
La prise de décision de carrière représente un défi pour les jeunes en fin de parcours scolaire qui doivent déterminer la suite de leur cheminement scolaire ou professionnel. Plusieurs émotions accompagnent cette prise de décision, particulièrement à l’adolescence, période durant laquelle elles sont accentuées. Ces émotions peuvent représenter un levier important à considérer pour soutenir la prise de décision de carrière. Cet article vise à analyser l’expérience émotionnelle des élèves en dernière année du secondaire au cours de leur processus décisionnel de carrière. Il s’appuie sur des résultats empiriques issus d’une étude mixte menée au Canada. À partir d’entrevues semi-dirigées réalisées auprès de 12 élèves québécois âgés de 16 et 17 ans, une analyse par catégories conceptualisantes met en lumière la contribution des émotions positives et négatives au processus décisionnel de carrière des élèves. Cette analyse de l’expérience émotionnelle permet l’émergence du concept d’émotivaction, qui articule les liens entre émotions et actions mobilisées pour clarifier le choix de carrière. L’étude dégage également des pistes d’intervention pour le counseling de carrière.
La Faculté d’Éducation et de Formation (FacEF) de l’Institut Catholique de Paris (ICP) a restructuré son cycle d’études doctorales depuis six ans. L’originalité de la formation doctorale réside dans son organisation. Les doctorant·es ont des rythmes réguliers de formation de deux jours par mois. Bien plus qu’une simple formation de 3ème cycle, le doctorat prend appui sur un compagnonnage à la recherche, attaché à conduire à s’engager dans la recherche aussi bien qu’à développer une socialisation et une éthique de chercheur. Nous émettons l’hypothèse que les doctorant·es qui suivent cette formation se retrouvent, par leur engagement dans le processus de la recherche, capables de travailler avec les incertitudes et de dépasser les vulnérabilités liées au métier. Nos objectifs pour cet article sont d’abord de présenter cette organisation particulière, propice au développement du chercheur et d’une communauté d’études, et ce qui constitue en détail la formation et l’accompagnement des doctorant·es. Ensuite en enquêtant auprès de la soixantaine des doctorant·es, nous reviendrons sur la manière dont est vécue cette préparation au métier de chercheur·e et tenterons de comprendre les forces et les limites de cette formation, ainsi que ses défis.
Pour les étudiants internationaux, une mobilité à l’étranger est souvent perçue comme un atout pour leur formation universitaire et leur développement professionnel. Réaliser un doctorat favorise également un développement intellectuel, personnel et professionnel, malgré les troubles anxieux et dépressifs souvent rapportés. Cette étude explore les stratégies d’adaptation d’un doctorant chinois en France, appartenant à un groupe psychologiquement vulnérable en raison de sa double insertion en tant qu’étudiant et membre d’un groupe culturel non dominant. L’objectif est de comprendre comment ce doctorant surmonte sa vulnérabilité tout en poursuivant ses projets académiques et professionnels. Nous avons utilisé la méthodologie qualitative l’Investigateur Multistade de l’Identité Sociale (IMIS) pour identifier les réseaux de représentations qui activent la dynamique identitaire et le système capacitaire. Les résultats, basés sur une étude de cas, mettent en lumière la dynamique de la production des stratégies d’adaptation au cours de l’interaction entre le sujet et son environnement. Ils montrent que l’achèvement de la thèse peut se transformer à la fois en source de stress et de motivation pour réaliser ses projets de vie. Cette étude pourrait contribuer à la réflexion sur le développement de dispositifs individualisés d’accompagnement doctoral dans un contexte interculturel, visant à mieux soutenir les transitions de vie et de carrière, tout en tenant compte des spécificités socioculturelles et du bien-être des étudiants.
Le soutien social, notamment celui de l’encadrant·e, ainsi que la charge de travail, sont régulièrement mis en avant dans la littérature comme étant des facteurs importants dans le vécu du doctorat. L’objectif de notre recherche est d’étudier l’impact respectif de ces deux facteurs sur la satisfaction des doctorant·es, leur intention de terminer leur thèse et leurs choix de carrière. Nous avons réalisé une enquête en ligne auprès de 120 doctorant·es en sciences humaines et sociales et en sciences de la vie et de la santé. Nous avons mesuré trois sources de soutien social (encadrant·e, communauté scientifique et pairs), la charge de travail via la pression temporelle, la satisfaction quant au parcours doctoral, l’intention d’abandonner la thèse, et l’intention de quitter le monde de la recherche. Nos résultats mettent en évidence l’impact primordial du soutien social de l’encadrant·e sur la satisfaction quant au parcours doctoral, mais aussi sur les intentions de terminer la thèse et de poursuivre une carrière dans le monde de la recherche. Ce facteur apparaît comme nettement plus déterminant que la charge de travail, souvent mise en avant comme facteur de risque par les doctorant·es. Ces résultats sont discutés en termes d’implication pour optimiser l’accompagnement des doctorant·es.
