
Le prélèvement et la greffe d’organes et de tissus constituent en France une priorité nationale de santé publique. Malgré un cadre juridique fondé sur le consentement présumé et une adhésion déclarée d’une majeure partie de la population au principe du don, l’activité de greffe reste contrainte par une pénurie persistante de greffons et le taux d’opposition reste élevé. En 2024, plus de 22 000 patients étaient inscrits sur la liste nationale d’attente, un peu plus de 6000 ont été greffés et plus de 850 sont décédés faute d’accès à la greffe. Cet article analyse le rôle stratégique de la promotion du don d’organes dans la réduction de cet écart entre potentiel de don et prélèvements effectifs. À partir des données institutionnelles récentes, des enquêtes d’opinion de l’Agence de la biomédecine et des cadres théoriques de la communication en santé publique, nous examinons les déterminants juridiques, sociaux et communicationnels de l’opposition au don. Nous montrons que l’enjeu principal ne réside pas dans l’adhésion de principe, mais dans la transmission explicite de la position individuelle aux proches. L’article discute enfin les orientations actuelles des politiques publiques françaises en matière de communication, notamment dans le cadre du Plan ministériel 2022–2026, et propose une lecture intégrée des stratégies de promotion du don comme levier de changement de comportement et de renforcement de la confiance collective.
La maladie de Parkinson est une maladie neuro-évolutive d’évolution lente, dont le pronostic a été transformé par la levodopa qui après quelques années d’évolution, peut entraîner des complications du fait d’une demi-vie courte qui nécessitent d’avoir recours à un contrôle continu des symptômes soit au moyen d’injection par pompes soit par stimulation cérébrale profonde (SCP). De nombreux travaux ont été consacrés afin de choisir le bon moment de l’évolution pour avoir recours à ces traitements dits de seconde ligne et aider au choix le plus adapté. Si aucune étude ne les compare, un certain nombre d’arguments suggèrent que la SCP est le traitement le plus efficace mais aussi celui dont les critères de sélection sont les plus stricts. Rapidement le recours à la SCP a pris la place en particulier dans le traitement du tremblement de la chirurgie lésionnelle dont elle reproduit les effets tout en permettant une adaptation des paramètres mais la possibilité de réaliser des lésions ciblées dans le cerveau sans pénétration intra crânienne par Gamma knife ou ultrasons focalisés a rétabli cette indication en particulier pour le tremblement essentiel ou parkinsonien en visant le noyau ventral intermédiaire du thalamus. Avec sa diffusion mondiale et sa réalisation dans de nombreux centres les procédures opératoires de la SCP ont été simplifiées et les progrès technologiques ont considérablement amélioré les performances lors du réglage. La SCP reste néanmoins comme les autres traitements de la maladie de Parkinson purement symptomatique mais de nouvelles techniques comme la thérapie génique ou cellulaire commencent à se développer et pourraient changer la prise en charge et le pronostic de la maladie dans les prochaines années.
La cardiomyopathie atriale est un concept physiopathologique correspondant à une anomalie du substrat et de la fonction atriales, définie par une dilatation, une altération de la fonction des myocytes et une fibrose atriale, constituant un milieu thrombogène. Une cardiomyopathie atriale précoce, suivie secondairement de la fibrillation atriale (FA), pourrait être à l’origine des accidents vasculaires cérébraux (AVC), d’insuffisance cardiaque à FEVG préservée et de régurgitations atrioventriculaires. La cardiomyopathie atriale peut être due à une pathologie primitive, y compris génétique, sans autre anomalie cardiaque initiale significative ou être secondaire à une pathologie ventriculaire et/ou valvulaire préexistante. À l’instar de la cardiomyopathie ventriculaire, elle présente un spectre de gravité variable et la combinaison de différents marqueurs indique un risque accru de progression. La cardiomyopathie atriale peut se manifester