Au cours d'une consultation de statique pelvienne, certaines femmes adressées pour incontinence urinaire sont sous traitements anxiolytiques seuls ou associés à des antidépresseurs et/ou neuroleptiques et/ou hypnotiques. Par l'étude d'une cohorte homogène de 51 femmes, dont 21 étaient traitées par ces substances, nous avons observé le retentissement de ces médications sur leur équilibre mictionnel.
Pour répondre à la quaestion «La constipation est-elle cause, facteur d'entretien ou d'aggravation des troubles de la statique pelvienne?, nous avons analysé statistiquement 27 items dans une population de 500 femmes consultantes, dont 250 se présentaient comme constipées ou constipées traitées. Nous avons pu mettre en évidence l'intrication des multiples facteurs intervenant sur la constipation. Dans les troubles de la statique pelvienne, le facteur prédominant lié à la constipation est la rectocèle. Au stade III–IV, elle est à la fois la conséquence d'une constipation ancienne et la cause d'aggravation d'une dyschésie avec anisme. Cette rectocèle stade III–IV peut être aussi la décompensation d'une cure de prolapsus antérieur et/ou hystérectomie chez les femmes constipées. Et cette rectocèle paraît aggravée avec l'âge. En conséquence, il semble utile de dépister et traiter précocement les constipations avec contracture des releveurs en rompant le cercle vicieux de l'anisme (constipation → rectocèle → anisme) par une relaxation des releveurs de l'anus. Par ailleurs, avant toute chirurgie de l'étage antérieur ou moyen du pelvis, il faut évaluer les facteurs possibles de décompensation de rectocèle. Enfin, on ne luttera jamais assez contre la constipation chez les jeunes femmes qui, en vieillissant, auront un risque supplémentaire de voir s'installer une rectocèle grave entretenant la constipation.