Objectif Dans le cadre de la Journée du Sommeil 2025, l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV), avec le soutien de la Fondation VINCI Autoroutes et en partenariat avec OpinionWay, a mené une enquête visant à explorer les liens entre sommeil, somnolence diurne et santé mentale au sein de la population française. Méthodes Un échantillon de 1000 personnes âgées de 18 à 65 ans, représentatif de la population française selon la méthode des quotas (âge, sexe, région et catégorie socioprofessionnelle), a été interrogé en ligne du 6 au 16 décembre 2024. Le questionnaire combinait des questions sur les habitudes de sommeil avec des échelles validées : échelle de somnolence d’Epworth, index de sévérité de l’hypersomnie et PHQ-4 pour le dépistage de l’anxiété et de la dépression. Résultats La durée moyenne de sommeil est de 7h04 en semaine et 7h38 le week-end, en légère progression par rapport à l’année précédente, mais toujours inférieure aux 8h14 d’avant pandémie. Un quart des répondants dorment moins de 6heures en semaine. Les siestes sont fréquentes mais longues (1h04 en moyenne). Vingt-six pour cent signalent une somnolence diurne excessive, et 43 % un trouble du sommeil. Cinq pour cent (jusqu’à 11 % chez les 25–34 ans) consomment des stimulants (caféine, nicotine ou médicaments). La somnolence est davantage rapportée chez les sujets anxieux (37 %) et dépressifs (40 %). Les 18–25 ans apparaissent comme une population particulièrement vulnérable : 36 % souffrent de somnolence, 14 % présentent des cauchemars quotidiens, 48 % se définissent comme couche-tard, et 36 % présentent des signes d’anxiété, 28 % de dépression. Conclusion Cette enquête souligne une restriction persistante du temps de sommeil, un niveau préoccupant de somnolence et une méconnaissance du lien entre sommeil et santé mentale. Les 18–25 ans apparaissent particulièrement à risque. Ces données renforcent l’importance des actions de prévention portées par l’INSV et s’inscrivent dans les priorités de la feuille de route interministérielle pour la santé mentale publiée en 2025.
The Hypersomnia Severity Index (HSI) is a self-report instrument assessing hypersomnolence using a dimensional approach based on two factors: symptoms and distress/impairment. This study aimed to translate, adapt, and validate the French version of the HSI in a large quota-based sample of the French general population, and to propose an original dimensional visualization of hypersomnolence profiles. Following a forward–backward translation procedure, the French HSI was administered to 1000 adults aged 18–65 from the general French population. Internal consistency and structural validity were assessed using confirmatory factor analysis (CFA) and exploratory factor analysis (EFA) when necessary. External validity was examined through correlations with validated self-report measures of hypersomnolence and sleep-related parameters. An original polar chart visualization was developed to represent item-level HSI profiles. The French HSI demonstrated good internal consistency (Cronbach’s α = 0.82). CFA did not confirm an adequate fit for the original two-factor model. EFA confirmed the distress/impairment factor but split the symptoms factor into two subfactors, labeled “sleepiness symptoms” and “alertness symptoms.” HSI scores were significantly correlated with established hypersomnolence and sleep-related measures, supporting convergent validity. Polar chart visualizations revealed distinct symptom patterns across subgroups, supporting the identification of dimensional hypersomnolence symptom profiles. The French version of the HSI is a reliable and clinically meaningful instrument for the dimensional assessment of hypersomnolence. Its cross-cultural validation supports its use in research and clinical practice. The HSI provides a multidimensional and easily administered measure, with potential utility for symptom profiling and monitoring hypersomnolence. Future studies should examine its longitudinal sensitivity and prognostic value.
