L’anesthésie-réanimation (AR) est l’une des spécialités qui fait le plus appel à un mode de fonctionnement intérimaire en raison de la pénurie de praticiens. Les internes d’AR peuvent assurer des remplacements, cette pratique étant encadrée par le Code de santé publique. Nous avons conduit une enquête de pratique dans plusieurs centres multicentriques à partir d’un questionnaire diffusé par mail auprès de tous les étudiants inscrits au DESAR via leur coordinateur local d’enseignement. Cent soixante-deux réponses ont été obtenues, près de 60 % des répondants effectuaient des remplacements en clinique. La motivation principale était d’ordre financier. Deux centres hospitaliers universitaires sur 28 proposaient un examen certifiant avant de débuter les remplacements. La localisation du chariot d’intubation difficile n’était pas connue par 9,3 % des répondants, celle du chariot de procédure d’urgence par 39,2 % d’entre eux. Près de deux tiers des répondants ont pratiqué des gestes ou interventions auxquels ils n’avaient jamais été confrontés auparavant et 40,3 % avaient déjà assumé la responsabilité de plus de deux salles d’intervention simultanément. Lors de l’embauche, 24,7 % des internes n’avaient pas présenté leur licence de remplacement ; 67 % n’avaient pas présenté leur assurance professionnelle et 49,5 % n’avaient pas signé de contrat de travail. L’anticipation des événements à risque est au cœur du métier d’anesthésiste. La méconnaissance des locaux, du matériel et du personnel peut mettre en défaut ce point. Many residents in anaesthesia have a practice of replacement of their colleagues in private institutions. This practice is governed by the public health code. We sought to assess the working condition of residents during their replacement, their approach of risk management and their knowledge of medico-legal risks in a multicentre survey distributed by mail to all the French residents: 162 responses were obtained, 59.9% of the responders performed a replacement. The main reason was retrieving financial incomes. Two out of 28 university hospitals offered a certified examination before beginning the replacement. The location of the difficult intubation trolley was not known by 9.3% of the responders and that of the emergency procedure trolley by 39.2% of them. Almost two thirds of the responders had already performed actions or interventions that they had not encountered during their training and 40.3% had already assumed responsibility for more than two operating rooms simultaneously. At the time of hiring, 24.7% had not submitted their replacement license; 67.0% had not submitted their professional insurance and 49.5% had not signed an employment contract. Anticipating at-risk events is the main worry of anaesthesiologists. Unfamiliarity with premises, equipment and personnel may defeat this point.
Background: End-tidal target-controlled inhalational anaesthesia (TCIA) with halogenated agents (HA) provides a faster and more accurately titrated anaesthesia as compared to manually-controlled anaesthesia. This study aimed to measure the macro-economic cost-benefit ratio of TCIA as compared to manually-controlled anaesthesia.Methods: This retrospective and descriptive study compared direct drug spending between two hospitals before 2011 and then after the replacement of three of six anaesthesia machines with TCIA mode machines in 2012 (Aisys carestation (R), GE). The direct costs were obtained from the pharmacy department and the number and duration of the anaesthesia procedures from the computerized files of the hospital.Results: The cost of halogenated agents was reduced in the hospital equipped with an Aisys carestation (R) by 13% as was the cost of one minute of anaesthesia by inhalation ((sic)0.138 and (sic)0.121/min between 2011 and 2012). The extra cost of the implementation of the 3 anaesthesia machines could be paid off with the resulting savings over 6 years.Discussion: TCIA appears to have a favourable cost-benefit ratio. Despite a number of factors, which would tend to minimise the saving and increase costs, we still managed to observe a 13% savings. Shorter duration of surgery, type of induction as well as the way HA concentration is targeted may influence the savings results obtained. (C) 2016 Societe francaise d'anesthesie et de reanimation (Sfar). Published by Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
