L’équation Modification of Diet in Renal Disease 4 modifiée, proposée en 2000 puis 2005 pour estimer le débit de filtration glomérulaire à partir de la seule créatininémie, est aussi utilisée pour l’adaptation des posologies à l’état de la fonction rénale du patient à la place de la clairance de la créatinine calculée par la formule de Cockroft-Gault. Ces équations sont-elles superposables ?Vingt études référencées comparant les deux équations, soit pour certains médicaments (13 publications), soit de façon plus générale (sept), ont été retenues et analysées.Il existe des limites à l’utilisation des deux formules pour l’adaptation des posologies. Selon la formule utilisée, des différences ont été mises en évidence tant au niveau de l’appréciation de l’état de la fonction rénale que des doses calculées. Toutefois, l’impact clinique est difficile à évaluer ce qui ne permet pas de conclure à la supériorité d’une formule. Des études pharmacocinétiques chez les patients insuffisants rénaux utilisant l’équation Modification of Diet in Renal Disease apparaissent nécessaires avant d’en généraliser l’usage pour l’ajustement de posologie.Certaines recommandations sont présentées. Actuellement, la réponse n’est pas tranchée et l’utilisation de Cockroft-Gault reste légitime.Two most commonly estimate of glomerular filtration rate are the Cockcroft-Gault (CG) formula for creatinine clearance and the Modification of Diet in Renal Disease (MDRD) equation. The MDRD equation, published in 2000 and 2005, may be used for drug-dosing adjustment in renal impairment in replacement of Cockroft-Gault equation. Are these two formulas interchangeable?Twenty relevant studies or reviews measuring the two options were selected for this study.This study revealed that significant problems arose due to the formulations for estimating renal function and drug dosage. However, the clinical significance of these differences is not yet established. As we pointed out, there was no evidence that allows one to conclude that one option is better than another. Further pharmacokinetic studies in patients with impaired renal function using Modification of Diet in Renal Disease equation are necessary to establish drug-dosing guidance.Today, the use of Cockroft-Gault for dosage adjustment is still relevant.
Le réseau épidémiologie et information en néphrologie (REIN) assure depuis 2001 le suivi épidémiologique et la prise en charge de l’insuffisance rénale chronique terminale (IRCT) en France. La connaissance d’indicateurs de qualité de vie (QDV) relative à la santé est capitale afin de mieux comprendre les domaines touchés par la maladie et ainsi proposer des actions appropriées visant à mieux vivre avec sa pathologie. Dans ce contexte, deux études transversales visant à estimer le niveau de QDV liée à la santé des patients en IRCT ont été mises en place en 2005 (enquête dialyse) et 2007 (enquête greffe) sur un échantillon de patients français, puis reconduites en 2011. L’objectif de cet article est de comparer ces deux enquêtes et d’analyser l’évolution de la qualité de vie des patients atteints d’IRCT entre ces deux enquêtes.Les études ont été réalisées sur un échantillon représentatif de sujets âgés de 18 ans et plus, prévalents dialysés (quelles que soient les modalités de dialyse) ou porteurs d’un greffon rénal fonctionnel depuis un an, suivis dans un centre de dialyse et/ou de transplantation dans l’une des huit régions françaises sélectionnées. Le recueil des données a été réalisé par auto-questionnaire adressé par voie postale au domicile des patients. La qualité de vie (QDV) a été mesurée par un questionnaire générique, le MOS SF-36 et deux questionnaires spécifiques : le Kidney Disease Quality of Life (KDQOL) version courte pour les dialysés et le ReTransQol V2 (RTQ V2) pour les patients greffés. L’évolution des scores a été réalisée par des analyses multivariées, le calcul d’un score de propension et de pondération afin de prendre en compte les différences de profil des patients entre les périodes d’enquêtes.La QDV s’est légèrement dégradée entre 2005–2007 et 2011, et ce, quel que soit le questionnaire utilisé (générique ou spécifique). Il n’y a cependant que peu de dimensions affectées, avec 2 ou 3 domaines par outils de mesure. Pour le SF-36, ce sont les dimensions « santé générale », « douleurs physiques » ainsi que « vie et relation avec les autres » qui diminuent de manière significative (−3,2, −3,7 et −3,8 points). Pour les questionnaires spécifiques, la dimension « traitement » du RTQ V2 est la plus affectée (−2,5 points), ainsi que la dimension « symptôme/problèmes » du KDQOL (−2,4 points). La variation des scores de QDV est peu signifiante dans l’ensemble, allant de −1,6 point à −3,8 points pour la plus forte baisse, selon les méthodes statistiques utilisées. Cette diminution reste toujours inférieure au seuil des 5 points considérés comme cliniquement signifiant.La qualité de vie chez les patients dialysés ou greffés s’est légèrement dégradée entre 2005–2007 et 2011. Le recueil des dernières données de notre étude ayant été réalisé dès la fin du plan pour l’amélioration de la qualité de vie des personnes atteintes de maladies chroniques 2005–2011, le bénéfice du plan paraît donc difficile à évaluer dans sa globalité.The Epidemiology Network and Nephrology Information provides since 2001 the epidemiological monitoring of end stage renal disease (ESRD) in France. Two cross-sectional studies to estimate the level of quality of life in ESRD patients were performed in 2005 and 2007 and repeated in 2011. The main objective is to analyze the evolution of the quality of life of ESRD between these two surveys.The studies were conducted on a representative sample of subjects aged 18 and over, prevalent dialysis or holders of a functioning kidney transplant last year, followed in center dialysis and/or transplantation in one of the eight French regions selected. The quality of life was measured by a generic questionnaire, and two specifics questionnaires.The evolution of the quality of life deteriorated slightly between 2005–2007 and 2011. There is however few dimensions affected. The variation in scores is not meaningful in general, with maximum decreases less than 4 points according to the statistical methods used. This diminution is not clinically significant.The quality of life in dialysis patients or transplant did not evolve between 2005–2007 and 2011. Currently, it is difficult to assess the benefits of the national plan for improving the quality of life of people with chronic diseases because the last data are too close to the end of the plan.
