CP questionnaire, Pediatric Evaluation of Disability Inventory (computer adaptative test), Young Children’s Participation and Environment Measure, Measure of the Process of Care, Canadian Occupational Performance Measure, neuroimaging and kinematics. Discussion The results of this study should highlight the impact of a motor, intensive, goal-directed therapy (HABIT-ILE) in pre-school children at a functional, neuroplastic and biomechanical level. In addition, this changes could demonstrated the impact of this intervention in the developmental curve of each child, improving functional ability, activity and participation in short-, mid- and long-term. Name of the registry Evaluation of Functional, Neuroplastic and Biomechanical Changes Induced by an Intensive, Playful Early-morning Treatment Including Lower Limbs (EARLY-HABIT-ILE) in Preschool Children With Uni and Bilateral Cerebral Palsy (HABIT-ILE). Trial registration NCT04017871 Registration date July 12, 2019.
Chez les patients présentant un cancer de prostate résistant à la castration (CPRC) en échec de chimiothérapie par docétaxel, deux traitements hormonaux, abiraterone (ABI) et enzalutamide (ENZ), et une seconde ligne de chimiothérapie par cabazitaxel (CABA) apparaissent des options thérapeutiques. Hormis quelques études observationnelles peu puissante (dont méta-analyses discordantes), aucun essai clinique n’a comparé jusqu’à présent l’efficacité d’AB, ENZ et CABA de façon directe. L’objectif de cette étude était de comparer de façon directe la survie globale des patients français initiant un traitement par ABI, ENZ ou CABA chez des patients CPRC métastatiques en échec de chimiothérapie. Utilisant les données du SNDS, une étude de cohorte a été réalisée incluant les nouveaux utilisateurs d’ABI, ENZ ou CABA entre 2014 et 2015 et suivis jusqu’à fin 2017. Avec une approche type en intention de traiter, une analyse de survie a été conduite, estimant le HR de la survie globale avec un modèle de Cox et utilisant un score de propension par la méthode SIPTW. Parmi les 538 nouveaux utilisateurs, 56,1 % étaient traités par ABI, 26,2 % par ENZ et 17,3 % par CABA. Avec un suivi médian de 25,8 mois (Q1–Q3, 12,2–37,8 mois) pour ABI, 25,8 mois (Q1–Q3, 15,5–35,8 mois) pour ENZ et 17,1 mois (Q1–Q3, 9,9–28,7 mois) pour CABA, le taux d’incidence des décès toutes causes était de 30,4 pour 100 personnes-années (PA) (IC95 % : 26,4–35,0) pour ABI, 28,7/100 PA (IC95 % : 23,3–35,4) pour ENZ et 47,4/100 PA (IC95 % : 37,7–59,7) pour CABA. Le suivi médian des patients décédés était de 15,7 mois (Q1–Q3, 8,4–25,4 mois) pour ABI, 19,3 mois (Q1–Q3, 11,0–27,3 mois) pour ENZ et 17,1 mois (Q1–Q3, 7,3–25,2) pour CABA. Comparativement à ABI, l’analyse multivariée suggère l’absence de différence en survie globale sous ENZ (HR : 1,01 [0,78–1,29]), et une augmentation du risque de décès sous CABA (HR : 1,46 [1,11–1,92]). Nous reconnaissons l’absence de données cliniques pour catégoriser le stade de la maladie ou le performans status, pouvant être des facteurs de confusion. Notre étude sur base de données française suggère, chez les patients CRPC en échec de chimiothérapie, une survie globale similaire entre ABI et ENZ mais un sur-risque de décès sous CABA.
Abstract Introduction Despite major improvements in management over recent decades, stroke remains a devastating disease in Europe and geographic disparities persist. Determining the spatial distribution of stroke may be useful for both epidemiological research and health services planning. The aim of this study was to estimate stroke incidence rates in Pays de Brest (Western France) and to explore the presence of geographic clusters associated with socioeconomic and urban-rural characteristics. Methods The study included incidence stroke cases aged 60 years and more from the Stroke Brest registry for the period 2008 to 2013 aggregated at the census block level. Poisson and negative binomial regression models were used to explore determinants of disease risk. Geographically weighted regression (GWR) was used to allow estimation of local regression coefficients. Results Between 2008 and 2013, 3088 cases aged 60 years were identified in Pays de Brest. The incidence of stroke was 6.67 per 1 000 inhabitants. Living in a rural neighborhood with a higher level of blue collar and of farmer was associated with higher age adjusted stroke incidence rate ratio (IRR) 1.23, [95%CI 1.09-1.39]. Higher risk was also found in a city center neighborhood with a higher level of blue [IRR 1.22, 95%CI 1.04-1.49]. Local Poisson GWR models achieved the best fit and suggested evidence of spatially varying regression coefficients and clusters of higher incidence. Conclusions Our study contributes to a better understanding of the relationship between stroke risks and contextual characteristics such as socioeconomic circumstances and urban rural setting. This will help targeting areas for specific public health prevention. Key messages Variations of stroke were marked according to socioeconomic and urban-rural setting of the living area. This study will help targeting areas for specific public health prevention.
