Introduction La chirurgie des cancers du rein avec thrombus cave est complexe, avec un risque de complications thromboemboliques. Il n’existe pas de données sur l’intérêt ou non des anticoagulants en préopératoire. L’objectif de l’étude est d’évaluer l’impact des anticoagulants préopératoires sur la chirurgie et sur les complications thromboemboliques chez des patients qui vont avoir une néphrectomie associée à une thrombectomie cave. Méthodes C’est une étude rétrospective, multicentrique, de 216 patients opérés d’un cancer du rein avec thrombus cave. 114 de ces patients avaient des anticoagulants préopératoires. Les données per- et postopératoires ont été comparées entre les 2 groupes, notamment les évènements thromboemboliques. Pour tenir compte du biais de sélection lié à l’absence de randomisation, nous avons réalisé un score de propension. Résultats Le temps opératoire et les pertes sanguines étaient comparables entre les 2 groupes. Il y avait plus de complications majeures (p=0,01) et globales (p=0,003) dans le groupe anticoagulant, mais la différence n’était plus significative après appariement. La survenue d’évènements thromboemboliques, de complications hémorragiques, de transfusions, de reprises chirurgicales ainsi que la durée de séjour n’étaient pas différentes entre les 2 groupes. Conclusion Prescrire des anticoagulants au diagnostic d’un cancer du rein avec thrombus cave ne semble pas avoir d’impact sur la survenue d’évènement thromboembolique, tout en augmentant potentiellement la morbidité liée au geste (Tableau 1, Tableau 2).
Introduction Deux séries historiques ont suggéré de meilleurs résultats fonctionnels et une survie plus longue pour l’implantation d’un sphincter artificiel urinaire (SAU) chez la femme vs chez l’homme. On peut supposer que l’approche robotique de l’implantation chez la femme a pu modifier cette comparaison. L’objectif de cette étude était de comparer les résultats de l’implantation robotique du SAU chez la femme et l’implantation bulbaire du SUA chez l’homme pour l’incontinence urinaire d’effort non neurogène. Méthodes Les dossiers de tous les patients de sexe masculin ayant eu une implantation bulbaire de SUA et de tous les patients de sexe féminin ayant eu une implantation robotique de SUA entre 2010 et 2022 pour une IUE non neurogène dans un centre ont été revus rétrospectivement. Les patient(e)s ayant déjà eu un SUA étaient exclus. Toutes les implantations chez la femme ont été réalisées par une approche transpéritonéale robotique « antérieure ». Le critère d’évaluation principal était la continence à 3 mois, classé comme suit : résolution complète de l’incontinence amélioration ou inchangé. Résultats Après exclusion de 79 patients, 171 patients ont été inclus : 70 femmes et 101 hommes. Les caractéristiques des patient(e)s différaient significativement sur de nombreux points (Figure 1). La durée opératoire était significativement plus courte pour les hommes (126,9 vs 165,5min). Le taux de complications postopératoires était similaire(17,3 vs 22,9 % ; p=0,38) ainsi que la durée médiane d’hospitalisation (2 vs 2jours ; p=0,96). La continence à 3 mois et lors du dernier suivi était en faveur du groupe féminin. La diminution de l’ICIQ-SF à 3 mois était significativement plus importante dans le groupe des femmes (–6,7 vs –4,6) La survie sans explantation à 5ans était similaire dans les deux groupes ainsi que la survie sans révision à 5ans (84,6 vs 83,9 % ; p=0,89) et la survie sans réoperation à 5ans (67,4 vs 61,7 % ; p=0,89). En analyse multivariée, le genre féminin était le seul facteur significativement associée à la continence complète au dernier suivi (OR=4,3 ; p=0,03) (Figure 2). Conclusion L’implantation robotisée de sphincter artificiel urinaire chez la femme donne de meilleurs résultats fonctionnels que l’implantation bulbaire chez l’homme tout en ayant une morbidité et des taux de survie similaires (Figure 3).
