
Cette expérience au sein de l’équipe nationale du Burundi a été une aventure humaine, culturelle et sportive particulièrement marquante. Au-delà du football, elle m’a permis de découvrir un pays riche par ses paysages, ses traditions et surtout par la générosité et l’accueil de ses habitants. Au contact des joueurs et du staff, j’ai été touché par leur passion, leur engagement et leur capacité à avancer malgré des ressources parfois limitées. Cette mission a également mis en évidence certains défis importants, notamment le manque de structures médicales spécialisées, de kinésithérapeutes formés et de matériel adapté. Elle souligne l’importance de développer la formation locale en médecine du sport, kinésithérapie, prévention des blessures et rééducation. Plus qu’une expérience professionnelle, cette aventure restera une leçon de partage, d’authenticité et d’ouverture sur le monde.
Cet article retrace le parcours d’un kinésithérapeute du sport ayant évolué dans différents environnements du football de haut niveau, des clubs professionnels aux sélections nationales. À travers ses expériences au KAS Eupen, au RWDM, avec l’équipe nationale marocaine U23 puis comme Head Physio de la sélection nationale U23 de Côte d’Ivoire, l’auteur met en évidence l’évolution progressive de ses compétences cliniques, organisationnelles et humaines. Le texte souligne les différences entre le travail en club, marqué par un suivi quotidien et structuré, et celui en sélection où l’adaptation rapide, la coordination avec les clubs et la prise de décision dans l’urgence sont essentielles. Au-delà des soins, de la récupération et de la gestion des blessures, le rôle du kinésithérapeute apparaît comme central dans la communication, la prévention, la relation de confiance avec les joueurs et la continuité du suivi médical.
Dans une étude qualitative, nous avons exploré la prévention et la prise en charge des blessures dans le sport de haut niveau au Sénégal, à partir d’une approche de théorie ancrée. Seize acteurs (athlètes, entraîneurs et professionnels de santé) ont été interrogés afin de comprendre leurs pratiques, expériences et perceptions dans un contexte à ressources limitées. Les résultats montraient que la prévention des blessures reposait principalement sur des initiatives individuelles, guidées par l’expérience plutôt que par des cadres structurés. Bien que les acteurs exprimaient une volonté de sensibilisation, les actions préventives restaient majoritairement réactives et émergeaient souvent après la survenue d’une blessure. L’éducation apparaissait comme un levier central pour favoriser l’adhésion des athlètes, mais son intégration dans des routines durables demeurait limitée. La prise en charge des blessures était marquée par un écart important entre recommandations théoriques et réalités de terrain. Les contraintes financières, le faible accès aux soins spécialisés et les limites du système d’assurances conduisaient à une gestion improvisée, souvent prise en charge par les entraîneurs. Cette situation favorisait des retours au sport précoces et peu encadrés. Les décisions de reprise reposaient rarement sur des critères standardisés. Le recours à la médecine traditionnelle était fréquent et la douleur était souvent normalisée. Le contexte sportif était également influencé par des infrastructures précaires, une organisation instable et des barrières socioculturelles, notamment en matière de genre et de santé mentale. L’entraîneur apparaissait comme un acteur central, aux rôles multiples mais insuffisamment soutenu. Ces résultats soulignaient la nécessité de développer des stratégies de prévention contextualisées, accessibles et culturellement adaptées, en vue notamment des Jeux Olympiques de la Jeunesse de Dakar 2026.
Introduction Ce cas clinique décrit une douleur atypique du coude, chez un jeune lanceur de javelot, qui était causée par un muscle anconé médial, une variante anatomique rare. Cette étude présente une approche thérapeutique innovante, utilisant l’injection de toxine botulique intramusculaire, qui n’avait jamais été décrite dans la littérature en alternative à la chirurgie. L’originalité du cas réside dans cette cause peu fréquente de compression du nerf ulnaire chez un sportif de haut niveau, ainsi que dans la stratégie thérapeutique qui a été choisie. Patient Il s’agissait d’un patient âgé de 18 ans, qui présentait depuis plusieurs mois des paresthésies des deux derniers doigts de la main droite lors du lancer, sans anomalie à la radiographie ni à l’électroneuromyogramme. L’échographie, puis l’imagerie par résonance magnétique avaient révélé un muscle anconé médial comprimant le nerf ulnaire. Intervention thérapeutique Refusant la chirurgie, le patient a bénéficié de deux injections de toxine botulique dans le muscle incriminé, sous guidage échographique et électromyographique. Les résultats montraient une réduction des paresthésies et une atrophie musculaire partielle qui a été confirmée à l’imagerie. Conclusion Ce cas a mis en lumière l’intérêt de cette approche peu invasive pour traiter certaines compressions nerveuses, tout en soulignant l’importance de la connaissance des variations anatomiques dans la pratique clinique. Il ouvre la voie à des protocoles thérapeutiques alternatifs en médecine du sport.
