Introduction La néphrolithotomie percutanée (NLPC) est une intervention chirurgicale efficace pour éliminer les calculs rénaux. Cependant, elle expose les patients à un risque élevé de complications infectieuses graves. Les objectifs de cette étude étaient d'étudier la fiabilité des paramètres de l'hémogramme en tant que biomarqueurs potentiels de survenue des complications infectieuses post NLPC et de rechercher les facteurs associés aux complications infectieuses post NLPC. Matériels et méthodes Nous avons mené une étude rétrospective, descriptive et analytique entre janvier 2017 et décembre 2021, incluant tous les patients traités par NLPC. Les données démographiques, cliniques, relatives à la lithiase et à la chirurgie, ainsi que les événements postopératoires ont été collectées. Les complications infectieuses ont été notées. Les paramètres de l'hémogramme préopératoire, y compris les rapports neutrophiles/lymphocytes (NLR), plaquettes/lymphocytes (PRL) et l'index immuno-inflammatoire systémique (SII) ont été étudiés. La valeur seuil de signification a été fixé à 0,05. Résultats Nous avons inclus 297 patients. L'âge moyen était de 49,73±13,19 ans avec une prédominance masculine (60%). Nous avons identifié 57 (19,8%) complications infectieuses post-NLPC, dont 26 fièvres isolées, 20 pyélonéphrites aigues, 9 sepsis et 2 états de choc septique. Le sexe féminin (p=0,008), la taille du calcul (p=0,013), la localisation du calcul (p=0,029), un ECBU préopératoire positif (p=0,004), un temps opératoires dépassant 2 heures (p=0,016), la présence de lithiase résiduelle (p=0,001), le NLR (p=0,004), le PRL (p=0,027) et le SII (p=0,003) étaient associés à un risque accru de complications infectieuses post-NLPC. En analyse multi variée, seuls le sexe féminin (p=0,018), un ECBU préopératoire positif (p=0,042), la présence d'un calcul résiduel (p=0,001) et Le NLR (p<0,001) ont été identifiés comme des facteurs indépendants de survenue de complications infectieuses post NLPC. Le calcul du NLR a été aussi identifié comme un test de bonne performance avec une sensibilité de 75% et une spécificité de 86% pour une valeur seuil de 2,6. Conclusion Notre étude souligne l'importance de l'identification des facteurs de risque des complications infectieuses post-NLPC, permettant une intervention précoce. Parmi ces facteurs, le rapport Neutrophiles/Lymphocytes semble un paramètre fiable.
Introduction La gangrène de Fournier (GF), urgence urologique grave caractérisée par une mortalité élevée, demeure un défi thérapeutique majeur. Cette étude visait à évaluer la gravité de cette pathologie en analysant l’étendue de l’atteinte cutanée lors de l’examen clinique initial. Méthodes Nous avons inclus tous les patients de sexe masculin opérés pour une GF d’origine urologique, sur la base du seul examen physique. L’imagerie n’a été utilisée qu’en cas de doute diagnostique ou de suspicion d’atteinte rectale. L’étude a été menée de janvier 2002 à décembre 2022. Les zones cutanées atteintes ont été réparties en neuf régions : scrotale, pénienne, périnéale, hypogastrique, inguinale droite, inguinale gauche, flanc droit, flanc gauche et péri-ombilicale. L’extension de l’atteinte cutanée a ensuite été analysée en lien avec la mortalité à 30jours post-opératoires. Résultats L’étude a inclus 118 patients, d’âge moyen 58,97±13,84 ans. Parmi eux, 60,2 % étaient diabétiques et 27,1 % hypertendus. Un score OMS≥2 a été observé chez 51,7 % des patients. À l’admission, 70 % présentaient un score qSOFA de 0. Le taux de mortalité à un mois post-opératoire était de 12,7 %. En analyse univariée, toutes les zones cutanées prédéfinies étaient significativement associées à la mortalité, à l’exception de la région scrotale. L’atteinte des zones abdominales supérieures était associée à des valeurs plus élevées de l’odds ratio (Fig. 1). L’atteinte de la région péri-ombilicale représentait le seul facteur prédictif indépendant de la mortalité à un mois post-opératoire (OR=216,67 ; IC à 95 % : 33,06–1420,20 ; p<0,001). Conclusion Le pronostic de la gangrène de Fournier s’aggrave avec l’extension de l’atteinte cutanée à la région abdominale. Notre étude met en évidence que l’atteinte de la zone péri-ombilicale est fortement associée à une surmortalité dans le mois suivant l’intervention chirurgicale.