par des anomalies de la géométrie, de la structure et de la fonction atriale. Cependant, il n’existe pas de seuils universellement acceptés et documentés pour la prédiction de la gravité et de la constance de ces anomalies. De plus, les valeurs de référence ne sont disponibles que pour un nombre limité de marqueurs. Un électrocardiogramme à 12 dérivations doit être systématiquement réalisé, à la recherche d’une anomalie de l’onde P. Les extrasystoles atriales fréquentes identifient les patients susceptibles de développer une FA, et sont associées à un risque accru de survenue d’AVC et de mortalité. L’échocardiographie transthoracique est l’examen de routine pour déterminer le volume atrial gauche indexé et la déformation ou strain longitudinal de l’oreillette gauche, paramètre précis et validé de la fonction atriale. Un milieu thrombogène atrial, défini par la présence d’un thrombus atrial gauche ou dans l’auricule gauche, d’un contraste échocardiographique spontané, et de faibles vitesses de remplissage et de vidange auriculaire gauche, a été décrit en échocardiographie transœsophagienne, mais cet examen semi-invasif est surtout réalisé chez les patients en FA ou au décours d’un AVC de cause indéterminée. L’IRM cardiaque est un outil validé pour l’évaluation de la morphologie et des volumes de l’oreillette gauche et constitue la méthode de référence pour évaluer l’étendue de la fibrose atriale (rehaussement tardif), prédicteur indépendant de la FA, de la dysfonction atriale et des événements cérébrovasculaires. La tomodensitométrie cardiaque permet de mesurer les volumes de l’oreillette gauche, d’analyser l’anatomie et la taille de l’auricule gauche, y compris la présence d’un thrombus, et constitue l’examen de référence pour la caractérisation morphologique de l’auricule gauche. Les biomarqueurs circulants (NT-proBNP, BNP, troponines) peuvent refléter une inflammation et une fibrose atriales. L’objectif thérapeutique principal doit être la prévention ou l’inversion du remodelage atrial délétère, basé d’abord sur le contrôle des facteurs de risque sous-jacents, incluant l’hypertension artérielle, le diabète, l’obésité et leurs conséquences. Plusieurs classes médicamenteuses peuvent constituer des thérapies « d’amont » (upstream), en raison de leurs propriétés anti-fibrosantes et anti-inflammatoires, tels les inhibiteurs du système rénine–angiotensine–aldostérone, les inhibiteurs du SGLT2 et les agonistes des récepteurs du GLP-1, et d’autres molécules dont l’évaluation est en cours.
La médecine contemporaine, transformée par l’essor des données massives, de l’intelligence artificielle et de l’ingénierie des systèmes de santé, interroge la nature même du métier médical. Le médecin est-il appelé à devenir un ingénieur de la santé, ou demeure-t-il avant tout un clinicien dont la spécificité repose sur le jugement, la responsabilité et la relation au patient ? En inscrivant cette interrogation dans une perspective historique et institutionnelle, cette allocution montre que la médecine a toujours intégré les outils de son temps sans jamais se réduire à leur usage. Si l’ingénierie transforme profondément les modalités de la décision médicale, elle ne saurait se substituer au discernement clinique ni à la responsabilité éthique du médecin. L’avenir de la médecine réside dans une articulation exigeante entre maîtrise critique des technologies et primauté du soin de la personne, au sein d’un système de santé en profonde mutation.
Comment une substance devient-elle « illicite » en France ? Que se passe-t-il, tant qu’elle ne l’y est pas ? Quel rapport avec le droit européen ? Considérons le cas des nouvelles drogues de synthèse, conçues pour échapper aux classements établis : du fait de leurs effets délétères et parfois addictifs, elles sont source de défis pour la prévention et les cliniciens, les régulateurs, les autorités sanitaires et judiciaires. Nous relevons ici l’approche française du classement des substances, puis, face à la dynamique paradoxale du droit européen quant aux « nouvelles substances psychoactives », des réactions nationales dispersées mais inspirantes.