L’objectif, de cet article de synthèse, est de décliner le concept de damage control (DC) à la pédiatrie, de la phase initiale préhospitalière à la phase hospitalière, en insistant sur les implications des spécificités physiopathologiques sur la prise en charge. Type d’article : mise au point. Source des données : recherche dans la base de données Medline des articles et des revues générales de langue française et anglaise, et documents personnels. Dans les grands principes, le damage control ground zero, le damage control ressuscitation et le damage control chirurgical appliqués à la pédiatrie, utilisent les mêmes concepts et techniques que chez l’adulte, malgré une littérature peu documentée. L’optimisation de la prise en charge du choc hémorragique, et singulièrement la lutte contre la coagulopathie, reste au centre des préoccupations. Les particularités pédiatriques se caractérisent par des objectifs, en particulier hémodynamiques, différents, et impliquent de disposer de matériel adapté à l’âge et au poids de l’enfant. L’extension du paradigme de DC concerne tous les enfants présentant un choc hémorragique avec un saignement non contrôlé. Les spécificités de cette prise en charge ne doivent pas modifier les grands principes de celle des enfants polytraumatisés et plus particulièrement des enfants traumatisés crâniens graves. Un contexte émotionnel particulièrement difficile impose également une organisation spécifique pour l’accueil des parents et des familles.The goal of this review is to decline the concepts of damage control (DC) which could be applied in pediatrics starting from the prehospital setting (DC ground zero), including DC resuscitation and DC surgery. These concepts should be adapted considering the impact that pathophysiological particularities of children could have on management. Article type: review. Data source: Medline database search for articles published in French or in English, review articles and personal data. Despite a poorly documented literature, using the same philosophy and techniques than in adults, DC ground zero, DC resuscitation and DC surgery could be implemented in pediatric trauma population. Optimization of the management of hemorrhagic shock remains the key concern, focused on coagulopathy prevention and treatment, permissive hypotension and small volume resuscitation. Pediatric features are characterized by resuscitation goals, especially hemodynamic objectives, which are different from adults, and require equipment adapted to the child's bodyweight and age. Application of the damage control paradigm to pediatrics should be promoted and developed in children with hemorrhagic shock related to uncontrolled bleeding. This particularly difficult emotional context also commands a specific organization, including a dedicated multi-purpose treatment area and psychological support, to welcome afflicted parents and families. However, this specific DC management must not be applied in children with blunt trauma and stable hemodynamic status, and particularly not in those with severe traumatic brain injury.
Les multiples appels reçus par l'anesthésiste durant une activité de garde sont souvent perçus comme inadaptés et gênants. En 2012, dans notre centre 65,3 % des appels provenant des services concernaient directement l'activité de bloc [1]. L'activité hors bloc générée par les autres appels était composée de 49 % de gestion de complications médicales aiguës, de 10 % de gestion de complications chirurgicales aiguës et de 39 % de complications chroniques. Seulement 15 % de ces appels concernaient une réelle situation d'urgence. Vingt pour cent des appels étaient régulés par le centre 15. L'absence d'organisation de ces appels occasionnait fréquemment des retards de prise en charge. L'objectif de ce travail était d'évaluer l'impact de la mise en place d'un algorithme décisionnel pour l'appel de l'anesthésiste de garde auprès des équipes soignantes des services de chirurgies. Un objectif secondaire était d'évaluer l'impact de l'instauration de DECT de garde dédiés en remplacement de bippers aléatoires. Un algorithme d'appel de l'anesthésiste de garde a été établi (Fig. 1). L'ensemble des personnels para-médicaux des services de chirurgie et de soins intensifs, ainsi que les équipes de régulation du SAMU ont alors été formés à son application. Après une période de plusieurs mois, les anesthésistes de garde devaient recueillir tous les appels reçus à l'aide d'une fiche préétablie, la même qu'en 2012. Les données obtenues en 2014 ont été comparées à celles de 2012. Un expert indépendant devait classer les appels Hors Blocs selon une grille préétablie. Les variables qualitatives ont été comparées à l'aide d'un test de Chi2. En 2012 un total de 403 appels ont été répertoriés contre 166 en 2014 sur la même période de 3 mois (p < 0,0001). La distribution des appels Bloc–Hors Bloc n'a pas varié (p = 0,3184). Les appelants sont les mêmes en 2014 qu'en 2012 (p = 0,8557). Aucun appel n'a été régulé par le centre 15. Quel que soit l'horaire d'appel le délai de réponse a été réduit (p < 0,0001). Les internes étaient plus souvent appelés en 2014 (p < 0,0001). Les appels inadaptés ont disparus (Fig. 2, p < 0,0001). L'instauration d'un algorithme d'appel de l'anesthésiste de garde dans les services associée à une ligne de communication dédiée permet une épargne d'une charge de travail, un délai de réponse plus court et une réorientation des appels vers le personnel le plus disponible.