La fibrose rétropéritonéale (FRP) est une maladie rare aux étiologies multiples. Notre objectif était d’analyser les stratégies diagnostiques, la répartition nosologique, le suivi, le traitement et le pronostic.Étude rétrospective de cohorte d’un centre universitaire.Dix-huit patients (11 hommes) ont été suivis entre 1996 et 2009. Le chiffre inaugural de CRP était élevé dans tous les cas. Le scanner, associé ou non à l’IRM et au TEP 18-FDG, a confirmé le diagnostic chez 15 patients. Trois patients ont eu une biopsie à visée diagnostique. Dix patients présentaient une forme secondaire : vascularite systémique (granulomatose avec polyangéite, n = 1, maladie de Takayasu, n = 2), fibrose systémique disséminée avec thyroïdite de Riedel (n = 1), périaortite athéromateuse (n = 6). Quinze patients ont été traités par corticoïdes avec une durée moyenne de traitement de 60 mois (12–228 mois). Les patients présentant une vascularite étaient, au diagnostic, plus jeunes avec un syndrome inflammatoire plus important ; ils ont présenté des rechutes et une corticodépendance plus fréquentes. Un traitement immunosuppresseur n’a été associé que dans les formes secondaires à une vascularite. Il n’y a eu aucun décès avec un recul de 6 ± 2 ans.Un panel large d’examens complémentaires a permis de définir le caractère secondaire de la FRP dans 60 % des cas. Le risque de rechutes et la réponse au traitement semblent conditionnés par la cause de la fibrose, justifiant un bilan initial systématique.Retroperitoneal fibrosis (RPF) is a rare disease with an expanding etiologic spectrum. We aimed to analyze non-invasive diagnosis strategy, associated disorders, monitoring, treatment and prognosis.Retrospective cohort study in a single tertiary center.Eighteen RPF cases (11 males) followed between 1996 and 2009 were reviewed. Blood CRP level was high in all cases before treatment. CT scan, associated or not with MRI or 18-FDG PET-scan, confirmed the diagnosis in 15 patients. Histological analysis of a surgical biopsy specimen was performed in only three cases. Ten patients suffered retroperitoneal fibrosis secondary to systemic vasculitis (granulomatosis with polyangeitis, n = 1, Takayasu aortitis, n = 2), systemic fibrosis with Riedel thyroiditis (n = 1) and atheromatous periaortitis (n = 6). Fifteen patients were treated with corticosteroids with a mean treatment duration of 60 months (12–228). Dependency to corticosteroids was recorded in ten patients. Patients with fibrosis related to vasculitis were younger, had a higher CRP level, more frequent corticosteroid dependency and a higher relapse rate. Relapses were successfully treated with steroids. Immunosuppressive treatment was only prescribed in the setting of systemic vasculitis. No patient died, after a 6 ± 2 years follow-up. Late relapses could occur, sometimes years after steroid therapy cessation.In our study, RPF occurred as a secondary disorder in 60% of the cases. Disease extension, relapse rate and treatment response varied according to the underlying cause of RPF, pleading for an extensive and systematic initial assessment. Since no death or end-stage renal insufficiency was observed, RPF might be considered as a steroid-sensitive and benign disorder.
Le bilan rénal permet d’évaluer la fonction rénale, notamment chez les personnes âgées et avant l’instauration ou le suivi de certains médicaments, en particulier ceux à élimination rénale et/ou néphrotoxiques. Il permet également d’analyser l’efficacité de la dialyse. Une variabilité inter- et intra-individuelle des paramètres doit être prise en compte.
Jacques Mirouze a eu trois vies professionnelles, celle d’un néphrologue pionnier de la dialyse, celle d’un diabétologue novateur audacieux et, enfin, celle d’un éminent responsable universitaire de notre pays. Sa foi inébranlable dans le progrès des techniques au service des hommes et de la maladie, et sa créativité alimentée par une grande curiosité intellectuelle, l’ont conduit à être un acteur du développement du rein artificiel, puis, 20 ans plus tard, du pancréas artificiel, de la suppléance insulinique continue par pompe portable ou implantable dans le diabète de type 1. Le grand universitaire a reçu nombre de distinctions internationales, dont le prix Claude Bernard. Ses dons de leader et d’organisateur l’ont amené à présider toutes les sociétés scientifiques de néphrologie, d’endocrinologie, de nutrition, et de diabétologie, auxquelles il a appartenu. Doyen, Président de la Conférence des Présidents d’Universités, il a atteint les plus hautes responsabilités universitaires de notre pays.Jacques Mirouze has seen three successive lifes, the one as pioneer nephrologist for dialyses, then as bold innovatory diabetologist and, finally, as eminent university person. His unshakeable faith in medical technical progress being in the service of humans and diseases and his creative intellectual curiosity pushed himself to be a main actor for developing artificial kidney and, 20 years later, artificial beta-cell, continuous insulin therapy using portable or implantable pumps in type 1 diabetics. As international prizewinner he was especially distinguished by the Claude Bernard Prize. Dean, President for the French National Conference of University Presidents, he exercised the highest responsibilities at University.