Synthetic cathinones, frequently used in chemsex, are difficult to identify in postmortem blood due to their short half-life and in vitro degradation. This unusual case of chemsex involving 3-CMC highlights the importance of freezing a blood aliquot and testing for metabolites. A 62-year-old man was found dead with chemsex paraphernalia beside him. Peripheral blood with sodium fluoride (PB), cardiac blood (CB) and urine were collected at autopsy. A PB sample was frozen at −20 °C for cathinone testing. In PB at +4 °C, alcohols were measured by HS-GC/FID, drugs and narcotics by LC-HRMS, GHB by GC-MS and cannabinoids by LC-MS/MS. Analysis of PB at +4 °C revealed a toxic concentration of GHB (330 µg/mL). Determination of cathinones in frozen PB revealed the presence of 3-CMC (17 ng/mL), dihydro-3-CMC and N-desmethyldihydro-3-CMC, while no cathinones or metabolites were identified in samples stored at +4 °C. Only metabolites were detected in urine. This case confirms the need to systematically screen for cathinones in suspected chemsex cases and, due to their instability, to screen for different metabolites and to freeze a blood sample after autopsy.
Objectifs L’oxycodone est un opioïde semi-synthétique dérivé de la thébaïne et indiqué dans le traitement des douleurs sévères. Avec un pKa à 8,5, un log P à 1 et un Vd à 2,6 L/kg, l’oxycodone est susceptible de présenter des phénomènes de redistribution post-mortem (Concheiro M, et al. Front Pharmacol 2018. doi : 10.3389/fphar.2018.01210). Néanmoins, la littérature est discordante sur ce point. Si l’augmentation au cours du temps des concentrations dans le sang périphérique est bien décrite (Defraia B, et al. Drug Test Anal 2025. doi : 10.1002/dta.3862), le rôle des organes réservoirs est controversé. L’objectif de ce travail est tenter d’éclairer ces mécanismes à partir d’un cas d’intoxication aiguë. Mademoiselle N., 18 ans, est retrouvée inconsciente par ses grands-parents, avec à ses côtés deux plaquettes de gélules d’Oxynorm® (dosage non précisé) vides, soit 28 comprimés manquants. Une tentative de réanimation a été effectuée sans succès. La victime aurait été vue vivante la veille. Une ordonnance avec une prescription d’Oxynorm® et d’Aerius®, destinée à un autre membre de la famille, est retrouvée à proximité ; selon les grands-parents, la boîte n’était pas entamée la veille. L’autopsie réalisée 48heures plus tard ne montre qu’une congestion polyviscérale. Les prélèvements usuels (sang cardiaque droit, sang périphérique fluoré, contenu gastrique, urine, humeur vitrée, poumon, foie) ont été réalisés et conservés à 4°C jusqu’à l’analyse. Méthode Ont été effectués dans le sang périphérique un dosage des alcools par HS-GC/FID, une mesure du taux d’HbCO par méthode spectrophotométrique, un criblage large des médicaments et des stupéfiants par GC-MS et LC-HRMS, ainsi qu’une recherche spécifique des cannabinoïdes par LC-MS/MS. Les investigations ont été complétées par un dosage de l’oxycodone et de la noroxycodone par LC-HRMS dans tous les autres milieux biologiques. L’urine a été analysée sans hydrolyse préalable. Résultats Dans les différents milieux biologiques, les concentrations d’oxycodone et de noroxycodone, respectivement, sont les suivantes (mg/L et mg/kg) : sang périphérique : 5,9/1,79 ; sang cardiaque : 3,2/1,04 ; humeur vitrée : 4,6/0,82 ; contenu gastrique (volume total 50mL) : 169/2,82 ; urine : 11,7/11,5 ; foie : 1,71/0,93 ; poumon : 2/0,87. La carboxyhémoglobinémie est à 4 %. Les autres investigations sont négatives. Conclusion Le décès a été attribué à une intoxication pure à l’oxycodone par ingestion de 28 comprimés d’Oxynorm® dans un contexte suicidaire probable. Les concentrations dans le sang périphérique et l’urine d’oxycodone et de noroxycodone sont comparables à celles décrites dans la littérature lorsque seule l’oxycodone est impliquée. Même si les ratios [sang cardiaque]/[sang périphérique] sont comparables à ceux décrits par Defraia et Havig (Defraia B, et al. Drug Test Anal 2025. doi : 10.1002/dta.3862, Havig SM, et al. J Anal Toxicol 2022. doi : 10.1093/jat/bkab071), l’existence de manœuvres de réanimation, susceptibles de provoquer une augmentation des concentrations dans le sang périphérique, doit être prise en compte. Les ratios [foie]/[sang périphérique] sont de 0,30 pour l’oxycodone et de 0,52 pour la noroxycodone, suggérant que le foie ne constitue pas un compartiment de stockage pour l’oxycodone. La même tendance est observée pour les ratios [poumon]/[sang périphérique], qui sont de 0,34 pour l’oxycodone et de 0,48 pour la noroxycodone. Enfin les ratios [humeur vitrée]/[sang périphérique] sont de 0,78 pour l’oxycodone et de 0,46 pour la noroxycodone, résultats concordants avec ceux présentés dans les travaux précédemment cités. En conclusion, le foie et le poumons ne semblent pas pouvoir être considérés comme des compartiments de stockage pour l’oxycodone en post-mortem. Des études plus larges sont nécessaires pour confirmer ou infirmer ces résultats.
