Nous avions évalué il y a 8 ans l’apport de Google, un moteur de recherche généraliste, dans le diagnostic de maladies rhumatologiques rares. 30 vignettes cliniques (contexte clinique et imagerie) avaient été soumises à 6 rhumatologues qui n’avaient pour toute aide qu’un accès à Internet via Google. L’objet de cette nouvelle étude était d’évaluer les performances d’un outil de traitement automatique de langage, ChatGPT-4 OpenAI, en lui soumettant les mêmes vignettes cliniques et en lui posant la simple question du diagnostic, et de comparer le taux de bonne réponse à celui obtenu à l’époque avec Google. Les textes correspondant à la description des 30 vignettes cliniques de maladies rares ont été complétés avec la description des documents radiographiques par un médecin sénior de l’équipe n’ayant pas accès aux diagnostics. Ces vignettes ont été traduite automatiquement sur Google traduction avant d’être soumises à ChatGPT avec la simple question « What is the diagnosis ». Si la réponse paraissait incohérente au clinicien, il pouvait soumettre à nouveau la question en écartant le diagnostic proposé précédemment. Le temps d’échange avec ChatGPT a été comptabilisé. Le diagnostic final a ensuite été vérifié, et les résultats comparés à ceux obtenus il y a 8 ans par l’utilisation du moteur de recherche Google. Le taux de bonnes réponses fournies par ChatGPT a été de 83,3 % (25 vignettes/30), dont 63 % (19/30) dès la première soumission (temps inférieur à 1 minute). 2 à 4 soumissions ont été nécessaires pour parvenir au diagnostic dans 6 cas, et les diagnostics proposés se sont révélés erronés dans 5 cas malgré 4 à 6 soumissions. Le temps moyen d’échange avec ChatGPT a été de 2,93 ± 3,16 minutes, avec un temps médian de 1 min, et le taux de requête moyen de 1,87 ± 1,33. L’utilisation précédente de Google pour les mêmes dossiers avait conduit à un diagnostic exact pour 26/30 dossiers (86,7 ± 5 %), avec un temps de recherche moyen de 6,9 ± 4,9 minutes. Si les performances diagnostiques des deux méthodes sont comparables, le temps d’interrogation du logiciel est 2 fois moindre avec ChatGPT qu’avec Google. Cette économie de temps facilite indiscutablement son utilisation au quotidien, en consultation. Enfin, les réponses de ChatGPT étaient argumentées, ce qui facilitait l’évaluation de l’exactitude et la pertinence de la réponse par le clinicien, et une conduite pratique était proposée par l’IA. L’utilisation de l’IA en langage naturel dans le diagnostic de maladie rare en rhumatologie produit un taux similaire de bonne réponse à celui de recherches via les moteurs de recherche généralistes, type Google. Néanmoins il permet de diviser par deux le temps de recherche, un gain de temps qui le rend compatible avec une utilisation en routine pour le diagnostic des maladies rares lors d’une consultation. Quelle que soit la méthode utilisée, le taux d’échec demeure d’environ 15 %. ChatGPT s’avère donc être un outil intéressant pour le Rhumatologue, d’autant plus pertinent que le recueil des informations fournies est complet et informatif. Il ne remplace évidemment pas l’interrogatoire, l’examen clinique, la lecture de l’imagerie et le raisonnement clinique du praticien.