Introduction La pathomique et la pathologie computationnelle sont un nouveau domaine interdisciplinaire qui associe la pathologie traditionnelle aux technologies modernes, telles que l’imagerie numérique, l’apprentissage automatique et l’analyse des données massives. Cette étude vise à développer et évaluer une signature pathomique basée sur l’apprentissage automatique, dérivée des images de lames entières pour prédire la récidive après néphrectomie pour un carcinome rénal à cellules claires à haut risque. Méthodes Une étude rétrospective a été réalisée sur des patients ayant subi une néphrectomie élargie ou partielle pour un carcinome rénal à cellules claires non métastatique. Les images anatomopathologiques de lames entières postopératoires (WSIs) ont été numérisées. Ces WSIs ont été analysées et des caractéristiques pathomiques ont été extraites. Un modèle de régression de Cox LASSO avec validation croisée a été utilisé pour la sélection des caractéristiques pathomiques associées à la récidive dans la cohorte d’entraînement. Une signature pathomique a été construite à partir de la combinaison linéaire pondérée des caractéristiques pathomiques sélectionnées. Le taux de survie sans récidive a été évalué par la méthode de Kaplan-Meier et comparé par le test du Log-Rank. Résultats Un total de 117 patients a été inclus. Les cohortes d’entraînement et de validation étaient bien équilibrées. La signature pathomique en tant que facteur de risque intégré a été construite sur la base des caractéristiques pathomiques issue de WSI. Dans la cohorte d’entraînement, la courbe de survie de Kaplan-Meier a montré que le groupe à « haute signature pathomique » présentait une probabilité de survie sans récidive significativement plus élevée que le groupe « basse signature pathomique », avec un p=0,01. Dans la cohorte de validation, une différence significative a été observée entre les groupes à haute et à basse signature pathomique, avec un p<0,0001, le groupe à haute signature pathomique démontrant une probabilité de survie nettement supérieure tout au long de la période de suivi. Conclusion Notre étude met en évidence le potentiel des signatures pathomiques pour améliorer la sélection des patients en thérapie adjuvante pour le ccRCC à haut risque. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour valider ces résultats dans des cohortes plus larges et pour explorer l’intégration des signatures pathomiques avec les critères cliniques existants.
Introduction L’objectif de cette vidéo était de présenter une technique d’interposition d’un lambeau péritonéal en cas de plaie vaginale pendant l’implantation d’un SUA chez la femme afin de minimiser le risque d’érosion ou d’infection du dispositif. Méthodes Nous présentons le cas d’une patiente de 72ans ayant des antécédents de colposuspension de Burch, de TVT et de cure de prolapsus par prothèse vaginale, consultant pour une récidive d’incontinence urinaire d’effort nécessitant le port de 5 protections par jour. La cystoscopie ne retrouvait pas d’extrusion de la bandelette. À l’examen physique, elle présentait un test à la toux positif avec un urètre fixe, sans prolapsus des organes pelviens. Lors de l’examen urodynamique préopératoire, la pression maximale de fermeture de l’urètre était de 29cmH2O, il n’y avait pas d’hyperactivité du détrusor. Après discussion des différentes options thérapeutiques la patiente opte pour l’implantation d’un SUA par voie robot-assistée. Résultats La patiente est placée en position de Tredelenburg à 23° avec amarrage latéral du robot Da Vinci Xi. Une approche transpéritonéale est utilisée. Après remplissage de la vessie, les faces latérales de la vessie sont disséquées largement des deux côtés. La dissection du plan vésicovaginal est facilitée par la dissection de la TVT et du bord inférieur de la prothèse vaginale qu’on décide de retirer car elle recouvre le col vésical. Une plaie infracentrimétrique vaginale est réalisée. En cas de plaie vaginale, la première étape consiste à retrouver le bon plan et à essayer de créer un passage autour du col de la vessie pour la future manchette. Enfin, un lambeau péritonéal en V est créé et interposé entre le vagin et la future manchette, tout au long de l’espace disséqué autour du col de la vessie. Sur 101 AUS robotisées chez la femme, 9 lésions vaginales ont été constatées. Cinq ont été réparées sans interposition de tissu et quatre avec interposition de lambeau péritonéal. Seules deux explantations pour exposition vaginale ont été nécessaires, et aucune dans le groupe avec interposition de péritoine (p=0,44). Conclusion L’interposition d’un lambeau péritonéal en cas de plaie vaginale durant l’implantation robot-assistee d’un sphincter artificiel urinaire chez la femme pourrait permettre de réduire le risque d’infection et d’exposition vaginale postopératoire.