Introduction La pyélonéphrite emphysémateuse (PNE) est une infection grave, engageant le pronostic vital, caractérisée par la présence de gaz au sein des cavités, du parenchyme rénal ou l’espace para rénal. L’objectif de notre étude était d’étudier les facteurs prédictifs de mortalité et de valider un score de mortalité. Méthodes Il s’agit d’une étude rétrospective pronostique monocentrique. Nous avons inclus les patients hospitalisés pour une PNE entre 2005 et 2023. Les paramètres cliniques, biologiques, radiologiques et thérapeutiques des patients ont été notés afin d’analyser les facteurs prédictifs de mortalité. Le « Global Research in the Emphysematous Pyelonephritis group » (score GREMP) est développé en 2022 incluant les paramètres suivants : anémie, thrombopénie, l’hyperleucocytose, l’hyperglycémie, le stade 3B (extension du gaz ou abcès de l’espace pararénal) et le score qSOFA≥2. Le score GREMP varie de 0 à 7 points. Nous avons analysé les facteurs de mortalité de la PNE et le score GREMP en univariée et multivariée par régression logistique binaire. La sensibilité et la spécificité du score étaient analysées par la courbe ROC. Résultats Au total, 76 patients ont été inclus dans l’étude. Le taux de décès était de 17,1 %. Le sepsis était noté dans 26,3 % des cas. L’Escherichia coli et la Klebsiella pneumoniae étaient isolées dans 57,9 % et 13,2 % respectivement. En analyse univariée, l’hyperleucocytose, l’élévation de la créatinine, de la CRP et de la glycémie était significativement liée au décès, (p=0,015, p=0,0001, p=0,012, p=0,029 respectivement). Notre étude a montré que 69,2 % (9/13) des patients décédés présentaient une PNE classe≥3B. L’analyse multivariée par régression logistique binaire a montré que la classification TDM et le score GREMP était des facteurs indépendants prédictifs de mortalité avec un OR=1,995 (IC95 % :1,054–3,775) et OR=4,881 (IC95 % :1,861–12,798) respectivement. Le score GREMP a présenté une aire sous la courbe (AUC) de 0,956 (IC95 % : 0,914–0,998). Un score GREMP≥4 points était prédictif de mortalité avec une sensibilité à 92,3 % et une spécificité à 88,8 %. Conclusion Les paramètres cliniques, biologiques et radiologiques du score GREMP étaient validés dans notre étude. Le score de mortalité parait un outil fiable pour estimer le risque de mortalité des PNE pour adapter la prise en charge du patient (Fig. 1, Fig. 2, Fig. 3).
