La recherche de néoplasie fait partie intégrante du bilan prétransplantation. Le cancer de la prostate étant le cancer le plus fréquent chez l’homme, son surdiagnostic chez les candidats à la transplantation pourrait réduire l’accès à la transplantation sans bénéfices oncologiques. Une gestion optimale du cancer de la prostate chez les candidats est donc essentielle afin de limiter l’impact de son diagnostic chez les patients sur liste d’attente pour transplantation rénale. Les données actuelles indiquent que le choix de traitement du cancer de la prostate pour des formes localisées avait peu d’impact sur l’accès et les résultats de la transplantation rénale. De plus, la surveillance active chez les patients de faible risque était en augmentation, du fait de la possibilité de maintenir un accès à la transplantation rénale sans résultats négatifs sur le plan oncologique.
Introduction Le traitement de référence pour la sténose urétérale (SU) après une transplantation rénale (TR) est la reprise chirurgicale de l’anastomose, alors que l’alternative est le maintien d’un drainage urinaire à demeure de façon palliative. L’objectif de cette étude a été d’évaluer les résultats de ces deux approches et d’analyser les facteurs influençant le choix du traitement et les résultats à long terme. Méthodes Une étude rétrospective multicentrique a été menée dans trois centres de référence européens, incluant tous les patients TR avec SU entre 2012 et 2023. Nous avons rapporté les caractéristiques des sténoses, des traitements chirurgicaux. Le critère de jugement principal était la fonction rénale (DFG), la survie du transplant, le succès de la chirurgie de reconstruction défini par l’absence de drainage à demeure. Les facteurs associés au succès du traitement et à la variation du DFG ont été analysés par statistique descriptive. Résultats Parmi 30/55 (54,5 %) et 25/55 (44,5 %) patients ont eu respectivement un traitement chirurgical et palliatif. La localisation des sténoses était pyélo-urétérales, urétérales et distales représentant respectivement 7,5 %, 3,8 %, et 86,8 % (p<0,001) des cas. Le DFG au diagnostic était de 32,0 vs 22,0mL/min (p=0,044). La reconstruction comprenait la réimplantation urétéro-vésicale, l’anastomose pyélo-urétérale et urétéro-urétérale dans 36,6 %, 43,3 % et 10,0 % des cas, respectivement. L’interposition d’un segment intestinal a été utilisée dans 6,7 % des cas. Nous avons observé 4 (13,3 %) échecs après chirurgie, correspondant au taux de complications majeures à 90jours (Clavien>2). Dans ce groupe, une reconstruction par l’uretère natif était associée au succès du traitement (100 vs 69,2 %, p=0,026). Une variation significative du DFG du point de référence post-traitement au dernier suivi (61,0 vs 64,0 mois) a été observée dans le groupe palliatif (41,0 à 40,25 p=0,129 contre 43,5 à 32,0, p=0,028, p=0,129 sans différence sur la survie du greffon (90,0 % vs 91,9 %, p=0,341). Conclusion La reconstruction chirurgicale permet un traitement définitif de la SU post-TR chez presque neuf patients sur dix, avec un profil de sécurité satisfaisant. Le succès du traitement n’est pas influencé par les caractéristiques de la sténose. Le traitement palliatif semble associé à une dégradation du DFG, dépendante du temps.
Objectives. - To evaluate the feasibility, efficiency, and predictive factors of therapeutic suc-cess of Vibration, Diuresis and Inversion (VDI) therapy for the removal of upper urinary tract stones.Methods. - It is a retrospective, single-center study at the CHU -La Conception, Marseille, France including all patients treated with VDI from 2013 to 2018. VDI was indicated for stones <6 mm in first-line treatment or for residual fragments <6 mm after ureteroscopy, PCNL, microPCNL. The protocol included 4 sessions in outpatient care from 2013 to 2015 then 6 sessions from 2015 to 2018 and a final radiological evaluation.Results. - In total, 109 patients or 489 sessions are reported: median age was 55 years [14-84], median BMI 25 kg/m2 [15-37], average cumulative size of kidney stones 3 mm +/- 4. VDI was performed after flexible ureteroscopy (62%), SWL (20%), percutaneous treatment (9%) or as first-line treatment (9%). Compliance was 87 %. The median VAS during the session was 0[0-8]. The incidence of post-session renal colic was 4% (all Clavien I). The postoperative fragment free and microfragment rates were respectively 39% and 21%, i.e. an overall success of 60% for kidney stones, and 43% and 21%, i.e. an overall success of 64% for lower pole kidney stones.Conclusion. - VDI is a simple, non invasive and well tolerated technique for the elimination of small renal lithiasis after SWL, ureteroscopy, PCNL or as a first-line treatment.(c) 2022 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