L’abondance de la production mondiale de cocaïne engendre un trafic qui inonde l’Europe avec une baisse des prix, et la banalise en faisant la deuxième drogue illicite la plus consommée en France après le cannabis, avec un impact préoccupant sur la santé publique, une augmentation en principe actif. La cocaïne poudre est principalement consommée par voie nasale (sniffée), le crack ou cocaïne base fumable est associé à une marginalisation sociale plus marquée. Une démocratisation de l’usage de ces stupéfiants très addictifs, tend, hélas, à se répandre au niveau national. Bien que partageant un mécanisme pharmacologique dopaminergique commun, leur cinétique d’action respective diffère profondément en raison de leur mode de consommation. Les effets neurobiologiques ont des conséquences graves et pérennes sur la santé somatique et psychique, et sur les fonctions cérébrales, en particulier sur les fonctions exécutives, impactant la trajectoire de vie de la personne consommatrice dans une spirale de dépendance souvent ignorée, et destructrice. Les données princeps de la littérature sur l’évaluation neuropsychologique et l’imagerie cérébrale, ainsi que celles issues d’études longitudinales, ont éclairé l’impact des différents modes de consommation. Cela souligne les enjeux de santé publique pour lutter contre ce nouveau fléau correspondant à une Grande cause nationale qui justifierait la mise en place de stratégies de prévention, d’une prise en charge spécifique par une approche psycho-médico-sociale jusqu’à la réinsertion sociale. Elles seraient les principaux moyens d’inversion de la croissance de la consommation à l’origine des ravages sanitaires, sociétaux et d’un point de vue neurodéveloppemental chez l’enfant, d’autant plus qu’il n’existe pas de traitement médicamenteux de substitution.
En France, en 2026, le médecin généraliste a un rôle crucial dans la prise en charge des addictions, en tant que premier recours dans la santé des patients. Environ 80 % des patients présentant des troubles « psychiatriques » mentaux et psychosociaux (dont l’addiction fait partie) sont vus en première intention par le médecin généraliste, soulignant l’importance d’une approche globale qui intègre le dépistage, la prévention et le traitement. Sont rappelés les définitions récentes des addictions, les pratiques de dépistage, les bilans recommandés, ainsi que les traitements disponibles et validés, tant médicamenteux que non médicamenteux. Il est montré l’importance du concept de la réduction des risques et des dommages (RDRD) et son application en soins primaires ainsi que les défis rencontrés par les médecins généralistes, notamment avec les croyances erronées sur l’addiction et la nécessité d’une formation initiale et continue pour améliorer la prise en charge. La motivation et l’engagement des médecins dans l’accompagnement de ces patients restent essentiels pour réduire l’inadéquation entre le nombre de patients ayant un problème d’alcool ou avec les autres drogues et ceux réellement pris en charge (le « treatment gap ») et offrir une meilleure qualité de soins.
Abus, mésusage et détournement des médicaments psychotropes sont très fréquents. Ils touchent de nombreuses populations comme les personnes âgées insomniaques ou anxieuses (benzodiazépines [BZD] et médicaments Z [MZ]), les patients souffrant de douleurs chroniques (gabapentinoïdes, opioïdes faibles et forts) et une grande partie des sujets dépendants des drogues illicites en particulier des opioïdes (buprénorphine, méthadone). Si dans certaines circonstances les mésusages et détournements sont pris à des fins festives (purple drank, MEOPA) d’autres le sont à des fins criminelles (soumission chimique, trafics d’ordonnance). Face à ces phénomènes qui croissent comme les trafics et usages de drogues, des décisions réglementaires ou des lois peuvent amoindrir les mésusages et détournements. En France, ces décisions sont généralement prises après des enquêtes menées par les centres d’évaluation et d’information sur la pharmacodépendance–addictovigilance (CEIP-A). Leurs effets sont particulièrement sensibles dans l’usage des BZD et MZ mais aussi dans la substitution opioïde ce qui permet à la France de ne pas connaître de crise majeure des opioïdes.
Pour être efficace, la prévention des addictions aux drogues, qui est une nécessité absolue pour la Santé Publique, requiert des stratégies plurielles. Il s’agit le plus souvent de mesures coercitives comme l’interdiction de vente aux mineurs et des amendes aux consommateurs adultes, mais celles-ci restent insuffisantes du fait du narcotrafic et de l’accessibilité des produits via les réseaux internet. À ces mesures doivent être ajoutées d’autres actions dont l’objectif est de retarder, voire supprimer, l’envie – ou le besoin – de les consommer. Dans ce cadre, deux types d’expérimentation ont d’ores et déjà fait la preuve de leur efficacité. Tout d’abord, l’exposition à un environnement enrichi avec l’accès libre (et gratuit) à des activités physiques (sportives), ludiques, cognitives, culturelles, favorisant des interactions sociales positives a clairement montré sa capacité à réduire, voire supprimer, l’envie de consommer les drogues aussi bien chez l’animal de laboratoire que chez le sujet humain qui en bénéficie. Ensuite, l’inclusion de programmes de développement de compétences psychosociales (confiance en soi, solidarité, coopération, empathie) dans le cursus scolaire de préado- et d’adolescents (du CM1 à la 4e) s’est également révélée efficace pour retarder à la fois l’âge de l’expérimentation de la drogue (alcool, cannabis) et diminuer les niveaux de consommation au long cours chez les jeunes adultes. Ces données montrent que la promotion du bien-être physique et mental doit être une composante majeure de toute stratégie de Santé Publique visant à prévenir l’entrée dans la consommation des drogues et les conduites addictives.