L'alitrétinoïne est un rétinoïde indiqué chez l'adulte atteint d'eczéma chronique sévère des mains, ne répondant pas au traitement par dermocorticoïdes puissants. Il est commercialisé en France depuis 2009. En raison d'un risque de dyslipidémie induit par le traitement, l'alitrétinoïne est contre-indiqué en cas d'hypercholestérolémie ou d'hypertriglycéridémie non contrôlée. L'objectif était de rechercher un risque d'événement cardiovasculaire grave (ECVG) associé à l'alitrétinoïne. Nous avons comparé la population exposée à l'alitrétinoïne à la population générale française, à partir de la base médico-administrative de l'Assurance-maladie (SNDS-SNIIRAM). Nous avons inclus tous les patients ayant reçu de l'alitrétinoïne en France jusqu'en 2016. Les ECVG retenus étaient les syndromes coronariens aigus (SCA), accidents vasculaires cérébraux (AVC) ischémiques, et artériopathies oblitérantes des membres inférieurs (AOMI). Nous avons estimé des SMR (Standardized Morbidity Ratio) en standardisant l'incidence d'ECVG sur la population générale française (échantillon généraliste des bénéficiaires), en tenant compte de l'âge, du sexe, de la présence d'une dyslipidémie, d'un antécédent d'ECVG, et après stratification sur le risque cardiovasculaire, défini comme la présence d'au moins un facteur de risque ou antécédent d'événement cardiovasculaire. En France, 19513 patients ont reçu de l'alitrétinoïne entre 2009 et 2016 : 64 ont fait un ECVG pendant la cure (durée médiane des cures : 3 mois), et 292 dans les 2 ans suivant le début des cures. Dans la sous-population sans risque cardiovasculaire, les patients recevant de l'alitrétinoïne ne faisaient pas plus d'ECVG que la population générale. Dans la sous-population avec au moins un antécédent ou facteur de risque cardiovasculaire, il n'a pas été identifié de risque d'ECVG pendant les cures ; dans les 2 ans suivant le début des cures, les patients ont le même risque de syndrome coronarien aigu que la population générale (SMR = 0,89, IC 95 % [0,75–1,06]), mais font deux fois moins d'AVC ischémique (SMR = 0,49, IC 95 % [0,30–0,75]). Nous n'avons pas identifié d'excès de risque d'événement cardiovasculaire grave chez les patients ayant reçu de l'alitrétinoïne. Une diminution du risque d'AVC dans les 2 ans suivant le début du traitement est trouvée chez les patients ayant au moins un facteur de risque ou antécédent d'événement cardiovasculaire. Deux hypothèses sont proposées : un effet neuroprotecteur, qui pourrait être expliqué par une diminution de l'athérosclérose et une inhibition de l'agrégation plaquettaire observées sur modèle murin. La seconde hypothèse est celle d'un « healthy user effect », traduisant un plus fort recours aux soins des patients recevant de l'alitrétinoïne. Il n'est pas trouvé d'excès de risque d'ECVG en cours ou après un traitement par alitrétinoïne.
