
La présente étude vise la caractérisation de la quantité d’eau potable prélevée par les ménages de la basse vallée de l’Ouémé au Bénin. Pour identifier les déterminants de cette quantité d’eau utilisée, des régressions logistiques simple et multiple ont été réalisées. Les logiciels SPSS 23 et XLSTAT ont servi à ces différentes analyses. Les données de cette étude ont été collectées dans 175 ménages. Les résultats révèlent que la quantité d’eau potable utilisée dans la basse vallée de l’Ouémé pour les besoins domestiques est de 34 ± 12 L∙d-1 par habitant. Cette quantité d’eau varie cependant en fonction du cadre géographique et des facteurs tels que la disponibilité de points d’eau potable, la distance à la source et la saison. Ainsi, la quantité d’eau prélevée dans les communes d’Adjohoun (39 ± 14 L∙d-1 par habitant) et Dangbo (36 ± 12 L∙d-1 par habitant) est supérieure à la moyenne de l’étude. Par contre, celles de Bonou (34 ± 12 L∙d-1 par habitant), Sô-Ava (32 ± 12 L∙d-1 par habitant) et Aguégués (27 ± 10 L∙d-1 par habitant) sont inférieures à la moyenne. La non-disponibilité de points d’eau potable (rapport de cote ajusté [RCA] = 0,05 [0,01-0,29], p < 0,01), la saison pluvieuse (RCA = 0,17 [0,04-0,76], p < 0,05), ainsi que des distances supérieures à 300 m (RCA = 0,13 [0,02-0,7], p < 0,05) prédisent un risque de consommation d’un volume d’eau inférieure à 20 L∙d-1 par habitant.
Depuis les années 1920, la ville de Zinder est confrontée à une pénurie récurrente d’eau de consommation dont les causes sont diversement interprétées selon les contextes et les périodes. Ce travail propose des regards croisés pour appréhender la profondeur du problème. À partir d’un inventaire de récits étiologiques analysés avec les outils de la mythocritique d’une part, des données hydrométriques et des enquêtes d’autre part, les questions relatives à la production et à la gestion de l’eau, au pessimisme des populations quant à une solution définitive sont étudiées. Les analyses croisées mettent en évidence trois principales explications. D’abord, l’imaginaire populaire enseigne que la pénurie d’eau trouve son explication dans des mythes qui, loin d’être de simples ornements culturels, s’inscrivent dans une perspective de légitimation d’un pouvoir face à des envahisseurs à la peau blanche. Ensuite, l’analyse de débits des forages met en exergue la faible disponibilité de la ressource du fait du soubassement cristallin très peu altéré. Ainsi, sur une quinzaine de forages échantillonnés autour de la ville, la productivité moyenne est de 0,57 m3∙h-1 (±0,47). Soixante pour cent des forages ont un débit inférieur à la moyenne et sont à peine considérés comme productifs. Enfin, les volumes d’eau produits par les stations de pompage sont toujours inférieurs aux besoins croissants des usagers. Les infrastructures hydrauliques réalisées et les arguments scientifiques fournis convainquent de moins en moins les populations quant à la résolution définitive de la pénurie d’eau. De ce fait, selon l’interlocuteur ou l’échelle spatiale d’analyse, la pénurie s’interprète comme une donnée naturelle, économique et sociopolitique. Pour gérer cette pénurie, les structures d’exploitation de l’eau de la ville ont développé des stratégies telles que le délestage, l’utilisation de « bons » d’accès à l’eau et la limitation des branchements.
Cette étude vise à déterminer l'influence des caractéristiques des sources des forages et des matériaux utilisés dans les systèmes de distribution d’eau potable sur le développement de biofilms dans les conduites de la région d’Ouargla (Algérie). Nos échantillons ont été sélectionnés en fonction de la nappe, du matériau et de l’âge des conduites alimentant la région. Pour la réalisation de nos expériences, nous avons prélevé mécaniquement 27 échantillons de biofilms dans plusieurs conduites de distribution fabriquées à base de différents types de matériaux : cuivre, polychlorure de vinyle (PVC) et polyéthylène haute densité (PEHD), et à partir de différentes nappes (albienne, sénonienne et miopliocène). Plusieurs souches bactériennes ont été identifiées grâce à l’utilisation de la technologie de spectrométrie de masse à désorption-ionisation laser assistée par matrice avec analyseur de temps de vol (MALDI-TOF). Les résultats obtenus démontrent que les conduites en cuivre semblent être défavorables à la colonisation bactérienne tandis qu’une grande variété d’espèces bactériennes a été retrouvée sur les matériaux en PVC et en PEHD. La capacité des souches isolées à former des biofilms a également été étudiée in vitro. La majorité des souches isolées, cultivées en biofilm simple et mixte, ont montré une forte capacité à former des biofilms.
