
Le devenir adulte est une étape du processus de subjectivation, en tant qu’il engage une rencontre nouvelle avec la réalité extérieure, et confronte à de nombreuses angoisses d’abandon et de castration auxquelles la phobie scolaire est susceptible de donner forme. À partir de la lecture d’ Un homme qui dort de Georges Perec et d’une situation clinique, il s’agira d’éclaircir la nature et la fonction de ce symptôme dans la dynamique post-adolescente.
La réclusion à domicile qui accompagne parfois la phobie scolaire de l’adolescent est un facteur de gravité. Rencontrer en consultation un jeune qui ne sort plus de chez lui, présente un caractère paradoxal qui fait écho aux particularités cliniques de ce trouble Trois configurations de rencontre possible sont proposées, selon le degré d’évitement et la dialectique contenant-contenu. Installer un cadre thérapeutique dans ces situations, confronte à l’écueil d’un lien à caractère paradoxal.
L’article examine l’investissement de l’IA conversationnelle par des adolescents en refus scolaire anxieux. Mobilisant les concepts de psychophobie et de phobie du fonctionnement mental, il lit certains usages de l’IA comme prothèse anti-pensée. Il introduit le Moi-document , fonction contemporaine de subjectivation par l’archive, du corps inscrit à l’historique conversationnel, qui peut soutenir l’élaboration ou se rigidifier en holding fossile.
L’auteur propose de revenir à l’origine du symptôme phobique – avant qu’il ne se forme – c’est-à-dire à l’angoisse. La notion d’hystérie d’angoisse est reprise et étudiée dans son rapport à la névrose d’angoisse. Le cas d’un adolescent de 14 ans illustre ce moment où la névrose d’angoisse ne trouve pas de résolution dans la phobie et l’auteur précise les raisons pour lesquelles lui est privilégiée une solution hypocondriaque.
Ce travail se propose de montrer que si la phobie se soustrait à la modélisation des névroses de transfert, elle trouve son cadre élaboratif dans la dimension du narcissisme et de ses avatars. La phobie est un symptôme qui vient signifier le débordement du Moi à gérer l’afflux pulsionnel, et ce dans la mesure où le Moi n’a pas à sa disposition les éléments qui lui permettraient de traduire en un réseau de représentations l’éprouvé interne d’impuissance ou d’anéantissement. La phobie surgit là où le Moi s’effondre ou menace de s’effondrer. C’est dans la fragilité narcissique, voire la faille, que s’engouffre l’objet phobogène pour tenter de donner sens à l’éprouver du sujet. Cet objet que l’on appellera phobique à partir du moment où il pourra être nommé vient aussi donner un sens à l’objet contraphobique qui, lui, compense la fonction narcissique défaillante de l’objet interne. L’objet contraphobique est un objet déjà là à partir duquel se constituera en des formes multiples l’élaboration phobique.