Le but de cette enquête était de savoir comment était appliqué un consensus longtemps après sa publication. Nous avons choisi le consensus SRLF-SFAR de 1999 sur le traitement de l'acidose métabolique. L'objectif secondaire était de décrire les habitudes de prescription de bicarbonates en France. Il s'agissait d'une enquête réalisée par questionnaire d'autoévaluation, anonyme, de 12 questions fermées, à choix unique ou multiple, rédigé sur le site Internet (https://drive.google.com) et consultable par l'intermédiaire d'un lien direct envoyé par email. L'email a été envoyé en France à partir de la liste de diffusion personnelle des médecins anesthésistes réanimateurs de notre service. Les variables qualitatives ont été comparées par test de Chi2 ou test exact de Fisher. Le seuil de significativité retenu était de 0,05. Quatre cent cinq MAR (médecin anesthésiste réanimateur) ont répondu au questionnaire. Les résultats sont donnés dans le Tableau 1. Un quart des MAR prescrivent des bicarbonates dans l'acidose lactique au cours d'un état de choc, ce qui n'est pas consensuel. Les autres indications de prescription de bicarbonates sont respectées. La conférence de consensus a eu un impact plus important sur les jeunes générations que sur les anciennes (p = 0,009) et en réanimation plus qu'au bloc opératoire (p < 0,001). Vingt et un pour cent des MAR utilisent le modèle de Stewart en réanimation ; ils prescrivent moins de bicarbonates dans l'acidose métabolique au cours de l'état de choc (p = 0,038). L'utilisation d'un seuil de pH comme guide à la prescription de bicarbonate reste une pratique courante pour plus de 50 % des MAR avec un seuil préférentiel de pH < 7,10 (p < 0,001). La conférence de consensus de 1999sur la correction de l'acidose métabolique est bien appliquée. Particulièrement par les jeunes MAR et par ceux exerçant en réanimation.
BackgroundThe mechanism of action of acetaminophen remains unclear. One hypothesis involves an interaction with the serotoninergic system. Antagonists to serotonin (5-HT)(3) receptors (setrons) have antiemetic properties. Therefore, co-administration of acetaminophen and a setron could lead to a decrease or a loss of acetaminophen analgesic effects. The aim of this study was to demonstrate such an interaction.MethodsParatron is a prospective, randomized, controlled, double-blind, parallel group trial. All children aged 2-7years (n=69) scheduled for a tonsillectomyadenoidectomy received intraoperative acetaminophen with ondansetron or droperidol. Pain scores [Children's Hospital of Eastern Ontario Pain Scale (CHEOPS)], morphine consumption and the incidence of post-operative nausea and vomiting (PONV) were measured for 24h following surgery.ResultsPain scores were not different at all times between the groups but median morphine consumption (g) in recovery was 322.5 [interquartile range (IQR) 0.0-500.0] and 0 (IQR 0-0) in the ondansetron (n=35) and droperidol (n=34) groups, respectively (p=0.004). The percentages of patients who received morphine titration were 57.1% and 20.6% in the ondansetron and droperidol groups, respectively (p=0.008). No significant difference was found for PONV.ConclusionsAn interaction between acetaminophen and ondansetron is suggested, with children receiving three times more morphine during pain titration in the recovery room. More studies are necessary to evaluate whether this finding is clinically relevant enough to preclude the simultaneous perioperative administration of both drugs in the future.
Amniotic fluid embolism may occur during any maternal delivery. This serious condition can lead to cardiac arrest. We report a case where extracorporeal life support (ECLS) was used by the circulatory support mobile unit for a patient suffering from a cardiac arrest due to amniotic fluid embolism. This patient had many good prognosis criteria: absence of no flow, reversible cause of cardiac arrest, availability of a circulatory support mobile team, signs of life per-RCP, EtCO2 > 10 mmHg during CPR. Despite a low flow period of 55 minutes, the patient survived without neurological sequelae.