Introduction La gestion multimodale de la douleur périopératoire, incluant l’analgésie sans opioïdes, est la stratégie optimale pour minimiser le besoin d’opioïdes et améliorer les programmes de récupération après chirurgie. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’effet analgésique postopératoire du sulfate de magnésium lors d’une lombotomie antérolatérale ouverte. Méthodes Cette étude prospective, randomisée et contrôlée par placebo, a été menée de janvier 2023 à juin 2023 dans notre établissement. Elle comprenait des patients avec un statut physique I-II de l’American Society of Anesthesiologists, programmés pour une lombotomie antérolatérale élective sous anesthésie générale. Les patients présentant une insuffisance rénale sévère ont été exclus. Les patients ont été répartis aléatoirement en deux groupes : le groupe 1 a reçu du sulfate de magnésium (MgSO4) à une dose de 30mg/kg en bolus avant l’induction de l’anesthésie, suivi d’une perfusion continue de MgSO4 à 15mg/kg/h jusqu’à la fin de la chirurgie, tandis que le groupe 2 a reçu le même volume de solution saline isotonique. Les deux groupes ont reçu 100μg de morphine intrathécale. Tous les patients ont reçu de la dexaméthasone, du chlorhydrate de néfopam et du paracétamol en peropératoire. Nous avons évalué l’intensité de la douleur avec l’échelle numérique d’évaluation (NRS), la consommation d’opioïdes et les événements indésirables dans les 24 premières heures postopératoires. Résultats Soixante-huit patients ont été inclus dans cette étude (34 patients dans chaque groupe). Les scores de douleur postopératoire étaient réduits dans le groupe 1 à 6 et 12 heures postopératoires (2,6±1,2 dans le groupe magnésium contre 5,34±1 dans le groupe témoin à la 6e heure ; p=0,001, 2,1±1,4 dans le groupe magnésium contre 4,5±1,3 dans le groupe témoin à la 12e heure ; p=0,039) et lors des mouvements (p<0,05). La consommation d’opioïdes dans les 24 premières heures montrait une différence significative entre les deux groupes (p<0,001). Aucun des patients ayant reçu du sulfate de magnésium n’a présenté d’événement indésirable. Conclusion Le sulfate de magnésium intraveineux pendant l’anesthésie générale lors d’une lombotomie antérolatérale ouverte a réduit l’intensité de la douleur et diminué le besoin en opioïdes postopératoires.
Introduction Le but de notre travail était d’évaluer les facteurs associés au développement d’un sepsis dans un échantillon de patients atteints de pyélonéphrite obstructive aiguë (PAO). Méthodes Nous avons mené une étude observationnelle prospective dans le service d’urologie entre juin 2023 et mars 2024. Nous avons inclus tous les patients diagnostiqués de PAO. Le sepsis était défini par un score qSOFA ≥ 2. Une analyse par régression logistique multivariée a été utilisée pour évaluer les données cliniques et la prise en charge de l’AOP afin d’identifier les facteurs de risque du sepsis. L’étude a eu l’accord du comité d’éthique de l’hôpital (CERB 13/2023). Résultats Au total, 152 patients ont été inclus. Il y avait 67 patients atteints de septicémie et 7 patients présentaient un état de choc septique. La mortalité était de 1,3 %. L’obstruction rénale était due à une lithiase dans 68,4 % des cas, à des tumeurs de la prostate et des voies urinaires supérieures dans 11,8 % des cas. Les cultures d’urine étaient positives chez 113 patients (74,4 %). La culture des urines a identifié l’Escherichia coli, la Klebsiella pneumoniae et le Pseudomonas Aeruginosa dans 32,9 %, 11,8 % et 8,6 % respectivement. Vingt-cinq pour cent des bactéries gram-négatives étaient des producteurs de bêta-lactamase à spectre étendu. L’analyse multivariée par régression logistique a montré que l’âge≥68ans (OR 2,70, IC95 % 1,23–5,95), la classification ASA de l’état physique≥3 (OR 3,79, IC95 % 1,54–9. 33), urée≥9,15 mmol/L (14,862, IC95 % 3,139–69,177]), lactates≥0,75 mmol/L (11,49, IC95 % 2,992–44,128), et dilatation pelvienne>30mm (OR 3,65, IC95 % 1,52–8,76) étaient des facteurs de risque indépendants pour la progression de la PAO vers le sepsis. Conclusion Notre étude a montré que l’âge, le score ASA, le taux d’urée et de lactates ainsi que le degré d’hydronéphrose évalué par imagerie peuvent aider les cliniciens à identifier les patients présentant un risque élevé de septicémie dans la PAO (Fig. 1, Fig. 2, Fig. 3).