Nous rapportons l'observation de l'enfant S. née de parents d'origine Turque cousins germains, à 35 s.a., par césarienne pour RCIU (PN 1630 g, TN 43 cm, PC 29 cm) et qui présente : 1°/ Retard de croissance – 3 DS. 2°/ une achalasie traitée par une dilatation œsophagienne endoscopique puis dans un deuxième temps à l'âge de 32 mois par sphinctéromyomectomie longitudinale. 3°/ Microcéphalie à – 4,5 DS associée à un retard majeur du langage, état d'hyper agitation permanente, … Absence de malformations, de trouble endocrinien, d'alacrimie. Les explorations génétiques : caryotype standard normal, détection de mutation par séquençage direct du gène ALADIN pour le syndrome AAA (ALLGROVE) négative. L'exploration par hybridation génomique comparative en micro-réseau a montré une amplification interstitielle en 10p11.22 (présente chez les deux parents) et une délétion en 11q21 (présente chez la mère) sans expression clinique. L'association achalasie œsophagienne et microcéphalie avec retard mental n'a été décrite qu'à 4 reprises dans la littérature : 1. famille avec 3 sœurs et un frère atteints; 2. deux frères atteints et parents consanguins; 3. parents consanguins également. Dans le 4e cas la mère a été exposée à la Mefloquine durant la grossesse.
Cas clinique Bastien, 2e enfant, issu d’une grossesse sans particularité. Naissance à 32 SA Eutrophie. État cutané à la naissance : impréssionant : Érythrodermie diffuse, Macération, Plaques verdâtres sur le tronc et cuir chevelu, Absence de sourcil, Cheveux rares, partant par plaques. Biopsies de peau à J2 et J18 : Infiltrat inflammatoire.Bilan biologique : leucopénie relative avec une neutropénie, une lymphopénie et une hyperéosinophilie de 11 % (1319/mm3) à J1 à 63 % à (5311/mm3) à J25.Le Bilan immunitaire montre une hypogammaglobulinémie, une hyper IgE, une lymphopénie B et T touchant les CD 4 et les CD 8. Confirmation du déficit immunitaire combiné sévère de type OMENN avec présence de 2 mutations différentes dans le gène RAG-1. Des mesures préventives (Bactrim, Mycostatine.Immunoglobulines intraveineuses 1 g/kg) sont prises. À J58, transfert à l’hôpital Necker à Paris. A J80 : allogreffe de moelle osseuse HLA identique (frère aîné 2 ans) sans conditionnement avec Excellent résultat.LE SYNDROME D’OMENN : Déficit immunitaire combiné sévère avec hyperéosinophilie. [DICS T- B - NK +]Autosomique récessive. Traitement Allogreffe de moelle osseuse, des cellules souches hématopoïétiques, du sang du cordon.
Les nouveau-nés de petit poids de naissance ayant souffert d’un retard de croissance intra-utérin (RCIU) sont une population à haut risque pour développer un « syndrome métabolique » (obésité, hypertension, insulino-résistance) à l’âge adulte. Ces bébés sont généralement nourris avec des laits « enrichis » en protéines afin de leur assurer une croissance de rattrapage. Or le risque de pathologies cardiovasculaires ou d’obésité à l’âge adulte est corrélé à la vitesse de croissance dans les toutes premières semaines de vie. Notre hypothèse est qu’une alimentation hyperprotéique prescrite en période néonatale chez des nouveau-nés RCIU pourrait avoir des conséquences néfastes sur la santé à l’âge adulte. Pour étudier les conséquences à distance d’une alimentation néonatale hyperprotéique, des ratons RCIU, nés de mères carencées en protéines durant la gestation (60 % de carence) ont été équipés au 5ème jour de vie (J5) d’une canule de gastrostomie posée de façon percutanée (modèle de ratons « pup in the cup »). Ils ont reçu, de