L’avulsion du tubercule intercondylaire antérieur du tibia (ATIAT) touche préférentiellement les enfants et les adolescents, avec une incidence de 3 pour 100 000 enfants par an. Sa prise en charge n’est pas consensuelle. Sur les 29 patients suivis pour une ATIAT entre janvier 1986 et février 2012 au CHU de Caen, 12 patients ont eu une prise en charge chirurgicale. L’objectif principal de ce travail était d’évaluer l’intérêt de l’arthroscopie par rapport à l’arthrotomie dans la prise en charge d’une ATIAT chez l’enfant en comparant les résultats de l’IKDC entre ces deux voies d’abord. Nous avons donc réalisé une étude rétrospective monocentrique incluant les 12 patients opérés, d’âge physiologique inférieur à 16ans, avec une ATIAT confirmée par des radiographies. Notre critère de jugement principal était le score IKDC. Nos critères secondaires étaient : les mobilités du genou opéré, la mesure du tiroir antérieur (KT1000) et la survenue de complications. Nous avons également comparé les résultats des différentes techniques de synthèse utilisées (laçage ou vissage épiphysaire antérograde). Les scores IKDC des patients opérés par arthroscopie versus arthrotomie sont respectivement de 92,8±5,9° et 71±16,5°. Cette différence est significative en faveur de l’arthroscopie avec ostéosynthèse par vissage épiphysaire. De plus, la flexion moyenne au dernier recul des genoux opérés par vissage sous arthroscopie versus arthrotomie sont respectivement de 155±14,7° et de 136,9±17,3°. Cette différence est significative en faveur de l’arthroscopie. Les résultats comparant les deux techniques d’ostéosynthèse ne retrouvent pas de différence significative pour le score IKDC, la flexion maximale au recul et la mesure du tiroir antérieur (KT1000). Ces résultats sont à tempérer en raison du faible effectif de la population étudiée. Des études de cohortes plus importantes sont nécessaires pour établir définitivement une technique chirurgicale optimale et une prise en charge consensuelle.
L'arthrodèse de l'articulation sous talienne postérieure sous arthroscopie se développe de plus en plus grâce aux nombreuses études anatomiques prouvant l'innocuité des voies d'abord postérieures vis à vis des éléments nobles. La qualité de l'avivement des surfaces articulaires est un facteur primordial. Une étude anatomique a été réalisée, ayant pour but de mesurer la surface d'avivement de l'articulation sous talienne postérieure sous arthroscopie par instruments motorisés et instruments manuels. Vingt articulations sous taliennes postérieures provenant de dix sujets issus du don du corps ont été avivées par une voie biportale postérieure. Après réalisation d'une chambre de travail, toutes les pièces anatomiques droites ont été avivées mécaniquement (couteau motorisé et fraise) et les gauches manuellement (ciseau de Smilie et curette). Les pièces ont ensuite été disséquées pour contrôler la qualité de l'avivement, mesurer le pourcentage de surface avivée et rechercher d'éventuelles lésions iatrogènes. Les surfaces articulaires ont été numérisées afin de calculer le ratio surface avivée/surface articulaire totale. Chaque mesure a été réalisée par cinq observateurs différents. Aucune lésion d'élément noble n'a été retrouvée. Dans le groupe arthrodèse motorisée les surfaces articulaires ont été avivées à 62,94 %, avec respectivement 62,78 % pour le talus et 63,11 % pour le calcanéum. Dans le groupe arthrodèse manuelle l'avivement a été meilleur mais de manière non significative (p = 0,105) avec au total 70,87 % de l'articulation avivée. L'avivement du talus est statistiquement identique avec 69,27 % (p = 0,384). Par contre, l'avivement calcanéen manuel est statistiquement meilleur avec 72,48 % de surface avivée (p = 0,019). Le coefficient de corrélation inter-observateur pour la mesure du taux d'avivement talien est de 0,919 et de 0,694 pour le calcanéum. Nous recommandons de combiner l'utilisation de matériel motorisé et manuel pour obtenir un avivement de bonne qualité notamment pour la surface calcanéenne. La chambre de travail est à réaliser au contact de la partie postérieure de l'articulation avec un couteau motorisé, puis l'ablation du cartilage se fait à l'aide d'un ciseau de Smilie et d'une curette. Enfin, une fraise est utilisée dans l'espace créé pour réaliser un avivement de qualité de l'os sous chondral. Notre étude confirme la bonne qualité de l'avivement de l'articulation sous talienne postérieure sous arthroscopie en utilisant deux voies d'abord postérieures. L'utilisation conjointe de matériel motorisé et manuel est recommandée pour un meilleur avivement.