Contexte Le ligament croisé antérieur (LCA) est un stabilisateur clé du genou, dont la rupture constitue une lésion fréquente chez le sportif pratiquant un sport pivot-contact. Dans les suites de cette rupture ou de sa reconstruction chirurgicale, il y a des conséquences musculaires, notamment avec un déficit des muscles fléchisseurs et extenseurs du genou. Ces derniers ayant un rôle important dans la stabilisation dynamique du genou, leur évaluation a une importance particulière dans la prise en charge des patients avec rupture ou reconstruction chirurgicale du LCA. L’évaluation isocinétique, par le calcul du Limb Symmetry Index (LSI), permet d’objectiver la récupération musculaire, un LSI≥90 % traduisant une symétrie satisfaisante. Objectif L’objectif de cette étude était de comparer la récupération musculaire isocinétique des fléchisseurs et extenseurs du genou à six mois d’un traitement fonctionnel ou d’un traitement chirurgical, suite à une rupture du ligament croisé antérieur, en émettant l’hypothèse d’une récupération comparable entre les deux approches. Méthodes Il s’agissait d’une étude analytique, rétrospective et monocentrique menée entre janvier 2022 et juin 2025 au sein du service d’orthopédie de l’Hôpital de la Croix-Rousse. Cinquante patients présentant une rupture isolée du ligament croisé antérieur (LCA) ont été inclus et rétrospectivement répartis en deux groupes selon leur prise en charge : 25 patients pris en charge par rééducation fonctionnelle exclusive et 25 patients opérés par technique du DIDT. L’évaluation isocinétique a été réalisée sur dynamomètre CON-TREX® MJ, analysant le couple maximal, le ratio ischiojambiers/quadriceps (H/Q), le moment de force maximale (MFM) rapporté au poids corporel et le Limb Symmetry Index (LSI). Les résultats ont été exprimés en moyenne±écart-type et les comparaisons intergroupes ont été réalisées par test-t de Student ou test de Welch. Résultats Les patients opérés présentaient des déficits musculaires significativement plus marqués (quadriceps 60 °/s : −24,4±22,9 % vs −7,0±16,5 %, p=0,003 ; quadriceps 240 °/s : −24,2±17,9 % vs −7,0±15,6 %, p=0,002 ; ischiojambiers 30 °/s excentrique : −24,0±20,0 % vs −5,0±23,3 %, p=0,004). Cent pour cent des patients avec rééducation fonctionnelle atteignaient un LSI≥90 % contre 75,8 % des patients opérés (p=0,01). Conclusion Ces résultats renforcent l’intérêt d’une individualisation thérapeutique.