Notre objectif était d’évaluer l’impact de l’approche de contrôle artériel (clampage [ON-clamp] vs sans clampage[OFF-clamp]) sur la fonction rénale à distance d’une néphrectomie partielle (NP) robot-assistée chez les patients à rein unique.Méthodes Cent cinquante-trois néphrectomies partielle robot assistée, réalisées entre décembre 2011 à décembre 2022 chez des patients à rein unique, ont fait objet d’une analyse multicentrique rétrospective à partir de la base de données collectée prospectivement UroCCR.Deux groupes ont été évalués : 49 NP OFF-clamp et 104 NP ON-clamp.Le critère de jugement principal était la clairance de la créatinine (GFR)Pour étudier la variation des niveaux de GFR, un calcul de variation delta a été effectué entre les données préopératoires (pOp), postopératoires au jour 1 (J1), à la sortie de l’hôpital (S) et à 3 mois (M3)Les deltas sont définis : Δ1(GFR J1−GFR pOp), Δ2(GFR S−GFR pOp), Δ3(GFR M3−GFR pOp)Les tests Anova, de Pearson et de Spearman ont été réalisés. Résultats Le suivi médian était de 32 mois.Il existe une corrélation entre la taille de la tumeur et le temps de clampage (TC) (p<0,001). Les saignements ont été plus importants dans le groupe ON-clamp : l’hémoglobine étant plus faible à J1 (p<0,001) et à la sortie (p<0,01)Il a été trouvé une différence significative de deltas (Δ 1 et 2) entre les deux groupes en faveur du groupe OFF-clamp. Cette différence n’a pas été confirmée au long cours. Conclusion Une augmentation de la créatinine et du GFR postopératoires dans le groupe ON-clamp chez les patients à rein unique a été constatée, mais cette différence n’a pas été observée à long terme (Figure 1, Figure 2, Figure 3).
Introduction L’étude PEMET-UroCCR 124 relevait l’âge jeune et la cœlioscopie comme facteurs de risque de récidive péritonéale par rapport aux récidives rétropéritonéales. L’objectif de notre étude était d’approfondir cette hypothèse chirurgicale en analysant les différences cliniques et histopathologiques entre les patients présentant une récidive péritonéale (RP) et ceux présentant une récidive conventionnelle (RC) après une chirurgie curative du carcinome rénal non métastatique, ainsi que d’évaluer l’impact pronostique des RP par rapport aux RC. Méthodes Nous avons rétrospectivement analysé les bases de données de patients opérés d’une néphrectomie radicale ou partielle pour un carcinome rénal non métastatique dans dix centres européens entre 2010 et 2020. La RP était définie comme une maladie métastatique avec atteinte intrapéritonéale (nodule ou carcinose). La RC était définie comme une atteinte métastatique sur les sites classiques de l’histoire naturelle du cancer du rein. Les variables cliniques et histologiques ont été évaluées par une régression logistique uni- puis multivariée. La survie globale a été évaluée par la méthode de Kaplan-Meier et comparée par le test du Log-Rank. Résultats Au total, 111 RP ont été identifiées avec un taux d’incidence variant de 0,72 à 1,10. Deux cent trente RC ont été inclues. La médiane de récidive était de 15 (7–27) mois pour le groupe RP et 21 (6–30) mois pour le groupe RC. Les patients présentant une RP étaient significativement plus jeunes (OR 0,96, IC95 [0,94–0,98] p<0,001), avaient un taux plus élevé de marges chirurgicales positives (OR 2,94, IC95 [1,16–7,44] p=0,023) et un sous-type histologique non cellules claires (OR 2,07, IC95 [1,05–4,07] p=0,034). La survie globale était significativement moins bonne pour le groupe RP (HR : 1,69 ; p=0,02). Conclusion L’âge jeune, les marges chirurgicales positives et les sous-types non à cellules claires sont des facteurs de risque de récidive atypique intrapéritonéale après chirurgie de carcinome rénal. Ces récidives sont associées à un mauvais pronostic par rapport aux récidives métastatiques conventionnelles. L’étude soulève l’importance du suivi radiologique avec attention particulière sur le péritoine dans ces situations. Ces résultats justifient des études de suivi à long terme pour confirmer ces données (Fig. 1).
