
Le but de cet entretien formalisé est de donner la parole au premier arbitre professionnel du football français embauché dans un club de Ligue 1. Cette reconversion, assez courante en rugby, se développe à peine dans le football européen. Il se livre au sujet de son activité pionnière et innovante. Cette Carte blanche synthétise plusieurs entretiens et des années d’échanges de terrain. L’ancien sifflet international détaille son quotidien, évoque ses relations évolutives avec les différents staffs, se passionne pour son rôle éducatif auprès des joueurs et joueuses de tous âges. Bien plus que sur une rationalité d’ordre technologique, l’ex-arbitre international mise davantage sur la formation et l’innovation autour du capital humain.
En novembre 1986, la politique de la Fédération française de handball (FFHB) prend une nouvelle orientation avec l’élaboration d’une convention innovante, intitulée Pari 1992, engageant des moyens pour qualifier l’équipe masculine aux JO de 1992. Dans une démarche d’histoire totale (Lucien Febvre, 1982), l’objectif de cette recherche est d’analyser les transformations, conséquences de cette innovation, dans la sphère handballistique française. Principalement d’ordre institutionnel, des sources de première main ont été croisées avec une analyse d’articles de presse et des sources orales en interrogeant des acteurs contemporains de cette innovation. Quatre innovations majeures ont été identifiées. Dans un premier temps, le Pari 1992 apporte une nouvelle répartition de l’engagement du joueur, l’équipe nationale prenant une place considérable par rapport à l’affiliation à un club. Cette mise à disposition pour l’équipe nationale révolutionne le statut du joueur, basculant d’un amateurisme défendu très fortement par la FFHB les années précédentes à un début de professionnalisation. Par conséquent, la programmation des entraînements est modifiée, avec notamment une prise en compte de la préparation physique. Enfin, la réussite du Pari 1992 qui aboutit à l’obtention de la médaille de bronze aux JO de Barcelone confère au handball français une reconnaissance et son internationalisation est désormais en marche.
Face à la difficulté que représente l’évaluation de la performance en sports collectifs, cet article propose une démarche originale d’évaluation s’appuyant sur une conceptualisation théorique d’une action collective. Un protocole de recherche transformatif a été mis en œuvre afin de former des entraîneurs sportifs à (i) formaliser une action collective sous forme d’un tableur prenant appui sur cette conceptualisation théorique, pour ensuite (ii) évaluer la réussite de cette action collective par leurs joueurs à l’aide d’un enregistrement vidéo. À partir d’entretiens d’autoconfrontation, l’activité déployée par les trois entraîneurs dans leur propre contexte d’entraînement a été analysée. Les résultats montrent que cette démarche d’évaluation aide les entraîneurs à juger de façon plus fine et juste les actions collectives des joueurs, notamment grâce aux technologies numériques qui facilitent leur activité de comparaison. Par-delà les critères initialement fixés, cette activité de jugement prend en considération des éléments contextuels et les productions plus inattendues de la part des joueurs. La discussion porte sur le caractère complexe, contextuel et évolutif de toute activité d’évaluation, et permet d’ouvrir des perspectives en termes de formation des entraîneurs.
En sport collectif, la créativité est un enjeu fondamental dans la mesure où elle permet aux joueurs de s’adapter dans un milieu à forte incertitude sociale. In situ, il faut à la fois voiler ses desseins aux adversaires tout en les dévoilant aux partenaires. Si l’étude de la créativité connaît un essor sans précédent dans la communauté scientifique, elle n’a pas suscité un intérêt démesuré chez les chercheurs spécialistes des sports collectifs. Ainsi, à travers une revue de la littérature, nous cherchons à contribuer à mieux circonscrire la notion de créativité dans les sports collectifs en dressant un panorama des facteurs favorables à son expression. L’approche multivariée de la créativité, plébiscitée dans la littérature, suggère de penser la créativité comme une conjonction de facteurs cognitifs, conatifs, affectifs et environnementaux. Complémentairement, le courant de la créativité incarnée appréhende la créativité comme un phénomène expérientiel, multidimensionnel et connecté aux contraintes situationnelles qui facilitent ou entravent son émergence. Ce double ancrage nous invite, après une présentation des facteurs cognitifs, conatifs et émotionnels prédictifs de l’inventivité sociomotrice, à plonger le concept de créativité en situation pour lui donner son opérativité.