L'examen anatomopathologique des polypes colorectaux réséqués par endoscopie représente une charge de travail importante pour les pathologistes ainsi qu'un coût non négligeable. Il a un impact sur la prise en charge lorsqu'il guide le traitement d'un cancer invasif ou la surveillance coloscopique ultérieure. évaluer s'il est possible de ne pas faire l'examen anatomo-pathologique de certains polypes colorectaux sans risque pour le patient. Evaluation rétrospective de tous les polypes réséqués dans une campagne départementale de dépistage organisée de septembre 2003 à août 2008 et évaluation prospective de tous les polypes réséqués dans une unité hospitalière d'endoscopie de janvier à août 2008. L'étude rétrospective portait sur 4 360 polypes, ses résultats sont présentés dans le tableau. L'étude prospective concernait 355 polypes réséqués lors de 175 coloscopies chez 68 femmes et 107 hommes de 64,8 ans d'âge moyen. Il s'agissait dans 47,4 % des cas d'une 1ère coloscopie et dans 46,5 % des cas d'une coloscopie de surveillance pour antécédent personnel de cancer colorectal (CCR) ou d'adénome. Des antécédents familiaux de CCR étaient notés dans 13,9 % des cas. 263 (74,1 %) polypes étaient ≤ 5 mm et 54 (15,2 %) ≥ 10 mm. Il y avait 90 (25,7 %) polypes non adénomateux, 76 (21,4 %) adénomes avancés et 2 (0,6 %) carcinomes invasifs. L'examen anatomopathologique était jugé utile par l'endoscopiste pour 148 polypes (41,7 %). Ce taux d'examens utiles variait selon la taille des polypes (26,1 % pour les polypes ≤ 5 mm, 73,7 % pour ceux de 6 à 9 mm et 92,5 % pour ceux ≥ 10 mm) (p < 0,001) et selon le contexte (57,1 % en cas de 1ère coloscopie, 26,8 % en cas de coloscopie itérative, 23,4 % en cas d'antécédent personnel de CCR ou d'adénome) (p < 0,001). L'examen anatomopathologique était nécessaire pour déterminer la date de surveillance chez 24 % des patients et modifiait la date proposée par le clinicien chez 8,6 %. Il n'avait aucun impact sur la date de surveillance chez 67,4 % des patients. Ne pas analyser les polypes ≤ 5 mm isolés chez les personnes avec antécédents personnel ou familial de CCR ou d'adénome (37,5 % des polypes dans notre étude prospective avec recrutement diversifié) aurait conduit à ne surveiller à 5 ans au lieu de 3 un patient sur 44. En raison du risque de cancer invasif, tous les polypes > 5 mm doivent être analysés. Les polypes ≤ 5 mm associés à un CCR ou à un polype ≥10 mm ou qui surviennent à un très grand âge peuvent ne pas être analysés sans aucun risque pour le patient, soit 13,8 % des polypes en cas de recrutement diversifié et 22,3 % dans une campagne de dépistage organisé.
La réalisation d’une endoscopie digestive haute en urgence la nuit ou le week-end est souvent difficile au cours des HDH en raison de l’absence le plus souvent d’une aide spécialisée pour la réalisation des gestes techniques. Le but de notre travail était d’étudier les conditions de réalisations et les facteurs pronostiques des HDH survenant la nuit ou le week-end comparativement au jour et en semaine. De février 2005 à mars 2006, 3 287 patients ont été hospitalisés dans 53 hôpitaux généraux pour une HDH ; les données épidémiologiques et pronostiques ont été prospectivement saisies dans une base de données. Chaque praticien notait l’heure de réalisation de l’endoscopie et si celle-ci était réalisée la nuit ou le week-end. Nous avons retenu les 3 083 patients qui ont eu une endoscopie dont 684 (22,2 %) la nuit ou le week-end (groupe 1) et 2 399 (77,8 %) le jour et en semaine (groupe 2). Il n’existait pas de différence statistique entre les patients des groupes 1 et 2 en ce qui concerne l’âge moyen et le sex ratio. Les patients du groupe 1 étaient plus souvent hospitalisés en réanimation 21 % vs. 11,6 % (p < 0,0001) mais n’avaient cependant pas un score moyen de gravité de Rockall plus élevé 5,2 ± 2,3 vs. 5 ± 2,7 (p = 0,1) ni plus de comorbidités significatives 1,64 ± 1,34 vs. 1,59 ± 1,84 (p = 0,5). Le délai de réalisation de l’endoscopie était significativement plus court pour le groupe 1 0,35 jour vs. 1,03 jour (p < 10-6). Une aide spécialisée était disponible dans 40 % des cas le groupe 1 vs. 85 % des cas dans le groupe 2 (p < 10-6). Il existait une hémorragie active dans 455 (66,5 %) cas dans le groupe 1 vs. 1 288 (53,6 %) cas dans le groupe 2 (p = 0,003) aboutissant à un traitement endoscopique dans 208 (45,7 %) vs. 634 (49,2 %) cas (p = 0,2). Le nombre de décès n’était pas différent entre les groupes 1 et 2 : 59 (8,6 %) vs. 164 (6,8 %) (p = 0,13) alors que le taux de récidive hémorragique était plus important 12,6 % vs. 9,1 % (p = 0,01) dans le groupe 1. Si le délai de réalisation d’une endoscopie est plus court la nuit ou le week-end cela ne s’explique pas par la gravité plus importante des patients mais probablement par leur hospitalisation plus fréquente en réanimation. Le taux de récidive hémorragique est plus important parmi les patients ayant eu une endoscopie la nuit ou le week-end ; les facteurs explicatifs pourraient être l’absence fréquente d’une aide spécialisée.