Connaissances actuelles La natation, sport largement pratiqué, est fréquemment associée à des douleurs d’épaule, principale plainte de l’appareil locomoteur chez les nageurs. Objectif Cette étude visait à actualiser et synthétiser les travaux concernant les facteurs de risque et les modalités de traitement des douleurs de l’épaule des nageurs, à mettre en relation leurs conclusions et à identifier les manques de la littérature afin de proposer de nouvelles pistes de recherche. Méthodes Une revue de portée a été menée sur PubMed. La qualité des études incluses a été évaluée par les échelles AMSTAR (revues de littérature), Down et Black (études interventionnelles) et Newcastle et Ottawa (évaluation des facteurs de risque) par deux relecteurs indépendants. Résultats Sur 589 titres examinés, 19 articles ont été retenus concernant les facteurs de risque (3 études de haute qualité, 12 de qualité acceptable et 4 de qualité moyenne), et neuf articles au sujet des traitements (5 études de qualité acceptable et 4 de qualité moyenne). Les facteurs de risque soutenus par un niveau de preuve modéré étaient : l’hyperlaxité, l’épaississement du tendon du supra-épineux, la diminution de l’élasticité du chef postérieur du deltoïde et du petit pectoral, ainsi que le nombre d’années de pratique. Les exercices thérapeutiques apparaissaient plus efficaces que la chirurgie dans la prise en charge de l’épaule douloureuse chez le nageur. La réalisation des programmes de renforcement devait être réalisée sur plus de 12 semaines. L’association du renforcement musculaire et des étirements améliorait la posture tandis que les étirements isolés permettaient l’amélioration des amplitudes articulaires. Conclusion Peu de facteurs de risque de développer un syndrome de l’épaule douloureuse du nageur ressortent de l’état actuel des connaissance scientifiques. Des études de meilleure qualité, notamment des cohortes prospectives, étaient nécessaires pour confirmer ou compléter l’identification des facteurs de risque. Les traitements préventifs et curatifs demeuraient peu documentés et nécessitaient des recherches approfondies.
La course à pied est une activité largement pratiquée, reconnue pour ses bienfaits sur la santé, mais elle est également associée à une forte prévalence de blessures des membres inférieurs. Si les chaussures sont souvent envisagées comme un outil de prévention, les données actuelles indiquent que leur impact dans ce domaine reste limité. Dans ce contexte, l’objectif de cette revue narrative de littérature vise à explorer les effets biomécaniques de certaines caractéristiques de chaussures de course, non pas dans une logique préventive, mais en vue de formuler des recommandations utiles à la gestion des blessures les plus fréquentes chez les coureurs. Dix-huit études ont été sélectionnées, impliquant des coureurs amateurs âgés de 16 à 75 ans, en bonne santé, et portant sur quatre paramètres clés : l’amorti, le drop, le contrôle de mouvement et l’usure. Ces caractéristiques modifient les forces de réaction au sol, les moments articulaires, la cinématique initiale, les variables spatiotemporelles, les vibrations des tissus mous et l’activation neuromusculaire. Sur la base de ces résultats, des recommandations générales ont pu être proposées, mais elles doivent impérativement être adaptées à chaque coureur, en raison de la forte variabilité interindividuelle dans les réponses biomécaniques. Le niveau de preuve reste limité, avec une majorité d’études à court terme, sans lien direct établi avec les blessures. Ce travail offre un cadre pour guider la sélection des chaussures dans un objectif de gestion clinique. Des études longitudinales avec critères cliniques sont nécessaires pour confirmer ces recommandations.
Les traumatismes des doigts longs représentent un motif très fréquent de consultation en traumatologie du sport. La phalange proximale est souvent le siège d’une fracture suite à des chutes ou lors des phases de préhension, ou de lancer de balle. Leur prise en charge est un véritable défi. Nous rapportons de façon rétrospective les résultats fonctionnels d’une série de 18 patients opérés par vissage percutané pour une fracture de la phalange proximale. Vers le troisième mois, les amplitudes articulaires, que ce soit au niveau de la métacarpo-phalangienne (MP) ou à l’interphalangienne proximale (IPP), permettaient une reprise normale de l’activité sportive. Par conséquent, notre expérience nous insistait à préconiser cette technique en première intention dans la prise en charge des fractures des phalanges chez une population sportive.
L’objectif de cet article est de proposer un cadre structuré et opérationnel du cycle olympique de quatre ans, intégrant les déterminants médicaux, physiologiques et psychologiques de la performance. Le modèle vise à optimiser la santé, réduire la fréquence des blessures et soutenir la durabilité de la performance. La méthodologie repose sur une expérience de terrain au sein de Team Belgium. Trois phases temporelles interdépendantes sont décrites : (1) la phase verte (0–30 mois après les Jeux Olympiques précédents), centrée sur la restauration des déterminants de santé et la mise en place des routines de performance, (2) la phase orange (<18 mois avant les prochains Jeux Olympiques), dédiée à la stabilisation des performances et à la maîtrise des risques, et (3) la phase rouge (<6 mois avant les prochains Jeux Olympiques), correspondant à la protection maximale de la santé et à la préparation finale pour les Jeux Olympiques. Pour chacune, des stratégies médico-psychologiques intégrées et des outils de suivi sont proposés. Ce cadre vise à instaurer un langage commun et une culture de collaboration entre les acteurs du sport de haut niveau.