La présente recherche s’intéresse aux aspirations aux études supérieures des filles qui, en dernière année de l’enseignement secondaire, ont choisi un cours intensif de mathématiques (six heures hebdomadaires min.) en Fédération Wallonie-Bruxelles. À partir d’entretiens semi-directifs auprès de 20 participantes, l’étude examine la manière dont elles vivent ce cours et en quoi cette expérience participe à la construction de leurs aspirations à poursuivre (ou non) vers des filières à forte composante mathématique dans l’enseignement supérieur. Les résultats apportent un éclairage qualitatif permettant de mieux comprendre la manière dont les filles vivent et perçoivent la complexification des contenus mathématiques et la confrontation à des tâches exigeantes mobilisant autonomie et persévérance. Les filles qui projettent de poursuivre les mathématiques s’appuient sur une image positive d’elles-mêmes et développent un attachement à la discipline, nourri par le plaisir de relever ces défis intellectuels. Celles qui aspirent à d’autres filières peinent à en percevoir l’utilité, expriment une peur de l’échec, voient leur confiance fragilisée et adoptent une conception fixiste de leurs capacités mathématiques. Le rôle des enseignant·es et la persistance du stéréotype du « don » en mathématiques associé aux garçons apparaissent également essentiels pour comprendre ces parcours contrastés.
Le doctorat est une formation difficilement conciliable avec une activité professionnelle. Les doctorants en reprise d’études en maintiennent pourtant souvent une. Cela induit un risque d’épuisement et d’abandon des études. Ils ont peu d’opportunités de rencontrer des pairs et de se socialiser au monde académique en dehors de leur superviseur de thèse. Des difficultés avec lui peuvent avoir une influence négative sur l’engagement en doctorat. L’étude porte sur l’expérience de l’encadrement doctoral de 11 femmes en reprise d’études tout en maintenant un emploi. Elle mobilise une méthodologie qualitative par entretiens individuels. Après une analyse thématique, les résultats montrent l’importance d’une supervision éthique et d’un soutien psychologique. Des interviewées ont rencontré des difficultés avec leur supervision de thèse et se sont orientées vers d’autres ressources pour réussir à progresser dans leur travail de thèse. Une visite annuelle en service de santé étudiante permettrait de réaliser une prévention du burn-out académique. Enfin, une recherche évaluative sur les formations à l’encadrement doctoral proposées dans les écoles doctorales donnerait la possibilité de proposer des pistes d’amélioration.
Cette étude transversale exploratoire examine l’indécision vocationnelle (IV) à l’adolescence dans une perspective neurocognitive et inclusive, en tenant compte des fonctions exécutives (FE) et du TDA/H. Deux objectifs sont poursuivis : (1) analyser les effets du sexe, du niveau scolaire et du TDA/H sur les dimensions de l’IV ; (2) tester un modèle explicatif de l’IV inspiré du modèle neurocognitif intégrant un facteur latent de FE. Un total de 364 élèves du secondaire a complété la version abrégée de l’Épreuve de Décision Vocationnelle – 9S et le Wisconsin Card Sorting Test. Les analyses montrent que l’IV varie selon le niveau scolaire et le sexe, et que les élèves avec TDA/H rapportent davantage d’anticipations pessimistes et d’obstacles externes. Le modèle testé par modélisation par équations structurelles indique que l’IV est principalement associée au manque de développement vocationnel et au manque de méthode de décision, tandis que les FE n’exercent pas d’effet direct significatif. Les résultats suggèrent que les difficultés vocationnelles à l’adolescence relèvent peut-être davantage de facteurs développementaux et décisionnels que des performances exécutives, tout en soulignant l’importance de considérer le TDA/H dans l’évaluation et l’accompagnement en orientation.