La peau sensible se définit par la survenue de sensations déplaisantes (picotements, brûlures, douleurs, prurit, fourmillements) en réponse à des stimuli qui, normalement, ne devraient pas provoquer de telles sensations. Ces sensations désagréables ne peuvent pas être expliquées par une dermatose. Environ 50 % des femmes et 40 % des hommes déclarent avoir une peau sensible. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’efficacité de la photothérapie par diode électroluminescente (LED) rouge sur la peau sensible. Cette étude monocentrique a inclus des sujets entre 20 et 50 ans avec une peau sensible définie par un score Sensitive Scale-10 (SS10) ≥ 40 (score allant de 0 à 100). Les sujets avec une dermatose faciale étaient exclus (comme l’acné, la rosacée, la dermite séborrhéique). Le traitement consistait en une exposition à la lumière LED rouge 630 nm avec une fluence de 7 J/cm2 2 fois par semaine jusqu’au succès (défini par une diminution du score SS10 d’au moins 60 %), au maximum pendant 8 semaines. Trente sujets étaient inclus, 83 % de femmes, avec un âge moyen de 28,9 ans. Deux personnes étaient perdues de vue. Les joues (90 %) et le nez (70 %) étaient les localisations les plus souvent atteintes. Le froid, le chaud, les variations de température, l’eau et le soleil étaient les facteurs favorisants les plus fréquemment rapportés. En intention de traiter, la fréquence de succès était de 93,3 % [77,9–99,2], soit une amélioration chez les 28 sujets ayant terminé l’étude. Le succès était atteint chez 77 % d’entre eux en 6 séances ou moins. Le score SS10 moyen (SD) était de 54,7 (12,1) à l’inclusion, 14,4 (6,0) à la dernière séance et 13,9 (7,5) 2 mois après la dernière séance, suggérant la persistance de l’efficacité. Les seuls effets secondaires étaient 2 cas d’allergie de contact au nickel des lunettes de protection. Pour les peaux sensibles, aucun traitement n’est consensuel. Les conseils habituels sont d’éviter les facteurs favorisants, limiter l’utilisation de cosmétiques ou choisir des cosmétiques à haute tolérance contenant peu voire pas de conservateurs ni tensio-actifs. La lumière rouge LED est utilisée pour différentes indications dermatologiques (comme l’acné, les ulcères diabétiques, le rajeunissement), souvent avec succès et une bonne tolérance. Une étude a suggéré l’efficacité de la lumière rouge pour traiter les peaux sensibles associées à une dermatose faciale mais aucune n’existait sur la peau sensible sans dermatose. Dans cette étude pilote, la lumière rouge produite par une LED spécifique s’est révélée efficace chez les 28 sujets ayant terminé le protocole sur les 30 inclus et le bénéfice persistait 2 mois après la dernière séance. Une étude randomisée contre placebo est maintenant nécessaire pour confirmer cette efficacité et évaluer un suivi à plus long terme.
Ustekinumab, a monoclonal antibody that targets interleukin (IL)-12/23, is used to treat psoriasis, psoriatic arthritis and Crohn disease. In 2011, a meta-analysis of randomized trials alerted on a potential risk of major adverse cardiovascular events (MACE) within the first months after the initiation of anti-IL-12/23 antibodies. Our objective was to assess if ustekinumab initiation may trigger MACE. Using the French National Health Insurance database, covering 66 million subjects, we included all patients exposed to ustekinumab between 2010 and 2016, classified according to their cardiovascular risk level (high vs. low risk). We conducted a case-time-control study. We defined the 'risk' period as the 6 months before MACE, defined as myocardial infarctions and strokes, and the 'reference' period as the 6 months before the risk period. The initiation of ustekinumab was screened in both periods, enabling to assess the odds-ratio (OR) between the initiation of ustekinumab and MACE. Among the 9290 patients exposed to ustekinumab, 179 displayed MACE: 65 myocardial infarctions, 68 unstable anginas and 46 strokes. Among patients at high-level cardiovascular risk, a significant association between ustekinumab initiation and MACE occurrence was identified (OR, 4.17; 95% CI, 1.19-14.59). Conversely, no association was found in patients at low-level cardiovascular risk (OR, 0.30; 95% CI, 0.03-3.13). From real-world data, we suggest that ustekinumab initiation could trigger MACE in patients at high cardiovascular risk, in line with current immunologic models of atherosclerotic disease. These results should call for caution regarding the prescription of ustekinumab in patients at high cardiovascular risk.