Après une lésion du ligament croisé antérieur, les patients présentant une instabilité articulaire optaient généralement pour une reconstruction chirurgicale, notamment s’ils souhaitaient reprendre des activités sportives impliquant pivots, changements de direction, accélérations et décélérations. L’objectif indiqué par le patient était généralement de retrouver un niveau de performance comparable à celui d’avant la blessure. Cependant, un pourcentage encore trop faible de sportifs non-élites atteignait cet objectif. Si le rôle essentiel de la rééducation est reconnu, il n’existe actuellement pas de consensus scientifique concernant les modalités optimales, notamment en termes de critères de progression et d’intégration des recommandations issues de la recherche, en pratique clinique. En réponse à ce constat, nous proposons un cadre de rééducation structuré, conçu de manière ouverte, afin de pouvoir être adapté à d’autres recommandations scientifiques ainsi qu’aux besoins individualisés de chaque patient. Son implémentation clinique a montré que si l’intégration des recommandations scientifiques était possible, elle présentait certaines difficultés. Quatre d’entre elles ont été identifiées : (1) le profil spécifique du kinésithérapeute ; (2) la compliance du patient ; (3) les coûts direct et indirect de la rééducation ; et (4) la poursuite de la prise en charge kinésithérapeutique par le continuum de retour aux activités nécessitant des capacités de performance. Ce travail a également permis d’identifier trois atouts avec lesquels le kinésithérapeute pourrait contribuer à améliorer le résultat des rééducations : (1) l’adaptabilité du kinésithérapeute ; (2) le maintien de repères temporels ; et (3) le maintien d’évaluations régulières du niveau de récupération du patient.
Le rugby élite français connaît une professionnalisation croissante, mais des disparités persistent entre les équipes masculines et féminines. Les hommes bénéficient d’un encadrement pluridisciplinaire, de moyens financiers et technologiques avancés, tandis que les femmes disposent de ressources plus limitées, entraînant un suivi moins systématique. L’essor des technologies (GPS, capteurs, plateformes de force, IA) transforme la préparation et la prévention des blessures. Les données issues de ces outils permettent une analyse fine des charges, des risques et des performances, mais leur exploitation requiert des compétences d’ingénierie encore rares dans les clubs. L’intelligence artificielle est perçue comme un levier pour automatiser des tâches répétitives et optimiser la prise de décision, sans remplacer l’expertise humaine. Son déploiement impose une gouvernance rigoureuse, une qualité des données et une co-conception avec les parties prenantes. La santé neurologique, notamment la gestion des commotions cérébrales, constitue un enjeu majeur. Le rugby est en avance sur d’autres disciplines grâce à des protocoles standardisés (HIA), enrichis par des technologies comme les protège-dents instrumentés. Malgré ces progrès, des défis persistent : détection tardive, sécurisation du retour au jeu et prévention des complications à long terme. L’intégration des ingénieurs dans les clubs apparaît essentielle pour développer des outils adaptés, valides scientifiquement et utilisables en conditions réelles. La formation des acteurs et la synergie entre experts médicaux, scientifiques et techniques sont des conditions clés pour accompagner la mutation technologique du rugby élite et garantir la performance et la santé des joueurs et joueuses.
L’entorse externe de la cheville représente environ 20 % des traumatismes musculosquelettiques chez les sportifs. Souvent perçue comme bénigne, elle peut pourtant évoluer vers des douleurs chroniques invalidantes, constituant un véritable défi diagnostique et thérapeutique. Jusqu’à 40 % des patients présentent des séquelles persistantes pouvant altérer la pratique sportive et la qualité de vie. La chronicisation de la douleur résulte d’interactions complexes entre facteurs anatomiques, neuromusculaires, neurophysiologiques et contextuels, rendant le diagnostic précis et la prise en charge adaptée indispensables. Les options thérapeutiques sont limitées une fois la douleur installée, soulignant l’importance d’une prévention précoce. Une stratégie rigoureuse dès la phase aiguë constitue aujourd’hui la mesure la plus efficace pour réduire le risque de douleurs chroniques post-entorse.