J5 (pose de la canule) à J21 (jour du sevrage) et de façon randomisée, soit un lait « normoprotéique » (NP : 87,0 g/l, n = 9), soit un lait « hyperprotéique » (HP : 130,5 g/l, n = 7). La croissance des rats et les quantités ingérées ont été suivies régulièrement (de J5 à J160, rat adulte). Le lait HP ne modifie pas la croissance des ratons avant le sevrage. Le lait HP présente des effets à distance : (1) un surpoids des rats nourris au lait hyperprotéique vs. normoprotéique entre J50 et J65, (HP : 329 ± 14 g vs. NP : 307 ± 28 g pour des rats de J60, p = 0,079), lié à une augmentation des quantités ingérées d’aliments (de J50 à J60, HP : 28 ± 3 g/j vs. NP : 25 ±3 g/j, p = 0.079) ; (2) une augmentation, de la masse du pancréas (0,29 ± 0,15 g vs. 0,17 ± 0,06, p= 0.046) et de la masse de la graisse mésentérique (6,3 ±1,4g vs. 4,5 ± 2, 1, p = 0,088) respectivement chez des rats HP vs. NP. Ces données préliminaires suggèrent qu’un lait hyperprotéique, administré à des ratons RCIU durant la période néonatale, a des effets mémoire sur le poids et la masse grasse mésentérique, traduisant des désordres métaboliques. Des mesures de composition corporel le, glucose et insuline plasmatiques, nous permettront de préciser ces perturbations métaboliques.
Le retard de croissance intra-utérin (RCIU) est un facteur de risque d’entérocolites ulcéro-nécrosantes (ECUN). Or l’ECUN est associée à une augmentation de la perméabilité intestinale.On ignore si le RCIU entraîne par lui-même une altération durable de la perméabilité intestinale. Le seul impact du RCIU démontré à ce jour au niveau intestinal est la présence de perturbations histomorphométriques, prolifératives, enzymatiques et absorptives de l’épithélium.Un RCIU a été provoqué chez le raton par une restriction protéique et isocalorique (8 % vs.20 %) du régime des mères pendant la gestation. Durant la lactation, les mères ont reçu soit un régime contrôle (C), soit un régime restreint (R). Les 3 groupes de ratons issus des mères restreintes ou non au cours des périodes de gestation et lactation (CC, RC, ou RR) ont été sevrés à 21 jours devie (J21) avec un régime contrôle. A J12, J40 et J100, nous avons mesuré la perméabilité ex vivo (en chambre de Ussing) de l’iléon et du côlon proximal à l’aide de sondes moléculaires de petite (4KDa : FITC-dextran) et de grande taille (44KDa : HRP).Quel que soit le traitement subi par les ratons en période périnatale, les perméabilités mesurées au niveau iléal et colique diminuaient significativement en période postnatale (médianes pour le groupe CC dans 1- l’iléon : 19,4 à J12 vs. 9,2 μg/cm2/h à J100 pour le FITC-dextran et 11,6 à J12 vs. 4,0 μg/cm2/h à J100 pour la HRP et 2-le côlon proximal :11,4 à J12 vs. 1,8 μg/cm2/h à J100 pour le FITC-dextran et 5,1 à J12 vs. 0,5 μg/cm2/h à J100 pour la HRP). En revanche, aucun traitement périnatal (CC, RC, RR) n’affectait la perméabilité ex vivo de l’iléon et du côlon proximal, à court (J12) ou long terme (J40 et J100). Conclusion La réduction de la perméabilité observée en fonction de l’âge confirme une maturation de la fonction barrière de l’intestin et du côlon au cours du développement postnatal. L’absence d’effet du RCIU sur la perméabilité intestinale et colique observé dans ce modèle, suggère que la’fragilité’intestinale observée chez les bébés nés avec un RCIU n’est pas due à une altération de perméabilité. L’altération d’autres paramètres de la barrière intestinale (flore, mucus) lors de la programmation fœtale est en cours d’investigation.