Objectif Traduction française et validation psychométrique de l’HSI en population générale. Identification des facteurs prédictifs des différentes dimensions de l’hypersomnolence avec proposition d’une visualisation originale des scores pour identifier des profils symptomatiques. Méthodes Étude transversale prospective menée auprès d’un échantillon représentatif de 1000 adultes français (18–65 ans, 50 % de femmes). La traduction de l’HSI a suivi un protocole de rétro-traduction validé par l’auteure originale. Les participants ont complété l’HSI (9 items, score 0–36), l’échelle d’Epworth pour la somnolence, la Bordeaux Sleepiness Scale pour le risque accidentel, la Patient Health-Questionnaire-4 pour l’anxiété et la dépression. La validité interne a été testée par l’alpha de Cronbach et les corrélations des items avec le score global (IRC). La structure a été étudiée par analyse confirmatoire (CFA) puis exploratoire (EFA) en cas de résultats non satisfaisants. La validité externe a été évaluée par validité convergente et discriminante et des courbes ROC ont été générées afin d’évaluer la capacité de la HSI (seuil proposé≥11) à prédire la somnolence diurne excessive (ESS≥11) et le risque accidentel (BOSS≥3). Enfin une visualisation originale des profils d’hypersomnolence a été développée via un graphique polaire. Résultats L’HSI présentait une bonne cohérence interne (α=0,82 ; IRC 0,30–0,70) (Fig. 1). Trois items (1, 3, 9) montraient un effet plancher (> 50 % de réponse). La CFA n’a pas confirmé le modèle à deux facteurs. L’EFA a identifié trois dimensions : F1a (items 1, 3, 9, symptômes rares), F1b (items 2, 4, symptômes communs) et F2 (items 5, 6, 7, 8, retentissement). La validité externe était satisfaisante (corrélations faibles à modérées avec la somnolence et le risque accidentel) et les analyses ROC confirmaient un seuil≥11. Les principaux facteurs prédictifs retrouvés étaient cohérents avec la littérature tout en faisant émerger des divergences entre les sous-groupes. Les visualisations graphiques générées ont ainsi mis en évidence des profils d’hypersomnolence distincts. Conclusion Cette étude valide pour la première fois la version française de l’HSI en population générale qui apparaît comme un outil robuste et cliniquement pertinent pour évaluer de manière dimensionnelle l’hypersomnolence et adapté pour une utilisation en pratique clinique comme en recherche.
Objectif Explorer les liens entre sommeil, alimentation et activité physique pour adapter les messages de prévention. Méthodes Enquête réalisée du 7 au 15 décembre 2023 par OpinionWay (1001 personnes âgés de 18 à 65 ans), élaborée par le CS de l’INSV, basée sur 3 types de données : les habitudes de sommeil, l’alimentation (horaires et régularité des prises alimentaires), l’activité physique (AP) et la sédentarité (questionnaire activité physique et sédentarité développé et validé par l’ONAPS). Résultats Les Français dorment en moyenne 6h42 en semaine et 7h25 le week-end. Quarante-trois pour cent souffrent de troubles du sommeil, particulièrement les travailleurs en horaires décalés et les personnes atteintes de maladies chroniques. Le niveau de sédentarité est élevé (plus de 7h par jour) pour 54 % des sujets, mais l’activité physique régulière améliore significativement la qualité du sommeil. Les actifs (plus de 150min/semaine d’AP) ont plus souvent un sommeil de très bonne qualité que les inactifs. L’irrégularité de l’heure du dîner en semaine (19 % des sujets) est associée à une moins bonne qualité du sommeil. Une grande majorité des sujets reconnaît le rôle majeur du sommeil dans les performances intellectuelles et physiques (80 et 72 % respectivement) à coté de l’alimentation (56 et 68 %) et de l’AP (48 et 63 %). Conclusion L’enquête confirme que « Manger, bouger, dormir » constituent les trois déterminants majeurs de la santé. Elle souligne l’importance d’adopter des habitudes régulières en matière de sommeil, d’activité physique et d’alimentation. L’intégration de ces 3 piliers dans les campagnes de prévention est essentielle pour promouvoir une meilleure hygiène de vie.