La nappe d’eau superficielle appartenant au système hydrogéologique fluvio-lacustre et volcanique d’âge plio-quaternaire est située dans une zone subsidente, à effondrement récent, allongée entre Timahdite et Almis Guigou du Moyen Atlas, Maroc. La région d’étude est occupée essentiellement par des zones agricoles caractérisées par une utilisation importante d’engrais chimiques et de pesticides qui représentent, en plus des rejets domestiques, un risque permanent sur la qualité des eaux souterraines. Nous avons étudié la vulnérabilité à la pollution de la nappe d’eau de cette région, en utilisant deux méthodes, DRASTIC et SI, avec l’utilisation des logiciels ArcGIS 9.3 et Erdas Imagine 8.4. La validation de ces deux méthodes a été testée en comparant la répartition des nitrates dans les eaux souterraines et les différentes classes de vulnérabilité. Trois classes de degré de vulnérabilité à la pollution ont été identifiées par les deux méthodes (faible, moyenne et élevée). La classe de degré de vulnérabilité moyenne est la plus dominante avec 60 % pour la méthode DRASTIC et 49,81 % pour celle de SI. Le taux de coïncidence des concentrations en nitrates des eaux souterraines avec les différentes classes de vulnérabilité établies est de 76,92 % et 61,54 % respectivement pour les méthodes SI et DRASTIC. De ce taux de coïncidence, la méthode SI parait mieux évaluer la vulnérabilité à la pollution aux nitrates.
Afin d’évaluer l’impact des changements climatiques sur les ressources en eau, nous réalisons dans ce travail une analyse statistique spatio-temporelle de certaines variables climatiques du bilan hydrique. En effet, pour comprendre les variations climatiques ayant eu lieu dans le passé, l’analyse statistique doit se faire sur des séries chronologiques de données représentatives aussi bien sur le plan spatial que temporel. Toutefois, ces séries de données présentent souvent des lacunes dans les mesures et des irrégularités qui entravent leur utilisation directe. Pour cela, l’analyse statistique adoptée dans cette étude s’est appuyée sur trois étapes : i) le comblement des données manquantes par deux méthodes d’imputation, à savoir la méthode d’imputation multivariée par des équations enchainées (MICE) et la méthode des k plus proches voisins (k-NN); ii) la détection des changements significatifs ayant eu lieu dans le passé dans les séries chronologiques. Les dates de ces changements sont marquées par des ruptures au niveau de la moyenne des variables climatiques étudiées. Ces ruptures ont été validées par trois tests statistiques (Pettitt, Buishand et homogénéité normale SNH); iii) l’investigation de tendances potentielles dans les données climatiques par les tests statistiques (Sen et Mann-Kendall) ainsi que par une projection future. Comme application, nous avons traité les données climatiques pour les périodes 1974-2016 et 2021-2050 issues de cinq stations météorologiques du périmètre du Gharb situé au nord du Maroc. Les résultats obtenus montrent que la méthode d’imputation de MICE est la plus performante pour toutes les stations. Pour les tendances, les séries de températures, d’évapotranspiration potentielle et du déficit hydrique présentaient des tendances significatives à la hausse sur tous les pas de temps. Tandis que pour les séries de précipitations, les tendances étaient non significatives. Les projections à l’horizon 2021-2050 ont fait ressortir que nous pourrions assister à un léger décalage de la saison la plus pluvieuse de l’année et l’effet du réchauffement serait plus important en allant de l’ouest vers l’est du périmètre du Gharb en raison de l’effet de continentalité.
