
Résumé La mononucléose infectieuse (MNI) est la présentation clinique de la primo-infection par le virus Epstein-Barr (EBV), un virus appartenant à la famille des Herpesviridae. Elle touche principalement les adolescents et les jeunes adultes et évolue le plus souvent de manière bénigne et spontanément résolutive, bien que des complications viscérales puissent survenir. Nous rapportons, chez un boxeur de 17 ans, un cas de MNI de présentation atypique, associée à une hépatite aiguë, laquelle a été diagnostiquée fortuitement lors de la prise en charge d’un traumatisme thoracoabdominal gauche avec atteinte splénique consécutif à des coups reçus pendant un combat d’arts martiaux mixtes (MMA).
Résumé Ehrlichia, anaplasma et neoehrlichia sont des bactéries appartenant à la famille des rickettsiales et sont responsables d’anthropozoonoses de connaissance récente. Elles ont de nombreux points communs dont leur capacité à survivre dans le milieu intracellulaire, en particulier dans les cellules du système immunitaire. Elles sont toutes les trois transmises à l’homme par piqûre de tique. Leur réservoir est constitué par des mammifères. Si l’ehrlichiose est présente principalement en Amérique du Nord, l’anaplasmose est cosmopolite et la neoehrlichiose est signalée à ce jour en Europe et en Asie septentrionale.Au cours de la démarche diagnostique, ces infections doivent s’inscrire comme une cause de fièvre à rechercher après une piqûre de tique. Mais ce sont souvent les manifestations hématologiques et hépatiques, identifiables sur les résultats biologiques, qui constituent un point d’appel pour évoquer le diagnostic. Les infections à Neoehrlichia doivent tout particulièrement être recherchées en cas de déficit immunitaire associé.L’expression clinique et la gravité de ces infections sont variables. Dans certains cas, des formes graves peuvent mettre en jeu le pronostic vital. Le traitement par doxycycline est efficace.Ces infections sont encore très méconnues en France. Dans ce contexte il est important de pouvoir disposer des outils pour en améliorer le diagnostic et le pronostic. Les techniques de recherche par PCR permettent de détecter ces bactéries dans le sang et mériteraient d’être développées.
Résumé Les tiques sont des acariens hématophages ectoparasites de vertébrés à tous les stades de leur développement. Sur près de 900 espèces décrites dans le monde, seule une fraction est susceptible de mordre l’humain. Néanmoins, elles constituent les seconds vecteurs d’importance en médecine humaine, notamment au travers de la transmission d’agents infectieux pouvant être viraux, bactériens ou parasitaires. Elles sont de plus susceptibles d’occasionner des pathologies toxiniques et immuno-allergiques. En France, environ quarante espèces sont décrites, dont une petite fraction est susceptible de mordre l’humain. Les espèces les plus fréquemment impliquées en France incluent Ixodes ricinus, Dermacentor marginatus, Dermacentor reticulatus, Rhipicephalus sanguineus, Argas reflexus, Hyalomma marginatum et Amblyomma variegatum. Cet article a vocation à présenter des elements de biologie générale des tiques et propose également une mise au point sur les espèces les plus fréquemment impliquées. Cette mise au point comprend pour chaque espèce abordée la présentation des biotopes, des hôtes spécifiques, des circonstances d’exposition humaine, ainsi que les risques sanitaires spécifiques pouvant découler d’une morsure chez l’humain en France.
Résumé La borréliose de Lyme (BL) est une infection due à des bactéries du complexe Borrelia burgdorferi lato sensu, transmises par piqûre de tiques du genre Ixodes. C’est la plus fréquente des maladies vectorielles transmises par les tiques dans l’hémisphère Nord. Un érythème migrant (EM) apparaît classiquement au point de piqûre et présente une extension centrifuge. Après dissémination hématogène, d’autres formes cliniques peuvent survenir selon un tropisme d’espèce. L’espèce B. burgdorferi sensu stricto, prévalente en Amérique du Nord, est préférentiellement associée à des atteintes articulaires, alors que B. afzelii et B. garinii, prévalentes en Europe, sont plutôt incriminées dans des atteintes respectivement cutanées et neurologiques. Le diagnostic de BL dans sa forme d’EM repose sur des données épidémiologiques et une clinique concordante. Dans les formes disséminées, un trépied épidémio-clinico-biologique est indispensable au diagnostic avec, pour la biologie, un test sérologique en deux temps. La biologie moléculaire est utile en deuxième intention pour certains diagnostics complexes. Une antibiothérapie adaptée reposant sur un nombre limité de molécules permet la résolution des symptômes, bien que des séquelles soient parfois décrites. La BL fait partie des infections pour lesquelles un syndrome post-infectieux peut être observé. La prévention repose sur la protection contre les piqûres de tiques ou, secondairement, par le retrait rapide de la tique.