BackgroundThe Sleep Beliefs Scale (SBS) is a well-known tool to design and monitor personalized sleep health promotion at an individual and population level. The lack of an established French version limits the development of effective interventions targeting these populations. Thus, the aim of this study was to validate the French version of the SBS in a representative sample of the general population.MethodsQuota sampling was used to recruit 1,004 participants (18–65 years, mean age: 43 years, 54% of female) who underwent an online survey to complete the SBS, and to assess sleep schedules, sleep quality and disorders, and mental health. Cronbach’s α coefficient, confirmatory factor analysis, item-internal consistency (IIC), and item discriminant validity (IDV) of the SBS were computed to assess internal validity while bivariate associations with sleep schedules, sleep quality and disorders, and mental health were used to assess external convergent and discriminant validity.ResultsThe mean score on the SBS was 12.3 ± 4.9. Item 19 (“Quiet & Dark”) showed the highest rate of correct answers (n = 801, 79.8%), while item 20 (“Recovering sleep”) showed the lowest rate of correct answers (n = 246, 24.5%). Overall, the SBS showed satisfactory internal consistency (α = 0.87) and confirmed the three-factor structure proposed by the original study. All items were found consistent (IIC > 0.4) and discriminant (IIC > IDV) except for item 20 (“recovering lost sleep by sleeping for a long time”). Females, older participants, and subjects with short time-in-bed, poor sleep quality, insomnia, and circadian rhythm disorder had higher SBS scores while participants with depressive symptoms had lower SBS scores.ConclusionWe successfully translated and validated the French version of the SBS in a representative sample, making it a reliable instrument for researchers and clinicians to assess and target sleep beliefs. Correct answers vary from 25 to 80% which underlines the importance of continuing sleep health promotion campaigns by targeting poorly understood behaviors. Our findings also shed light on the fickleness of beliefs that are prone to vary within individuals across time, in step with societal changes. Several associated factors were identified, thus contributing to our understanding of sleep beliefs and offering insights for personalized approaches to enhance sleep health and overall well-being.
Objective: Eco-anxiety is a complex construct that has been created to grasp the psychological impact of the consequences of global warming. The concept needs a reliably valid questionnaire to better evaluate its impact on the risk of anxiety and depressive disorders. The Eco-Anxiety Questionnaire (EAQ-22) evaluates two dimensions: 'habitual ecological anxiety' and 'distress related to eco-anxiety'. However, a version in French, one of the world's widely spoken languages, was until now lacking. We aimed to translate and validate the French EAQ-22 and to evaluate the prevalence of the level of the two dimensions of eco-anxiety and the relationship with anxiety and depressive symptoms in a representative adult sample of the French general population. Methods: This study was performed under the auspices of the Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV). Participants (18-65 years) were recruited by an institute specialized in conducting online surveys of representative population samples (quota sampling). Two native French speakers and two native English speakers performed a forward-backward translation of the questionnaire. The Hospital Anxiety and Depression scale (HAD) was administered to assess anxiety (HAD-A) and depressive (HAD-D) symptoms and for external validity. Internal structural validity and external validity were analysed. Results: Evaluation was performed on 1004 participants: mean age 43.47 years (SD=13.41, range: [19-66]); 54.1% (n=543) women. Using the HAD, 312 (31.1%) patients had current clinically significant anxiety symptoms (HAD-A>10) and 150 (14.9%) had current clinically significant depressive symptoms (HAD-D>10). Cronbach's alpha coefficient was 0.934, indicating very good internal consistency. Correlation between EAQ-22 and HAD scores was low (r[1004]=0.209, P<0.001), 'habitual ecological anxiety' was correlated less with HAD-A and HAD-D than 'distress related to eco-anxiety', indicating good external validity. Conclusion: This study validates the French EAQ-22 and paves the way for using the EAQ-22 as a global tool for assessing eco-anxiety. Further prospective studies are now required to better evaluate the impact of eco-anxiety on the occurrence of anxiety and depressive disorder.