Objectifs Présenter un cas de poly-intoxication dans lequel les analyses toxicologiques sont en faveur d’une pratique de « Chemsex ». Madame M., 33 ans, aurait fait un malaise chez son voisin de palier chez qui elle se serait présentée 1 heure auparavant avec des difficultés respiratoires. Elle est prise en charge et décède à l’arrivée à l’hôpital. L’autopsie pratiquée 48heures plus tard conclut à un décès secondaire à une décompensation cardiorespiratoire d’origine inconnue, mais l’hypothèse d’un trouble du rythme est suspectée. Des prélèvements toxicologiques classiques sont réalisés et conservés à 4°C. Des écouvillons nasaux ainsi qu’une mèche de cheveux bruns de 25cm, prélevée en vertex postérieur et orientée racine-pointe, ont été conservés à température ambiante. Méthodes Ont été effectués dans le sang périphérique un dosage des alcools par HS-GC/FID, une mesure du taux d’HbCO par méthode spectrophotométrique, un criblage large des médicaments et des stupéfiants par GC-MS et LC-HRMS, ainsi qu’une recherche spécifique des cannabinoïdes par LC-MS/MS. Le GHB a été dosé en GC/MS. La mèche de cheveux a été segmentée en 3 segments de 2cm analysés en LC-HRMS. Le dosage du GHB n’a pas pu être réalisé du fait d’une quantité insuffisante de cheveux. Les écouvillons ont été analysés en LC-HRMS. Résultats Les résultats des analyses dans le sang périphérique et l’humeur vitrée révèlent des concentrations de GHB (respectivement 65mg/L et 64mg/L) compatibles avec un usage récréatif. Les analyses mettent également en évidence une concentration très élevée d’amphétamine à 1,1mg/L, une concentration de 2-MMC à 34ng/mL, comparable avec celles décrites dans la littérature (Alexandre M, et al., Int J Legal Med 2025, doi : 10.1007/s00414-025-03689-7) ainsi que la présence de cocaïne à 18ng/mL et de ses métabolites. L’analyse du prélèvement capillaire met en évidence la présence d’amphétamine, de MDMA, de MDA, de cocaïne et de ses métabolites (benzoylecgonine, norcocaïne, cocaéthylène), de kétamine et de 2-MMC à des concentrations homogènes dans les trois segments analysés. Si une contamination de la mèche de cheveux paraît peu probable puisque le profil des molécules n’est pas le même que dans le sang, un phénomène de diffusion ne peut être éliminé. Enfin, l’analyse des écouvillons nasaux montre la présence d’amphétamine et de cocaïne. Conclusion Le décès de Madame M. a été attribué à la consommation concomitante de plusieurs molécules ayant pu provoquer des troubles du rythme cardiaque. L’association du GHB, de la cocaïne, d’une amphétamine et d’une cathinone est fortement évocatrice d’un contexte de chemsex. Dans la démarche analytique, c’est d’abord la mise en évidence de GHB dans les fluides biologiques qui a conduit à une recherche plus large des molécules utilisées dans le Chemsex. Si l’usage de la 2-MMC et de l’amphétamine est peu rapporté en contexte de chemsex, nos analyses mettent néanmoins en évidence dans le sang périphérique, les cheveux et les écouvillons nasaux, d’autres composés classiques de cette pratique (MDMA et kétamine) (Schifano F, et al., Brain Sci 2025 ; doi : 10.3390/brainsci15050424). D’autre part, la présence de concentrations équivalentes de GHB dans le sang périphérique et l’humeur vitrée (ratio=1,02) confirme l’intérêt de la quantification du GHB dans l’humeur vitrée en pratique médico-légale (Baudriller A, et al., J Forensic Leg Med 2024 ; doi : 10.1016/j.jflm.2024.102641) afin de s’affranchir de phénomènes post-mortem de redistribution et/ou de néoformation. Enfin, ce cas souligne le fait que, même si le chemsex concerne principalement les HSH et les communautés LGBTQIA+ (Alvarez J-C, et al., Bull Acad Natl Med 2024 ; doi : 10.1016/j.banm.2023.11.011), cette pratique peut également s’observer en contexte hétérosexuel.
Objectifs La 3-chloromethcathinone (3-CMC, clophédrone) est une cathinone de synthèse, apparue en 2020 sur le marché européen, pour laquelle très peu de données sont disponibles. Nous présentons ici un cas de Chemsex impliquant la 3-CMC.Monsieur X, 62 ans, est retrouvé décédé à son domicile, allongé sur le sol, nu, face contre terre. On note la présence d’un collier en cuir à proximité des organes génitaux, de trois sachets de poudre blanche, de deux seringues, l’une pleine, l’autre quasiment vide, d’une fiole étiquetée « Iron Fist », et de deux écrans d’ordinateur, évoquant une pratique de Chemsex. L’autopsie pratiquée 48h plus tard montre une congestion polyviscérale diffuse, des traces d’injection au pli du coude et une cardiomégalie. Les prélèvements anatomopathologiques et toxicologiques usuels (sang périphérique fluoré, sang cardiaque, contenu gastrique, urine) ont été réalisés. Compte-tenu d’une prise probable de cathinone au vu du contexte, un échantillon de sang périphérique a été congelé à–80°C. Les produits retrouvés sur place ont été saisis. Méthode Ont été effectués dans le sang périphérique conservé à 4°C un dosage des alcools par HS-GC/FID, une mesure du taux d’HbCO par méthode spectrophotométrique, une recherche large des médicaments et stupéfiants par GC-MS et LC-HRMS, une recherche spécifique des stupéfiants, incluant les NPS, par LC-MS/MS et un dosage du GHB par GC-MS. Une recherche des cathinones a également été effectuée par LC-MS/MS dans le sang périphérique congelé, l’urine et le contenu gastrique conservés à +4°C. L’analyse des produits de saisie (poudres, contenu des seringues, flacon) a été effectuée en LC-MS/MS avec les standards de la 3- et de la 4-CMC. L’analyse du flacon a été réalisée par GC-MS. Résultats Dans le sang périphérique, les analyses mettent en évidence un taux physiologique d’HbCO, une éthanolémie à 0,06g/L, une concentration toxique de GHB à 330μg/mL, et la présence de dolutégravir et de rilpivirine à des concentrations thérapeutiques (623 et 74ng/mL respectivement). Le dosage des cathinones dans l’échantillon de sang congelé montre la présence de CMC à 17ng/mL, alors qu’aucune cathinone n’est identifiée dans les échantillons conservés à +4°C. La séparation des isomères 3- et 4- dans le sang périphérique s’est avérée impossible compte-tenu de la faible concentration en CMC. La recherche des poppers n’est pas réalisée en