La présence de détrusor dans l’analyse d’une résection transurétrale de tumeur vésicale est considérée comme un critère de qualité de résection. Cependant, dans le cas des tumeurs pTaLG, il n’est pas recommandé de répéter la résection en l’absence de muscle car ces tumeurs ont un faible potentiel invasif. Pour les tumeurs pTaHG, l’intérêt d’une re-résection en l’absence de détrusor n’est pas évaluée à ce jour. Il s’agit d’une étude multicentrique rétrospective menée dans 11 centres de référence. Elle a inclut 542 patients avec une TVNIM pTaHG traitée par résection transurétrale entre janvier 2010 et décembre 2018. 123 patients ont été exclus en raison d’une première résection macroscopiquement incomplète ou de données manquantes. L’analyse de survie sans récidive et de survie sans progression en fonction de la présence de détrusor et du stade anatomopathologique lors de la re-résection ont été réalisées selon la méthode de Kaplan-Meier (Log-Rank) et le modèle de régression de Cox. L’analyse principale porte sur 418 patients. Chez 53 patients (12,7 %) il n’y avait pas de détrusor sur la pièce de résection transurétrale. Dans les 365 autres cas (87,3 %), le détrusor était présent et non envahi par la tumeur. La présence de CIS et de LVI étaient prédictifs de récidive. La présence de muscle n’avait pas d’impact ni sur la survenue d’une récidive ni d’une progression tumorale ( p = 0,22 et p = 0,91). Sur les 53 patients sans détrusor présent, 29 (54,7 %) ont eu une résection de second-look. Cette re-résection n’avait pas non plus d’impact sur la survie sans récidive (log-rank p = 0,13). L’absence de détrusor sur la pièce de résection d’une tumeur pTaHG ne semble pas changer l’évolution naturelle de la maladie. Par ailleurs, le second look chez certains des patients ne modifie pas cette relation. Il semblerait donc qu’il n’est pas utile de systématiquement re-réséquer les patients avec une tumeur pTaHG sans détrusor présent.
Les TVNIM à haut risque nécessitent un traitement initial optimal incluant une re-résection pour les tumeurs T1 pour diminuer le risque de sous-stadification. Cependant, les données de la littérature sont controversées concernant l’intérêt de cette procédure pour les tumeurs Ta de haut grade. Nous avons évalué le devenir oncologique des patients présentant une tumeur Ta de haut grade en fonction de la réalisation d’une re-résection. Nous avons mené une étude multicentrique rétrospective incluant 495 patients présentant une TVNIM Ta de haut-grade traités de façon curative par résection transuréthrale entre 2004 et 2018. Parmi ceux-là, 240 (53,7 %) ont eu une re-résection. 39 patients ont été exclus en raison d’une première résection macroscopiquement incomplète. Les résultats oncologiques comme la survie sans récurrence et la survie sans progression furent analysés en fonction de la persistance ou non de maladie résiduelle et selon le stade anatomopathologique lors de la résection second look, selon la méthode de Kaplan-Meier et la régression de Cox. Parmi les 240 patients (53,7 %) ayant eu une re-résection, aucun n’a été restadifié en tumeur de vessie infiltrant le muscle. 89 patients (37 %) présentaient de la maladie résiduelle à la deuxième résection dont 20 furent restadifiés en T1(8,3 %), 57(23,7 %) patients présentait de la tumeur résiduelle Ta et 12 patients du carcinome in situ isolé (5 %). Pendant le suivi de 39 mois (moyenne), 77 patients (32,3 %) ont présenté une récidive de la maladie et 29 (12,1 %) une progression vers une tumeur de vessie infiltrant le muscle. La réalisation d’une re-résection transuréthrale de vessie n’était pas associée à une diminution du risque de récidive (p = 0,2) et de progression (p = 0,6) (Tableau 1, Tableau 2, Fig. 1). Contrairement aux TVNIM T1, nous n’avons pas démontré d’impact sur les résultats oncologiques de la présence de maladie résiduelle et du stade anatomopathologique (pTa,pTis,pT1) à la re-résection. Bien que rétrospectives, ces données soutiennent les recommandations de l’AFU qui ne préconise pas de résection de réévaluation pour les tumeurs Ta de haut grade.