Objective: To evaluate whether the Script Concordance Test (SCT) can discriminate between levels of experience among anesthesiology residents and attending physicians.Study type: Multicenter (Toulouse, Nantes, Bordeaux and Limoges), prospective, observational study.Patients and methods: A SCT made of 60 items was used to evaluate "junior residents" (n = 60), "senior residents" (n = 47) and expert anesthesiologists (n = 10).Results: There were no missing data in our study. Mean scores (+/- SD) were 69.9 (+/- 6.1), 73.1 (+/- 6.5) and 82.0 (+/- 3.5) out of a potential score of 100 for "junior residents", "senior residents" and expert anesthesiologists, respectively. Results were statistically different between the 3 groups (P = 0.001) using the Kruskall-Wallis test. The Cronbach's alpha score was 0.63.Conclusions: The SCT is a valid and useful tool for discriminating between anesthesia providers with varying levels of experience in anesthesiology. It may be a useful tool for documenting the progression of reasoning during anesthesia residency. (C) 2015 Societe franc, aise d'anesthesie et de reanimation (Sfar). Published by Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
En chirurgie cardiaque, le risque hémorragique est important et nécessite une surveillance du taux d’hémoglobine. Les techniques de prélèvement sanguin ont le désavantage de ne pas être continues. Ce n’est pas le cas de la Co-oxymétrie de pouls (SpHb, Rainbow Radical-7®MasimoCorp). La surveillance continue de la SpHb est précise et valide au bloc opératoire [1], [2]. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’intérêt de la SpHb au cours d’une chirurgie cardiaque avec circulation extracorporelle (CEC). Il s’agissait d’une étude prospective observationnelle et monocentrique. Chaque patient du bloc opératoire de chirurgie cardiaque bénéficiait d’un cathéter artériel et d’une surveillance continue de SpHb. Un prélèvement sanguin artériel était réalisé à différent temps opératoire (1- après l’induction, 2- début de CEC et 3- postopératoire immédiat). Il permettait la surveillance du taux d’hémoglobine par le laboratoire central d’hématologie (Siemens ADVIA 2120i, Hblab) ainsi que sur gaz du sang (ABL 800 FLEX, Hbgds). Sur la fin du culot du gaz du sang, un Hémocue était réalisé (HemoCue 201®, HbHC). La précision absolue des méthodes déportées par rapport à Hblab a été évaluée par la méthode de Bland et Altman, un test de corrélation intra-classe et une régression de corrélation. D’avril à juin 2014, après l’accord du comité d’éthique d’établissement et recueil du consentement des patients, tous les patients consécutifs (59 patients) devant bénéficier d’une chirurgie cardiaque avec CEC programmée ont été inclus. Les résultats sont présentés dans le Tableau 1 et sur la Fig. 1. Huit prélèvements d’Hblab n’ont pas été réalisés en début de CEC. Il était impossible de recueillir des données SpHb chez deux patients (3,4 %) à l’induction, pour 21 patients (35,6 %) en début de CEC et pour quatre patients (6,8 %) en postopératoire. La SpHb est concordante à l’Hblab. ; elle a l’avantage d’être continue. Son utilisation n’a pas été possible en per-CEC dans un tiers des cas, les variations de pressions transmises par la pompe n’étaient pas suffisantes à l’acquisition du signal. La concordance avec Hblab est plus faible per-CEC. L’intérêt pour la surveillance postopératoire est probable.
La classe terapeutica degli agenti alogenati utilizzati in anestesia comporta l’alotano e l’enflurano, abbandonati a vantaggio di agenti più recenti: l’isoflurano, il sevoflurano e il desflurano, meno solubili nei tessuti e meglio tollerati dal sistema cardiovascolare. Le differenze farmacodinamiche tra questi tre agenti sono modeste e la loro tossicità può essere considerata quasi nulla, anche per il sevoflurano, malgrado la sua degradazione in composto A nefrotossico da parte delle basi forti contenute nella calce di sodio. Dei dati recenti chiamano in causa gli alogenati nei disturbi delle acquisizioni cognitive nel bambino. Il sevoflurano e il desflurano, gli agenti più recenti, sono caratterizzati da una cinetica più rapida. I vantaggi clinici che ne derivano, rapidità dell’induzione e del risveglio e maggiore maneggevolezza, devono essere controbilanciati da un costo quattro volte più elevato di quello dell’isoflurano. Questi due agenti devono, quindi, essere prioritariamente utilizzati in circuito chiuso con un flusso di gas fresco il più ridotto possibile. La riduzione di flusso di gas fresco non diminuisce per nulla la maneggevolezza degli agenti meno solubili come il desflurano. Nuovi respiratori comparsi sul mercato consentono la somministrazione degli alogenati a obiettivo di concentrazione; essi consentono un’economia di agenti alogenati e una riduzione del carico di lavoro. Il sevoflurano, meno acre, può essere utilizzato per l’induzione in maschera nell’adulto come nel bambino. Gli effetti emodinamici, così come la comparsa, talvolta, di un’attività epilettiforme, al momento dell’utilizzo di questa tecnica, meritano di essere valutati meglio in alcuni gruppi di pazienti.