PHARMACOTHERAPIES FOR INSOMNIA. The first line of treatment in adult chronic insomnia is cognitive behavioral therapy (CBT). However, its difficult accessibility limited its use and medications are still often prescribed. Considering the drugs with marketing authorization, Z-drugs (zolpidem and zopiclone) if taken at the right hour and dosage promote sleep initiation and have less deleterious effects than benzodiazepines, especially the long-acting ones which should be avoided. This class of drugs cannot be prescribed longer than 28 days. Some antihistaminic licensed drugs are authorized as hypnotics, with a low proof of efficacy and a risk of adverse event as sedation and somnolence the next day. Their prescription should be avoided in old subjects. Some clinicians used antidepressant sedative medications, at low dosage, as hypnotic drugs but "off label", outside authorization. Now melatonin, an endogenous synchronizer of biologic rhythms, has obtained the authorization for the treatment of insomniac troubles, in subjects of at least 55 years old, in its slow- release formula, replacing the physiological decline of this hormone with aging. Melatonin is not a hypnotic, but has soporific properties, inducing sleep, improving sleep efficacy, sometimes sleep duration and morning alertness. When discontinued, it induced no withdrawal syndrome. It has shown no risk of abuse potential and no deleterious side-effects, if used at the right dose and in the absence of hepatic interaction with other compounds. Finally, a new class of hypnotics, "the orexin antagonists" has its first representative on the French market: daridorexant. The place of these molecules in the therapeutic strategy for chronic insomnia needs to be clarified.
ObjectifConfronter le sommeil avec la santé mentale et l’éco-anxiété.MéthodesEnquête réalisée du 2 au 12 décembre 2022 par OpinionWay, sur 1004 personnes âgées de 18 à 65 ans représentatifs de la population française, selon la méthode des quotas (âge, sexe, CSP, région), élaborée par le CS de l’INSV, basée sur 3 types de données : les habitudes de sommeil et les croyances sur le sommeil évaluées par l’échelle SBS (Sleep Belief Scale), la santé mentale évaluée par l’échelle HAD (Hospital Anxiety Depression) ; l’éco-anxiété évaluée par l’échelle EAQ-22 qui permet de distinguer l’éco-anxiété normale et l’éco-anxiété avec composante négative.RésultatsLes échelles SBS et EAQ-22 ont été validées dans leur version française. Les résultats montrent un niveau élevé d’anxiété (31 % des sujets ont un HAD-A>10) et de dépression (15 % des sujets ont un HAD-D>10) dans la population associé à une moins bonne qualité de sommeil (sommeil de qualité mauvaise ou moyenne pour 37 % des sujets, 52 % chez ceux avec HAD-A>10, 57 % avec HAD-D>10) et à des scores d’éco-anxiété plus élevés en particulier les scores d’éco-anxiété avec composante négative.ConclusionNotre enquête a permis d’évaluer l’articulation entre l’altération de la santé du sommeil et de la santé mentale avec la perception de la dégradation environnementale, mettant en relief l’importance du concept de santé globale (Global Health) qui a émergé à partir de la fin de la première décennie de notre siècle.