routine. L’analyse de la poudre en LC-MS/MS avec les deux standards (3- et 4-CMC) confirme la présence de 3-CMC avec une teneur proche de 100 %. La seringue contient également de la 3-CMC (240,7mg/mL pour un volume de 600μL). L’analyse du flacon montre la présence de nitrite d’amyle et d’alcool isoamylique. Ni le GHB ni un précurseur n’ont été mis en évidence dans les produits de saisie, sachant que le très faible volume contenu dans la 2ème seringue n’a pas permis de recherche exhaustive. L’examen anatomopathologique révèle une valvulopathie mitrale, des micro-cicatrices d’infarctus et des lésions d’emphysème aigu faisant évoquer un mécanisme asphyxique avec une probable participation positionnelle. Conclusion Le profil des substances identifiées (GHB, cathinone, poppers) confirme une pratique de Chemsex. Notons que le dolutégravir et la rilpivirine ne correspondent ni à une PrEP (proxylaxie pré-exposition), ni à une PPE (proxylaxie post-exposition), mais vraisemblablement au traitement antirétroviral au long cours de la victime. Le décès résulte probablement d’une asphyxie positionnelle secondaire à un trouble de la conscience induit par une concentration toxique de GHB. Les rares données de la littérature concernant la 3-CMC semblent en faveur d’un usage récréatif (Pieprzyca E. et al. J Anal Toxicol 2022;46:1008-1015). Enfin, l’absence de 3-CMC dans les prélèvements conservés à +4°C confirme l’instabilité des cathinones.
Analysis of hair collected from putrefied or skeletal bodies is always complex and must take into account several pitfalls, such as external contamination and contamination by biological fluids. This work presents a case of particular complexity. A skeletonized body was discovered on a country road. A tuft of brown hair, detached from the scalp, irregular in length, non-oriented, in contact with soil and vegetation, was removed. An anthropological examination was carried out and genetic samples were taken from the right femoral shaft. After about 10 washes with warm water and dichloromethane, the tuft of hair was analyzed without segmentation. General unknown screening was performed by liquid chromatography system coupled to a high-resolution mass spectrometry (LC-HRMS) after incubation in pH 9.5 borate buffer and liquid-liquid extraction. Specific Multiple Reaction Monitoring (MRM) methods for date rape drugs were carried out by liquid chromatography system coupled to a tandem mass spectrometry (LC-MS/MS). The anthropological examination allowed to determine that the victim was a female individual, over 60 years old, the death dating from 3 months to 1 year. Comparison of the DNA results with the Missing Persons Index led to the identification, a 60-year-old woman who disappeared 5 months earlier. Hair analysis showed the presence of oxazepam (361 pg/mg), nordiazepam (54 pg/mg), and alimemazine (5 pg/mg). The interpretation of these concentrations is extremely difficult due to the risk of degradation of the hair cuticle during prolonged stay in the soil, as well as of contamination by putrefactive fluids. The authors discuss the value of using multiple biological and non-biological matrices in this context to improve the interpretation of the results.
Objectifs Le pentobarbital (PB) est un barbiturique d’action rapide utilisé pour les euthanasies en médecine vétérinaire, ainsi que pour les suicides assistés dans les pays dans lesquels cette pratique est autorisée. Les auteurs présentent un cas de suicide au pentobarbital très probablement obtenu sous une appellation de produit cosmétique. Méthode Madame S, 83 ans, est retrouvée décédée à son domicile par une amie avec laquelle elle avait rendez-vous. La victime était allongée dans son lit, habillée, avec à ses côtés un écrit d’intention ainsi que des directives anticipées. Sur sa table de nuit, un flacon portant la mention « home made cosmetik produkt » ainsi qu’une bouteille contenant un liquide jaune ont été retrouvés. L’autopsie pratiquée 24heures plus tard ne révèle qu’une congestion polyviscérale non spécifique. Les prélèvements anatomopathologiques et toxicologiques usuels (sang périphérique fluoré, sang cardiaque, contenu gastrique, humeur vitrée, foie) ont été réalisés. Le flacon et la bouteille retrouvés sur la table de nuit n’ont pas été saisis.Ont été effectués dans le sang périphérique un dosage des alcools par HS-GC/FID, une recherche large des stupéfiants et des médicaments par GC-MS, une recherche large et un dosage des stupéfiants, incluant les NPS, et des médicaments par LC-HRMS, une recherche spécifique des cannabinoïdes par LC-MS/MS, et un dosage du GHB par GC-MS. Les barbituriques sont mis en évidence lors du screening par GC-MS et quantifiés par LC-HRMS en ionisation négative. Résultats Les analyses mettent en évidence, dans le sang périphérique, une éthanolémie à 0,2g/L, des concentrations infra-thérapeutiques de bromazépam (7μg/L) et de citalopram (20μg/L), une concentration en GHB à 30μg/L, compatible avec une néoformation post-mortem, et une concentration létale de pentobarbital à 55μg/L. Le dosage du pentobarbital dans les autres milieux biologiques montre les résultats suivants : sang cardiaque 163μg/L, contenu gastrique 1183μg/L, foie 12,6μg/L et humeur vitrée 9,2μg/L. L’examen anatomopathologique ne met en évidence d’une congestion polyviscérale diffuse. Conclusion La cause du décès de Madame S est un surdosage en pentobarbital dans un contexte probable d’autolyse (Solbeck P. et al. J Forensic Sci 2019;64:309-313). La concentration importante de pentobarbital dans le contenu gastrique indique une absorption par voie orale. Le ratio [sang cardiaque]/[sang périphérique] élevé témoigne très probablement d’une redistribution depuis le contenu gastrique (SastreC. et al. Curr Pharm Des 2017:23:530-541). Même si le flacon portant la mention « home made cosmetik produkt » n’a pas été analysé, il est probable qu’il s’agisse du flacon de pentobarbital, la pratique consistant à vendre sur le darkweb du pentobarbital sous différentes appellations, notamment « NaturaSkinCleanserFaceMasque », afin de contourner la législation sur le suicide assisté (Borek H. Clin Toxicol 2020;58:663-668) commençant à être décrite.