Epilepsy is a chronic neurologic disorder which often induces numerous adverse long-term neurologic effects, such as behavioral and cognitive deficits, increased predisposition to additional seizures, and cell injury or death. Cognitive dysfunction, depression, anxiety and sleep disorders are some of the highly prevalent and most disabling complications of epilepsy. The mechanisms that lead to the generation of epileptic comorbidities are poorly understood. Treatment for epileptic complications still remains a challenge because of the poor adherence and drug interactions associated with multi drug prescriptions and also for the fear of worsening seizures by the individual medications for complications. Melatonin, an endogenous hormone secreted by pineal gland has a prominent role in epilepsy. Agomelatine is a novel antidepressant which acts as melatonin MT1 and MT2 receptor agonist and serotonin 5Ht2C receptor antagonist. The combined action at MT1/2 and 5HT2C receptors, reduction in the depolarization-evoked release of glutamate, strong neuroprotective action and possible antioxidant properties of agomelatine could make it a potential agent in the treatment of epilepsy. The effect of agomelatine on hippocampal neuronal cell survival and neurogenesis, neuroprotective effect in hippocampus and frontal cortex and the antioxidant potential may contribute to the protective action of agomelatine against epilepsy induced memory decline. Agomelatine is proven to be an antidepressant and it has relieved anxiety symptoms and improved the quality of sleep in patients with depressive disorder. The action of agomelatine as a melatonin agonist and the consequent circadian resynchronizing property as well as its action as 5-HT2C receptor antagonist, could possibly suggest an antidepressant and anxiolytic action of agomelatine in epilepsy induced depressive behavior and anxiety. Since one of the many causes of sleep disruption in epilepsy is circadian rhythm disturbances and sleep promoting and circadian effects of melatonin is attributed to the MT1and MT2 subtypes of human melatonin receptors, agomelatine may also have a promising effect on epilepsy induced sleep disruptions. Thus with all these potential pharmacological actions, agomelatine could be recommended as a potential drug to treat epilepsy and its complications.
Nociceptin/orphanin FQ (N/OFQ) is involved in many behavioural patterns; in particular, it exerts a modulating effect on nociception. Like other proposed antiopiates, nociceptin/orphanin FQ has been shown to have analgesic, hyperalgesic as well as antianalgesic properties. Among the various effects proposed on nociceptive sensitivity at supraspinal level, the antagonistic activity toward morphine analgesia seems to be of interest. Therefore, we decided to investigate whether nociceptin/orphanin FQ and [Arg14, Lys15] nociceptin/orphanin FQ (R-K, a nociceptin analogue) can have the same effect on the analgesia produced by nonopioid analgesics. In this study, we examined the antianalgesic effect of nociceptin/orphanin FQ and its analogue R-K on paracetamol-induced analgesia and evaluated by means of the hot plate test in rats. Nociceptin/orphanin FQ was intracerebroventricularly administered, and, after 5 min, a dose of 400 mg/kg paracetamol was injected intraperitoneally, 30 min before the hot plate test. Nociceptin/orphanin FQ and R-K showed a dose-dependent antagonism on the antinociceptive effect of paracetamol, and the activity of both drugs was significantly reduced by the antagonist [Nphe1] Arg14, Lys15–N/OFQ–NH2 (UFP-101). These data indicate that nociceptin/orphanin FQ and R-K have an antianalgesic effect on the analgesia produced by a nonopioid analgesic drug, like paracetamol, that seems to develop within the brain.
Les anémies sévères dès la naissance (taux d’hémoglobine < 10 g/dl) sont dues le plus souvent à 1) une hémolyse par allo-immunisation foeto-maternelle anti-D, voire anti-c ou anti-Kell ; 2) une hémorragie au niveau placentaire (placenta praevia, hématome rétroplacentaire, incision transplacentaire,…) ; 3) un défaut d’érythropoïèse par infection à parvovirus ou par anémie de Blackfan-Diamond ; 4) une transfusion foeto-foetale en de grossesse multiple. Nous rapportonsun cas d’une anémie néonatale sévère (taux d’hémoglobine à 4 g/dl à la naissance) due à une transfusion foetomaternelle massive.