Introduction Il n’existe pas aujourd’hui de consensus clair concernant la prise en charge de la sclérose de loge post-RTUP récidivante après traitement endoscopique. Le but de cette étude était de décrire les résultats d’une technique robotique de plastie YV. Méthodes Les données de tous les patients ayant eu une plastie YV robotique pour sclérose de col vésical post traitement endoscopique d’hypertrophie bénigne de prostate ont été recueillis rétrospectivement entre août 2019 et juin 2024 dans deux centres. Cette option thérapeutique était proposée à des patients symptomatiques ayant eu plusieurs échecs de traitement endoscopique. Résultats Vingt-quatre patients ont été inclus. Les résultats sont présentés dans le Tableau 1. L’âge moyen était de 70,7 ans. Tous les patients avaient eu au 2,8 (1–8) interventions endoscopiques préalables en moyenne. La durée opératoire moyenne était de 138minutes (90–210) avec un saignement moyen de 72mL (0–600). La durée médiane de séjour était de 2jours (1–20). Il y a eu 16,7 % complications mineures Clavien 1 et 2 et 8,3 % de complications majeures. Il y a eu deux récidives de sténose avec une perméabilité urétrale de 91,7 % avec un recul moyen de 15,8 mois. Après chirurgie, le Q max moyen était de 18,3mL/s et le RPM moyen de 108mL. Conclusion La plastie YV robotique pour sclérose de col vésical est une technique simple, reproductible avec peu de complications et de bons résultats fonctionnels qui offre une option intéressante pour les scléroses du col vésical.
Introduction L’utilisation de l’immunothérapie adjuvante chez les patients atteints de carcinome rénal à cellules claires (ccRCC) à haut risque reste controversée en raison de l’absence de biomarqueurs définitifs permettant d’identifier ceux qui en bénéficieraient le plus. Nous avons visé à développer et valider une signature radiomique quantitative et un nomogramme associé pour les ccRCC à haut risque, qui soient pronostiques de la survie sans maladie (DFS). Méthodes Nous avons mené une étude multicentrique rétrospective sur des patients atteints de ccRCC à haut risque ayant subi une chirurgie. Nous avons sélectionné des patients pour lesquels nous disposions de scanners CT diagnostiques. Des caractéristiques de texture radiomique ont été dérivées des tumeurs rénales primaires sur les scanners CT. Des algorithmes de machine learning ont été utilisés pour la réduction dimensionnelle des données et la construction de la signature radiomique. Le nomogramme clinique-radiomique a été construit en intégrant la signature radiomique avec les caractéristiques pathologiques et démographiques. Le critère d’évaluation principal était l’évaluation de la performance de la signature radiomique et du nomogramme dans la prédiction de la DFS. Résultats Cette étude a inclus 309 patients, répartis en cohortes de développement (80 %) et de validation (20 %). Les cohortes d’entraînement et de validation étaient bien équilibrées en termes de variables cliniques et pathologiques, de suivi et de taux de récidive. Un total, de 1316 caractéristiques radiomiques ont été extraites des images CT de chaque patient. La signature radiomique a donné une AUC de 0,78 (IC à 95 %, 0,75–0,87) dans le groupe d’entraînement et une AUC de 0,72 (IC à 95 %, 0,68–0,89) dans le groupe de validation. L’intégration de la signature radiomique avec les facteurs de risque conventionnels a significativement amélioré la performance prédictive, donnant une AUC de 0,81 (IC à 95 %, 0,76–0,85) dans le groupe d’entraînement et une AUC de 0,78 (IC à 95 %, 0,69–0,88) dans le groupe de validation. L’analyse des courbes de décision a démontré que le nomogramme avait une utilité prédictive clinique supérieure aux modèles conventionnels actuellement utilisés en pratique. Conclusion Cette étude démontre l’application de l’apprentissage automatique basé sur le CT chez les patients atteints de ccRCC à haut risque, en présentant de nouveaux nomogrammes de décision clinique individualisés capables de prédire la DFS.