L'efficacité du tocilizumab (TCZ) dans l'artérite à cellules géantes (ACG) est démontrée dans deux essais randomisés, permettant de réduire le risque de rechute et de diminuer les doses de corticoïdes (CS). Il est recommandé en cas de corticorésistance, de rechute ou d'épargne cortisonique nécessaire [1]. Il n'existe néanmoins aucune recommandation concernant la durée de traitement et les modalités d'arrêt. D'autre part, la toxicité du TCZ chez les patients atteints d'ACG pourrait être plus importante que dans la polyarthrite rhumatoïde. L'objectif de notre étude était d'évaluer, en vraie vie, dans une cohorte rétrospective multicentrique de patients traités par TCZ pour une ACG ou une aortite primitive (AP), le risque de rechute sous traitement et après interruption, l'évolution des doses de CS et la survenue d'effets secondaires. Les patients pour lesquels un traitement par TCZ a été initié dans le cadre d'une ACG et/ou d'une AP depuis le 01/01/2012 ont été identifiés. Ils devaient être âgés de plus de 50 ans et répondre aux critères de l'American College of Rhumatology définissant l'ACG, ou présenter une AP. Le recueil d'informations a été réalisé à partir d'une fiche informatisée préétablie avant le début de l'étude. Les données ont été recueillies au diagnostic initial, lors de la première phase thérapeutique sous CS, à l'introduction du TCZ et lors de la deuxième phase thérapeutique après introduction du TCZ. La rechute était définie par la survenue d'une manifestation clinique ou d'un syndrome inflammatoire en lien avec la maladie justifiant une intensification thérapeutique. Trente-sept ACG dont 22/29 (76 %) présentaient une BAT positive et 6 AP étaient inclues dans l'étude, où les diagnostics s'échelonnaient de mai 2007 à janvier 2019. La moyenne d'âge était de 74 ans [IQR : 67–81]. La durée médiane sous CS avant TCZ était de 511 jours [IQR : 143–1292] et la dose cumulée médiane de CS de 9,6 g [IQR : 8,3–13,2]. Respectivement 26, 21 et 11 patients sur 43 recevaient des doses de CS < 10 mg/j, ≤ 5 mg/j, ou parvenaient au sevrage complet en corticoïdes avant l'introduction du TCZ. Trente-quatre sur 43 (79 %) présentaient de une à cinq rechutes avant l'introduction du TCZ (médiane = 2 [IQR : 1–3]), qui survenaient en moyenne à 11 mg/j de CS. Vingt-six sur 43 (61 %) ont reçu du méthotrexate avant le TCZ. L'introduction du TCZ était motivée par une corticodépendance chez 32/43 patients (74 %), une toxicité de la corticothérapie pour 7/43 (16 %), et une prévention des effets indésirables de la corticothérapie pour 4/43 (10 %). Le suivi après introduction du TCZ était de 109 personnes-années avec une médiane de 776 jours (IQR : 556–1436). La dose cumulée médiane de CS était de 4,1 g [IQR : 2,1–5,3]. Parmi les 28 patients qui recevaient encore des doses de CS ≥ 10 mg/j avant TCZ, 28/28 (100 %) arrivaient à diminuer la corticothérapie < 10 mg/j sous TCZ et 27/43 arrivaient au sevrage complet en CS. Après introduction du TCZ, une rechute était notée chez 26/43 (60 %) patients, dont 13 sous TCZ (3 rechutes majeures) et 13 après arrêt du TCZ (4 rechutes majeures). La dose médiane de CS à la rechute était de 4 mg [IQR : 0–5]. Parmi les 29/43 patients ayant arrêté le TCZ après une durée médiane de 352 jours d'utilisation [IQR : 219–507], 15 (52 %) ont nécessité la reprise du TCZ pour rechute, dont deux pour rechute majeure. Le délai médian avant une première rechute après arrêt du TCZ était de 110 jours [IQR : 78–166]. Sous TCZ, 10/43 (22 %) des patients ont présenté au moins un effet secondaire grave, incluant 7/43 (16 %) infections graves, dont 4 sont décédés. Bien que nos résultats confirment une capacité d'épargne cortisonique notable du TCZ, il ne permet une rémission prolongée après arrêt du traitement que chez moins de un patient sur deux. Une attention doit être portée quant à la tolérance de ce traitement dans cette population âgée et lourdement prétraitée.
Arctic coastal populations share a close relationship with their environment consisting of linkages among communities, landscapes and seascapes, and the social institutions developed to sustain the system. This cultural–biogeophysical dynamic is termed throughout the section as a social–ecological system (SES). Marine mammals constitute a large portion of the subsistence diet for these communities, and as such represent key ecological services provided by the system. At the same time, marine mammals have gained iconic status as symbols for climate change in the North. A tension results between the demands of balancing on one hand good policy optics consistent with national and international norms and, on the other hand, flexible and adaptive institutions able to take on the task of managing resources in a dynamic, changing North. This tension and associated policy solutions such as co-management are explored in a series of papers focusing on marine mammal management dilemmas and policy practices around the circumpolar North. This introduction communicates the problem context and describes the five papers making up this special section. A guiding premise to this work is that new international pressures to implement moratoria on marine mammal hunting in the North ignore critical human dimensions of marine mammal management. Such policy proposals are unlikely to succeed in areas that require collaboration across scales. Simultaneously, new local-scale participation in multi-level management regimes holds promise for creating more resilient marine mammal SESs.