L’expansion des addictions interroge sur ses causes ; leur identification permettrait, en agissant sur certaines d’entre elles, de les faire régresser. Cette expansion prend appui sur des bases neurobiologiques constituées par le système de récompense et le programme génétique individuel. Sur ces bases se greffent des influences épigénétiques, éducatives, culturelles, sociales, législatives, qui l’aggravent.
Les addictions ont toujours existé et dans toutes les sociétés. Elles dépendent fortement de facteurs psychosociaux et historiques. Il a été documenté que certaines catégories d’animaux ont un comportement d’addiction. Les drogues ont toujours accompagné les êtres humains et les religions ont eu différentes position par rapport à l’usage et au mésusage des drogues. Les guerres ont joué un rôle dans les histoires d’addictions selon les pays. Ce qui est remarquable, c’est le changement de la perception de l’usage des drogues selon les moments historiques dans le même pays, d’où la nécessité de remettre toujours dans le contexte socioculturel toute addiction.
L’addiction est une pathologie complexe et multifactorielle. Bien que le système dopaminergique ait longtemps été considéré comme central dans les mécanismes des addictions, les observations cliniques et les études précliniques, ont révélé que la dopamine seule ne peut expliquer l’ensemble des comportements addictifs. Les addictions impliquent plusieurs systèmes de neurotransmetteurs et structures cérébrales, ainsi que de nombreuses neuroadaptations, tant structurales que fonctionnelles. Les avancées technologiques permettent aujourd’hui de mieux comprendre ces neuroadaptations et d’approfondir les connaissances des mécanismes neurobiologiques sous-jacents à cette pathologie. Cette revue présente quelques avancées récentes, mettant en particulier en lumière une bonne concordance entre espèces, et des différences hommes/femmes qu’il est essentiel à considérer pour réduire les inégalités de prise en charge thérapeutique.
L’usage de drogues licites et illicites est responsable de la perte annuelle de près de 130 000 vies humaines en France, dont 68 000 pour le tabac et 41 000 pour l’alcool, auquel il convient d’ajouter un coût sanitaire et social considérable. L’estimation du seul coût social s’élève à 156 milliards d’euros pour le tabac, à 102 milliards d’euros pour l’alcool et à environ 8 milliards d’euros pour les drogues illicites. Parmi 29 pays (Union européenne plus Norvège et Turquie), la France occupe le troisième rang pour la consommation de tabac et de cannabis, le septième rang pour la cocaïne, le douzième rang pour l’alcool et le seizième rang pour l’ecstasy. Chez l’adulte, on constate depuis 2016 une baisse significative du tabagisme quotidien et la diminution régulière au fil des ans de la consommation d’alcool, quant au cannabis, on observe un niveau d’usage élevé qu’il s’agisse de l’expérimentation ou de l’usage régulier. En ce qui concerne l’usage de la cocaïne au cours du dernier mois, celui-ci a été multiplié par dix entre 2000 et 2023, corrélé à une explosion de la production en Amérique du Sud. Phénomène encourageant chez les adolescents, il est constaté au cours des dernières années une diminution spectaculaire de l’usage des drogues licites et illicites. Concernant la prévention et la démarche éducative quant à l’usage de drogues chez l’adolescent, l’Académie nationale de médecine a émis des recommandations.