Introduction Les sténoses urétérales sont dans la majorité des cas iatrogènes. Historiquement, les techniques de réimplantations urétérales ouvertes, l’utilisation d’iléon et l’auto-transplantation rénale étaient employées. L’émergence de la chirurgie robotique a facilité ces procédures mais a également permis l’arrivée de nouvelles techniques de reconstruction du haut appareil urinaire en utilisant notamment la greffe de muqueuse buccale. L’objectif de cette étude est de rapporter les résultats d’une série multicentrique de reconstruction robotique de sténoses urétérales par greffe de muqueuse buccale (BMG). Méthodes Les données de tous les patients ayant eu une reconstruction urétérale par BMG dans trois centres français entre 2022 et 2023 ont été revues rétrospectivement. Les reconstructions par laparotomie et les sténoses d’anastomoses urétéro-iléales ont été exclues. Tous les patients restants ont été inclus pour analyse. Le critère de jugement principal était l’absence de récidive de la sténose aux dernières nouvelles, soit l’absence de nécessité de drainage, de reprise chirurgicale et/ou d’hydronéphrose symptomatique. Résultats Au total, 17 patients ont été inclus. Leurs caractéristiques sont résumées dans le Tableau 1. Ils ont tous été opérés d’une reconstruction urétérale robotique par greffe de muqueuse buccale. Deux techniques ont été utilisées : 15 urétéroplasties avec greffe dorsale de muqueuse buccale et 2 urétéro-urétérostomies augmentées de greffe de muqueuse buccale. Les données peropératoires sont résumées dans le Tableau 2. Le temps opératoire moyen était de 202minutes. Quatre patients ont eu des complications postopératoires (24 %), avec seulement une complication majeure (6 %), une fistule infraclinique retardant l’ablation de la néphrostomie. Après un suivi moyen de 5 mois, aucune récidive n’a été observée, soit un taux de succès de 100 %. Conclusion La reconstruction urétérale robotique par greffe de muqueuse buccale est donc faisable et reproductible avec différents chirurgiens dans différentes institutions. Les résultats sont encourageants, avec une morbidité et un taux de récidive faibles. Des études à plus grande échelle sont cependant requises pour explorer les facteurs de risque de récurrence et affiner les indications préférentielles de ces procédures.
Des patients qui vont être opérés d'un cancer du rein avec thrombus cave (TC) ont des anticoagulants (TAC) à dose curative ou préventive, du fait d'une pathologie cardiovasculaire préexistante, ou de novo à visée thrombo-prophylactique. Aucun élément de littérature ne recommande cette dernière attitude. Notre objectif était de comparer la morbidité de la néphrectomie avec TC selon que les patients avaient un TAC ou pas. C'est une étude rétrospective de 81 patients opérés d'une néphrectomie avec TC dans un seul centre entre 2010 et 2020. Cinquante trois n'avaient aucun TAC vs 28 qui avaient un TAC en préopératoire. Les caractéristiques des patients sont décrites dans le Tableau 1. Les morbidités per et postopératoires ont été comparées en utilisant des tests de Fisher (variables qualitatives) et de Wilcoxon (variables continues). En peropératoire il y avait plus de pertes sanguines (1500 ml vs 1200 ml ; p = 0,08), plus de transfusions (71 % vs 61 %, p = 0,59) et plus de complications (25 % vs 13 %, p = 0,22) dans le groupe TAC mais aucune différence significative. En post-opératoire, il y avait plus de complications (57 % vs 21 %, p = 0,001) et plus de reprises chirurgicales (18 % vs 9 %, p = 0,26) dans le groupe TAC. Les complications hémorragiques étaient également plus fréquentes (18 % vs 8 %, p = 0,26). De façon intéressante, les complications thrombo-emboliques étaient plus nombreuses dans le groupe TAC (22 % vs 13 %, p = 0,35). Avec un recul de 7,3 mois, le taux de décès global était plus important dans le groupe avec TAC (53 % vs 43 %, p = 0,4) (Tableau 1). La morbidité de la néphrectomie avec thrombectomie cave semble augmentée par les TAC préopératoires. Il n'apparait donc pas nécessaire de donner un TAC au diagnostic. Ces résultats doivent être interprétés en ayant à l'esprit que c'est une petite population avec de très probables biais de sélection qui nécessiteront d'être confirmés sur une plus grande population.