Excessive daytime sleepiness (EDS) is multifactorial. It combines, among other things, an excessive propensity to fall asleep (“physiological sleepiness”) and a continuous non-imperative sleepiness (or drowsiness/hypo-arousal) leading to difficulties remaining awake and maintaining sustained attention and vigilance over the long term (“manifest sleepiness”). There is no stand-alone biological measure of EDS. EDS measures can either capture the severity of physiological sleepiness, which corresponds to the propensity to fall asleep, or the severity of manifest sleepiness, which corresponds to behavioral consequences of sleepiness and reduced vigilance. Neuropsychological tests (The psychomotor vigilance task (PVT), Oxford Sleep Resistance Test (OSLeR), Sustained Attention to Response Task (SART)) explore manifest sleepiness through several sustained attention tests but the lack of normative values and standardized protocols make the results difficult to interpret and use in clinical practice. Neurophysiological tests explore the two main aspects of EDS, i.e. the propensity to fall asleep (Multiple sleep latency test, MSLT) and the capacity to remain awake (Maintenance of wakefulness test, MWT). The MSLT and the MWT are widely used in clinical practice. The MSLT is recognized as the “gold standard” test for measuring the severity of the propensity to fall asleep and it is a diagnostic criterion for narcolepsy. The MWT measures the ability to stay awake. The MWT is not a diagnostic test as it is recommended only to evaluate the evolution of EDS and efficacy of EDS treatment. Even if some efforts to standardize the protocols for administration of these tests have been ongoing, MSLT and MWT have numerous limitations: age effect, floor or ceiling effects, binding protocol, no normal or cutoff value (or determined in small samples), and no or low test-retest values in some pathologies. Moreover, the recommended electrophysiological set-up and the determination of sleep onset using the 30‑sec epochs scoring rule show some limitations. New, more precise neurophysiological techniques should aim to detect very brief periods of physiological sleepiness and, in the future, the brain local phenomenon of sleepiness likely to underpin drowsiness, which could be called “physiological drowsiness”.
INSOMNIA AND THE BIOLOGICAL CLOCK. Multiple physiological and biological rhythms known as «circadian» are generated by the biological clock that controls them within the suprachiasmatic nuclei of the hypothalamus. However, the most emblematic circadian rhythm is that of sleep and awakening. It is therefore crucial to check how the clock may be involved in chronic insomnia. What is the influence of the clock on the time and quality of sleep? What are the typical clock disorders that explain insomnia in adolescents, shift and night workers, the elderly and the blind individuals? What are the tools to recommend in general and specialized medicine in the evaluation of the clock in insomnia? What influence finally of the light on the clock and the light therapy to recommend? So many questions and elements of understanding often-poorly known of chronic insomnia.
Confronter le sommeil des enfants avec celui de leurs parents. Enquête réalisée du 10 au 17 janvier 2022 par OpinionWay, sur 1015 parents d’enfants de 6 mois à 10 ans représentatifs de la population française, selon la méthode des quotas (CSP, région), élaborée par le CS de l’INSV. Vingt-quatre pour cent des parents déclarent que leur enfant présente un trouble du sommeil. L’importance du sommeil de l’enfant est cotée 9,2/10 par les parents, mais l’heure de coucher n’est régulière que chez 48 % des enfants. La durée du sommeil s’allonge lors du WE (10 h 10 vs 10 h 40). L’exposition des enfants aux écrans est importante entre 17 h et le coucher (1 h 14 en semaine, 1 h 52 le WE). Onze pour cent des parents déclarent que des écrans sont allumés dans la pièce où l’enfant s’endort le soir, ce qui s’associe à une moins bonne qualité de sommeil (7,1/10 avec écrans vs 7,8/10 sans). Les éveils nocturnes sont rapportés chez 48 % des enfants, ils nécessitent une prise en charge par un adulte 9 fois sur 10. Le sommeil des parents est de 6 h 54 en semaine passant à 7 h 39 le WE, 82 % des parents se réveillent la nuit. Cinquante-six pour cent des parents déclarent avoir un trouble du sommeil. Chez les parents, les troubles du sommeil sont plus fréquents (75 %) si leur enfant en a un et chez les enfants (33 %) quand leur parent en présente un. Le sommeil des enfants est raccourci en semaine et s’allonge le WE, il est perturbé par les écrans. Leurs parents sont conscients de l’importance du sommeil d’autant qu’ils sont eux-mêmes en privation, incitant à une prise en charge familiale en cas de trouble.