Présenter un cas d'expertise toxicologique réalisé après des soins de conservation, mais pour lesquels les résultats initiaux sont discordants avec cette hypothèse, et exposer la démarche utilisée pour démontrer l'absence d'injection de fluide de thanatopraxie. Description du cas : Madame F., 88 ans, hospitalisée pour des troubles digestifs avec vomissements, décède à j5. La famille fait pratiquer des soins de conservation le lendemain puis porte plainte contre l'hôpital. L'autopsie est pratiquée 72 h après le décès. Elle met en évidence des points de ponction en regard de la carotide droite et au niveau épigastrique, évocateurs de soins de conservation, ainsi qu'un aspect macéré des poumons imputé par le légiste à l'injection de formol. L'autopsie ne permet pas de déterminer la cause du décès. Quatre ans plus tard, en 2021, des réquisitions aux fins d'expertises anatomopathologique et toxicologique sont émises. L'examen anatomopathologique ne met en évidence qu'une cardiopathie athéromateuse sévère probablement sans lien avec le décès. Les analyses toxicologiques ont été réalisées dans le sang périphérique conservé à 4 °C : dosage des alcools en HS-GC/FID, mesure du taux d'HbCO par méthode spectrophotométrique automatisée, recherche large des principes actifs de médicaments et de stupéfiants par GC-MS et par LC-HRMS, et recherche spécifique des substances stupéfiantes par LC-MS/MS. Les résultats mettent en évidence un taux d'HbCO à 10 %, une concentration infra-thérapeutique d'irbésartan (730 ng/mL), des concentrations thérapeutiques de tramadol (309 ng/mL), néfopam (46 ng/mL), codéine (24 ng/mL), paracétamol (5,5 μg/mL) et métoclopramide (56 ng/mL), ainsi que la présence d'ondansetron. La recherche des alcools, notamment du méthanol, est strictement négative. Au-delà de l'association de plusieurs antalgiques qui a pu provoquer des troubles de la conscience, se pose la question de la réalité des soins de conservation devant (i) l'absence de méthanol lors du dosage des alcools et (ii) le fait que la détermination des gaz du sang ait été réalisable (Anger JP, et al. Ann Toxicol Anal 2008;20:1–10). Notons qu'aucun échantillon du fluide de thanatopraxie n'a été retrouvé dans la housse mortuaire. Dans un premier temps, la composition des différents produits disponibles sur le marché a été étudiée. En 2016, année des faits, seul le fluide artériel ARTHEX (HYGECO, France) ne contenait que du formaldéhyde, tous les autres fluides contenaient un mélange de formaldéhyde et de méthanol. L'étape suivante a consisté à rechercher le méthanol et le formaldéhyde dans des échantillons de viscères. Un échantillon de foie a été analysé par chromatographie en HS-GC/MS avec séparation sur colonne capillaire. L'analyse a été complétée par un double screening des médicaments et stupéfiants dans le foie et le rein par LC-MS/MS avec confirmation par LC-HRMS. Il a été mis en évidence dans l'échantillon de foie la présence d'éthanol (non quantifié), mais ni méthanol ni formaldéhyde. La présence dans le foie et le rein des molécules retrouvées lors des analyses effectuées dans le sang périphérique a été confirmée. Au terme de ces analyses, l'absence d'injection de fluide de thanatopraxie malgré la présence des points de ponction paraît probable. Les molécules correspondent au traitement administré à l'hôpital mais l'interprétation des concentrations est complexe et doit prendre en compte le délai de 4 ans entre la réalisation des prélèvements et les analyses. Enfin, la présence d'éthanol dans le foie peut être attribuée à un phénomène de redistribution post-mortem. L'aspect macéré des poumons reste inexpliqué. Des réserves ont donc été émises dans le rapport d'expertise quant à l'interprétation des résultats ainsi qu'à l'existence de soins de conservation.