BACKGROUND:The SPARE Nephrometry Score (NS) is described as easier to implement than the RENAL and PADUA NSs, currently more widely used. Our objective was to compare the accuracy of SPARE NS in predicting renal function outcomes following RAPN.METHODS:A multicentric retrospective study was conducted using French kidney cancer network (UroCCR, NCT03293563) database. All patients included had RAPN for cT1 renal tumors between May 2010 and March 2021. SPARE was compared to RENAL, PADUA and Tumor Size to predict postoperative acute kidney injury (AKI), chronic kidney disease (CKD) upstaging, de novo CKD at 3-6 months follow-up and Trifecta failure. The ability of the different NSs and tumor size to predict renal function outcomes was evaluated using uni- and multivariate logistic regression models.RESULTS:According to our study criteria, 1171 patients were included. Mean preoperative tumor size and estimated glomerular filtration rate (eGFR) were 3.4±1.4 cm and 85.8 mL/min/1.73 m2. In total, 266 (22.7%), 87 (7.4%), 94 (8%), and 624 (53.3%) patients had AKI, de novo CKD, CKD upstaging, and Trifecta failure, respectively. In multivariate analysis, all three NSs and tumor size were independent predictors of AKI, CKD de novo, CKD upgrade and Trifecta failure. There was no significant difference between all three NS and tumor sizes in predicting renal function outcomes.CONCLUSIONS:SPARE Score seems to be a valid alternative to predict renal function outcomes after RAPN. Nevertheless, in our study, tumor size was as accurate as NSs in predicting postoperative outcomes and, therefore, seems to be the logical choice for surgical decisions.
La cystectomie radicale est la technique de référence du traitement de cancer de vessie infiltrant le muscle détrusor ou non infiltrant mais résistant au BCG. Cette chirurgie est associée à une morbidité importante malgré l'essor de la chirurgie robotique. L'objectif de cette étude est de comparer les complications précoces et tardives en fonction du drainage peropératoire du haut appareil. Deux cents patients consécutifs ayant eu une cystectomie radicale robot assistée pour cancer de vessie dans notre centre entre 2012 et 2022 ont été inclus dans cette étude rétrospective. L'arrêt du drainage du haut appareil est apparu de façon prospective en février 2021, sans biais de sélection. Les patients ont été séparés dans deux groupes : sondes urétérales (SU) ou sans sondes urétérales (SSU). Toutes les complications ont été analysées pendant les trois mois postopératoires. Les complications spécifiques à la dérivation urinaire (sténoses ou fistules urinaires) ont été analysées pendant les 6 mois postopératoires. Sur les 200 patients inclus, 58 n'ont pas eu de sondes urétérales (29 %). Les dérivations urinaires étaient réparties entre 64 patients avec néo-vessie continente dont 20 SSU (32 %), 136 patients avec dérivation iléale de type Bricker dont 38 SSU (28 %). Le taux de complications postopératoires était identique entre le groupe SSU 48 % et SU 53 % (p = 0,56). Le taux de complications graves ≥ Clavien 3 a semblait inférieur dans le groupe SSU 15 % vs SU 24 % (Chi2 : 1,73, p = 0,19), de même pour les complications infectieuses : SSU 29 % vs SU 38 % (Chi2 : 1,20, p = 0,27). Ces résultats sont identiques dans les analyses en sous-groupe en fonction du type de dérivation urinaire. Les complications tardives sur la dérivation urinaire à 6 mois étaient de 12 % SSU et 20 % SU (Chi2 : 1,67, p = 0196) (Tableau 1). Allant à l'encontre de tous les dogmes, l'absence de drainage du haut appareil pour les cystectomies n'augmente pas les risques de complications précoces et tardives, et semblent même limiter les complications infectieuses et tardives comme la sténose. Une étude de plus grande ampleur est nécessaire pour confirmer ces premiers résultats.