L'implantation du sphincter urinaire artificiel robot-assistée (ISUARA) chez la femme a été initialement décrite par abord antérieur du col vésical. En 2019, nous avons décrit une nouvelle technique d'ISUARA par abord postérieur du col vésical. L'objectif était d'évaluer la faisabilité, la sécurité et l'efficacité de cette procédure. Nous avons revu les dossiers cliniques des patients ayant eu une ISUARA entre mars 2017 et août 2022. Toutes les implantations étaient réalisées par le même chirurgien. Le sphincter artificiel était activé à 5 semaines. Nous avons évalué la faisabilité (absence de laparoconversion) et la sécurité (taux de complication et de ré-intervention). L'efficacité était évaluée à 3 mois et aux dernières nouvelles, avec un stress test, le nombre de protections portées par jour et un questionnaire PGI-I (1 : vraiment beaucoup mieux, 2: beaucoup mieux, 3 : un peu mieux, 4 : aucun changement, 5 : un peu moins bien, 6: beaucoup moins bien, 7 : vraiment beaucoup moins bien). Dix-sept patientes ont eu une tentative d'ISUARA par abord postérieur du col. L'âge médian était de 67 ans [59;73]. Le pad test préopératoire médian était de 505 g/24 h (307 à 1320 g). Une laparoconversion a été nécessaire (mauvaise tolérance du Trendelenbourg). Deux plaies vaginales peropératoires ont été observées. Après un suivi médian de 25 mois, tous les sphincters artificiels étaient fonctionnels. Cinq patientes ont eu des complications de grade 2. Quatre patientes ont eu une réintervention. Dans tous les cas, le stress test était négatif à 3 mois. Aux dernières nouvelles, 11 patientes portaient 0–1 protection de sécurité (65 %), 5 portaient 2 protections/j (29 %) et une patiente en portait 3 à 4/j (5 %). Seize patientes (94 %) reportaient une haute satisfaction avec un PGI-I médian de 1 [1;2]. L'ISUARA avec abord postérieur du col vésical chez la femme était faisable et sûre dans notre expérience. Les Résultats fonctionnels à court terme sont bons et comparables à ceux obtenus par voie ouverte ou par abord antérieur du col vésical par voie robot assistée. Un suivi à plus long terme est nécessaire pour confirmer ces résultats.
Les délais de prise en charge des urgences en urologie après consultation aux urgences sont très variables et nécessitent d'être améliorés. L'objectif principal de notre étude était d'évaluer la faisabilité de la mise en place d'une filière post-urgence en urologie dans un CHU français. Les objectifs secondaires étaient d'évaluer les motifs de consultations post-urgence (CPU) et les délais de prise en charge après celles-ci. Nous avons réalisé une étude rétrospective, incluant l'ensemble des patients programmés dans notre service pour une CPU entre septembre 2022 (mise en place de la CPU) et mai 2023. Une programmation systématique d'imagerie en externe était faite pour les coliques néphrétiques et hématuries lors de la prise en charge aux urgences, avec envoi d'un e-mail au secrétariat d'urologie pour programmer la CPU. Les patients étaient recontactés à j1–2 pour programmation de la CPU à j3–5 pour les coliques néphrétiques et rétentions, et à j7 dans les autres indications. Nous avons évalué la faisabilité de la CPU par le taux de présentation à cette dernière. Entre septembre 2022 et mai 2023, 274 CPU ont été programmées avec un nombre de consultation de 20 à 37/mois, en augmentation depuis sa mise en place. Cent soixante (65 %) rendez-vous ont été honorés, avec aussi une augmentation progressive (20 à 36/mois). Parmi les 160 patients venus, les principaux motifs de consultations étaient la colique néphrétique (CN) (n = 96, 60 %), la rétention aiguë d'urines (n = 26, 16 %), les pathologies infectieuses (n = 20, 13 %) et l'hématurie (n = 11, 7 %). Le délai médian de CPU pour colique néphrétique était de 7 jours [5 ;9] avec 15 patient (44,7 %) avec indication de drainage des urines lors de la CPU. Le délai médian pour l'épreuve de désondage dans les rétentions aiguës d'urines était de 10,5 [7,75 ;16] jours. Le délai médian de cystoscopie pour hématurie était de 34 [24,5 ;44,8] jours. La mise en place de la CPU a été simple et efficace avec des délais de consultations courts. Le principal motif était la CN et la CPU permettait une prise en charge chirurgicale rapide en cas de CN persistante. Les délai de désondage et de cystoscopies semblent concordant avec la littérature mais pourront être améliorés par des créneaux dédiés.
