
Notes, cartes, citations, graphiques, tableaux peuvent être envisagés comme autant de figures, marquant visuellement l’administration de la preuve dans le texte scientifique et mettant en scène le référent « réel », extérieur à l’argumentation scientifique elle-même, garantie de sa validité. Les habitudes historiennes d’usage de ces figures sont analysées sur un corpus de cinq revues françaises via l’analyse factorielle des correspondances. Les styles ainsi distingués ne s’ordonnent pas en fonction des propriétés sociales individuelles, mais par des variables spécifiques comme la période et surtout la revue dont le rôle dans la constitution des styles et des champs scientifiques est mis en avant.
Cet article analyse les méthodes de reconstitution des étalons pondéraux antiques sur la base de sources littéraires, épigraphiques et archéologiques. D’une part, on observe une tension entre la disparité des sources anciennes et la construction de séries de données cohérentes. D’autre part, on souligne l’opposition entre les approches étique et émique pour représenter les systèmes métrologiques. L’exemple de la mine commerciale athénienne montre que les systèmes métrologiques antiques étaient des constructions sociales évolutives, marquées par des usages particuliers, une précision relative et des réformes successives, ce qui rend illusoire la reconstitution d’un étalon unique et immuable.
Cet article analyse la manière dont la quantification s’est imposée comme le mode de validation majeur des connaissances pour la démographie historique française et l’histoire des populations ; il questionne en particulier les bénéfices et les difficultés de la mesure et de la quantification de la mobilité sociale et géographique des populations dans le contexte de la France et de l’Europe préindustrielle. Plus largement, il interroge le rôle des archives, des sources et des données dans la manière dont ce sous-champ disciplinaire d’une part a orienté ses problématiques de recherche et, d’autre part, effectue l’administration de la preuve.
Cet article vise à analyser la tension entre matériaux historiques et données élaborées pour quantifier et modéliser les activités des sociétés antiques, dans le but d’historiciser les chiffres consignés dans les textes administratifs et de mieux ajuster l’équilibre entre approches émique et étique. La documentation cunéiforme offre une masse importante de données chiffrées, souvent reprises sans distance critique par les historiens pour reconstruire les pratiques économiques. La première partie revient sur l’usage historiographique des données quantitatives, tandis que la seconde porte sur une étude de cas portant sur les archives administratives du palais de Mari, au xviiie siècle av. J.-C.