Les carrières en STIM sont essentielles pour le développement économique et social, et la sous-représentation des filles dans ces disciplines est préoccupante. Malgré de nombreuses recherches sur les facteurs liés à leur intérêt pour les STIM, peu d’études qualitatives s’intéressent à la dynamique interactive et évolutive des facteurs intrapersonnels, interpersonnels et extrapersonnels qui façonnent leurs choix de carrière. Cette étude qualitative explore le parcours de 21 étudiantes universitaires québécoises en STIM, en analysant les expériences marquantes de leur enfance, adolescence et entrée dans l’âge adulte, et leur incidence directe ou indirecte sur leur orientation. Les résultats révèlent que l’enfance est marquée par des intérêts personnels et des modèles familiaux, l’adolescence par l’école, les relations de soutien et l’amorce de projections professionnelles, et l’âge adulte par des ajustements identitaires, des engagements scolaires et des expériences de terrain. Les résultats illustrent comment les stéréotypes, l’autoefficacité, le soutien relationnel et les environnements éducatifs façonnent l’engagement des femmes en STIM. L’étude inspire des pistes concrètes pour les personnes enseignantes et conseillères d’orientation, les institutions éducatives et les décisions politiques, en faveur d’actions soutenant l’inclusion, la persévérance et l’épanouissement des femmes dans ces domaines encore marqués par des inégalités de genre.
Les doctorats CIFRE impliquent une configuration tripartite où les doctorant·es naviguent entre logiques académiques et industrielles, sous la supervision conjointe d’encadrant·es universitaires et professionnel·les. Cette revue systématique, conduite selon le protocole PRISMA sur 25 études, examine l’influence de cet encadrement bicéphale sur les risques psychosociaux. Les résultats révèlent que l’absence de supervision régulière, les discordances d’attentes et la position d’intermédiaire captif constituent des facteurs de vulnérabilité majeurs. À l’inverse, la clarté mutuelle des objectifs, le soutien à l’autonomie et le lien émotionnel authentique opèrent comme facteurs protecteurs. Nous proposons un modèle de « fondations doctorales pédagogiques » articulant zones décisionnelles graduées, mécanismes de résolution des conflits et transformation du Comité de Suivi en instance tripartite de gouvernance. Ces dispositifs visent à repositionner les doctorant·es comme agents de leur formation plutôt que comme intermédiaires vulnérables entre deux mondes institutionnels divergents.
Alors que les personnes étudiantes en situation de handicap sont de plus en plus nombreuses à accéder à des études supérieures, le niveau de diplôme et l’accès à l’emploi restent encore insatisfaisants. L’objectif de cette étude est d’identifier les barrières et les leviers dans le parcours académique de cette population, en se focalisant sur la question du handicap invisible, encore peu documentée. Nous avons mené 15 entretiens semi-directifs auprès d’étudiant·es en situation de handicap invisible, en nous focalisant sur les événements vécus comme leviers ou barrières dans leur parcours universitaire. Les résultats soulignent l’importance pour les étudiant·es concerné∙es de se sentir soutenu·es, tant par l’institution (e.g., aménagements) que par l’entourage (personnels enseignants, pairs). Ces éléments suggèrent des leviers indispensables pour permettre à ces personnes d’aller au bout de leur parcours académique et opérer des choix de carrière plus larges que ce que la société pourrait prescrire (e.g., accéder aux débouchés en lien avec les diplômes obtenus).