Objective To compare the perioperative complications of patients who underwent flexible ureteroscopy (fURS) for the treatment of urolithiasis according to the type of ureteroscope used, single-use (suURS) or reusable (rURS) flexible ureteroscope. Patients and methods A retrospective and single-center study was conducted between January 2017 and May 2019, including all fURS performed for nephrolithiasis management. During the study period, 5rURS and 1suURS (UscopePU3022) were available. The primary endpoint was the occurrence of 30-days postoperative complications, especially infectious complications, classified according to Clavien-Dindo grading system. Results Overall, 322 consecutive fURS were included corresponding to 186 rURS (57.8%) and 136 suURS (42.2%). Respectively in rURS and suURS groups, the median (IQR) age was 57 (45-65) vs 57 (44-66) years (p=0.75), 83 (44.6%) vs 63 (46.3%) female were included (p=0.82), and median (IQR) Charlson score was 2 (1-3) vs 2 (0-3) (p=0.15). Fifty-one patients (15.8%) developed postoperative complications, 28 patients (15%) in rURS group and 23 patients (17.6%) in suURS group (p=0.64). Most of them (n=47, 92.1% of overall complications) were minor (Clavien I-II). Occurrence of urinary tract infection in suURS group (n=13; 9.5%) was equally comparable with rURS group (n=10; 5.4%), p=0.15. Conclusions Our data suggests that suURS represents a safe alternative to rURS. Compared to reusable devices, UscopePU3022 use was associated with a similar complication rates, however, did not decrease the occurrence of infectious events.
Le reflux vésico-urétéral (RVU) symptomatique (infection, altération de la fonction rénale) concerne 3 % des transplantés rénaux. L’objectif était d’évaluer les Résultats cliniques à long terme du traitement endoscopique du RVU symptomatique chez les receveurs. Étude rétrospective monocentrique conduite entre janvier 2000 et décembre 2020 incluant les patients transplantés rénaux avec RVU symptomatique. La technique d’anastomose urinaire standard était la réimplantation urétéro-vésicale selon Lich-Gregoir. Le RVU a été documenté par une cystographie rétrograde et son caractère symptomatique a été révélé par au moins 1 épisode de PAG. Des injections endoscopiques de Deflux™ ou MacroPlastique™ ont été réalisées par six urologues avec une d’aiguille biseautée. Le critère de jugement principal était le succès clinique, défini comme l’absence de PAG au cours du suivi. Le succès radiologique a été défini comme l’absence de reflux lors de la cystographie de contrôle réalisée à 3 mois. Au total, 117 patients consécutifs ont été inclus : 98 (83.7 %) ont été traités par Deflux™ et 19 (13,6 %) par MacroPlastique™. Après un suivi médian de 11,2 ans, le traitement endoscopique a été cliniquement efficace chez 73 patients (62,4 %) : 64 (65 %) après Deflux™ et 9 (47 %) après MacroPlastique™ (p = 0,19). Un succès radiologique a été obtenu chez 42 patients (36 %). Trente-cinq patients (2,2 %) ont eu une Réimplantation Urétérale (RU) pour un échec du Deflux™ : 21 Réimplantation Pyélo-Urétérale (RPU) et 14 Anastomoses Urétéro-Vésicale (AUV). Le taux de complication ≤ 30 jours postopératoire était de 83 % (29/35), dont 3/35 complications Clavien ≥ 3 (8,5 %). Aucune néphrectomie du rein natif n’a été nécessaire dans le groupe RPU. Après un suivi médian de 7,1 ans, le succès clinique de la RU était de 91,4 % (32/35). Notre étude de cohorte monocentrique a rapporté que le traitement endoscopique du RVU a été une technique simple et bien tolérée. L’efficacité clinique évaluée à 62 % a persisté au cours du suivi. En raison de sa nature mini-invasive et de sa faible morbidité, un traitement endoscopique peut être proposé comme traitement de première intention quel que soit le degré initial du RVU.
L'utilisation de cystoscope souple réutilisable (CR) est associée à un risque de contamination croisée nécessitant des procédures de stérilisation coûteuses sur le plan économique et environnemental. Récemment, des modèles de cystoscope souple à usage unique (CUU) ont été développés. L'objectif était d'évaluer les coûts liés à l'utilisation de CR et CUU dans une étude de micro-costing. Étude rétrospective monocentrique incluant toutes les cystoscopies réalisées dans notre centre de janvier à décembre 2020. Actuellement, notre parc de CR inclut 8 cystoscopes dont 1 cystoscope à gaine. La stérilisation se fait par décontamination de haut niveau manuelle. Chaque procédure a été évaluée en termes de coût du point de vue institutionnel incluant : consommables, tests microbiologiques, achat/maintenance, temps agent et coûts de fonctionnement. L'impact environnemental du CUU a également été pris en compte. Tous les montants ont été calculés en TTC. En 2020, 1578 actes de cystoscopie ont été réalisés sur 260 jours ouvrés soit, en moyenne, 7 actes/jours. Le coût global lié à l'utilisation du CR était de 196€ TTC/acte. Le prix d'achat du CUU était à 200€ HT (240€ TTC). D'un point de vue environnemental, le poids des déchets des CR était trois fois supérieur à ceux du CUU. L'utilisation d'un CUU diminuait l'usage de l'acide peracétique et la consommation d'eau par procédure (économie de 60 L par acte). Le surcoût annuel du CUU est de 60 000€ mais il a de nombreux avantages : le remplacement du CR à gaine qui est inconfortable pour les opérateurs et les patients, la disponibilité immédiate d'un cystoscope, suppression des procédures de décontamination et d'exposition des professionnels de santé et réduction de l'impact écologique de la procédure par rapport à l'utilisation de CR.