Background and Objective: Continuous positive airway pressure (CPAP) in the treatment of severe obstructive sleep apnoea (OSA) can be used in fixed CPAP or auto-adjusted (APAP) mode. The aim of this prospective randomized controlled clinical study was to evaluate the 3 month-efficacy of CPAP used either in fixed CPAP or APAP mode.Methods: Eight hundred one patients with severe OSA were included in twenty-two French centres. After 7 days during which all patients were treated with APAP to determine the effective pressure level and its variability, 353 and 351 patients were respectively randomized in the fixed CPAP group and APAP group. After 3 months of treatment, 308 patients in each group were analysed.Results: There was no difference between the two groups in terms of efficacy whatever the level of efficient pressure and pressure variability (p = 0.41). Exactly, 219 of 308 patients (71.1%) in the fixed CPAP group and 212 of 308 (68.8%) in the APAP group (p = 0.49) demonstrated residual apnoea hypopnoea index (AHI) <10/h and Epworth Score <11. Tolerance and adherence were also identical with a similar effect on quality of life and blood pressure evaluation.Conclusion: The two CPAP modes, fixed CPAP and APAP, were equally effective and tolerated in severe OSA patients.
Étudier l’impact du 2° confinement sur le sommeil des Français. Enquête par internet réalisée du 8 au 15 janvier 2021 par OpinionWay, sur 1010 personnes (18–65 ans) représentatives de la population française, selon la méthode des quotas (âge, sexe, csp, région). Questionnaire défini par le conseil scientifique de l’INSV. Alors que les horaires de sommeil ont été peu modifiés par rapport à une période normale, la fréquence des troubles du sommeil a augmenté de 41 % à 45 %, associé à une augmentation du nombre de sujets s’éveillant la nuit (64 à 70 %). Ce 2° confinement est associé à un sentiment d’anxiété (33 %), et de dépression (34 %) avec une fatigue moyenne à 5,1/10 (Échelle Visuelle Analogique), fatigue apparue chez 12 %, et aggravée chez 17 %, des sujets. Vingt-trois pour cent des sujets ont cherché à améliorer leur sommeil, avec succès dans plus de 70 % des cas. Cent quarante-quatre sujets de notre échantillon ont été testés COVID+. Par rapport à l’ensemble de l’échantillon ces derniers sont plus nombreux à être anxieux (66 % vs 34 %), déprimés (59 % vs 33 %), à avoir des troubles du sommeil avant et pendant le confinement (60 et 64 % vs 41 et 45 %). Le sommeil semble s’être moins dégradé que lors du 1° confinement, mais l’anxiété la dépression et la fatigue sont très anormalement présentes. Les sujets COVID+ sont plus fragiles sur le plan de leur sommeil et de leur état psychologique.
Mandibular advancement devices (MADs) are an alternative to continuous positive airway pressure for the management of obstructive sleep apnea (OSA). The ORthèse d’avanCée mAndibulaire dans le traitement en DEuxième intention du SAHOS sévère (ORCADES) study is investigating the long-term effectiveness of MAD therapy in patients with OSA who refused or were intolerant of continuous positive airway pressure. Five-year follow-up data are presented. Data were available in 172 of 331 patients treated with a custom-made computer-aided design/computer-aided manufacturing biblock MAD (Narval CC; ResMed, Saint-Priest, France). The primary end point was treatment success (≥50
The obstructive sleep apnoea syndrome (OSAS) affects 1-4% of adolescents. It represents a transitional stage between paediatric and adult OSA and is characterized by specific symptoms. BACKGROUND: The persistence of childhood OSAS during adolescence is not frequent. Risk factors are male sex, obesity and a history of tonsillectomy or adenoidectomy. Symptoms may be misleading such as tiredness and depressive disorders. In adolescence, untreated OSAS may result in neuro-behavioural and cognitive deficits, systemic inflammation, cardiovascular and metabolic disorders. The French Society of Research and Sleep Medicine organized a meeting on OSAS in adolescents. A multidisciplinary group of specialists (pulmonologists, pediatricians, ENT and maxillo-facial surgeons, dentofacial orthopedists/orthodontists, myofunctional therapists and sleep specialists) exchanged their experience, discussed publications and drew up a consensus document on the diagnosis and polysomnographic criteria for OSAS in adolescents. They proposed a practical diagnostic guideline and follow-up for these adolescents. OUTLOOK AND CONCLUSION: A good knowledge of the particularities of this pathology by the physician will lead to an early diagnosis, propose adapted multifactorial treatments and avoid the deleterious consequences of this pathology at adult age.