Mettre en évidence les difficultés d'interprétation des analyses capillaires chez le nourrisson et insister sur la nécessité de disposer de cheveux maternels pour objectiver une exposition in utero. Présentation du cas : l'enfant S., 6 mois, gardée par sa sœur de 14 ans, présente des difficultés respiratoires après la prise d'un biberon. Le SMUR appelé au domicile constate le décès. L'enfant aurait présenté des vomissements, un fébricule et des diarrhées depuis 48 h. L'autopsie met en évidence une régurgitation massive du contenu gastrique dans la trachée et les bronches. Les prélèvements usuels à visée anatomopathologique, bactério-virologique et toxicologique ont été réalisés. Dans le sang périphérique ont été effectués un dosage des alcools par HS-GC/FID, une mesure du taux d'HbCO par méthode spectrophotométrique, une recherche large des principes actifs de médicaments et de stupéfiants incluant les NPS par GC-MS et LC-HRMS, et une recherche spécifique des stupéfiants par LC-MS/MS. Une recherche de stupéfiants a également été réalisée par LC-MS/MS dans une mèche de cheveux non segmentée de 3 cm, de couleur noire. Les résultats mettent en évidence dans le sang périphérique un taux d'HbCO < 5 %, la présence de cocaïne (COC) à 10 ng/mL, de benzoylecgonine (BE) et d'ecgonine méthylester (EME) à des concentrations inférieures à 5 ng/mL. L'analyse capillaire met en évidence une concentration de COC à 34,64 ng/mg, de BE à 15,16 ng/mg, de cocaéthylène (CE) à 0,04 ng/mg, de norcocaïne (NC) à 0,06 ng/mg, de méthadone à 0,59 ng/mg et d'EDDP à 0,29 ng/mg. L'examen anatomopathologique révèle les séquelles d'un hématome sous-dural et des lésions axonales du corps calleux en faveur d'un traumatisme crânien non accidentel dans le mois précédant le décès, ainsi qu'une stéatose hépatique. L'examen bactério-virologique confirme la présence de microorganismes pathogènes (virus parainfluenzae 3 dans le poumon, rotavirus et E. coli dans les selles). Au total, le décès est attribué à un mécanisme asphyxique par inhalation massive du contenu gastrique dans un contexte de gastro-entérite infectieuse. À l'issue de ces examens, une information judiciaire est ouverte et le dossier médical de l'enfant saisi. Celui-ci révèle qu'une analyse du méconium demandée à l'accouchement a mis en évidence la présence de BE, EME, méthadone et EDDP. Notons qu'aucune information quant à un allaitement dans les premières semaines de vie n'est disponible. D'autre part, les données de l'enquête indiquent que plusieurs membres de la famille consomment de la cocaïne. Une OCE nous est adressée pour préciser la cause immédiate du décès et déterminer une éventuelle exposition in utero, sachant que la mère est à nouveau enceinte. La concentration sanguine de cocaïne semble trop faible pour avoir contribué au décès et paraît en lien avec une contamination par des tiers. Les concentrations de cocaïne, de méthadone et de leurs métabolites dans les cheveux sont en faveur d'une exposition in utero, même si une exposition passive ne peut être éliminée, notamment pour la cocaïne, plusieurs membres de la famille étant des consommateurs réguliers selon les données de l'enquête [Wang X et Drummer O. Forensic Sci Int 2015;257:458–72]. Notons que les ratios BE/COC et NC/COC ne sont pas interprétables [Scholz C, et al. J Anal Toxicol 2019;43:543–52]. La présence de ces molécules dans le méconium confirme une exposition durant le 3e trimestre de grossesse [Hernandez A, et al. Toxics 2022;10:55]. Cependant, la présence de cocaéthylène dans les cheveux alors qu'il est absent du méconium soulève des interrogations. Au total, l'analyse des cheveux maternels et des autres membres de la famille permettrait de documenter avec certitude une exposition à la cocaïne, à l'alcool et à la méthadone in utero.
The value of hair in forensic toxicology has already been widely demonstrated. It offers a much wider detection window than other matrices, and its segmental analysis allows the documentation of a single, occasional or regular consumption of a large number of molecules. To date, considerable efforts are being made to achieve very high sensitivity using increasingly effective techniques in the forensic analysis of hair (gas chromatography with electron ionization - mass spectrometry (GC-EI/MS); gas chromatography with chemical ionization - mass spectrometry (GC-CI/MS); gas chromatography-tandem mass spectrometry (MS/MS); high or ultra performance liquid chromatography - tandem mass spectrometry (HPLC-MS/MS and UPLC-MS/MS)). Since the early 2000s, work has been carried out to analyze hair using matrix-assisted laser desorption/ionization (MALDI) coupled with imaging mass spectrometry (IMS). Intact, cut or pulverized, human head hairs are analyzed in all their forms. With a simplified and rapid sample preparation protocol, MALDI-IMS appears to be an attractive option for the forensic interpretation of hair analysis. The high spatial resolution clearly competes with conventional methods and strand segmentation. This article provides a complete overview on MALDI techniques used and its applications to better understand the pre-analytical and the analytical parts in the hair analysis.