Introduction Les accidents de ski sont fréquents et peuvent faire l’objet d’une prise en charge hospitalière. L’objectif de ce travail était de décrire l’épidémiologie des traumatismes liés à la pratique du ski et les prises en charge au service d’orthopédie d’un hôpital de référence de la Haute-Savoie. Méthode Nous avons réalisé une étude rétrospective avec une analyse descriptive des données recueillies dans les dossiers médicaux des patients, admis au service d’orthopédie du centre hospitalier Alpes-Leman, pour un traumatisme lié au ski au cours de la saison d’hiver 2023–2024. Une analyse descriptive a été réalisée avec les résultats présentés sous forme de moyenne et fréquence. Résultats Un total de 75 patients (45 hommes et 30 femmes, soit un sex-ratio de 3/2) ont été admis au service d’orthopédie du centre hospitalier Alpes-Leman pour un traumatisme lié au ski au cours de la saison d’hiver 2023–2024. L’âge moyen était de 47,5±16,2 ans allant de 18 à 76 ans. La majorité des traumatismes était survenue en janvier (34,4 %). Le ski de piste était pratiqué dans 84 % des traumatismes et 78,7 % des patients portaient un casque de protection. Les chutes seules étaient le mécanisme le plus fréquent (80 %). Le membre inférieur était la région la plus touchée (n=47 ; 60,3 %), suivi du tronc (n=20 ; 25,6 %). Les fractures représentaient la lésion la plus fréquente (92,4 %), nécessitant une ostéosynthèse dans 39 % des cas et un traitement orthopédique dans 37,7 % des cas. Conclusion Les accidents liés à la pratique du ski pris en charge au centre hospitalier Alpes-Leman pendant la saison d’hiver 2023–2024 ont touché le plus souvent le membre inférieur (60,3 %) avec principalement des fractures du fémur.
Les auteurs rapportent le cas rare d’une luxation sternoclaviculaire associée à une fracture de la clavicule sans lésion vasculonerveuse chez un sportif. Cette association lésionnelle peut compromettre le devenir professionnel et la carrière du sportif. Ainsi, sa prise en charge doit être rigoureuse et volontiers chirurgicale pour un retour rapide au sport. Chez notre patient, la décision thérapeutique a été une fixation de l’articulation par une vis avec ostéosynthèse de la fracture claviculaire par une plaque. Les résultats fonctionnels à six mois étaient très satisfaisants et comparables à ceux de l’épaule controlatérale.
Le ski alpin est l’un des sports de montagne les plus pratiqués dans le monde, aussi bien en loisir qu’en compétition, mais il est souvent perçu comme intrinsèquement à haut risque. L’incidence des blessures chez les skieurs amateurs est relativement faible (environ 0,4 à 2,6 blessures pour 1000 journées-skieurs) et comparable à celle observée dans de nombreux autres sports, tandis que les athlètes d’élite présentent des taux de blessure nettement plus élevés, avec une proportion importante de lésions sévères. Ces contrastes suggèrent que le ski alpin n’est pas intrinsèquement dangereux, mais qu’il s’agit d’une discipline particulièrement exigeante nécessitant des capacités physiques, techniques et neuromusculaires adaptées. Le ski alpin se caractérise par des efforts intermittents de haute intensité, associés à des charges mécaniques importantes sur les membres inférieurs, en particulier lors des contractions musculaires excentriques. La performance et la sécurité dépendent d’une combinaison de force maximale, de puissance, d’endurance musculaire locale, d’équilibre, de coordination et de compétences techniques. Bien que les exigences aérobies soient modérées en moyenne, les capacités aérobies et anaérobies jouent un rôle déterminant dans la répétition des efforts, la récupération et le maintien de la vigilance. Les facteurs environnementaux, tels que l’altitude, l’exposition au froid, la qualité de la neige et la variabilité rapide des conditions, augmentent encore les contraintes physiologiques et neuromusculaires, en particulier chez les skieurs insuffisamment préparés. L’épidémiologie des blessures met en évidence une prédominance des lésions des membres inférieurs, notamment les ruptures du ligament croisé antérieur avec des mécanismes lésionnels différents entre skieurs amateurs et athlètes d’élite. Les stratégies de prévention doivent donc cibler les facteurs de risque individuels tels que la condition physique, la gestion de la fatigue, l’expérience et les comportements à risque, ainsi que l’adaptation du matériel, le port d’équipements de protection et l’ajustement aux conditions de neige et à l’environnement.
