Le carcinome de Merkel (CCM) est un cancer agressif, dont la survie à 5 ans est estimée à 40 %. Les inhibiteurs de checkpoint (ICP) anti-PD-1/PD-L1 ont modifié le pronostic des patients métastatiques. Les facteurs de réponse aux ICP ne sont pas connus. Notre objectif était d'évaluer la survie et les facteurs de réponse aux ICP chez des patients ayant un CCM avancé. Les patients ayant un CCM avancé (stade III inopérable ou stade IV) ayant reçu un ICP, quelle que soit la ligne de traitement, étaient inclus. Les réponses aux ICP étaient définies à partir des dossiers médicaux sans relecture centralisée des imageries, correspondant aux « real world objective response rates », rwORR). Les survies globales (à partir de la date de début de l'ICP) étaient estimées par la méthode de Kaplan–Meier et comparées par le test de log-rank. Les facteurs de réponses aux ICP étaient comparés entre les répondeurs (réponse complète/partielle) et les non-répondeurs par un test exact de Fisher. Parmi les 498 patients CCM inclus dans la cohorte (1998–2022), 81 avaient une maladie avancée traitée par ICP entre 11/2015 et 06/2022 (caractéristiques). Après un suivi médian de 29,6 mois après instauration de l'ICP, 36 patients (45,0 %) étaient décédés. La survie médiane était de 39,4 mois (18,0–non atteint) et la survie globale à 24 mois était de 57 % (IC 95 % 45,6–68,4). Les patients qui avaient reçu l'ICP en première ligne avaient une survie médiane supérieure (59,0 mois, IC 95 % 13,4–non atteint) qu'en deuxième (39,4 mois IC 95 % 11,7–non atteint) et troisième ligne (18,0 mois, IC 95 % 4,3–39,8), sans significativité statistique (log-rank test p = 0,44). Parmi les 77 patients pour lesquels les rwORR étaient disponibles, la meilleure réponse observée était : réponse complète n = 23 (29,9 %) ; réponse partielle n = 17 (22,1 %) ; maladie stable n = 3 (3,9 %) ; progression n = 34 (44,2 %), correspondant à un taux de réponses (réponses complètes et partielles) de 52,0 % (IC 95 % 40,8–63,1). La survie médiane parmi les répondeurs (réponse complète et partielle) était plus élevée que les non-répondeurs (59,0 mois (IC95 % 39,4–non atteint) versus 8,4 mois (IC 95 % 6,6–17,0), log rank test p < 0,0001). Aucun des facteurs cliniques analysés (âge, sexe, localisation du primitif, délai d'entrée dans la maladie métastatique, nombre de sites métastatiques, métastases viscérales, ECOG, immunodépression, ligne d'immunothérapie, molécule anti-PD1/PD-L1) n'était associé à la réponse. Les taux de réponses et survies observées correspondent à celles observées dans les cohortes « en vraie vie » toutes lignes confondues. La réponse à l'immunothérapie était nettement associée à la survie globale, mais nous n'avons pas mis en évidence de facteur clinique associé à la survie. Cette cohorte de patients CCM avancé montre un taux de réponses d'environ 50 % à l'immunothérapie (toutes lignes et toutes molécules confondues) et une survie globale supérieure à 50 % à 2 ans. Les facteurs cliniques n'étaient pas associés à la réponse aux ICP. Les analyses supplémentaires sont en cours et seront présentées en congrès.
Le carcinome de Merkel (CCM) est un cancer de mauvais pronostic, dont le risque de récidive est estimé à 40 %. Les facteurs de risque de récidive sont essentiellement le stade tumoral au diagnostic et l’immunodépression. Cependant, peu de données sont disponibles sur le devenir des patients après une première récidive. Notre objectif était d’étudier le devenir des patients après une première récidive de CMM. Nous avons inclus les patients ayant un CCM stades I-II-III (local ou régional) ayant eu une prise en charge initiale à visée curative et ayant présenté une récidive de CCM, à partir d’une cohorte historico-prospective de patients CCM (1998–2023). Le critère de jugement principal était la survie spécifique après une première récidive de CCM. Les critères de jugement secondaires étaient la survie spécifique en fonction des caractéristiques de la récidive, dont le pattern de récidive (local/en-transit/régional/à distance) et le délai de survenue de la récidive après la fin du traitement initial (délai de récidive < 3 mois : « progresseurs rapides »). Les courbes de survie ont été analysées selon la méthode de Kaplan-Meier et comparées selon le test Log rank. Parmi les 498 patients de la cohorte, 387 avaient eu un CCM stades I-II-III avec traitement à visée curative, dont 159 (41,1 %) ont par la suite présenté une récidive. Après un suivi médian de 46 mois (IC95 % 28,4–56,2) post-récidive, 95 patients (60,5 %) sont décédés, dont 84 liés au CCM. La survie spécifique médiane post-récidive était de 18,3 mois (IC 95% 12,8–75,3). La survie spécifique post-récidive était significativement plus courte pour les récidives à distance (médiane 10,4 mois, IC 95% 8,1–14,9) que pour les récidives locales (médiane 88,6 mois, IC 95% 10,4–107,1), en transit (médiane 122,8 mois, IC 95% 16,5–122,8) et régionale (médiane 75,3 mois IC 95% 18,2-non atteint) (log-rank, p = 0,007). La survie spécifique post-récidive était significativement diminuée pour les « progresseurs rapides » (survie médiane 7,9 mois, IC 95% 5,9–12,8) par rapport à ceux présentant une récidive plus tardive (survie médiane 75,3 mois, IC 95% 22,9–107,1) (p < 0,0001). Dans cette cohorte en vie réelle de 498 patients, 159 patients (41,1%) ont présenté une récidive, soit une proportion similaire aux cohortes précédemment rapportées notamment aux USA. Près de la moitié des récidives (45%) étaient d’emblée à distance. La survie spécifique post-récidive était dépendante du pattern de récidive, significativement plus sombre après une récidive à distance mais sans différence significative pour les différences locales/en transit/régionales. Pour la première fois, nous montrons que la cinétique de la récidive est un élément pronostique important, avec une survie spécifique nettement péjorative pour les « progresseurs rapides » récidivant dans les 3 mois suivant la fin du traitement initial. Le pattern de la première récidive et le délai entre la fin du traitement initial et la survenue de la récidive sont des éléments pronostiques associés à la survie spécifique dans le CCM après une première récidive. D’autres analyses sont en cours et seront présentées lors du congrès.