In coastal and estuarine environments, trace elements trapped in sediments can be released back into the water column if resuspended during tides or floods. This is how this work is carried out to determine the mobility of trace elements when these phenomena occur on Senegalese coasts subjected to high energy tides. Sequential extraction carried out according to the European Community Bureau of Reference (BCR) was used to determine the mobilizable fraction of trace elements in sediments. Subsequently, laboratory sediment resuspension experiments were conducted to evaluate the ability of sediments to release trace elements into the water in order to better understand the natural effect of resuspension during tidal cycles and water movement on the coast. The release of elements into the water was monitored over a 24 h period along with redox potential (Eh), dissolved oxygen and pH. Bioavailability percentages of Cd, Ni, Pb and Zn showed a strong affinity with the acid soluble fraction, suggesting easy mobility of these elements. The results of the kinetic monitoring tests of the release of trace elements in water show that during the first minutes, desorption is very important with peaks that can reach 90‰ depending on the element that could potentially cause acute effects on aquatic organisms. However, the bioavailability of trace elements in contaminated sediments only influences mobility at the beginning of resuspension. Remobilization tests would therefore provide an indication of the ability of sediments to release trace elements during rapid changes in the physico-chemical conditions of the aquatic environment.
L’oued de la Moulouya et ses affluents demeurent les principales ressources en eau pour irriguer les champs agricoles avoisinants de la région de Berkane qui représentent l’activité principale de cette région. L’évaluation de la qualité des eaux de ces ressources s’avère une nécessité pour maintenir leur bon fonctionnement et par la suite assurer un bon rendement des produits agricoles. Pour ce faire, un suivi mensuel de prélèvements des eaux a été réalisé dans l’oued de la Moulouya et son affluent Zegzel-Cherâa durant une année de décembre 2015 à novembre 2016. Ces prélèvements ont fait l’objet d’analyses bactériologiques selon les protocoles décrits par les normes marocaines ISO et les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Les analyses bactériologiques ont montré que l’oued de Cherâa est soumis à une forte pollution d’origine humaine et animale, avec une prédominance de la source humaine. En effet, la charge bactérienne (coliformes totaux [CT], coliformes fécaux [CF], Escherichia coli [EC], streptocoques fécaux [SF], etc.) est supérieure aux normes marocaines du Secrétariat d’État auprès du ministère de l’Énergie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement (SEEE, 2007) indiquant ainsi que les eaux sont de mauvaise qualité. L’analyse explicative (ACPn) réalisée sur les variables étudiées a permis de mettre en évidence un gradient de pollution pour l’oued Cherâa et a également fait ressortir l’automne comme la saison la plus chargée en bactéries indicatrices de pollution. L’abondance de ces microorganismes dans les cours d’eau traduit la présence possible de bactéries pathogènes qui pourraient causer des maladies au sein de la population qui utilise ces eaux pour boire et pour l’irrigation. Les eaux de l’oued Cherâa sont impropres à la consommation.
La connaissance des quantiles de précipitations extrêmes comme normes hydrologiques est nécessaire dans le cadre de projets d’aménagement pour la conception d’ouvrages hydrauliques et dans de nombreuses applications d’ingénierie. Dans un contexte de changements climatiques constatés en Afrique de l’Ouest, l’estimation des précipitations associées aux événements extrêmes est un sujet qui suscite des réflexions. Cette problématique soulève la question principale suivante : « Sur quelle base pourrait-on/devrait-on élaborer de nouveaux quantiles pour la gestion de projets de construction d’ouvrages hydrauliques? » Ainsi, l’objectif de cette étude est l’analyse des impacts des changements climatiques sur les normes hydrologiques relatives aux quantiles des pluies journalières maximales annuelles dans le district d’Abidjan (sud de la Côte d’Ivoire). L’approche méthodologique utilisée a consisté à la collecte de données de pluviométrie journalière pour la période 1961-2014. Les tests statistiques de base ont été effectués. Le choix du modèle statistique s’est porté sur la loi de Gumbel. Les paramètres du modèle ont été estimés et ont permis de calculer les quantiles sur plusieurs périodes de référence (1961-1990, 1971-2000, 1981-2010, 1961-2014) et plusieurs durées de retour (2, 5, 10, 20, 50 et 100 ans). Une comparaison des quantiles déterminés a été réalisée à partir des matrices d’écarts relatifs absolus. Les principaux résultats ont montré que les différentes séries définies sont constituées de valeurs indépendantes, stationnaires et homogènes. Les quantiles calculés varient pour une durée de retour donnée en fonction des périodes de référence choisies pour leur détermination. Cela traduit une non-stationnarité des quantiles due à l’instabilité du climat. Pour une meilleure sécurité des ouvrages hydrauliques, les recommandations de ce travail proposent d’utiliser les quantiles de la période historique (1961-1990) pour les périodes de retour inférieures à 50 ans. En ce qui concerne les durées de retour supérieures à 50 ans, il est possible d’utiliser les quantiles de deux périodes de référence (1961-1990, 1981-2010). Pour la valeur du gradex des méthodes empiriques de l’Office de la recherche scientifique et technique outre-mer (ORSTOM) et du Comité interafricain d’études hydrauliques (CIEH), il est recommandé de considérer 0,44 comme valeur pour le dimensionnement des ouvrages hydrauliques dans le district d’Abidjan.