OBJECTIVES:To evaluate the efficacy of Continuous Saline Bladder Irrigation (CSBI) after blue light transurethral resection of bladder tumor (TURBT) to prevent recurrence of low- to intermediate-risk Non-Muscle Invasive Bladder Cancer (NMIBC). PATIENTS AND METHODS:We conducted a retrospective study including patients with low- to intermediate-risk NMIBC who underwent TURBT in two urological centers between January 2017 and December 2018. Each TURBT was performed using blue light after intravesical instillation of hexaminolaevulinic acid. The experimental group included patients who received CSBI while the control group included patients without CSBI. When practice, CSBI was started immediately after the surgery and was interrupted 24 hours thereafter. Low-risk NMIBC had a surveillance while intermediate NMIBC had 8 adjuvant endovesical instillations of Mitomycin. The primary endpoint was bladder tumor recurrence free-survival which was defined as the time between the initial TURBT and the date of TURBT for bladder recurrence. RESULTS:A total of 167 patients (median age: 71 years) were included: 20% female, 15% low-risk, 85% intermediate-risk NMIBC. CSBI was performed in 95 cases (57%). No complication related to irrigation was reported. Bladder recurrence was observed in 55 cases (32.9%): 22 (23.1%) in the CSBI group vs. 33 (45.8%) in the control group (P=0.002). Multivariate stepwise logistic regression analysis with backward selection revealed that CSBI (HR 0.47 [0.27-0.81]; P=0.006) and MMC (HR 0.55 [0.31-0.95]; P=0.034) were significantly associated with reduced risk of bladder recurrence. CONCLUSIONS:Continuous saline bladder irrigation reduced the risk of bladder recurrence after blue light TURBT in patients with low- to intermediate-risk NMIBC while being safe. Prospective randomized study is needed to confirm these results. LEVEL OF EVIDENCE:3.
Le traitement de l’incontinence urinaire d’effort (IUE) de la femme est chirurgical après échec de la rééducation. L’IUE simple est traitée le plus souvent par bandelette sous-urétrale. Le traitement des formes complexes (insuffisance sphinctérienne [IS] majoritaire neurogène ou non, récidivée après chirurgie, post-radiothérapie) est moins bien défini. Les ballons péri-urétraux ajustables (BPUA) ont une place mal définie dans le traitement de l’IUE complexe. Décrire et analyser l’efficacité et la morbidité des BPUA dans l’IUE complexe. Nous avons étudié rétrospectivement (2010–2019) les dossiers des patientes ayant eu des BPUA. L’efficacité était évaluée par interrogatoire aux dernières nouvelles à l’aide d’une échelle de Likert à 7 niveaux de type Patient Global Impression of Improvement (PGI-I avec 3 degrés d’amélioration, un niveau neutre, 3 degrés d’aggravation). Le succès (continence sociale [CS]) était atteint pour les 2 premiers niveaux d’amélioration. Le nombre d’ajustement, les complications et les déposes étaient colligés. CERU 2019/006. Cinquante-trois patientes ont eu un suivi médian de 33 mois (1–100) : 33 patientes non neurologiques dont 5 antécédents de radiothérapie pelvienne et 21 IUE récidivées (agent comblant, BSUS, Burch, sphincter) et 22 patientes IUE par IS neurogène. Le taux de succès (CS) obtenu après plusieurs poses était de 62 % (33/53). Le nombre médian d’ajustement était de 3 (1–9). Suite à la 1ère pose le nombre d’infection de prothèse, d’érosion, de migration, était respectivement de 3, 9 et 12 aboutissant à une explantation chez toutes les patientes. Les complications et déposes ont été gérées en consultation. Chez les 29 patientes initialement classées CS après la première pose la durée de vie médiane des BPUA était de 24 mois (1–96). Parmi elles 12 ont eu une nouvelle pose avec 11 succès. L’efficacité des BPUA dans IUE féminine complexe leur confère une place spécifique dans l’arsenal thérapeutique. Ces résultats obtenus avec une chirurgie mini-invasive sans nouvel abord de l’urètre sont à mettre en balance avec des taux de complications bénignes et d’explantations significatifs.