Antiphospholipid/cofactor antibodies are detected in only 60% of patients with systemic lupus erythematosus (SLE) with thrombosis.1 Therefore, we studied thrombophilia factors and their relation with thrombosis in patients with SLE. Forty eight consecutive patients with SLE were included (39 women, 9 men), 15 with and 33 without past thrombosis (Th and NTh group, respectively). Twenty thrombotic events were identified: 17 deep venous and 1 arterial thrombosis, 2 osteonecrosis. Both groups had comparable clinical, biological, therapeutic data, and mean (SD) SLE disease activity index (SLEDAI) (5 (4.6) v 5.3 (4.8)). Patients were examined at least one month after thrombosis (>3 months in 11 out of 15). The following parameters were determined: protein C, total and free …
Introduction. – La thrombose intracardiaque est une complication rare de la maladie de Behçet (MB), qui peut se présenter comme une tumeur intracardiaque. Sa découverte précède, dans la moitié des cas, le diagnostic de MB. La mortalité élevée peut être en rapport avec des complications postchirurgicales et/ou une atteinte associée des artères pulmonaires.Exégèse. – Nous rapportons l'observation d'une femme française caucasienne de 31 ans, aux antécédents de maladie thromboembolique veineuse (MTEV), qui a subi une chirurgie après la découverte d'une tumeur du ventricule droit. Il s'agissait d'un thrombus organisé avec fibrose endomyocardique et dans les suites opératoires nous avons diagnostiqué une MB. L'évolution a été favorable sous traitement médical associant une corticothérapie, de la colchicine et des antivitamines K (AVK), sans récidive quatre ans après.Conclusion. – La découverte d'une masse intracardiaque chez un sujet jeune doit faire évoquer le diagnostic de thrombus cardiaque et de maladie de Behçet, même en l'absence de facteur ethnique ou géographique prédisposant.Introduction. – Cardiac thrombosis is a rare complication of Behçet's disease (BD), which may present as a cardiac tumor. Its discovery precedes, in half of the cases, the diagnosis of BD. The high mortality may be associated to postsurgical complications and/or an associated involvement of pulmonary arteries.Case report. – We present the case of a 31 years old Caucasian French woman, with a history of venous thromboembolic disease, who had surgery after the discovery of a right ventricle tumor. That was an organised thrombus with endomyocardial fibrosis and a diagnosis of Behçet's disease was made after the surgery. The outcome was favourable under medical treatment associating corticosteroids, colchicine and antivitamin K (AVK), without relapse four years later.Conclusion. – The discovery of an intracardiac mass in a young patient must evoke the diagnosis of cardiac thrombus and Behçet's disease, even in the absence of predisposing ethnic or geographic factor.
Introduction. – Le diagnostic d’une atteinte musculaire localisée est parfois difficile. Nous rapportons le cas d’une myosite isolée du muscle biceps crural, imputable à une piqûre d’insecte.
Introduction. - It can be difficult to diagnose focal muscular disease. We report a case of crural biceps focal myositis after an insect bite.Discussion. - We then discuss diagnostics of one or a small number of muscle injury. Focal inflammatory myositis has been described. We emphasize the role of pathology. In our case, pathological examination rules out inflammatory or tumoral disease and access likely toxical etiology. Muscle injury can appear, most frequently around the bite of venomous animal.Conclusion. - Hymenopters; are often responsible for such stings in France. Venoms are toxic for muscle cells membrane. (C) 2002 Editions scientifiques et medicales Elsevier SAS. All rights reserved.
Background Various conditions are considered as classical etiologies of nontraumatic avascular necrosis (AVN), such as endogenous or exogenous hypercorticism, alcoholism, barotraumatisms, systemic lupus, diabetes mellitus and hyperlipidemia. However, in many cases, none of these conditions are identified and AVN is considered to be idiopathic. Objectives To seek thrombophilic disorders in a cohort of patients with AVN. Methods All patients with AVN hospitalised in our departments during a couple of years were enrolled in this prospective study. Diagnosis of AVN was performed on X-rays and/or MRI when necessary and possible. Biological investigations included: glycemia, cortisolemia, ferritinemia, cholesterolemia, lipoproteinemia, haemoglobin electrophoresis, ANA, antiphospholipid antibodies, anti-B2GP1 antibodies, lupus anticoagulant, antiprothrombin antibodies, antithrombin, protein C, protein S, factor VIII, IX, XI, activated protein C resistance, prothrombin gene mutation, homocysteinemia and methionin load test. Results 17 patients were enrolled, 9 men and 8 women, aged 34 to 76, with various stages of AVN (from stage 1 to 4). Antithrombin III deficiency was diagnosed in a woman. Resistance to activated protein C was found in another woman. Hyperhomocysteinemia was identified in 6 patients: two women (associated with antiphospholipid antibodies in one case), and 4 men. A lupus anticoagulant was found in one man and one woman. Two other patients were found to be homozygous to methyl-tetra-hydrofolate reductase (MTHFR) mutation, condition which leads to a susceptibility to hyperhomocysteinemia. Conclusion 59% of our patients with AVN were found to have a thrombophilic disorder. We suggest that such a disorder may precipitate thrombosis when added to other risk factors. Among these thrombophilic disorders, hyperhomocysteinemia seemed to be the most frequent factor associated with AVN. If hyperhomocysteinemia is confirmed to be involved in AVN, these results should be of special interest in prevention of recurrences, as hyperhomocysteinemia can be corrected by folic acid, B6 and B12 supplementation.