L’objectif de la présente étude est d’évaluer la distribution de quatre éléments traces métalliques (ETM), cadmium, cuivre, nickel et zinc, dans les différentes parties anatomiques (racines et feuilles) d’une chénopodiacée Spinacia oleracea (L.), en lien avec le niveau de contamination des sédiments où elle pousse, de l’oued Boumerzoug et ses affluents. Localisé dans le Constantinois au nord-est de l’Algérie, l’oued draine un bassin versant de 1 832 km2 avec ses zones urbaines et industrielles. Cette étude inclut 14 stations, 5 situées sur l’oued Boumerzoug et 9 sur ses affluents, sélectionnées en des lieux stratégiques et échantillonnées cinq fois au mois de mai, septembre et décembre 2016, ainsi qu’en mars et juillet 2017. Les teneurs moyennes des ETM des sédiments sont de 0,44 ± 0,30 mg∙kg-1 (masse sèche) pour Cd, 43,61 ± 36,45 mg∙kg-1 (ms) pour Cu, 35,16 ± 9,85 mg∙kg-1 (ms) pour Ni et 181,33 ± 115,12 mg∙kg-1 (ms) pour Zn. Le transfert des ETM a été étudié chez l’épinard S. oleracea dont les différentes parties accumulent différemment les métaux. Les concentrations des ETM dans les sédiments et la chénopodiacée sont très variables aussi bien dans l’espace que dans le temps. Nos résultats montrent que la chénopodiacée séquestre dans ses racines le Cd, le Cu et le Ni, alors que le Zn est transloqué vers les feuilles. La hiérarchie des teneurs moyennes en métaux dans les épinards (Zn > Cu > Ni > Cd) est similaire à celle des sédiments.
Message des coprésidents de La Revue des Sciences de l’Eau (RSE) sur la Fin de la publication. An article from journal Revue des Sciences de l’Eau / Journal of Water Science (Volume 32, Number 4, 2020, pp. 316-474), on Érudit.
L’industrie textile consomme de grandes quantités d’eau et utilise des colorants organiques pour teindre ses produits commerciaux. Ces colorants synthétiques sont à la fois toxiques et responsables de la coloration des eaux usées, ce qui nécessite de les traiter avant leur rejet. La plupart des colorants ne sont pas biodégradables et une fois rejetés provoquent une altération du milieu aquatique. Parmi les procédés de traitement des rejets liquides, l’adsorption sur charbon actif est une technique facile à mettre en oeuvre et peu onéreuse. L’objectif de cette étude consiste en la préparation de biochars à partir de roseau commun afin d’obtenir un adsorbant applicable pour la décoloration des effluents de l’industrie textile. Le roseau commun (Phragmites australis) de la rivière de Sed–Ksob de M’sila (Algérie) a été valorisé et utilisé comme précurseur pour la fabrication de biochars par activation à l’acide phosphorique. La chimie de surface des matériaux a été caractérisée par titrage sélectif (dosage de Boehm), analyse thermogravimétrique (ATG) et mesure du point de charge nulle (pHpzc). La texture poreuse a été étudiée par l’adsorption du bleu de méthylène (BM) et la mesure de l’indice d’iode. Les résultats de l’analyse ATG et du dosage de Boehm montrent la présence de nombreux groupes fonctionnels de surface sur les biochars. Les teneurs en groupes fonctionnels oxygénés dépendent du rapport d'imprégnation en acide phosphorique, à l'exception de celui obtenu à un rapport d'imprégnation de 150 %. L’adsorption du BM et le test d’indice d’iode indiquent une augmentation de la surface spécifique lorsqu’on augmente le rapport d'imprégnation. Ceci est dû au développement de la microporosité et de la mésoporosité. Les biochars ont été testés pour leur performance d'adsorption vis-à-vis d'un colorant anionique, le méthylorange (MeO). L’influence de différents paramètres expérimentaux a été étudiée : la concentration, le temps de contact et la température. L’étude des isothermes d'adsorption montre que le modèle de Langmuir décrit bien le processus de l’adsorption du MeO sur les biochars préparés. La cinétique d’adsorption peut être décrite par les modèles de pseudo-second ordre et de diffusion dans le film liquide. Le phénomène d’adsorption est de type physique et endothermique.