Une fistule uro-génitale (FUG) est une communication congénitale ou acquise entre les voies excrétrices urinaires et l’appareil génital. Dans les pays riches, elles sont rares, souvent iatrogènes et responsables de recours médicolégaux. En France leur épidémiologie, le détail de leur prise en charge et de ses résultats sont peu étudiés et restent mal connus. L’objectif de cette étude était de recenser les patientes ayant eu un diagnostic ou une cure de FUG dans les services d’urologie d’un CHU français de janvier 2010 à décembre 2019 et d’étudier leur devenir. Les FUG sur néovessie ou Bricker étaient exclues. Nous avons colligé pour chaque patiente l’étiologie et le type de la fistule, le délai de prise en charge, la technique de traitement, les complications postopératoires précoces (j30 Clavien–Dindo). Nous avons étudié le résultat postopératoire sous deux aspects : la fermeture de la fistule et la présence de séquelles fonctionnelles aux dernières nouvelles. Sur la décennie, 32 patientes ont été traitées pour une FUG (27 FVV, 3 fistules urétéro-vaginales, 1 fistule vésico-entéro-vaginale, 1 fistule vésico-utérine) à un âge moyen au diagnostic de 49,2 ± 15,2 ans. Les causes étaient post-chirurgicales (n = 25), post-obstétricales (n = 4), post-radiothérapie (n = 1), post-sigmoïdite (n = 1) et post-traumatique (n = 1). Le délai moyen de prise en charge était de 131 ± 189 jours. Trois patientes ont été traitées médicalement et 29 ont eu 37 interventions soit 1,28 ± 0,59 intervention/patiente (17 par voie basse, 17 par laparotomie, 2 par cœlioscopie et 1 par voie combinée). Le traitement a été efficace chez 28/32 (87,5 %) 3 ont eu une dérivation urinaire. Six ont eu des complications précoces < Grade III. Dix des séquelles postopératoires : incontinence urinaire (n = 5), dyspareunies (n = 4) infections urinaires répétées (n = 1). Trente-deux FUG ont été traitées, dans nos centres depuis 2010. Elles étaient principalement iatrogènes. Le parcours de soins était long, complexe avant un traitement laissant 1/3 de séquelles fonctionnelles. Un registre national prospectif permettrait d’affiner la connaissance des FUG (facteur de risque de survenue, d’échec de fermeture, de survenue de séquelle) et de faciliter leur prise en charge.
Une fistule vésicovaginale (FVV) est une communication congénitale ou acquise entre vessie et vagin. Dans les pays riches, elles sont rares, souvent iatrogènes et responsables d’un fort taux de recours médicolégal. Nous étudions à partir du PMSI leur épidémiologie globale. L’objectif de ce travail était de décrire et d’analyser plus précisément l’incidence, les étiologies et le devenir des FVV survenues en France durant l’année 2017. Nous avons mené une étude rétrospective(janvier 2017–décembre 2017) par extraction des données de la base française du Programme de Médicalisation des Systèmes d’Information (PMSI) portant sur les séjours des femmes opérées en 2017 d’une fistule vésicovaginale à partir des codes JDSC024-006-002 (fermeture FVV acquise par cœlioscopie, abord vaginal ou laparotomie). Nous avons ensuite étudié en chaînant les séjours de chaque patiente les diagnostics et actes associés survenus durant les 7 années (janvier 2010–décembre 2016) précédant leur intervention afin de déterminer l’étiologie de la FVV et le cheminement jusqu’à la chirurgie. En 2017, 279 patientes d’âge moyen 52,4 ± 14,7 ans ont eu 378 interventions (1,35 intervention/patiente) pour FVV par laparotomie (n = 152), voie vaginale (n = 150), cœlioscopie (n = 72) ou mixte (n = 2). La répartition géographique brute était inhomogène (n = 1 dans le Gard, n = 91 en Île-de-France). Les étiologies étaient postopératoires (n = 169), post-obstétricales (n = 24), post-traumatique (n = 4) ou post-radiothérapie (n = 4). Pour 18 patientes, aucune cause n’était retrouvée. La durée moyenne d’hospitalisation pour cure de FVV était de 7,3 jours et le délai moyen avant la première cure de 152 jours. Dix-neuf patientes ont eu un échec de traitement dont 13 (6 %) pour lesquelles une dérivation cutanée non continente a été nécessaire. Vingt patientes ont eu après la fermeture de la FVV une incontinence urinaire dont 14 (7 %) ont nécessité une intervention secondaire (Fig. 1). En France, environ 300 patientes/an sont opérées de FVV. Leur prise en charge est complexe avec un long délai avant traitement, un taux important d’échec et de séquelles fonctionnelles (incontinence postopératoire). Une étude clinique de type registre national prospectif serait utile pour affiner notre connaissance des facteurs de risque de survenue, de succès de traitement et les conséquences fonctionnelles postopératoires.
