
Depuis 2019, la Fondation santé des étudiants de France propose une nouvelle offre de soin dans le domaine de la psychopathologie de l’adolescence : une unité soins-études spécialisée dans la prise en charge des conduites addictives à l’adolescence : jeux vidéo et substances. Cette unité articule son projet thérapeutique autour de trois axes : la thérapie multidimensionnelle familiale, les médiations thérapeutiques et la scolarité adaptée à la situation. Après cinq ans de fonctionnement, l’unité arrive à un fonctionnement optimal et les résultats, tant sur la scolarité que sur l’évolution thérapeutiques, sont encourageants.
Présentation d’un soin groupal en psychiatrie périnatale reposant sur une médiation vocale inspirée de la psychophonie, proposée à des femmes souffrant de dépression périnatale en souffrance dans le tissage des premiers liens.
Le programme Kusa (herbe/cannabis en japonais) est un programme de prévention visant à réduire les consommations problématiques de cannabis auprès d’un public d’adolescents collégiens et lycéens. Il passe par l’utilisation d’un média : un manga sous forme d’un animé et d’un livret. Le programme a pour objectif d’initier les jeunes à la régulation émotionnelle. Cette compétence psychosociale, cruciale pour le bon développement psychique de l’adolescent, est un facteur essentiel de protection contre l’addiction au cannabis. Il est scientifiquement communément admis que l’addiction au cannabis repose sur l’impossibilité pour l’adolescent de gérer ses émotions autrement qu’en fumant massivement du cannabis. Donner la possibilité de gérer autrement ses ressentis, sans utiliser la consommation, permettra à l’adolescent d’avoir plusieurs cordes à son arc pour réguler ses émotions.
Il apparaît, dès la naissance chez l’enfant à haut potentiel intellectuel ( hpi ), une maturation neurophysiologique avancée de la neuromotricité qui reflète une myélinisation précoce entraînant une conduction de l’influx nerveux plus rapide. De plus, des travaux en imagerie cérébrale mettent en évidence une connectivité optimisée entre les régions du cerveau, conférant une rapidité de fonctionnement et de compréhension. Les études sur le développement psychomoteur de l’enfant hpi (sur le plan moteur, langagier, cognitif) demeurent rares, mais attestent de façon consensuelle d’une avance développementale d’au moins deux écarts-types par rapport à la moyenne. Cette avancée perdure à l’âge scolaire avec une trajectoire développementale harmonieuse dans tous les secteurs, mais elle peut être plus ou moins harmonieuse en fonction des stimuli de l’environnement ou impactée par un trouble du neurodéveloppement, et rendre significativement hétérogène le profil de scores des indices du qi total. Le haut potentiel intellectuel apparaît cependant comme un facteur facilitateur de réussite scolaire et d’adaptation.
La thérapie familiale multidimensionnelle ( tfm ) est un modèle de thérapie familiale centré sur l’adolescent présentant une conduite addictive (essentiellement drogue ou jeux vidéo) avec l’aide de sa famille. Il s’agit d’une thérapie empiriquement validée, intégrative, associant quatre domaines d’intervention : l’adolescent, les parents, la famille et l’extrafamilial. La tfm est construite en trois étapes : 1) la construction des fondations de la thérapie ; 2) les thèmes et changements ; 3) La séparation et fin de la thérapie. Après avoir présenté les grandes lignes du modèle, nous illustrons cliniquement l’utilisation de la technique de la mise en acte (enactment) en tfm .
Pour certains professionnels, le haut potentiel intellectuel ( hpi ) serait une fabrication sociétale qui viendrait répondre aux angoisses du xxi e siècle, proche d’une revendication identitaire. Pour d’autres, ces enfants présenteraient un fonctionnement singulier, appelant des réponses spécifiques pédagogiques, éducatives et de soin. Ces éléments posent la question de l’identification du hpi et de l’évaluation psychologique de l’enfant dit hpi . Nous proposons de confronter les représentations sociétales aux réalités cliniques via le bilan psychologique approfondi. Nos hypothèses, le hpi , ni qi ni maladie, seront confrontées à une observation clinique longitudinale.
Après avoir passé en revue un rapide état des lieux des pratiques psychothérapeutiques de l’adolescent usager de substances et de leur évolution, nous décrirons les processus émotionnels impliqués dans l’initiation et le maintien de la consommation de substances psychoactives. Nous explicitons comment la thérapie centrée sur les émotions peut être une option pertinente pour les adolescents consommateurs, les adaptations nécessaires à ce public et la manière dont cette thérapie peut aider l’adolescent à mieux réguler ses émotions et à réduire ou à arrêter sa consommation de cannabis.