Par sa taille et sa spécificité, la zone humide Ramsar du lac Fetzara est représentative du type rare de zone humide naturelle de la région méditerranéenne. L’activité agropastorale pratiquée dans sa zone périphérique et les eaux résiduaires des agglomérations urbaines avoisinantes constituent des sources potentielles de pollution de ses eaux par les éléments nutritifs. Cette étude a été menée avec l’objectif d’évaluer la pollution des eaux superficielles de la zone humide du lac Fetzara par l’azote minéral. Par une approche physicochimique spatiotemporelle, les résultats analytiques obtenus montrent que les eaux de cette zone humide ne sont pas polluées par l’ion nitrate, alors que la majorité de ces eaux sont riches en ions nitrites. L’activité agricole qui caractérise cette zone serait la source directe ou indirecte de pollution. En ce qui concerne la contamination en ions ammonium, toutes les stations étudiées présentent une pollution nette avec des valeurs maximales (jusqu’à 20,7 mg∙L-1) dans les stations qui reçoivent des eaux résiduaires urbaines. Les concentrations en azote minéral deviennent considérablement élevées au cours de l’année 2016 et varient spatialement selon la distance d’éloignement de la source de pollution et par rapport à la saison, humide et sèche.
L'Algérie, un pays aride à semi-aride, est très vulnérable aux changements climatiques. La pluviosité limitée sur sa zone côtière, incertaine, voire inexistante vers le sud, est particulièrement sensible aux effets négatifs du réchauffement climatique. La tendance est à la baisse depuis l’année 1975 et la phase ascendante des pluies n’est pas encore prête d’être amorcée. C'est dans cette perspective que se situe le présent travail qui a pour objectif d’analyser la variabilité interannuelle des séries chronologiques de 17 stations pluviométriques du bassin versant du Haut et Moyen Cheliff sur la période 1972/73-2012/13 (soit 42 ans). Ces séries chronologiques sont soumises à la méthode de la moyenne mobile à sept ans et à des tests statistiques non paramétriques de rupture (Pettitt et Mann-Kendall). Cette analyse fait apparaitre une alternance de périodes humides 1972/73 à 1979/80 et d'autres sèches 1979/80 à 2005/06 communes à 14 stations. La date de rupture décelée pour la majorité des séries analysées se situe entre la fin des années 1970 et le milieu des années 1980. En effet, 6 stations sur 17 présentent une régularité du régime pluviométrique. Les 11 stations restantes enregistrent un déficit pluviométrique qui oscille entre 16 et 29 %.
L'urbanisation rapide et les rejets des eaux usées correspondants, ainsi que l’utilisation de plus en plus intensive d'engrais chimiques, constituent un risque potentiel pour la pollution des eaux souterraines. La cartographie de la vulnérabilité de ces eaux à la pollution minimise ce risque par l’identification des zones les plus sensibles en vue d’une bonne gestion qualitative de la ressource. Ici, la vulnérabilité a été évaluée pour la nappe alluviale de Rich (Haut Atlas central du Maroc) en utilisant la méthode DRASTIC avec une comparaison avec la méthode PRK (où P est la pente topographique, R est le rapport entre la variation piézométrique et l’épaisseur de la zone non saturée et K est la perméabilité de la formation aquifère). La carte DRASTIC obtenue a été testée et validée par la conductivité électrique de 44 puits via le test de Kappa (Kc) et le taux de coïncidence. Le résultat obtenu montre un indice K négligeable (0,006) et un taux de coïncidence faible de 24 %, ce qui conduit à valider avec réserves la carte obtenue. Les classes de vulnérabilité obtenues ont montré que 21,7 % de la zone d’étude présentait une vulnérabilité faible à très faible, 56,6 % une vulnérabilité modérée et 21,7 % une vulnérabilité forte à très forte. La complexité dans la réalisation de cette carte réside dans le choix du paramètre de conductivité électrique pour refléter l’état de pollution et dans la densité des données ponctuelles introduites et la façon d’introduire ces données, souvent par interpolation, assignant des valeurs dans des secteurs où aucune donnée n’est connue ou n’existe. Une mise à jour de cette carte devient nécessaire par le choix d’un autre indicateur de pollution représentatif et par l’intégration d’une masse de données plus importante pour avoir un résultat plus fiable qui peut être utilisé comme un outil permettant de sensibiliser davantage les services publics concernés par les eaux souterraines dans la région.