L’infection urinaire (IU) est une complication les plus fréquentes après urétérorénoscopie souple (URSS) malgré la prise en compte du risque infectieux en préopératoire. Nous avons mené une étude dont l’objectif était de déterminer la prévalence des IU post-URSS et d’identifier les facteurs prédictifs. Étude rétrospective incluant les URSS consécutives réalisées dans notre centre de janvier 2015 à mars 2019. Les indications étaient : traitement de calcul du rein, diagnostic et/ou traitement des TVEUS. Les urétéroscopies rigides étaient exclues. La gestion du risque infectieux préopératoire était protocolisée : antibiothérapie durant 48 heures adaptée au micro-organisme en cas de colonisation urinaire, ceftriaxone IV si ECBU polymicrobien et report d’intervention si manifestations cliniques d’IU. Le critère de jugement principal était l’IU définie comme une température > 38 °C associée à un syndrome inflammatoire biologique et une leucocyturie et/ou bactériurie dans le mois postopératoire. Les facteurs prédictifs d’IU ont été évalués dans un test de régression logistique (p significatif si < 0,05). Entre janvier 2015 et mars 2019, 604 URSS ont été réalisées dans les indications suivantes : lithiase urinaire (n = 462), diagnostique et traitement des TVEUS (n = 142). L’âge médian (IQR) était de 61 (48–68) ans, 268 femmes étaient inclues (44,4 %) et l’urétéroscope à usage unique était utilisé dans 186 cas (30,8 %). Une IU est survenue chez 41 patients (6,7 %). Le taux d’IU annuel était stable durant la période d’étude (p = 0,47). En analyse multivariée, le sexe féminin (OR : 2,30, IC95 % : 1,05–5,36 ; p = 0,04), un antécédent d’IU dans les 6 mois (OR : 2,44 ; IC95 % : 1,14–5,42 ; p = 0,02), un ECBU préopératoire polymicrobien (OR : 4,72, IC95 % : 2,04–11,29) ; p1 heure (OR : 1,01 ; IC95 % : 1,002–1,032 ; p = 0,02) étaient associés à la survenue d’une IU. À l’inverse, un ECBU préopératoire positif et traité n’était pas associée à une augmentation du risque infectieux (p = 0,10). En prévention du risque d’infection postopératoire, les principaux facteurs modifiables seraient de limiter la durée des interventions à 1 heure et améliorer la gestion des ECBU polymicrobien dont les connaissances sont actuellement limitées. Enfin, un ECBU préopératoire colonisé et traité présentait un risque d’infection similaire aux ECBU préopératoires stériles.
Objectifs L’embolisation arterielle prostatique (EAP) pourrait etre une alternative therapeutique dans la prise en charge des symptomes du bas appareil urinaire (SBAU) secondaires a une hypertrophie benigne de prostate (HBP). Depuis janvier 2016, l’EAP est disponible dans notre centre, en collaboration avec le service de radiologie interventionnelle. L’objectif de cette etude etait de rapporter nos premiers resultats sur l’efficacite et la morbidite precoce de l’EAP. Methodes Etude retrospective incluant toutes les EAP realisees dans notre centre de janvier 2016 a decembre 2018. Les indications d’EAP etaient les SBAU moderes a severe en alternative a un traitement chirurgical en considerant 2 sous-groupes : techniques chirurgicales conventionnelles contre-indiquees ou refusees par le patient (groupe A), soit les echecs de sevrage de sonde urinaire a demeure (SAD) (groupe B). L’EAP etait realisee selon une technique habituelle et l’instrumentation utilisee etait a la discretion du radiologue. Le critere de jugement principal etait l’amelioration de l’IPSS a 3 mois post-interventionnel dans le groupe A et le succes du sevrage de la SAD dans le groupe B. Resultats Entre janvier 2016 et decembre 2018, 23 EAP consecutives ont ete inclues : 15 pour SBAU invalidants (groupe A) et 8 pour echec de sevrage de SAD (groupe B). Dans les groupes A et B, l’âge median etait de 72 (54–90) vs 78 (70–93) ans (p = 0,01), le score de Charlson median a 3 (1–11) vs 5 (3–10) (p = 0,01) et la prevalence d’un traitement anti-thrombotique etait de 40 % vs 50 % (p = 0,68). Le volume prostatique median etait de 70 (35–170) vs 94 (70–285) cm3 (p = 0,04). Dans le groupe A, le score IPSS median preoperatoire etait de 23,5 (9–28). Le succes technique etait de 100 %. A 3 mois post-interventionnel, il existait une diminution significative du score IPPS (13 vs 23,5, p = 0,02) et la SAD a pu etre sevree chez 4 patients (50 %). Il n’y avait pas d’evenements indesirable Clavien 3. Trois cas (12 %) de prostatite et trois cas (12 %) d’hematurie ont ete rapportes. Conclusion L’EAP semble etre une alternative efficace aux techniques chirurgicales conventionnelles de l’HBP. Dans notre centre, les indications etaient essentiellement limitees a des patients necessitant le maintien d’un traitement anti-thrombotique en periode peroperatoire ou refusant la chirurgie. Les principaux avantages de l’EAP sont l’absence de recours a une anesthesie generale et une morbidite associee faible.