INTRODUCTION:Patella alta is one of the primary factors of patellofemoral instability and its importance lies in the reduced engagement between patella and trochlea during the early degrees of flexion. The evaluation of patellar height is based on conventional x-rays, CT scan and, more recently, MRI. The objective of this multicentric prospective study is to describe a novel index to assess in the sagittal plane the functional engagement between patella and trochlea. MATERIALS AND METHODS:One hundred and thirty-five patients with objective patellar dislocation were prospectively enrolled between April 2010 and September 2011 and were compared with a second group of 45 controls. All patients underwent a standard MRI and a complete radiographic study. Sagittal engagement was measured as the ratio between the articular cartilage of the patella and the trochlear cartilage length measured on two different MRI slices. RESULTS:The mean Sagittal Patellofemoral Engagement (SPE) index was 0.43 ± 0.18 and ranged from 0.02 to 0.913 in the Objective Patellar Dislocation group versus 0.42 ± 0.11 range 0.22 to 0.55 in controls. In the Patellar Dislocation group the mean Caton-Deschamps index was 1.18 ± 0.21 (range 0.71 to 1.91). There were 58 patients with patella alta, in whom the mean SPE was 0.39 ± 0.18 (range 0.02 to 0.87). Sagittal engagement was significantly higher when compared with patients in the Patellar Dislocation group who had no patella alta (mean 0.46 ± 0.16, range 0.1-0.913). DISCUSSION:The present study introduces a new method to measure the SPE with the use of MRI. The evaluation of the functional engagement of the patella with the femoral trochlea in the sagittal plane can serve as a supplementary tool to the existing methods of evaluating patellar height, and may help to better identify the cases where inadequate engagement is recorded despite the absence of patella alta, so that the need for tibial tuberosity osteotomy may be re-assessed.
Introduction: Unicompartmental knee arthroplasty (UKA) is reserved for osteoarthritis confined to a single femoro-tibial compartment with an intact anterior cruciate ligament. UKA remains controversial. The objective of this retrospective multicentre study in a large sample was to assess the influence of age, sex, body mass index (BMI), patellofemoral involvement, and implant design on functional outcomes and prosthesis survival rates.Material and methods: Nine hundred and forty-four patients who underwent UKA at centres located in western France between 1988 and 2008 were re-evaluated. The IKS scores and KOOS were determined. Prosthesis survival according to various factors was assessed using the Kaplan-Meier method.Results: A clinical evaluation was performed in 720 cases after a mean follow-up of 62 months. The IKS function score improved by 23.6 points in men and 17.3 points in women (P = 0.007). Ten-year prosthesis survival was 83.7% overall; 79% in women versus 87% in men (P < 0.01); and 76.7% in patients younger than 70 years versus 88.3% in those 70 years or over (P < 0.01). BMI had no significant influence on prosthesis survival. No significant differences between clinical outcomes or prosthesis survival were found across implant design categories.Discussion: The retrospective design and large number of centres and surgeons mandate caution when interpreting our results. Subgroup sizes were too small for an analysis of factors such as anterior cruciate ligament deficiency, BMI > 40 kg/ m(2), or cementless implant. Level of evidence: Level IV, retrospective study. (C) 2013 Published by Elsevier Masson SAS.