To cope with the numerous consequences of stream pollution caused by anthropogenic activities, it is necessary to evaluate the water quality for sustainable management. The present study aims to evaluate the water quality of the upper reaches of the Ouémé River in Benin using biotic indices based on benthic macroinvertebrates. Macroinvertebrates were sampled using a Surber net in four stations distributed over the longitudinal profile of the upper reaches of the Ouémé River. After sample collection, the macroinvertebrates were separated, identified and counted under a stereo-microscope. A total of 13 macroinvertebrate orders and 24 macroinvertebrate families were collected in this study. The Chironomidae was the most abundant family. The results of the Ephemeroptera, Plecoptera, Trichoptera (EPT) Index, the EPT/Chironomidae Index, the Hilsenhoff Index and the Standardized Global Biological Index (IBGN) revealed that the Upper Ouémé River has very poor water quality. The intense pressures from human activities in this part of the river have led to serious organic pollution, which has resulted in the proliferation of macroinvertebrates resistant to pollution to the detriment of those sensitive to pollution. On the basis of this result, protection and recovery measures must be taken to preserve and improve the ecological status of the waters of the upper reaches of the Ouémé River.
Le but de cette étude est d’étudier les variations spatiales et temporelles de l’abondance des nauplii de copépodes en relation avec les facteurs environnementaux. Pour ce faire, des échantillonnages d’eau et de zooplancton ont été faits de novembre 2017 à septembre 2018 dans la rivière Lokpoho (affluent du Bandama) et dans le cours principal du fleuve Bandama. Il ressort des analyses que les nauplii de copépodes sont plus abondants en saison sèche (moyenne 74 ind∙L-1) qu’en saison des pluies (moyenne 51 ind∙L-1), avec les valeurs les plus élevées enregistrées en pleine saison sèche (118 ind∙L-1). L’abondance moyenne annuelle des nauplii de la rivière Lokpoho (77 ind∙L-1) est supérieure à celle du fleuve Bandama (38 ind∙L-1). Durant la saison sèche, l’abondance des nauplii est fortement influencée par la conductivité, l’oxygène dissous et le pH. Pendant la saison des pluies, les principales variables qui influencent l’abondance des nauplii sont le manganèse, la transparence, la chlorophylle a et le nitrate. Annuellement, l’abondance des nauplii de copépodes est influencée positivement et significativement par l’abondance des copépodes adultes et la transparence. Cependant, le taux de nitrate a une influence négative sur le développement des nauplii de copépodes du Haut-Bandama. Cette influence négative serait due aux activités agropastorales menées dans la région de Ferké.
The calculation of Chezy’s resistance coefficient (CRC) is typically not provided a priori in a design problem, and its value is often selected subjectively from the literature in most open channels and conduits for the uniform flow. The evaluation of this coefficient is crucial to channel design and for computing its normal depth. The primary purpose of this research study is to revisit the mathematical formulation for the resistance coefficient. A general explicit relation of the resistance coefficient in turbulent flow is set with different geometric profiles of conduits and channels, mainly the horseshoe-shaped tunnel using the rough model method (RMM). CRC is firmly based on the internal walls' absolute roughness of the channel, the liquid kinematic viscosity, the longitudinal slope, the discharge and the filling rate. Additionally, a simplified method is proposed to determine CRC with a restricted number of variables such as the kinematic viscosity, the absolute roughness, the slope of the conduit, and the discharge. Based on studying the variation of CRC as a function of the filling rate, another explicit expression is provided to compute this coefficient efficiently when its maximum value is reached. To demonstrate how Chezy’s resistance coefficient can be calculated in a horseshoe-shaped tunnel, some examples of calculations are proposed.