Les ≪ cholestases intrahépatiques fibrogènes familiales ≫ (CIFF) correspondent à une entité hétérogène rapportée sous les termes de progressive familial intrahepatic cholestasis ou de maladie de Byler. Il s'agit d'une cholestase héréditaire d'origine hépatocellulaire débutant le plus souvent à la période néonatale et évoluant vers l'insuffisance hépatocellulaire, souvent avant l'adolescence. Les données génétiques suggèrent un mode de transmission autosomique récessive. Elle serait due à une anomalie du métabolisme hépatocytaire des acides biliaires. On distingue trois types sur des critères cliniques, biochimiques et histologiques. Dans le premier type, la cholestase est caractérisée par un début souvent néonatal, un prurit féroce, une activité sérique toujours normale de la gamma-glutamyl transpeptidase (GGT), une cholestérolémie normale, une concentration sérique élevée d'acides biliaires associée à une concentration effondrée d'acides biliaires dans la bile et une absence de prolifération ductulaire. L'évolution se fait vers l'insuffisance hépatocellulaire et le décès à des âges variant de quelques mois à l'adolescence. Son mécanisme physiopathologique est probablement en rapport avec une anomalie du transport hépatocytaire des acides biliaires, hypothèse renforcée par la localisation récente d'un locus dans une région du chromosome 18 identique à celle du gène de la cholestase récurrente bénigne. Le second type ressemble au premier, mais il en diffère par une absence de prurit et des traces d'acides biliaires primaires dans le sérum. Il est établi qu'il s'agit d'un déficit de synthèse des acides biliaires primaires. Le troisième type débute plus tard dans la vie et est souvent compliqué par l'apparition d'hypertension portai et d'insuffisance hépatocellulaire tardive. Il est caractérisé par un prurit inconstant et modéré, une activité sérique élevée de la GGT, une concentration modérément élevée d'acides biliaires sériques, une concentration normale d'acides biliaires dans la bile, et une prolifération ductulaire malgré des voies biliaires normales. Les patients ont une anomalie d'expression du gène MDR3. Un pourcentage non négligeable d'enfants atteints de CIFF bénéficie d'un traitement par les acides biliaires. Dans certains cas, une dérivation biliaire externe partielle ou une transplantation hépatique doit être proposée.Progressive familial intrahepatic cholestasis (PFIC), also known as Byler disease, is an inherited cholestasis of hepatocellular origin which is characterized by cholestasis presenting often in the neonatal period leading to death due to liver failure at ages ranging from infancy to adolescence. The pattern of appearance of affected children within families is consistent with autosomal recessive inheritance. The etiology is poorly understood but several studies have recently provided support for an heterogeneity with at least three subcategories among the spectrum of PFIC. The first subtype is characterized by an early onset, often during the neonatal period, a severe pruritus, normal serum gammaglutamyltransferase (GGT) activity and cholesterol level, high concentration of serum primary bile acids, absence or very low levels of primary bile acids, absence or very low levels of primary bile acids in bile, and absence of ductular proliferation on standard optical liver histology. Its leads to death due to liver failure within a few years, rarely after adolescence. It is possibly due to an inborn error in primary bile acid secretion and recently, a locus for this subtype has been mapped in the original Byler pedigree to 18q21–q22, the benign recurrent intrahepatic cholestasis region. In the second subtype, affected children exhibit also normal serum GGT activity and cholesterol level and absence of duaular proliferation, but have no pruritus and only traces of primary bile acids in serum. An inborn error in primary bile acid synthesis has been demonstrated in this subtype. The third subtype presents later in life, carries a higher risk of portal hypertension and gastrointestinal bleeding and ends in liver failure at a later age. It is characterized by a mild and unconstant pruritus, high GGT serum activity, moderately raised concentrations of serum primary bile acids, normal concentration of biliary primary bile acids, and ductular proliferation and inflammatory infiltrate with patency of intra and extrahepatic bile ducts. An abnormal expression of the MDR3 gene is involved. A fair proportion of children affected with all subtypes of PFIC may benefit from oral bile acid therapy. In some cases partial external biliary diversion or liver transplantion should be proposed.