L’ustékinumab (Stelara®) est un anticorps monoclonal anti-interleukine (IL) 12/23 commercialisé depuis mars 2010. Une méta-analyse a alerté en 2011 sur un possible risque d’événements cardiovasculaires graves (ECVG). Aucun travail n’a été mené par la suite pour confirmer ou infirmer ce risque potentiel. L’ustékinumab pourrait déstabiliser les plaques d’athérome, via l’inhibition de la population lymphocytaire T helper 17. L’objectif était de rechercher un effet déclencheur d’ECVG à l’initiation de l’ustékinumab. L’ensemble des patients exposés à l’ustékinumab entre 2010 et 2016 a été identifié à partir des bases de données françaises de l’Assurance maladie (SNDS-SNIIRAM). Les ECVG retenus étaient les syndromes coronariens aigus (SCA) et accidents vasculaires cérébraux (AVC) ischémiques. L’hypothèse d’une période à risque de 6 mois suivant l’initiation de l’ustékinumab a été testée par une analyse « case-time-control ». Elle compare, chez les sujets ayant fait un ECVG, le nombre d’initiations pendant les 6 mois qui précèdent les ECVG à celui des 6 mois antérieurs. Parmi les 9290 patients exposés à l’ustékinumab, 75 ont présenté un SCA, un AVC ou un angor instable en cours de traitement. L’incidence d’ECVG était de 61 pour 100 000 personnes-mois, IC 95 % [43 ; 86] dans les 6 premiers mois après l’initiation. L’analyse « case-time-control » des 98 ECVG survenus avant, pendant ou après la cure, et des 392 « témoins pour la tendance temporelle », a montré des OR significativement différents selon le niveau de risque cardiovasculaire du patient, estimé à partir de ses facteurs de risque cardiovasculaires. Chez les patients à faible risque cardiovasculaire, on n’observait pas d’effet déclencheur de l’ustékinumab (OR = 0,30, IC 95 % [0,03 ; 3,13]). Chez les patients à risque cardiovasculaire élevé, on observait un risque significatif de déclenchement d’ECVG par l’ustékinumab (OR = 4,17 [1,19 ; 14,59]). Ce risque persistait dans les analyses de sensibilité (Fig. 1). Nos résultats suggèrent un « effet déclencheur » d’ECVG dans les mois qui suivent l’initiation de l’ustékinumab, identifié chez les patients à risque cardiovasculaire élevé, en cohérence avec l’hypothèse physiopathologique de déstabilisation des plaques d’athérome. Ces résultats incitent à des mesures de prudence dans l’indication d’ustékinumab chez des sujets à risque cardiovasculaire. Les autres biothérapies impliquant la voie lymphocytaire T helper 17 (anti-IL17A, anti-IL17RA, anti-IL23), récemment commercialisées, pourraient être concernées par ce signal.
L’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) peut être associée à des symptômes du bas appareil urinaire nécessitant un traitement médical : inhibiteurs de la 5 alpha-réductase (5ARI) ou alpha-bloquants. Deux essais cliniques randomisés ont étudié l’utilisation des 5ARI en prévention primaire du cancer de la prostate (CaP) et révélé un potentiel signal de sécurité avec une augmentation du risque de CaP de haut grade. Les études observationnelles ultérieures n’ont pas permis de détecter de risque mais les estimateurs étaient imprécis et les analyses souffraient de biais. Cette étude « CANARI » évaluait l’association entre utilisation de 5ARI et CaP incident, en fonction du score Gleason (< ou ≥ 8), comparativement aux non-utilisateurs de 5ARI. Cette étude concernait des patients vivant en Bretagne entre 2010 et 2013. Nous avons réalisé un cas–témoin apparié niché dans une cohorte de patients ayant un remboursement d’au moins un traitement de l’HBP symptomatique ou compliquée (5ARI, alpha-bloquant, phytothérapie) entre 2010 et 2011 (environ 75 000 patients). Les cas étaient des patients avec un diagnostic de CaP identifiés entre 2012 et 2013 via le Sniiram et secondairement confirmé via l’appariement avec une base constituée localement contenant des données (scores Gleason) issues des laboratoires d’anatomopathologie bretons. Les contrôles étaient des patients sans diagnostic de CaP à la date du cancer du cas. Considérant qu’aucun numéro d’identification unique des patients n’est disponible en France actuellement, nous avons réalisé un appariement semi-déterministe entre le base du Sniiram et la base d’anatomopathologie : 859 cas de CaP ont été identifiés (119 Gleason ≥ 8 et 740 Gleason < 8) ; environ 22 % des cas ont reçu un 5ARI et 78 % un autre traitement. Cette étude visait à étudier dans une cohorte de patients traités médicalement pour une HBP symptomatique ou compliquée le risque de CaP en fonction du score Gleason ; elle a montré l’intérêt de l’enrichissement de la base du Sniiram avec une base de données cliniques.