Objectif Etudier les habitudes de sommeil et les mettre en perspective avec les donnees des 20 dernieres annees. Methodes Enquete internet realisee en janvier 2020 par OpinionWay, sur 1020 personnes (18-65 ans) representatives de la population francaise, selon la methode des quotas (âge, sexe, csp, region). Questionnaire defini par le conseil scientifique de l’INSV. Resultats 53 % des Francais considerent que le sommeil est un sujet de sante plus important qu’il y a 20 ans et 36 % considerent que leur besoin de sommeil sera moins facile a respecter dans 20 ans. La duree du sommeil en semaine est de 6h41 et 7h51 le week-end (dette de sommeil d’environ 1 h par nuit), valeur qui sont les plus basses depuis 20 ans. Cette dette s’associe a une somnolence (ESS > 10) chez 24 % d’entre eux, pourcentage stable depuis 2012. La sieste est pratiquee au moins 1 fois par semaine chez 41 % des sujets. Ce chiffre est le plus eleve des 20 dernieres annees. Le teletravail a peu d’impact negatif (21 %), ce qui n’est pas le cas pour le travail a horaires decales (75 %) L’usage des ecrans avant le sommeil se generalise, 45 % des sujets consultent un ecran une fois au lit avant de s’endormir et 90 % des enfants ont acces a des ecrans au sein du foyer. Conclusion Malgre un temps de sommeil toujours insuffisant, on observe une prise de conscience de l’importance du sommeil pour la sante. Les modifications de l’organisation de l’activite (teletravail, temps d’ecran) apparaissent en adequation avec ce qui a ete impose par la pandemie apparue apres l’enquete.
Étudier les relations entre le mode de vie et le temps de sommeil. Enquête internet réalisée en décembre 2018 par OpinionWay, sur 1014 personnes (18–75 ans) représentatives de la population française, selon la méthode des quotas (âge, sexe, csp, région). Questionnaire défini par le conseil scientifique de l’INSV. Les Français sont satisfaits de leur qualité de vie (80 %) et de leur sommeil (67 %). La durée du sommeil en semaine est de 6 h 57 et 8 h 14 le week-end (dette de sommeil d’environ 1 h par nuit). Trente-neuf pour cent déclarent avoir au moins un trouble du sommeil et 43 % des difficultés d’endormissement. Vingt et un pour cent travaillent en horaires non conventionnels (impactant leur rythme veille-sommeil), 70 % consomment de la caféine (ont un sommeil plus court), 90 % sont devant un écran chez eux le soir et 44 % continuent une fois au lit (ont un sommeil plus court et une somnolence diurne). Dans la journée, 86 % des Français se déplacent à pied, 81 % en véhicule motorisé (leur sommeil est plus court si c’est plus d’1 h par jour), et 38 % prennent les transports en commun. Les 3/4 des Français pratiquent une activité physique entre 1 et 3 h par semaine, et 58 % passent du temps en plein air tous les jours : ils sont plus nombreux à être satisfaits de leur sommeil. Malgré un sentiment de satisfaction, les Français ont besoin de récupérer le WE le sommeil qui leur manque pendant la semaine de travail. Ceux qui ne sortent pas en plein air et/ou qui font peu d’activité physique ont un sommeil plus court et sont plus somnolents le jour. L’exposition aux écrans le soir dans le lit contribue à ce déficit de sommeil.