Résumé : La présente recherche vise à rendre compte du développement d’une identité de doctorant.e au cours de la réalisation du doctorat. Après une première étude réalisée auprès de 12 doctorant.e.s, une étude quantitative est réalisée auprès de 327 doctorant.e.s dont 202 femmes et 125 hommes à travers un questionnaire portant sur l’expérience doctorale et comportant trois échelles : l’échelle capacitaire, l’échelle du sens de la vie et l’échelle de la clarté du concept de soi. Une troisième étude complémentaire à la deuxième vient approfondir les processus identitaires de doctorant.e à travers une étude de cas IMIS (Investigateur Multistade de l’Identité Sociale).Une analyse de contenu thématique a permis de mettre au jour des motifs comme raisons ayant conduit à l’entreprise des études doctorales. Des analyses multivariées (ANOVA, analyses factorielles (ACP et ACM) et régressions multiples) sont menées afin d’examiner l’existence d’une identité de doctorant.e, ses relations avec le contexte et le vécue de l’expérience, et fournir des preuves empiriques sur la réalisation du doctorat comme une transition psychosociale.L’analyse des résultats a montrer les relations entre les différentes facettes de l’identité et confirmer l’existence d’une identité de doctorant.e, empreinte de vulnérabilité dans cette transition professionnelle. Les résultats d’analyse factorielle montrent que l’identité de doctorant.e est structurée par 5 composantes dont le sentiment d’identité de doctorant.e (sentiment capacitaire, clarté du concept de soi et présence de sens) qui explique 36% de la variance interne des composantesOn a pu observer quatre classes de doctorant.e.s selon la perception de l’expérience doctorale et leur rôle dans le développement d’une identité de doctorant.e : ceux/celles qui vivent bien cette période, ceux/celles qui la vivent moyennement bien, ceux/celles qui éprouvent des difficultés et la vivent mal et enfin, ceux/celles qui expriment une forme d’ « indifférence »La réalisation du doctorat se caractérise ainsi comme « épreuve scientifique et de vie » qui nécessite un sentiment capacitaire positif lié. Elle montre une diversité des doctorant.e.s concernant le vécu de cette épreuve et selon le financement, le domaine disciplinaire, le nombre d’année de doctorat, le fait d’avoir une occupation professionnelle, l’histoire de vécue individuel et collectif, le soutien social et économique.Les résultats montrent la nécessité d’un accompagnement adapté selon les cas présentés par les doctorant.e.s.Mots clés : identité- capacité-doctorat-transition-vulnérabilité-contexte
Cette étude s’intéresse aux profils des doctorants qui souhaitent abandonner leur thèse et ceux qui souhaitent au contraire persévérer. Très peu d’études se sont intéressées à l’influence de la personnalité sur la motivation des doctorants. Dans cet objectif, une étude longitudinale a été réalisée auprès de 81 doctorants en sciences humaines et sociales de 2020 (T1) à 2021 (T2). Les doctorants ont été soumis à un questionnaire de personnalité, une mesure de leur sentiment d’auto-efficacité en matière de compétences de recherche, et une mesure de leur niveau d’anxiété et de dépression. L’objectif était de déterminer si l’intention d’abandon (vs. de persistance) déclarée par les doctorants pouvait être mise en lien avec des profils de personnalités, tout en considérant aussi leur vécu émotionnel et leur sentiment d’auto-efficacité. Les résultats ont montré l’intérêt de discriminer les doctorants selon leurs intentions de persister ou d’abandonner, afin de mieux comprendre l’expérience du parcours doctoral. Les dimensions de la personnalité impliquées significativement dans l’intention d’abandonner ne sont pas les mêmes que celles impliquées dans l’intention de persister. De plus, que les doctorants souhaitent abandonner ou persister, il apparaît que l’expérience du doctorat tend à se dégrader avec le temps, mais que les raisons de cette dégradation diffèrent selon le groupe de doctorants considéré. Dans l’ensemble, cette étude met en lumière que l’approche de l’intention d’abandonner ou de persister des doctorants gagnerait à être personnalisée. Des pistes destinées aux universités, écoles doctorales et directeurs de thèse sont à cet égard fournis pour alimenter la réflexion sur l’encadrement des doctorants.
#### FRENCH Selon la Théorie du Hasard Planifié, les événements imprévus dans les trajectoires professionnelles sont autant d’opportunités de carrières. Les individus gagneraient donc à être réceptifs aux événements imprévus, sinon même à les générer. Dans cette continuité, les conseillers d’insertion et d’orientation pourraient accompagner les individus à développer des compétences de hasard planifié (curiosité, persévérance, flexibilité, optimisme et prise de risque) leur permettant de reconnaître les possibilités offertes par le hasard, d’adopter des comportements propices à en engendrer davantage, et de transformer ces événements imprévus en opportunités de carrières. Nous créons, déployons et évaluons les effets d’un cours de carrière favorisant le développement de ces compétences de hasard planifié auprès de 214 étudiant·es en Licence 2 de psychologie de l’Université de Rouen Normandie. L’évaluation pré-post (janvier à avril-mai) montre une amélioration des cinq compétences de hasard planifié, et suggère un rapport plus clair et optimiste quant à leurs futures opportunités académiques et professionnelles. Une analyse en cluster montre que les effets de l’intervention sont d’autant plus positifs que le niveau de compétences de hasard planifié pré-intervention est faible. --- #### ENGLISH According to the Planned Happenstance Theory, unexpected events in career paths are opportunities for career development. Individuals would therefore benefit from being open to unforeseen events, or even actively creating them. Building on this, career and guidance counselors could support individuals in developing planned happenstance skills (curiosity, perseverance, flexibility, optimism, and risk-taking). These skills enable them to recognize opportunities presented by chance, adopt behaviors that may generate such opportunities, and transform unexpected events into career prospects. We designed, implemented, and evaluated the effects of a career course aimed at fostering these planned happenstance skills among 214 second-year psychology students at the University of Rouen Normandy. A pre-post assessment (from January to April-May) revealed improvements in all five planned happenstance skills, and suggests students developed a clearer and more optimistic vision of future educational and professional opportunities. Cluster analysis further showed that the intervention’s positive effects were most pronounced among students with lower pre-intervention levels of planned happenstance skills.