Cet article explore l’impact identitaire, familial et systémique de la reconnaissance du haut potentiel intellectuel ( hpi ) chez les jeunes à partir de récits croisés de jeunes et de leurs parents. À travers une méthodologie qualitative phénoménologique ( ipa ), dix adolescents ou jeunes adultes et dix parents ont été interrogés sur leur vécu de l’identification hpi . Les résultats mettent en évidence un effet initial de soulagement et de mise en sens, souvent associé à la passation du bilan psychologique. Cependant, cette nomination entraîne des remaniements systémiques complexes, tant au sein de la famille que dans les relations scolaires, sociales et de soin. L’étiquette hpi s’avère ambivalente : source d’apaisement, mais aussi de stigmatisation, de secret ou de pression normative. Sur le plan identitaire, les jeunes décrivent une temporalité dynamique faite d’appropriation puis de rejet de la catégorie. L’étude souligne ainsi les enjeux éthiques et cliniques liés à l’usage du hpi , appelant à une approche nuancée, non essentialisante et attentive à la subjectivité des sujets et de leurs familles.
Les addictions parentales, en constante augmentation, constituent un enjeu de santé publique. Notamment en période périnatale, elles peuvent avoir de graves conséquences sur la santé et le développement du bébé, affecter les interactions précoces et la parentalité. À partir d’une situation clinique, les auteurs soulignent la vulnérabilité des processus de parentalité, leurs résonances avec les conduites addictives et les histoires singulières des parents. C’est autour du bébé suscitant l’inquiétude des professionnels et l’investissement de ses parents que se tissent un lien avec eux ainsi qu’un maillage interinstitutionnel entre professionnels. Grâce à des échanges soutenus, ce réseau pluridisciplinaire assure un portage à plusieurs de la triade, une mise en récit et un filet de sécurité pour l’enfant.
En application de la Strange Animal Situation , nous interrogeons la gestion de la première rencontre avec un animal domestique « jamais vu » avec un enfant autiste. Surtout nous nous demandons quel rôle peut jouer cet animal dans la diminution des symptômes, le développement de l’attachement sécure et de la perception du corps. Nos résultats montrent que l’animal domestique joue un rôle important dans la réduction des symptômes autistiques, même si ces derniers sont toujours présents. Par sa neutralité, c’est-à-dire que l’animal ne juge pas, il permet la construction d’un style d’attachement plus sécure chez les enfants autistes. Grâce à l’animal, l’enfant développerait une meilleure communication, favorisant la verbalisation, l’attachement et une bonne perception de son corps.
On ne naît pas parent, on le devient. Et ce devenir peut s’avérer davantage complexe pour un parent addicté. Dans le cadre de la clinique d’une équipe mobile parentalités et addictions, nous mettrons en lumière l’importance du réseautage et de la mise en lien, au sein de la dyade, elle-même enveloppée par le soin.
Ce texte relate, du point de vue d’une mère également professionnelle de l’éducation, le parcours de son fils à haut potentiel intellectuel, depuis la petite enfance. Très tôt, son développement singulier (langage atypique, intensité des intérêts, rapport rigoureux aux règles, difficulté dans les espaces collectifs) suscite incompréhensions et réponses peu ajustées. L’enfant se trouve confronté à un sentiment d’isolement, tandis que ses parents peinent à trouver des repères. À travers des situations concrètes, ce témoignage montre les effets de ces décalages sur son vécu et sa construction. Il met en lumière l’importance de rencontres et d’environnements capables de reconnaître ses particularités, ainsi que le rôle structurant de la musique dans son équilibre. Ce récit interroge les conditions d’accueil des enfants à haut potentiel dans les institutions éducatives.
La mission du juge des enfants occupe une place singulière au sein de l’institution judiciaire en accordant une primauté de l’éducatif sur le répressif, principe contenu dans l’ordonnance de 1945 et maintenu dans le nouveau code de la justice pénale des mineurs de 2021. Les juges des enfants sont régulièrement confrontés aux questions d’addiction. S’il s’agissait autrefois essentiellement d’addictions aux produits, les addictions aux écrans ont considérablement augmenté après la pandémie Covid en 2022 et 2023. Les conduites addictives ne sont jamais isolées. Elles s’inscrivent généralement dans le cadre de carences éducatives, de précarité sociale, plus rarement de troubles psychiatriques isolés. Les mineurs non accompagnés sont particulièrement exposés au risque d’addictions du fait de leur vulnérabilité. Si le simple usage de produits constitue une infraction, le juge cherchera toujours à replacer l’addiction dans son contexte et à favoriser la mise en œuvre d’une prise en charge éducative, grâce aux services de l’aide sociale à l’enfance ou de la protection judiciaire de la jeunesse, selon les cas. Pour agir avec justesse, il doit avoir une bonne connaissance des acteurs éducatifs et sanitaires de son territoire pour prendre des mesures adaptées et applicables.