In the last year an intriguing finding has been found about the coexistence of hereditary homocystinuria and factor V Leiden, in some families in which fetal losses, low-birth-weight babies and placental infarction were observed (3). Moreover, an increased risk of still-births has been recently observed in a cohort of women with heritable thrombophilia, especially in those with combined defects (4). For the first time, a genetic analysis for both the mutations in a woman with a history of intrauterine deaths, abruptio placentae, pulmonary embolism and two low-birth-weight babies was performed. We are now extending this study to a series of women with a history of both early and late fetal loss. We strongly believe that similar studies can contribute to find new causes of fetal loss and some complications of the pregnancy.
La diffusion de la prednisolone a travers la barriere hemato-encephalique a ete etudiee chez 17 malades (7 hommes, 10 femmes), âges de 64 ± 17 ans, hospitalises pour une radiculalgie justiciable d'une ponction lombaire. Celle-ci a ete pratiquee en meme temps qu'une prise de sang, 2 heures (n = 7), 4 heures (n = 5) ou 6 heures (n = 5) apres la prise orale de 40 mg de prednisone (Cortancyl® 20 mg). La prednisolone a ete dosee par chromatographie liquide haute performance et sa fixation aux proteines plasmatiques a ete determinee par ultrafiltration. Les concentrations plasmatiques totales de prednisolone decroissent en fonction du temps, atteignant 597 ± 174 ng/ml a 2 h, 422 ± 106 ng/ml a 4 h, 250 ± 85 ng/ml a 6 h. Les concentrations plasmatiques libres correspondantes sont egales a 95 ± 21 ng/ml, 59 ± 17 ng/ml et 18 ± 14 ng/ml, respectivement. La prednisolone est decelee dans tous les prelevements de liquide cephalorachidien (LCR). Sa concentration liquidienne est de 14 ± 2 ng/ml a 2 h, 29 ± 9 ng/ml a 4 h et 17 ± 7 ng/ml a 6 h. L'equilibre entre les 2 compartiments, plasma et LCR, est ainsi obtenu en 6 heures.
Les leucemies a tricholeucocytes peuvent parfois s'accompagner de manifestations articulaires. Deux types de manifestations sont decrits: des polyarthrites leucemiques et des polyarthrites inflammatoires non tumorales dans un contexte dysimmunitaire, qui precedent ou qui suivent l'installation de la leucemie. Il s'agit le plus souvent d'une polyarthrite rhumatoide et plus rarement, d'une autre connectivite (lupus, sclerodermie). La presence de tricholeucocytes dans la cavite articulaire n'exclut pas, la possibilite d'une polyarthrite auto-immune. Le diagnostic differentiel se pose avec le syndrome de Felty, mais egalement avec la leucemie a grands lymphocytes granuleux. Les auteurs rapportent l'observation d'une telle association leucemie a tricholeucocytes - polyarthrite rhumatoide seropositive.
The objective was to investigate the presence of mycoplasmas in rheumatoid arthritis (RA) and other chronic arthritides. Samples of synovial fluid (SF) were systematically collected from all patients presenting with an articular effusion. Each sample was divided into three parts. The first was kept for cytological count and culture on standard media for pyogens and mycobacteria, the second was cultivated on specific media for mycoplasmas and the third frozen for subsequent study by polymerase chain reaction (PCR). A total of 209 samples were studied. Half of the patients had inflammatory rheumatic diseases: RA (27), spondyloarthropathy (28), connective tissue disease (5), unclassified arthritis (45). The remaining suffered from other conditions, including osteoarthritis (60), gouty arthritis (19), haemarthrosis (5), post-traumatic effusion (2). Eight samples were positive by culture, two for Mycoplasma hominis; three for M. fermentans, one for M. salivarium, one for M. orale and one for Ureaplasma urealyticum. All the patients concerned had an inflammatory rheumatic disease: five had RA, one had psoriatic arthritis and two had unclassified arthritis. These results were confirmed by PCR in two cases (one M. fermentans, one U. urealyticum). The lack of sensitivity of the conventional PCR assay on SF is discussed. Mycoplasmas were mainly detected in SF of RA patients. These results raise the question of the possible role of mycoplasmas in the triggering and maintenance of inflammatory rheumatic diseases, especially RA.