
Cet article examine comment les hommes homosexuels de plus de 40 ans utilisent les applications de rencontre malgré l’âgisme algorithmique et interpersonnel. À partir d’une enquête auprès de 29 hommes, il montre que trois stratégies émergent pour contourner ces discriminations : la dissimulation d’âge, sa modification, et surtout la migration vers des applications spécialisées « ours ». Ces dernières valorisent le vieillissement physiologique et une sexualité basée sur la sensualité plutôt que la performance, correspondant à l’évolution des motivations de ces hommes.
Cet article analyse l’émergence d’une politique juridique extérieure des pays du groupe BRICS+ dans le domaine du droit international de l’environnement et du climat. Il soutient que, loin de chercher à établir un ordre juridique alternatif, les BRICS+ privilégient une stratégie d’appropriation et de réinterprétation sélective du droit international existant, afin de mettre en avant les inégalités structurelles de la gouvernance mondiale et de promouvoir une lecture du multilatéralisme plus attentive aux intérêts du « Sud global ». Cette politique se manifeste par des prises de position communes, des initiatives institutionnelles et des mécanismes de coopération concrets, notamment en matière de financement climatique, de commerce durable et de marchés carbone. Il existe toutefois des limites à cette dynamique, dues aux profondes divergences internes entre les États membres quant à leurs trajectoires énergétiques et à leurs niveaux d’ambition climatique. L’influence des BRICS+ sur l’évolution de l’ordre juridique international dépendra de leur capacité à transformer ces convergences partielles en une action normative cohérente dans un système international profondément fragmenté.
À partir d’un événement organisé par l’agence de presse Sputnik Brasil en amont du sommet des BRICS+ à Rio de Janeiro de 2025, cet article examine les imaginaires politiques, les convergences idéologiques et les tensions internes qui traversent aujourd’hui le projet BRICS+. Il montre comment des registres discursifs hétérogènes – développementisme, anti-occidentalisme, récits civilisationnels autoritaires et imaginaires conspirationnistes – se recomposent autour d’une promesse multipolaire largement indéterminée, principalement portée par la Russie et la Chine. L’article interroge l’opposition entre « Occident » et « Sud global » qu’il analyse comme une construction réductrice masquant une crise globale de la démocratie. Il analyse enfin la place spécifique du Brésil et de Lula, non comme promoteurs d’une multipolarité démocratique, mais comme acteurs de légitimation symbolique d’un ensemble dominé par des régimes autoritaires, dont les ambitions géopolitiques, monétaires et institutionnelles demeurent largement déconnectées des conditions politiques et sociales qu’elles revendiquent.