La lithotritie extracorporelle (LEC) et l’urétéroscopie souple (URSS) sont les deux traitements de référence des calculs rénaux. Ces deux thérapies peuvent laisser des fragments caliciels résiduels, difficiles à éliminer, augmentant au long cours le risque de complications et de ré-intervention. Actuellement il n’existe aucun traitement adjuvant à la LEC ou à l’URSS optimisant l’élimination de ces fragments. En 2005 Chiong et al. ont rapporté une technique associant kinésithérapie en position de Trendelenburg et hyperdiurèse (posturothérapie) afin d’augmenter la clairance de ces fragments. Depuis deux ans nous prescrivons la posturothérapie aux patients le désirant pour les calculs/fragments caliciels moyens et inférieurs de moins de 5mm.
L'objectif de notre étude était d'évaluer, dans une revue de la littérature, l'impact de l'urétéroscopie (URS) diagnostique avant nephro-ureterectomie totale (NUT) sur le risque de récidive vésicale. Nous avons mené une revue de la littérature dans Medline en mars 2018. La recherche initiale a identifié 45 publications. Une lecture complète des manuscrits a permis d'inclure 9 études comparatives, soit un total de 1041 NUT avec URS diagnostique préalable versus 2909 NUT seules. Le critère de jugement principal était la récidive vésicale. Les objectifs secondaires étaient la survie spécifique et la survie globale. La récidive vésicale était rapportée dans les 9 études inclues. L'URS diagnostique était significativement associée à une augmentation du risque de récidive vésicale post NUT (HZ 1,42 [1,29–1,56], p < 0,01). La survie spécifique et la survie globale à 5 ans, étaient rapportées dans respectivement 4 et 2 études. Il n'y avait pas d'impact de l'URS diagnostique pré-NUT sur la survie spécifique (HZ 0,75 [0,54–1,03], p = 0,08) ni la survie globale post-NUT (HZ 1,15 [0,68–1,96], p = 0,59). L'URS diagnostique avant NUT pour TVEUS est associé à une augmentation significative du risque de récidive vésicale postopératoire. The objective of our study was to evaluate, in a review of the literature, the impact of diagnostic ureteroscopy before total nephroureterectomy (NUT) on the risk of bladder recurrence. We conducted a literature review in the Pubmed database in March 2018. Initial research identified 45 publications. Following full text screening, 9 studies were finally included, with a total of 1041 NUT with URS prior versus 2909 NUT alone. The primary endpoint was bladder recurrence. Secondary objectives were specific survival and overall survival. Bladder recurrence was reported in the 9 studies included. Diagnostic ureteroscopy was significantly associated with an increased risk of post-NUT bladder recurrence (HZ 1.42 [1.29–1.56], P < 0.01). The specific survival and overall survival at 5 years, were reported in respectively 4 and 2 studies. There was no impact of the pre-NUT diagnostic URS on the specific survival (HZ 0.75 [0.54–1.03], P = 0.08) or post-NUT overall survival (HZ 1.15 [0.68–1.96], P = 0.59). The URS diagnostic before NUT for TVEUS is associated with a significant increase in the risk of postoperative bladder recurrence.