L’usage des écrans s’est généralisé depuis les années 1970 et a explosé avec les smartphones. Le temps d’écran moyen quotidien des enfants et des adolescents excède aujourd’hui les recommandations en vigueur. Les réseaux sociaux ( rs ) sont massivement fréquentés par les jeunes : 67 % des écoliers, 93 % des collégiens et 96 % des lycéens. Leur modèle économique n’est pas éthique, reposant sur la marchandisation des données de navigation à des fins publicitaires : ils visent à maximiser le temps passé en ligne et le nombre de connexions. Or l’usage excessif des écrans favorise troubles de la vision, sédentarité et troubles du sommeil. Par ailleurs, si l’addiction aux rs n’est pas reconnue officiellement, les comportements observés s’en rapprochent fortement : 10 % des adolescents présentent un usage problématique des rs . Ceci est associé à plus de dépression, d’anxiété et à une moindre estime de soi, surtout chez les filles. Une information large quant aux enjeux de santé en lien avec l’usage des rs est indispensable. Mais la protection des usagers implique aussi une régulation exigeante et efficace des pratiques des tous acteurs industriels impliqués.
Cet article présente une recherche sur les représentations sociales des enfants à haut potentiel intellectuel ( hpi ) confrontées aux observations directes des parents d’enfants hpi et d’enfants non hpi en population clinique. Le groupe des enfants hpi ne diffère significativement du groupe des enfants non hpi que sur leur développement précoce et rapide du langage verbal (dans son expression, sa compréhension et sa lecture) et sur d’exceptionnelles capacités attentionnelles. Les représentations habituellement associées aux enfants hpi , comme le sens aigu de la justice ou l’hypersensibilité émotionnelle/hyperémotivité, ne viennent pas caractériser le groupe des enfants hpi . Enfin, il se dégage des résultats de cette recherche et de l’étude complémentaire qui en découle sur l’évaluation cognitive des capacités attentionnelles, également présentée ici, une nouvelle approche du haut potentiel intellectuel centrée sur l’importance des capacités attentionnelles.
Des idées reçues ou des symptômes faux amis altèrent la compréhension de l’enfant autiste à haut potentiel intellectuel ( hpi ), nommé également enfant doublement exceptionnel, à ne pas confondre avec le syndrome du savant. Plusieurs études ont montré que le haut potentiel intellectuel ne constitue pas un facteur de risque du trouble du spectre de l’autisme ; même si certains signes ont une certaine similarité, une fine analyse clinique permet de les différencier. Par ailleurs, le diagnostic de trouble du spectre de l’autisme peut être complexe ou retardé chez les enfants identifiés hpi par un phénomène de camouflage. Avec ou sans trouble du spectre de l’autisme, le profil psychométrique est sensiblement identique chez les enfants à haut potentiel intellectuel hormis l’indice Vitesse de traitement . La compréhension des émotions des enfants autistes s’améliore avec l’augmentation du qi . Pour autant, la mesure du qi ne peut constituer un déterminant isolé des forces et des besoins d’un enfant autiste, sa capacité adaptative peut rester fragile malgré des compétences intellectuelles élevées.
Cet article propose une réflexion sur un dispositif d’atelier radiophonique mis en place dans un lycée dans le cadre du programme « Bien-être et réussite de l’élève ehp ». Il s’agit d’en analyser les effets comme espace de médiation permettant à des adolescents à haut potentiel en difficulté de s’engager dans un processus de subjectivation et de symbolisation. En s’appuyant sur une approche psychodynamique, l’article montre comment l’atelier agit comme espace transitionnel, à la fois contenant, sécurisant et créatif, favorisant l’émergence d’une parole singulière. Il discute également les limites et tensions d’une telle démarche dans le contexte scolaire.
Pour les enfants à hauts potentiels intellectuels ( hpi ) présentant des troubles des apprentissages, l’accompagnement en psychomotricité est intéressant. Le développement psychomoteur est fondamental pour les apprentissages scolaires. Il repose sur l’intégration des expériences corporelles, émotionnelles et cognitives. Quand il est troublé, la régulation tonique, la motricité, l’organisation spatiale et temporelle, l’intégration du corps sont immatures. Cet article propose deux études cliniques sur ce thème. La première porte sur les profils psychomoteurs, les perturbations et les variabilités entre les enfants. La seconde confirme les bénéfices de l’accompagnement en psychomotricité par des séances individuelles personnalisées. Ces études cliniques rappellent l’importance de considérer le corps dans l’accompagnement des enfants hpi .