ORCADES est une cohorte prospective multicentrique qui évalue en vie réelle les bénéfices à long terme (5 ans) d’une orthèse d’avancée mandibulaire (OAM) sur mesure (ResMed, Narval™) chez des patients SAHOS légers à sévères, refusant ou étant intolérant à la pression positive continue (PPC). 331 pts SAHOS traités avec une OAM ont été évalués à 5 ans de suivi sur l’évolution des données de polygraphie, de la qualité de vie et des symptômes, de l’observance et la tolérance au traitement, et des effets indésirables maxillo-faciaux et bucco-dentaires. Les données à 5 ans de suivi sont présentées ici. 52 % des patients traités par OAM étaient toujours dans l’étude après 5 ans de suivi. 8,7 % ont arrêté prématurément l’OAM pour manque d’efficacité, 11,4 % pour effets indésirables, 6,6 % ont repris le traitement par PPC. L’IAH a été réduit significativement (−11,1 [−19,7 ; −4]/h, p < 0,0001) de 26,4 [17,7 ; 37,1]/h à la visite initiale à 11,1 [6,1 ; 17,3]/h à la visite à 5 ans. Chez les patients atteints d’un SAHOS sévère, l’IAH a été réduit significativement (−22,3 [−30,6 ; −13,8]/h, p < 0,0001) de 39 [33,3 ; 37,1]/h à 14,8 [8,3 ; 23]/h). Le succès du traitement au suivi à 5 ans ( % des patients avec une réduction de leur IAH initial ≥ 50 % sous traitement) était de 52 %, indépendamment de la gravité initiale du SAHOS et de 62 % chez les patients sévères. Un IAH < 10 a été obtenu chez 52 % et 28 % des patients modérés et sévères, respectivement. 51 % des patients avec un SAHOS initial sévère étaient correctement traités (IAH < 15). La somnolence était toujours corrigée à 5 ans de suivi, le score d’Epworth passant de 11 ± 5 à la visite initiale à 7 ± 4 à 5 ans (p < 0,0001). Comparés aux données de la visite initiale, les symptômes et la qualité de vie sont améliorés, l’observance restant excellente (6,7 heures par nuit, 6,6 jours par semaine). L’efficacité et la tolérance du traitement par OAM (Narval™) chez les patients intolérants à la PPC sont maintenues à long terme, notamment chez les patients avec un SAHOS sévère.
Obstructive sleep disordered breathing (OSDB), in children and adolescents, need to be treated quite soon to avoid complications. A paediatrician, a sleep specialist, an orthodontist, an ENT and a myofunctional therapist will examine together the children with OSDB and determine the best personalised surgical and medical treatments for each of them. Only medical treatments are reviewed in this article. An international consensus recommended adenotonsillectomy as the first line therapy in young with OSDB. Usually adenotonsillectomy is combined with several important adjunctive medical treatments. Overweight and obesity frequent in adolescents, worsen OSDB and increase persistent OSDB after adenotonsillectomy. Weight loss is obtained by dietary restriction, physical activity, psychological support and sleep hygiene rules. Anti-inflammatory drugs (corticosteroids and leukotriene receptor antagonists) have shown their efficacy in children with moderate OSDB. Orthodontic treatments, rapid maxillary expansion or oral appliance, are used in selected patients according to their maxillo-facial disturbances in adjunction to adenotonsillectomy. Nasal CPAP is rarely useful except in severe OSDB specially in persistent OSDB after adenotonsillectomy. Finally, active or passive, myofunctional therapy is, according to some authors, an indispensable adjunct treatment to avoid persistent OSDB after adenotonsillectomy. These personalized medical treatments of OSDB are either administered jointly with adenotonsillectomy or in a hierarchal order.