Dans une étude récente (Ofstaed et al., 2017) l’analyse post-stérilisation de 16 urétéroscopes réutilisables (rURS) rapportait des irrégularités dans 100 % des urétéroscopes (présence de sang, protéines, bactéries). Récemment, plusieurs modèles d’urétéroscopes usage unique (uURS) sont disponibles et seraient dépourvus du risque d’infection croisée. Dans notre centre, faisant un usage mixte des urétéroscopes depuis 2 ans, nous avons comparé le taux d’infection après rURS vs uURS. Étude rétrospective incluant les URS consécutives réalisées dans notre centre entre janvier 2017 et avril 2019. Une gaine d’accès urétérale (Peelway® Ch9-10) était systématiquement utilisée. Durant la période d’étude, 5rURS et 1uURS (UscopePU3022) étaient disponibles. La gestion du risque infectieux préopératoire était protocolisée: antibiothérapie durant 48 heures adaptée au micro-organisme en cas de colonisation urinaire, ceftriaxone IV en cas d’ECBU polymicrobien et report d’intervention si manifestations cliniques d’une infection. Le critère de jugement principal était la survenue d’une infection urinaire définie comme une température > 38 °C associée à un syndrome inflammatoire biologique et une leucocyturie et/ou bactériurie dans le mois suivant l’intervention. Entre janvier 2015 et mars 2019, 422 URSS consécutives ont été réalisées dans les indications suivantes: lithiase urinaire (n = 334), diagnostique et traitement conservateur des TVEUS (n = 88). Dans les groupes rURS (n = 236, 55,9 %) et uURS (n = 186, 44,1 %), l’âge médian (IQR) était de 59 (49–68) vs. 63 (47–71) ans, 178 femmes étaient inclues (42,4 vs 41,9 %) et le score de Charlson médian (IQR) était de 2 (1–4) vs 2 (0–4), respectivement. Une IU est survenue chez 27 patients (6,4 %): 15 patients dans le groupe uURS (8,06 %) et 12 patients dans le groupe rURS (5,08 %) (p = 0,21). Dans les groupes uURS et rURS, le délai médian de survenue d’une IU était 2 (1–3) vs 2 (1–3) (p = 0,91) et une instabilité hémodynamique est survenue dans 3 vs. 1 cas (p = 0,60), respectivement. Concernant l’écologie bactérienne, l’ECBU était plus souvent polymicrobien dans le groupe rURS mais la différence n’était pas significative (50 % vs 13 %, p = 0,08). À notre connaissance, il s’agit de la première étude comparant le risque d’infection urinaire après URSS selon le type d’urétéroscope utilisé, uURS vs. rURS. Ces résultats suggèrent que l’utilisation d’un uURS ne permettrait pas de diminuer le risque d’IU postopératoire.
Objective. - The objective of our study was to evaluate, in a review of the literature, the impact of diagnostic ureteroscopy before total nephroureterectomy (NUT) on the risk of bladder recurrence. Methods. - We conducted a literature review in the Pubmed database in March 2018. Initial research identified 45 publications. Following full text screening, 9 studies were finally included, with a total of 1041 NUT with URS prior versus 2909 NUT alone. The primary endpoint was bladder recurrence. Secondary objectives were specific survival and overall survival. Results. - Bladder recurrence was reported in the 9 studies included. Diagnostic ureteroscopy was significantly associated with an increased risk of post-NUT bladder recurrence (HZ 1.42 [1.29-1.56], P< 0.01). The specific survival and overall survival at 5 years, were reported in respectively 4 and 2 studies. There was no impact of the pre-NUT diagnostic URS on the specific survival (HZ 0.75 [0.54-1.03], P= 0.08) or post-NUT overall survival (HZ 1.15 [0.68-1.96], P=0.59). Conclusion. - The URS diagnostic before NUT for TVEUS is associated with a significant increase in the risk of postoperative bladder recurrence. (C) 2019 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
Décrire par une vidéo commentée et rapporter les résultats fonctionnels à court terme d’une variante technique d’implantation robot-assistée d’un sphincter urinaire artificiel (R-SUA) chez la femme, consistant à aborder le col vésical par voie postérieure. Les dossiers des patientes ayant eu un R-SUA de mars 2017 à novembre 2018 dans notre centre ont été revus. Toutes les implantations étaient faites par abord postérieur du col vésical pour éviter une dissection à l’aveugle comportant un risque de plaie vésicale et/ou vaginale. Une intervention a été entièrement filmée avec l’accord de la patiente. Les temps clés ont été isolés et montés dans une courte vidéo. Le sphincter était activé 5 semaines après sa pose. Les patientes étaient revues à 3, 6 et 12 mois, puis annuellement. Ce travail a reçu un agrément CERU N° 2019/008. Huit patientes d’un âge médian de 64 ans ont eu un SUA par voie robot-assistée avec abord postérieur du col durant la période étudiée. Le pad test pré-opératoire médian était de 300 gr/24 h. Toutes les interventions étaient réalisées par le même opérateur aidé uniquement par un interne novice diffèrent à chaque fois. La durée médiane d’intervention était de 244 minutes. Aucune plaie vaginale ou vésicale per-opératoire n’a été observée. La taille médiane de manchette était de 8 cm (7,5–10). À 12 mois de suivi médian tous les SUA implantés étaient fonctionnels. Cinq patientes ne portaient aucune protection (62,5 %), quatre portaient 1 protection/j de sécurité (37,5 %), toutes se disaient satisfaites sauf une (87,5 %) qui demandait un traitement complémentaire pour des fuites par urgences persistantes (12,5 %). L’implantation robot-assistée d’un SUA chez la femme par abord postérieur du col vésical est une variante technique simple, reproductible et sûre dont les résultats fonctionnels à court terme sont satisfaisants et comparables à ceux de la voie ouverte ou de la voie robot-assistée par abord antérieur du col vésical.