Roger, L.1; Cros, J.1; Boulogne, P.1; Ponsonnard, S.1; Nathan, N.1; Beaulieu, P.2 Author Information
Objectives. - To describe the current use of epidural anesthesia (EA) apart from obstetrics, and to explain the reasons of its low utilization.Study design. - Observational study.Methods. - A survey of practice with a self-questionnaire was sent by e-mail and available on Internet. Answers were compared between groups doing or not an epidural analgesia with exact Fisher tests (P < 0.05 statistically significant).Results. - Among the 176 anesthesiologists who answered to the questionnaire, only 21.4% never used epidural analgesia. The main reasons were alternatives therapeutics such as PCA with opioids or TAP block (24/38 vs. 46/140). TAP block was the most common alternative used by more than 50% of anesthesiologists. Loss of competence (4/30 vs. 0/39) was rarely the reason to its low utilization. The low accessibility to specialized postoperative units was recognized in both groups as a limiting factor to do an epidural but not the fear of neurological complications. Those who never perform epidural analgesia were statistically more often physicians between 40 and 50 years (12/38 vs. 19/140). Heparin, aspirin and clopidogrel are no longer contraindications according to anesthesiologists less than 40 years old (50/68 vs. 31/68; 44/68 vs. 31/68; 37/68 vs. 23/68 respectively) but not for older.Conclusions. - Epidural analgesia is performed more often by younger anesthesiologists. This survey suggests the need of specific postoperative area to allow anesthesiologist to perform and supervise safely this technique. Recommendations of the French society of Anesthesiologists are also poorly applied. (C) 2014 Societe francaise d'anesthesie et de reanimation (Sfar). Published by Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
Introduction Deux enquetes recentes mettent en evidence un retentissement des conditions de travail sur la sante psychoaffective des personnels de bloc operatoire [1,2] . Le but de cette etude etait d’evaluer l’impact des contraintes de travail sur la sante des medecins anesthesistes (MAR) et du personnel non medical (PNM) d’un service d’anesthesie de CHU. Materiel et methodes Cette etude observationnelle, transversale, descriptive et comparative a ete menee de juillet a septembre 2013. Un autoquestionnaire anonyme a ete adresse a chaque membre du service. L’echelle de Maslach Burn-Out Inventory (MBI) a permis de reperer les personnes en etat d’epuisement emotionnel eleve (EEE). L’EEE etait defini par un score MBI a plus de 27. Le niveau de stress etait recherche grâce a l’echelle de mesure de stress psychologique MPS-9. Une echelle de Karasek a permis de definir les modalites de travail : passif, detendu, surcharge ou dynamique. Un depistage des troubles musculo squelettique (TMS) a ete effectue grâce a la partie specifique du questionnaire TMS de l’Institut Nationale de Recherche en Sante. La comparaison des frequences a ete effectuee par un test de Khi 2 . Resultats Quatre-vingt-deux reponses (51,2 % de participation ; sex-ratio 0,46 ; 40,7 ± 10,4 ans ; 24,4 % de MAR et 75,6 % de PNM) ont ete obtenues. Un EEE a ete objective chez 18,8 % des repondants (35 % des MAR et 13,3 % des PNM). Toutes les personnes presentant un EEE avaient un etat de stress excessif. Un etat de stress excessif etait observe chez 79,0 % des MAR et 54,1 % des PNM. L’EEE eleve s’accompagnait plus de TMS cervicaux (75 % vs. 58,2 %, p = 0,0001), vertebraux thoraciques (80,0 % vs. 47,7 %, p p p Tableau 1 . Discussion Ce type d’enquete permet d’identifier les facteurs critiques d’amelioration de l’organisation du travail au sein d’un service d’AR pour ameliorer la sante au travail en anesthesie.