The development of agriculture in the Mina plain is hampered by the drought that has occurred in recent years. As a result, water scarcity has favoured an intensive use of groundwater of poor quality. This behaviour is one of the forerunners of soil degradation. Knowing the quality of the irrigation water used becomes imperative. In this context, water samples from 178 wells in the Mina plain were subjected to a physico-chemical analysis, mainly electrical conductivity (EC), sodium adsorption ratio (SAR), and irrigation water quality index (IWQI), were used to identify water quality classes as well as residual alkalinity (RSC) to determine salinization pathways. The thematic maps established by the two methods (EC and SAR, IWQI) showed that 73.44% of the total area could be used for irrigation and that 87.55% of the total area may be used for irrigation in soils with high permeability where additional water should be applied to prevent salt accumulation. The residual alkalinity revealed two types of salinization: one neutral and one alkaline, representing respectively 149 and 29 wells. The electrical conductivity varied between 2.24 and 16.50 dS∙m-1, divided into two classes of salinity (C4, 44.03% and C5, 55.97%). SAR values fluctuated between a low of 4.28 and a high of 94.73, with S2 dominance accounting for 49.57% of the total area. IWQI’s assessment of groundwater quality revealed that 87.55% of the Mina study area is severely restricted, which is dominant in the southeastern and southwestern parts of the area. The remaining area, 12.44% or less, is in the high restriction category. This simple index uses the most important parameters that evaluate the quality of irrigation water for management.
Deux matériaux, sous-produits agro-industriels, ont été étudiés en biofiltration à l'échelle pilote : la chènevotte en tant que « couche active », sur des grignons d'olives en tant que « couche de support ». L'objectif était d'étudier la capacité de ces deux matériaux travaillant ensemble comme un seul milieu filtrant poreux. L'impact de la hauteur de la couche active sur la performance du biofiltre a été étudié expérimentalement grâce à deux biofiltres, un premier présentant une répartition des matériaux en deux hauteurs égales, l’autre avec 80 % de couche active sur 20 % de hauteur de couche support. Les deux pilotes ont été alimentés à raison de 75 L·j‑1·EH‑1 (EH : équivalent-habitant) avec des eaux usées domestiques synthétiques. Les résultats ont montré une réduction de la demande biochimique en oxygène en cinq jours (DBO5) et des matières en suspension (MES) de plus de 90 % après dix semaines de fonctionnement. Cette performance s'est maintenue après plus de 30 semaines de fonctionnement continu. Par ailleurs, six prototypes de biofiltres ont été installés pour traiter les eaux usées domestiques de résidences unifamiliales dans des conditions réelles. Les objectifs de cette étude sont de caractériser l'efficacité du traitement de ces prototypes sur plusieurs années dans des conditions réelles, de déterminer l'entretien requis par une telle technologie et d'étudier l'influence de paramètres tels que la hauteur du biofiltre, l'aération et le nombre d'habitants. L'efficacité de traitement à long terme de l'un des biofiltres, qui fonctionne depuis près de quatre ans, est remarquable. Les pourcentages moyens de réduction de la demande chimique en oxygène (DCO), de la DBO5 et de MES sont respectivement de plus de 83 %, 97 % et 96 %, laissant espérer des résultats prometteurs pour les cinq autres.
Ce travail est une comparaison des capacités d’électro-oxydation du cristal violet sur des électrodes de Ti/TiO2 et Ti/IrO2-RuO2. Les résultats révèlent que le dépôt d’oxyde de métaux semi-conducteurs sur un support métallique adéquat tel que le titane permet d’améliorer l’activité électrochimique de ces électrodes. De même que l’influence des paramètres opératoires que sont la densité de courant (4,4, à 6,6 mA∙cm-2), la concentration de l’électrolyte (0,5 à 1,5 g∙L-1), la concentration initiale du colorant (2,5 x 10-5 à 10-4 M) et la surface d’électrode (4,55, 5,85 et 7,15 cm2) sur l’efficacité du traitement serait liée à la nature de l’électrode. Le suivi de la demande chimique en oxygène (DCO) au cours de l’électrolyse montre que Ti/IrO2-RuO2 possède le meilleur rendement épuratoire, puisqu’il permet d’atteindre un taux de réduction de la DCO de 92 % comparativement à un taux de 83 % enregistré dans le cas de Ti/TiO2 au bout de 2 h de traitement.