Réservée aux gonarthroses localisées à un seul interligne et comportant un ligament croisé antérieur fonctionnel, la prothèse unicompartimentaire fémoro-tibiale (PUC) reste une arthroplastie controversée. Les buts de cette étude rétrospective multicentrique portant sur un large collectif étaient de vérifier l’influence de l’âge, du sexe, de l’indice de masse corporelle, de l’atteinte fémoro-patellaire et du type d’implant sur les résultats fonctionnels et le taux de survie de ces prothèses.
La patella alta est un des facteurs principaux de l’instabilité fémoro-patellaire. Son importance est liée à un engagement réduit de la patella dans la trochlée pendant les premiers degrés de flexion. L’évaluation de la hauteur patellaire est basée sur des radios conventionnelles, sur le scanner et plus récemment sur l’IRM. L’objectif de ce travail multicentrique prospectif est de décrire un nouvel index pour évaluer l’engagement sagittal fonctionnel de la patella dans la trochlée. Cent trente-cinq patients avec une luxation patellaire objective ont été prospectivement inclus dans une étude entre avril 2010 et septembre 2011. Ils ont été comparés à un groupe témoin de 45 patients. Tous les patients ont eu une IRM standard et un bilan radiographique complet. L’engagement sagittal était mesuré en établissant un ratio entre les surfaces articulaires patellaire et trochléenne mesurée sur 2 coupes IRM différentes. L’engagement sagittal moyen de la patella était de 0,43 ± 18. Il allait de 0,02 à 0,91 dans les instabilités patellaires objectives contre 0,42 ± 11 (0,22 à 0,55) dans le groupe témoin. Dans le groupe de luxation patellaire objective, l’index de Caton-Deschamps moyen était de 1,18 ± 21 (0,71 à 1,91). Il y avait 58 patients avec une patella alta dont l’index sagittal d’engagement était de 0,39 ± 18 (0,002 à 0,87). L’engagement sagittal était significativement plus haut dans le groupe de luxation patellaire objective qui n’avait pas de patella alta (0,46 ± 16) (0,1 à 0,91). Cette étude introduit une méthode pour quantifier l’engagement sagittal de la patella en utilisant l’IRM. L’engagement fonctionnel de la patella avec la trochlée dans le plan sagittal peut être un instrument supplémentaire aux méthodes de mesure de hauteur patellaire. La mesure combinée de la hauteur et de l’engagement permettront d’affiner les indications d’abaissement de la tubérosité tibiale. II, étude prospective non randomisée.
INTRODUCTION:The aim of this study was to define a new index to measure lateral patellar displacement (LPD) using nuclear magnetic resonance imaging (MRI), an axial index of engagement of the patella (AEI) obtained from two different axial MRI views then to validate its use in a prospective series of patients presenting an objective patellar instability (OPI).MATERIALS AND METHODS:One hundred and thirty-five patients with OPI and no history of surgery of the patella were included in a prospective study organized by the French Society of Arthroscopy performed between June 2010 and August 2012. All patients underwent axial and sagittal MRI. The AEI was obtained by projecting predefined patellar and trochlear landmarks (cartilaginous landmarks) on 2 different axial MRI views (one trochlear and one patellar). The results were compared with a series of controls (n=45).RESULTS:The preoperative AEI of the patella was 0.94 ± 0.09 for the control group and 0.84 ± 0.16 for OPI group (P=0.000016). The AEI could be obtained in 100% of the cases if it was measured on 2 MRI views while it could not be measured in 38.5% of the cases if the measurement was only obtained from one MRI view or whenever the widest part of the patella was not across from the femoral trochlea. The AEI did not significantly depend on dysplasia or the presence of a supratrochlear spur. The lowest AIE values were associated with trochlear dysplasia with a supratrochlear spur (P=0.0023) and a more prominent trochlea (P=0.0016). The AEI was correlated with patellar tilt (P<0.000001) and TT-TG on MRI (P<0.000001).DISCUSSION:AEI is a new index to measure LPD. It can be obtained in all cases because it is obtained from two different MRI views. The normal value is close to 1. It can be used to measure patellar instability on the axial plane in patients with OPI, especially in the most severe cases.