Le rôle de l’environnement dans la pathogénie de goutte est l’objet d’un intérêt croissant, motivé par l’absence d’explication complète de la maladie par les facteurs génétiques et alimentaires, qui amène à chercher d’autres facteurs étiologiques. Les pics de pollution atmosphériques se caractérisent par une concentration accrue en microparticules toxiques, capables d’activer l’inflammasome NLRP3 et ont été identifiés par plusieurs études comme facteurs déclenchants des crises de goutte. De nombreux polluants sont associés à l’hyperuricémie, comme le montrent un certain nombre d’intoxications accidentelles ou professionnelles et surtout de multiples études en population générale. Il en est ainsi des polluants organiques persistants, qui incluent les dioxines et produits apparentés (qui ont en commun de se lier au récepteur cellulaire AHR), les PFASS, les pesticides organochlorés, et les retardateurs de flamme bromés. Nos travaux expérimentaux montrent que le récepteur AHR augmente la réabsorption tubulaire rénale d’urate, pouvant expliquer l’hyperuricémie induite par les dioxines. D’autres polluants sont associés à l’hyperuricémie : hydrocarbones polycycliques aromatiques (qui se lient à AHR), certains phtalates et bisphénols. Le plomb et le cadmium sont aussi associés à l’hyperuricémie. Beaucoup de ces toxiques sont aussi des produits carcinogènes, des perturbateurs endocriniens ou sont associés au syndrome métabolique, très fréquent chez les goutteux. Les perturbations du climat, qui augmentent la diffusion de ces polluants, et la persistance, malgré les mesures prises, de la pollution sont donc un enjeu majeur pour la santé en général, mais aussi pour la goutte, dont ils pourraient expliquer l’augmentation de fréquence au cours des dernières décennies.
Les processus de vieillissement, dont le système auditif périphérique est une cible, peuvent aussi affecter les capacités de traitement des entrées sensorielles par le cerveau. Toutefois, l’immense majorité des difficultés rencontrées par les centres auditifs pour traiter l’information auditive en cas de presbyacousie proviennent de l’impossibilité par les audioprothèses, intervention privilégiée en cas de presbyacousie, à compenser entièrement les distorsions introduites par les cochlées lésées, qui dégradent le codage auditif. La restauration d’une dynamique d’intensité sonore aussi proche que possible de la normale et d’une stéréophonie propice à l’extraction des différents objets auditifs qui constituent une scène exigent des ajustements plus subtils et personnalisés que les réglages d’usine. La diminution de la plasticité cérébrale avec l’âge n’en impose pas moins quelques limites ainsi que les physiopathologies auditives particulières.
Les agonistes du récepteur du glucagon-like peptide-1 (GLP-1), initialement développés pour le traitement du diabète de type 2 et de l’obésité, émergent comme des modulateurs potentiels du continuum métabolique–neuro-inflammatoire, dont la pertinence clinique reste à démontrer. Des données expérimentales et cliniques convergentes indiquent que ces agents exercent des effets centraux directs allant au-delà du contrôle métabolique périphérique. Au niveau cérébral, l’activation du récepteur du GLP-1 atténue la signalisation pro-inflammatoire microgliale, module la réactivité astrocytaire pathologique, restaure l’homéostasie mitochondriale et renforce les voies neuroprotectrices dépendantes de l’insuline et de l’IGF-1. Ces actions contribuent au maintien de l’intégrité synaptique, à l’amélioration de l’efficacité bioénergétique et à la réduction du stress oxydant. Des études cliniques observationnelles suggèrent également qu’une exposition chronique aux agonistes du récepteur du GLP-1 est associée à une diminution du risque de maladies neurodégénératives, ce qui justifie leur évaluation dans des essais cliniques dédiés. Ce potentiel thérapeutique s’inscrit dans le contexte physiopathologique de maladies telles que la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson, caractérisées par la convergence d’une neuro-inflammation chronique et d’un dysfonctionnement métabolique cérébral. L’accumulation persistante de protéines mal conformées ou agrégées induit une activation gliale prolongée, établissant un environnement cérébral pro-inflammatoire et délétère pour l’homéostasie synaptique. Parallèlement, l’altération de la signalisation cérébrale de l’insuline et de l’IGF-1 favorise la dysfonction mitochondriale, la perte de plasticité synaptique et la dégénérescence neuronale. Ensemble, ces altérations définissent un continuum métabolique–neuro-inflammatoire autoentretenu, suggérant un intérêt mécanistique, mais sans preuve clinique établie à ce stade. Toutefois, malgré des effets mécanistiques cohérents, les données cliniques restent limitées, hétérogènes et ne permettent pas d’établir un effet neuroprotecteur démontré chez l’humain.