Présenter un cas de défenestration dont la particularité réside à la fois dans la nature et la diversité des substances saisies au domicile de la victime. Monsieur H. 20 ans, citoyen étranger, est retrouvé sur la voie publique, au pied de son immeuble, une fenêtre de son appartement ouverte. L'autopsie, pratiquée 48 heures plus tard, conclut à un décès en rapport avec une chute de grande hauteur par défenestration. Des prélèvements toxicologiques classiques sont réalisés et conservés à 4 °C. Notons que la victime étant intégralement rasée, aucun prélèvement capillaire n'a pu être réalisé. En parallèle, suite à la fouille de son domicile par la police, plusieurs substances sont placées sous scellés et amenées au laboratoire. Il s'agit d'un buvard, de deux sachets étiquetés Banisteriopsis Caapi, de deux petits sachets étiquetés Kratom, de deux petits sachets étiquetés tetrahydroarmine HCL, d'un sachet étiqueté royal blunts, d'un petit sachet sans inscription, de neuf sachets étiquetés Zamnesia, d'un sachet transparent sans inscription, de quatre bocaux contenant des têtes de chanvre, de deux bocaux contenant des champignons. Des réquisitions aux fins d'expertise toxicologique sont alors émises pour l'analyse des prélèvements autopsiques et de l'ensemble des produits de saisie. Les analyses toxicologiques suivantes ont été réalisées dans le sang périphérique et l'urine : dosage des alcools en HS-GC/FID, recherche et dosage des hallucinogènes, des stupéfiants usuels, des Nouveaux Produits de Synthèse et des médicaments de substitution par GC-MS/MS, LC-MS/MS et par LC-UVBD. Des analyses ont également été effectuées sur l'ensemble des produits de saisie : recherche et dosage des Nouveaux Produits de Synthèse par LC-MS/MS, recherche et dosage des cannabinoïdes par GC-MS et recherche large de stupéfiants par LC-HRMS. Les résultats des analyses sanguines et urinaires mettent en évidence des concentrations de GHB (respectivement 0,85 mg/L et 4,24 mg/L) d'ordre physiologique mais pouvant également résulter, compte tenu du contexte, d'un prise de GHB une dizaine d'heures auparavant. Les analyses révèlent également des concentrations de psilocine compatibles avec celles décrites chez des consommateurs de « champignons magiques », respectivement de 58,7 ng/mL et 221 ng/mL (Honyiglo E, et al. J Forensic Sci 2019;64:1266–70), des concentrations faibles de diméthyltryptamine (DMT), respectivement de 1 ng/mL et 221 ng/mL, (Sklerov J, et al. J Anal Toxicol 2005;29:838–41) ainsi que la présence d'harmine. L'analyse de l'ensemble des produits de saisie a mis en évidence la présence d'harmine, de diméthyltryptamine et psilocine mais également de LSD, de mitragynine, de tétrahydrocannabinol et de cannabidiol. La cause de décès de Monsieur H. a été attribuée à une défenestration sous l'influence de deux substances hallucinogènes, l'ayahuasca et la psilocine, dont la consommation a probablement provoqué des hallucinations majeures avec épisode psychotique ou état dissociatif transitoire. Si la consommation de ces molécules se démocratise via internet, comme en témoigne la présence de nombreux hallucinogènes au domicile de la victime, l'association ayahuasca/« champignons magiques » n'est pas décrite dans la littérature ni conseillée sur les forums d'usagers, probablement du fait de l'analogie structurelle entre la DMT et la psilocine qui majore le risque de syndrome sérotoninergique incluant les hallucinations et les états psychotiques (Kaasik H, et al. J Psychoactive Drugs 2021;53:65–75). Il convient donc d'être vigilant sur les risques encourus lors de l'association de plusieurs hallucinogènes.
L'interprétation des concentrations post-mortem de GHB reste un problème délicat malgré de nombreuses études et recommandations, notamment du fait de la dégradation de la tétraméthylènediamine dans les tissus en décomposition qui aboutit à la néoformation de GHB [Nishimura H, et al. Forensic Toxicol 2009;27:55–60]. Les cut-offs actuellement recommandés pour distinguer une néoformation d'une exposition ante-mortem sont de 30 μg/mL dans le sang périphérique (SP) et l'urine (UR), et de 50 μg/mL dans le sang cardiaque (SC) et l'humeur vitrée (HV) [Busardò FP, Jones AW. Clin Toxicol (Phila) 2019;57:149–63]. Néanmoins, des cas pour lesquels les concentrations sont supérieures à ces cut-offs alors que la cause du décès permet d'exclure une absorption ante-mortem, nous ont conduit à démarrer une étude visant à proposer une interprétation des concentrations de GHB post-mortem en regard du degré de putréfaction. Les analyses ont été effectuées dans les prélèvements autopsiques issus de l'IML de Marseille. Tous les prélèvements de sang cardiaque et périphérique ont été réalisés dans des tubes avec adjonction de NaF à 1 % et placés à +4 °C jusqu'à réalisation des analyses. Le GHB a été dosé par CG/SM dans SP. La concentration de 30 μg/mL dans ce milieu a été choisie comme cut-off (cf. supra) pour réaliser un dosage de GHB dans les autres fluides biologiques disponibles, SC, UR et HV. La cause du décès, le délai post-mortem (DP), et le score de putréfaction de SMELLBAD [Zumwalt RE, et al. J Forensic Sci 1982;27:549–54] ont été renseignés pour chaque cas. Sur 139 échantillons analysés, 21 présentaient une concentration dans SP supérieure à 30 mg/L avec une cause de décès permettant d'exclure une absorption ante-mortem de GHB. Dans 8 cas, d'autres fluides biologiques étaient disponibles. Les concentrations moyennes étaient de 50,13 (4–149) μg/mL pour SP, de 33,6 (9–60) μg/mL pour SC, de 15 (4–32) μg/mL pour UR et de 10,14 (1–33) μg/mL pour HV. Dans 4 cas, la concentration dans SP est supérieure à la concentration dans SC. Dans tous les cas où elle a pu être mesurée, la concentration en HV est plus faible ou égale à celle mesurée dans les autres compartiments. La concentration moyenne dans SP était de 50 μg/mL versus 10 μg/mL dans HV. Le DP est de 24 h dans 5 cas et de 48 h dans 3 cas. Dans 6 cas, la putréfaction est absente ou débutante, dans 1 cas elle est qualifiée de légère et dans le dernier cas de modérée. Les concentrations dans SP et SC ne semblent pas en lien avec la putréfaction. Même si ces résultats sont préliminaires et doivent être complétés par une série plus importante, le ratio des concentrations SC/SP semble plus variable que dans la littérature. Par contre, les concentrations dans HV sont systématiquement inférieures aux concentrations dans les autres milieux biologiques, ce qui est concordant avec l'étude de Küting et al. [Küting K, et al. J Anal Toxicol 2022;46:519–27]. Si ce résultat est confirmé sur un effectif plus important, HV pourrait devenir le milieu de référence pour documenter une néoformation post-mortem de GHB comme cela a été proposé par Kintz [Kintz P, et al. Forensic Sci Int 2004;143:177–81]. Enfin, le score de putréfaction ne semble pas être prédictif d'une néoformation.
