L’albuminurie pathologique (> 30 mg/g) et/ou le débit de filtration glomérulaire bas (eDFG bas < 60 mL/min/1,73m2) constituent des facteurs de risque rénaux majeurs et augmentent le risque cardiovasculaire. À l’inverse, la relation entre risque coronarien et anomalies rénales et l’interaction avec la pression artérielle (PA) mal contrôlée est mal décrite dans la littérature. Nous avons réalisé une étude transversale chez des patients de 40 ans et plus ayant passé un examen de santé dans 11 centres IRSA entre 2006 et 2010. Les patients ont rempli un questionnaire, eu des prélèvements biologiques et un examen clinique. L’eDFG (MDRD) et l’albuminurie ont été mesurés, et le risque d’évènement coronarien à dix ans (selon Laurier) a été calculé. La population était composée de 118 314 patients, dont 96 400 sans antécédent cardiovasculaire. Les patients avec un risque coronarien supérieur à 15 % avaient un sur-risque de eDFG inférieur à 60 (2,26 [1,82–2,78]) et d’albuminurie (OR : 6,87 [5,58–8,44]) versus ceux dont le risque était inférieur à 5 %. L’association entre risque rénal et classes d’hypertension était continue : les sujets ayant une PA supérieure ou égale à 180/110 avaient un OR de 7,75 [6,69–8,96] d’albuminurie pathologique, et de 1,33 [1,09–1,60] de eDFG inférieur à 60 (versus ceux à PA normale). Dans la population française, 9,1 % des patients ont un risque coronarien supérieur à 10 % à dix ans. Ce risque est associé à des anomalies de la fonction rénale. La relation entre risque coronarien et risque rénal, ainsi que la relation entre PA et risque rénal, sont continues et doses dépendantes. Abnormal albuminuria (≥ 30 mg/g) and low estimated glomerular filtration rate (eGFR < 60 mL/min/1.73m2) not only are renal risk factors, but also cardiovascular and coronarian risk factors. Though, the relation between coronary risk and renal risk, and its interaction with insufficiently controlled brachial pressure (BP) is poorly described in the literature. We realised a cross-sectional study on subjects 40 and older, having attended a medical exam in 11 IRSA centers between 2006 and 2010. Every subject filled a questionnaire, underwent biological analysis, and a clinical examination. eGFR and albuminuria were measured, and the 10-year risk of coronarian event was calculated (Laurier's equation) We analysed 118 314 subjects, amongst whom 96 400 had no personal cardiovascular history. Amongst those, 9.1% had a 10-year coronary risk over 10%. There was a continuous relationship between coronary risk and renal risk: subjects with a risk above 15% had a significative risk of pathological albuminuria (OR: 6.87 [5.58–8.44]), and of low eGFR (2.26 [1.82–2.78]) compared to those with a risk under 5%. There was a continuous relationship between BP and renal risk, with a significative risk of pathological albuminuria (OR = 7.75 [6.69–8.96]) and of low eGFR (OR: 1.33 [1.09–1.60]) in subjects with BP greater than or equal to 180/110 mmHg, compared to those with normal BP. In the French population, 9.1% of subjects have a 10-year coronary risk above 10%. This risk is associated to abnormalities of the renal function. The relation between coronary risk and renal risk is continuous and dose-dependent, as is the relation between BP and renal risk.
Introduction. - Abnormal albuminuria (>= 30 mg/g) and low estimated glomerular filtration rate (eGFR <60 mL/min/1.73m(2)) not only are renal risk factors, but also cardiovascular and coronarian risk factors. Though, the relation between coronary risk and renal risk, and its interaction with insufficiently controlled brachial pressure (BP) is poorly described in the literature.Subjects and methods. - We realised a cross-sectional study on subjects 40 and older, having attended a medical exam in 11 IRSA centers between 2006 and 2010. Every subject filled a questionnaire, underwent biological analysis, and a clinical examination. eGFR and albuminuria were measured, and the 10-year risk of coronarian event was calculated (Laurier's equation)Results. - We analysed 118 314 subjects, amongst whom 96 400 had no personal cardiovascular history. Amongst those, 9.1% had a 10-year coronary risk over 10%. There was a continuous relationship between coronary risk and renal risk: subjects with a risk above 15% had a significative risk of pathological albuminuria (OR: 6.87 [5.58-8.44]), and of low eGFR (2.26 [1.82-2.78]) compared to those with a risk under 5%. There was a continuous relationship between BP and renal risk, with a significative risk of pathological albuminuria (OR = 7.75 [6.69-8.96]) and of low eGFR (OR: 1.33 [1.09-1.60]) in subjects with BP greater than or equal to 180/110 mmHg, compared to those with normal BRConclusion. - In the French population, 9.1% of subjects have a 10-year coronary risk above 10%. This risk is associated to abnormalities of the renal function. The relation between coronary risk and renal risk is continuous and dose-dependent, as is the relation between BP and renal risk. (C) 2013 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
La fréquence des anomalies métaboliques est croissante. Elles comprennent surpoids, dyslipidémie, adiposité abdominale, pression artérielle élevée, mais aussi stéatose hépatique non alcoolique (NASH) et risque accru de diabète. La relation entre ces anomalies et les composants du risque rénal est méconnue. Nous avons réalisé une étude transversale, chez des patients ayant passé un examen de santé dans l'un des 11 centres de l'IRSA, entre 2006 et 2010. Pour chaque patient, a été calculé le débit de filtration glomérulaire estimé (eDFG, MDRD), l'indice de masse corporelle (IMC), l'albuminurie, un score de NASH, un score de risque de diabète (DESIR) et le nombre de composants du syndrome métabolique (NCEP-ATP III). La population était composée de 118 314 sujets de 53,8 ans en moyenne. La relation entre classes d'IMC et risque rénal (eDFG < 60 ml/min/1,73 m2 et/ou albuminurie > 30 mg/g) était continue. Ce risque était maximal pour les sujets ayant un IMC > 40 kg/m2 (OR 3,92 [3,26–4,67]). Les sujets en sous-poids (IMC < 18 kg/m2) présentaient également un sur-risque d'albuminurie (OR : 1,66 [1,22–2,21]). La relation entre nombre de composants du syndrome métabolique et risque rénal (quelque soit le critère étudié) était continue. Ce risque était maximal chez les sujets présentant tous les critères de syndrome métabolique (OR : 8,36 [7,08–9,83]). L'augmentation du score de NASH était significativement associé au risque rénal (OR : 2,97 [2,66–3,32]). L'augmentation du score de risque de diabète était un facteur de risque rénal (score de 5 vs 0 : OR : 4,35 [3,49–5,45]). Il existe une forte relation entre anomalies métaboliques et risque rénal, qui doit être bien connue afin de mieux identifier les sujets à risque d'altérer leur fonction rénale. La relation entre poids et risque d'albuminurie réalise une courbe en J, le sur-risque d'albuminurie chez les sujets en sous-poids traduisant peut-être un dysfonctionnement endothélial plus marqué.