Le dispositif de surveillance des pathologies des skieurs et snowboardeurs de haut niveau affilié à la Fédération française de ski est en place depuis 1994. Cette base de données a pu être incrémentée depuis 2016 grâce au suivi des accidents du travail et des maladies professionnelles (AT-MP) des sportifs de haut niveau. Pour la saison préolympique 2024–2025, 61 blessures ont été relevées (38 hommes et 23 femmes). Le ski alpin était en tête des disciplines accidentogènes (n=28, 46 %), suivi du snowboard freestyle (n=9, 14 %), du ski freestyle (n=7, 11 %), du skicross (n=5, 8 %), du biathlon (n=3, 5 %), du ski de bosses (n=2, 3 %), du combiné nordique (n=1, 2 %), du saut (n=1, 2 %) et du ski de fond (n=1, 2 %).
La pratique sportive expose les athlètes à des risques de blessures dont les conséquences peuvent être multiples, tant sur le plan individuel et collectif qu’au niveau socio-économique. Face à cet enjeu, diverses stratégies de prévention lésionnelle ont été décrites et validées dans la littérature. Celles-ci comprennent, entre autres, des programmes d’entraînement basés sur des exercices physiques et des entraînements neuromusculaires, tels que le FIFA 11+ ou le Oslo Sports Trauma Research Center shoulder injury prevention program. Bien que l’efficacité de ces programmes ait été démontrée lors d’essais contrôlés et randomisés, leur efficacité sur le terrain est restée fortement influencée par l’adhérence, souvent bien inférieure aux recommandations. Les déterminants de l’adhérence à des programmes de prévention sont multiples : ils peuvent être liés aux caractéristiques de l’athlète (âge, expérience, antécédents, perceptions), de l’entraîneur (expérience, croyances, attitudes), au programme lui-même (durée, faisabilité, adaptabilité), à des contraintes organisationnelles (contraintes de temps et d’espace) ainsi qu’à des éléments socio-cognitifs (normes sociales, contrôle comportemental perçu, attitudes et intentions). L’amélioration de l’adhérence et l’augmentation de l’impact des stratégies préventives nécessitent une approche multidimensionnelle visant à agir sur ces déterminants. L’accompagnement des entraîneurs, l’éducation des athlètes et l’intégration du contexte de pratique et des réalités de terrain apparaissent comme des éléments clés pour atteindre ces objectifs.
Les grands événements sportifs internationaux, tels que les Jeux Olympiques et Paralympiques, représentent un défi majeur pour les systèmes de santé. L’un des enjeux principaux consiste à assurer une prise en charge médicale complète et sécurisée des spectateurs, des athlètes et de leurs délégations, tout en limitant le recours aux services d’urgences hospitaliers. Dans ce cadre, les dispositifs médicaux intrasites, les polycliniques et les cellules de coordination médicale jouent un rôle central dans l’organisation sanitaire de ces compétitions. L’analyse des données médicales disponibles met en évidence une bonne adaptation de ces dispositifs à la prise en charge des athlètes (skieurs alpins et snowboardeurs en majorité) et des spectateurs.
Cet article aborde les éléments à prendre en considération pour la couverture médicale d’événements sportifs de glisse. Il présente une réflexion sur les aspects nécessaires à la bonne préparation d’une telle couverture, ainsi que sur les différents facteurs qui feront de chaque journée un nouveau défi. Il met en lumière la complexité du travail du médecin qui doit non seulement s’adapter à l’équipe, mais aussi à l’environnement dans lequel il se trouve avec un support médical variable d’un endroit à l’autre. Ainsi, pour permettre une couverture médicale optimale, les médecins doivent faire preuve d’une grande capacité d’adaptation, d’une bonne communication et collaboration avec les autres membres de l’équipe sportive. Ceci permet de contribuer positivement à l’expérience de chaque athlète, autant pour leur permettre d’atteindre leurs objectifs que de leur prodiguer les meilleurs soins possibles dans un contexte de sports à haut risque de blessures que sont les sports de glisse.