L’estimation médico-légale de l’âge chez le sujet vivant est une demande récurrente de l’autorité judiciaire. Dans la littérature, plusieurs méthodes sont proposées pour estimer l’âge. Initialement développées pour estimer un âge osseux ou dentaire à des fins médicales, ces méthodes ont été transposées à des fins judiciaires et leur usage est formalisé par des recommandations. Toutefois, nous pouvons nous questionner sur leur fiabilité, leur applicabilité et leur précision, qui soulèvent de nombreuses problématiques. Pour appréhender ces questions, nous avons dans un premier temps revu les principales méthodes employées pour l’estimation de l’âge. Puis, afin de connaître les pratiques nous avons réalisé un état des lieux dans les unités médico-judiciaires et étudié les rapports médico-légaux transmis aux magistrats. Enfin nous avons confronté ces données méthodologiques et pratiques aux attentes de la justice. Nos résultats montrent qu’il existe de très grandes disparités dans la réalisation de ces examens d’estimation d’âge: les méthodes employées et l’interprétation de leurs résultats sont variables. Ce constat éclaire une réalité hétérogène, une absence de cohérence dommageable à la justice et au justiciable, particulièrement en ce qui concerne l’emploi d’études ou des examens désuets. Un protocole national opposable inspiré de celui de l’AGFAD pourrait permettre de définir les examens appropriés, les études de référence et la façon dont les résultats doivent être présentés.
ContexteLes cas de soumission chimique impliquant la MDMA sont rares, probablement parce que la MDMA n’a pas d’effet sédatif. Les auteurs présentent un cas avec des concentrations de MDMA particulièrement élevées dans le sang et les cheveux.CasUne femme de 34 ans est invitée à boire un verre chez son ancien compagnon. Alertée par le goût inhabituel de la boisson, elle s’enfuit et présente rapidement des hallucinations, une tachycardie et une hyperthermie. Elle est hospitalisée ; des prélèvements sanguin et urinaire sont effectués à l’admission. Le dépistage immunologique urinaire réalisé immédiatement montre la présence de MDMA. Cinq semaines plus tard sont prélevées 2 mèches de 30cm.MéthodesLe screening sanguin est effectué par LC-MS/MS, les résultats confirmés par LC-HRMS. Le GHB est dosé par GC-MS et les alcools par HS-GC/FID. Les amphétamines sont dosées dans les cheveux par LC-MS/MS après segmentation.RésultatsLes concentrations sanguines de MDMA et MDA sont de 189 et 13ng/mL, celle de GHB de 0,85mg/L. Les concentrations capillaires de MDMA et MDA sont de 936 et 38ng/mg dans le segment proximal, celles de MDMA à 20 et 3ng/mg respectivement dans les segments adjacents, celles de MDA inférieures à la limite de détection.Discussion/conclusionLes concentrations sanguines de MDMA et MDA sont très élevées dans un contexte de soumission chimique. Les concentrations dans le segment proximal des cheveux confirment une prise massive de MDMA. Sa présence dans les segments adjacents est probablement due à une contamination par la sueur. Ces concentrations très élevées expliquent les symptômes inhabituels dans ce contexte.
Three deaths following facial impacts in the presence of witnesses and resulting in brain lesions that were visualized only on pathological examination were studied at the forensic medicine institute of Marseille. Craniofacial impacts, even of low intensity, received during brawls may be associated with brain lesions ranging from a simple knock-out to fatal injuries. In criminal cases that are brought to court, even by autopsy it is still difficult to establish a direct link between the violence of the impact and the injuries that resulted in death. During a facial impact, the head undergoes a movement of violent forced hyperextension. Death may thus be secondary to the transmission of forces to the brain, either by a mechanism involving nerve conduction that may be termed a reflex mechanism (for example by vagal hyperstimulation) or by injury to the central nervous system (axonal damage). In such situations, autopsy does not make it possible to determine the cause of death, but only to suspect it in a context of voluntary violence in the presence of witnesses, with or without violent injury observed on external examination or on superficial incisions to determine the extent of bruises or hematoma. Systemic and comprehensive investigation involving pathology and toxicology is essential in any medicolegal case for positive interpretation and discrimination of other causes of death.