Décrire l’utilisation actuelle de l’analgésie péridurale (APD), en dehors de l’obstétrique, et les raisons de sa non-utilisation. Étude observationnelle. Enquête de pratique par autoquestionnaire envoyé par e-mail et disponible sur Internet. Comparaisons des réponses au questionnaire entre deux groupes de répondants pratiquant ou non l’APD par le test exact de Fisher. Parmi les 178 anesthésistes-réanimateurs ayant répondu au questionnaire, seuls 21,4 % ne pratiquait jamais l’APD. Les principaux motifs invoqués étaient l’existence d’alternatives d’épargne morphinique aussi efficaces (24/38 vs 46/140) et l’absence de structure d’aval adaptée (17/30 vs 21/39) plus que la perte de compétence technique. Le TAP bloc était l’alternative utilisée par plus de 50 % des anesthésistes-réanimateurs. La difficulté d’avoir une structure de prise en charge postopératoire était reconnue comme un facteur limitant sa réalisation mais pas la peur d’une complication neurologique. Ceux qui ne faisaient jamais cet acte étaient plus représentés dans la catégorie entre 40 et 50 ans (12/38 vs 19/140). Les moins de 40 ans étaient plus enclins à réaliser une APD en cas de prise d’héparine, d’aspirine et de clopidogrel, sous réserve de précautions (50/68 vs 31/68 ; 44/68 vs 31/68 ; 37/68 vs 23/68 respectivement). L’anesthésie péridurale à visée analgésique reste une technique pratiquée par la majorité des médecins de cette enquête. Le développement des structures d’aval et une meilleure application des recommandations de la Société française d’anesthésie et de réanimation (Sfar) devraient permettre à cette technique de prendre sa place méritée. To describe the current use of epidural anesthesia (EA) apart from obstetrics, and to explain the reasons of its low utilization. Observational study. A survey of practice with a self-questionnaire was sent by e-mail and available on Internet. Answers were compared between groups doing or not an epidural analgesia with exact Fisher tests (P < 0.05 statistically significant). Among the 176 anesthesiologists who answered to the questionnaire, only 21.4% never used epidural analgesia. The main reasons were alternatives therapeutics such as PCA with opioids or TAP block (24/38 vs. 46/140). TAP block was the most common alternative used by more than 50% of anesthesiologists. Loss of competence (4/30 vs. 0/39) was rarely the reason to its low utilization. The low accessibility to specialized postoperative units was recognized in both groups as a limiting factor to do an epidural but not the fear of neurological complications. Those who never perform epidural analgesia were statistically more often physicians between 40 and 50 years (12/38 vs. 19/140). Heparin, aspirin and clopidogrel are no longer contraindications according to anesthesiologists less than 40 years old (50/68 vs. 31/68; 44/68 vs. 31/68; 37/68 vs. 23/68 respectively) but not for older. Epidural analgesia is performed more often by younger anesthesiologists. This survey suggests the need of specific postoperative area to allow anesthesiologist to perform and supervise safely this technique. Recommendations of the French society of Anesthesiologists are also poorly applied.
Introduction L’utilisation des curares est a l’origine de nombreuses complications liees a leur utilisation (anaphylaxie, curarisation residuelle) ou leur non utilisation (bris dentaire, inhalation). Peu d’etudes analysent la balance cout-benefice-risque associee a l’utilisation des curares. L’objectif de ce travail est de montrer l’impact de formations sur la curarisation sur les depenses pharmacologiques liees aux curares dans un departement d’anesthesie de CHU. Materiel et methodes Les analyses de pratiques professionnelles sur la curarisation de 2010 (n = 163), 2012 (n = 142) et 2013 (n = 125) ont ete confrontees au bilan annuel des declarations informatiques des complications graves de l’anesthesie et aux depenses liees a la curarisation a partir des donnees pharmaceutiques. Les differences entre les periodes ont ete analysees par un test de Fisher. Resultats Une modification profonde des pratiques est observee entre 2010 et 2013 ( Tableau 1 ). Les consommations de succinylcholine et de prostigmine ont ete multipliees par 2 et celle de sugammadex a augmente de 26 %. Parallelement, une rationalisation de l’utilisation des curares et de leurs antagonistes a ete observee. Les depenses de sante liees a la curarisation ont diminue de 10 % alors que l’activite est restee stable. Une modification de la morbidite liee a la curarisation n’a pas ete mise en evidence. Discussion L’amelioration des pratiques s’accompagne ici d’une reduction des couts de sante. L’impact en termes de securite des soins est plus difficile a objectiver; il necessite le recours a d’autres outils (CREX, RMM…).