L’objectif de cette étude est d’identifier les situations difficiles et menaçantes pour l’identité auxquelles des lycéen·nes et des étudiant·es sont confrontés·es en contexte scolaire/universitaire, et parmi elles, lesquelles sont associées à un désengagement psychologique des études (versus un sur-engagement) et une intention de décrocher. Ces situations ont été recueillies par le biais d’une question ouverte. Les évaluations cognitives de la menace identitaire, le sur-engagement, le désengagement psychologique et l’intention de décrocher ont été évalués au travers d’échelles de mesure. L’analyse de contenu du corpus de réponses à la question ouverte, effectuée sur Alceste V®, fait ressortir cinq classes chez les lycéen·nes (N = 466) et quatre chez les étudiant·es (N = 1141). Si certaines catégories de situations sont rencontrées à la fois par ces deux populations, en particulier celles portant sur les évaluations, et les relations problématiques à autrui, leur vécu et leur impact sont souvent différents. Parmi les lycéen·nes, le décrochage et le désengagement sont particulièrement élevés en situation de transitions, d’isolement ou de harcèlement et de maltraitance. Chez les étudiant·es, ils sont plus marqués en situation de recherches de stage, et de réorientations liées à un échec ou aux pressions aux examens.
De nombreuses enquêtes soulignent les effets de l’autocensure sur les choix d’orientation et sur les trajectoires scolaires des élèves. Malgré une littérature abondante y faisant référence, il s’agit d’un concept qui reste complexe à définir. L’objectif de cette étude est d’explorer la manière dont l’autocensure, dans les choix d’orientation, est comprise par des jeunes venant d’un milieu modeste. Une étude qualitative basée sur des entretiens semi-directifs a été menée auprès de 16 élèves au collège et au lycée en France. De prime abord, le terme « autocensure » semble difficile à comprendre pour les élèves interrogé·es. Des éléments d’explicitation ont souvent été nécessaires pour faciliter l’expression des jeunes. Au total, 42 sous-catégories ont été identifiées et réparties en sept grandes catégories. Ces résultats peuvent être mis en correspondance avec plusieurs modèles théoriques qui offrent un cadre explicatif à l’autocensure dans les choix d’orientation. La discussion porte sur les enjeux scientifiques et pratiques de comprendre et mesurer l’autocensure dans les choix d’orientation en combinant une approche sociologique et psychologique.
Depuis 2013, la Chaire UNESCO en orientation et en conseil tout au long de la vie, ainsi que son réseau UNITWIN créé en 2017, mènent des recherches, des formations et des interventions dans une perspective de conception de la vie afin d’aider les personnes à évoluer plus aisément dans un monde incertain. Cet article est une réflexion issue des travaux de la Chaire UNESCO qui vise à proposer une nouvelle perspective pour le conseil en orientation dans le contexte actuel de l’Anthropo-Capitalocène. Cette vision est basée sur le concept de formes de vie active initialement développé par Eduard Spranger dans la littérature sur l’orientation professionnelle. Cet article propose de nouvelles interventions de conseil en orientation basées sur une série d’activités qui font de la vie quotidienne de chaque individu une certaine forme de vie. La discussion porte sur les moyens d’aider les individus à s’engager dans des formes durables de vie active. La conclusion aborde la nécessité de rompre avec les approches cloisonnées de l’orientation pour aller vers sur une conception de l’individu comme connecté au Système-Terre.