Pregabalin is a prescribed medication licensed in France for the treatment of epilepsy, neuropathic pain and generalized anxiety disorder. Although of recent use, the diverted use of this molecule, generally in combination with other psychoactive compounds, is growing significantly (increase in prescription requests in detention, existence of street markets) due to its euphoric effects at high doses. The authors report seven cases of pregabalin-related death that occurred at the Marseille Medicolegal Institute between July 2019 and February 2021. For each of them, peripheral blood analyses allowed the identification and quantification of pregabalin as well as other recreational or therapeutic substances. Pregabalin concentrations range from 7.6 to 102 mg/L and are consistent with lethal concentrations described in the literature. The profile of the users is also comparable to those found in the literature. The frequency of poly-drug use, and in particular the association with benzodiazepines and opioids, should be emphasized. These results illustrate the increasing misuse of pregabalin and should alert to the frequency and dangerousness of the association with opioids as well as to the need to systematically look for pregabalin in autopsy specimens. (C) 2021 Societe Francaise de Toxicologic, Analytique. Published by Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
But de l’étudeRéaliser une revue épidémiologique des décès par armes à feu (homicides et suicides) autopsiés à Marseille en 8 ans.Patients et méthodesOn présente une étude descriptive, rétrospective, mono centrique à partir des données recueillies au sein de l’Institut Médico-Légal de Marseille entre le 1er janvier 2011 et le 31 décembre 2018 des morts (homicides et suicides) par arme à feu.RésultatsOn dénombre sur la période 302 dossiers (218 homicides pour 84 suicides). Près de la moitié des victimes d’homicides est âgée d’une vingtaine d’années. Le pic de survenue des suicides apparaît entre 51 et 60 ans. L’âge moyen des homicides était de 32 ans et des suicides 60 ans. Environ 96 % des homicides concernaient les hommes et 10 % des suicides les femmes. La quasi-totalité des homicides étaient imputables à une rixe ou un règlement de compte. Plus de la moitié des homicides avaient lieu la nuit, environ 10 % des homicides étaient associés à une carbonisation au moins partielle. Trois homicides sur quatre survenaient sur la voie publique, à l’inverse des suicides où c’était dans la sphère privée. La proportion de femme reste faible dans les deux groupes. Certains arrondissements de Marseille ou communes des Bouches du Rhône semblaient plus impactés. L’évolution des homicides semble régulièrement à la hausse entre 2011 et 2018.ConclusionCette étude unique portée sur les décès par arme à feu dans l’un des territoires les plus peuplés de France métropolitaine permet une analyse chiffrée et documentée des données actuelles.
The hair has the unique capacity of "trapping" psychoactive substances within it. Thus, punctual or repeated drugs exposure can be revealed during hair analysis. Matrix assisted laser desorption ionization (MALDI) of single hair offers many advantages over conventional techniques such as liquid chromatography-tandem mass spectrometry (LC-MSMS): low amount of sample, simplified sample preparation and high spatial resolution of MALDI images (∼100 μm). We present a method to characterize and localize cocaine and its metabolites, the benzoylecgonine and cocaethylene in a single hair from two chronic abusers of drugs using MALDI-QIT-TOF (Quadrupole Ion Trap-Time of Flight) mass spectrometry coupled to imaging. Few hair of two regular cocaine and alcohol users, called patients A and B were decontaminated in successive water and dichloromethane baths, then oriented and cut longitudinally using a home-made cutting device. Uniform layers of α-cyano-4-hydroxycinnamic acid (CHCA) matrix were sprayed over the hair samples using an automatic and thermo-regulated sprayer (TM-Sprayer™, HTXImaging). Acquisitions in MS/MS mode were performed according to a raster adjusted at 80 μm using a MALDI-QIT-TOF instrument (Axima Resonance, Shimadzu). MS/MS images of two hair per patients were reconstituted using the BioMap® imaging software and then processed using the Quantinetix® software. The MALDI-MS/MS images highlight, over the last four months preceding the hair collection, a decrease in cocaine quantity for patient A, while an increase is observed for the patient B. Consumption profiles are compared with those obtained by liquid chromatography-tandem mass spectrometry, considered as the gold standard and the results are well correlated with those of the reference method. A manual procedure of hair longitudinal section is introduced. The results obtained after MALDI analysis are exploited as images in MS/MS mode and demonstrates cocaine use in the four months prior to collection for both drug users. In addition, the consumption profiles are comparable with those obtained by LC-MS/MS, confirming that the MALDI imaging is a method which efficiently characterize and map cocaine and its metabolites in single hair.
ObjectifRapporter un cas de décès d’un nouveau-né exposé à la cocaïne durant la grossesse et présentant des malformations congénitales.Présentation du casLes secours sont appelés pour un accouchement à domicile. L’enfant, en arrêt cardiorespiratoire, décède durant le transport. L’examen externe montre des malformations diverses. L’âge fœtal est estimé à 33 SA.RésultatsLes analyses toxicologiques sanguines révèlent la présence de morphine (210μg/L), ainsi que de cocaïne, de benzoylecgonine et d’ecgonineméthylester (2,5, 645 et 35μg/L, respectivement). La concentration de morphine est compatible avec celles décrites chez le prématuré et correspond à une administration de morphine par les secours. La concentration de cocaïne et des métabolites est compatible avec celles mesurées dans le sang de cordon de nouveau-nés exposés. L’examen anatomopathologique montre la présence de membranes hyalines. Le magistrat récuse l’analyse génétique.Discussion/ConclusionSi la cause du décès est l’immaturité pulmonaire, la responsabilité de la cocaïne dans la prématurité et les malformations doit être discutée. Dans ce cas, certaines malformations sont compatibles avec celles décrites dans la littérature, et il n’existe pas d’élément en faveur d’une pathologie génétique. Toutefois, un diagnostic génétique et une analyse des cheveux maternels auraient permis d’éliminer une cause génétique et de documenter une exposition à la cocaïne durant le 1er trimestre de grossesse. Il paraît donc important dans des situations de ce type de pouvoir disposer de toutes les investigations pour déterminer la cause exacte du décès.
Penetrating craniocerebral injuries caused by a bladed weapon are rare events in western countries and often occur in the course of assault. We studied all homicide-related cases of cranial and brain injuries caused by bladed weapons that were seen at the Medicolegal Institute of Marseille over a 5-year period from 2014 to 2019. We found that such injuries are exceptional. The majority occur in the private sphere and are inflicted by men, as they require considerable force. They are rarely isolated but are accompanied by multiple cutting injuries of the thorax and abdomen. Such assaults leave imprints on the bone that can be analyzed using new anthropological techniques.