La Société française d'anesthésie-réanimation a conçu un outil en ligne, AlgoSFAR, permettant un audit des pratiques concernant la douleur postopératoire. En analysant les données de plusieurs centres, cette étude visait à évaluer la prise en charge postopératoire de la douleur et à suggérer des améliorations.Dans cet essai observationnel multicentrique, les données du pré-, per- et postopératoire collectées durant 2 années ont été analysées. Le critère de jugement principal était la douleur postopératoire. Les critères de jugement secondaires étaient : la consommation de morphine postopératoire et l'évaluation des pratiques en matière d'analgésie multimodale.Trois mille trois cent quinze patients ont été inclus dans 70 centres. Quatre-vingt un pour cent des patients étaient peu douloureux en SSPI et 6 % présentaient des douleurs sévères. Seulement 23 % des patients ont reçu des opiacés en peropératoire ou en SSPI (médiane 6 mg (IQR 4–9) d'équivalent morphinique oraux). En combinant les données peropératoires et celles de SSPI, 67 % et 49 % des patients ont reçu au moins 2 ou 3 antalgiques non opiacés ; respectivement, 32 % des patients n'ayant pas reçu d'opiacés rachidiens ou périduraux ont reçu de la morphine en post-opératoire. La dose médiane totale de morphine reçue était de 10 mg (IQR 6–30) de la période peropératoire jusqu'à la sortie.Malgré des limites méthodologiques, nos résultats ont montré que l'analgésie multimodale est largement utilisée et efficace puisque les patients présentent moins de douleurs en consommant moins d'opiacés. Ces résultats montrent une nette amélioration des pratiques par rapport à l'audit français de 2008.The French Society of Anaesthesia and Intensive Care designed an online tool, AlgoSFAR, allowing anaesthesiologists to achieve an audit of their practice concerning postoperative pain. By analysing data collected from multiple centres, this study aimed to assess postoperative pain management in France and further suggest possible improvements.In this multicentre observational trial, pre-, intra- and postoperative data collected during 2 years were analysed. The main outcome was postoperative pain. Secondary outcomes were: postoperative morphine consumption, evaluation of practices regarding multimodal analgesia.Three thousand three hundred and fifteen patients from 70 centres were included. While 81% of the patients did not experience pain in PACU, only 6% had severe pain. Morphine requirements were low: only 23% received opioids either intraoperatively or in PACU (median 6 mg (IQR 4–9) of oral morphine equivalents). Combining intraoperative and PACU data, 67% and 49% of the patients received at least 2 or 3 non-opioid analgesics respectively. Thirty-two per cent of the patients who did not receive spinal or epidural opioids received morphine. The median total dose of morphine was 10 mg (IQR 6–30) from intraoperative period until discharge.Despite methodological limitations, our results showed that multimodal analgesia is widely used and efficient since patient experienced less pain consuming less opioids. These results highlight a great improvement in practices compared to the French national survey of 2008.
La prise en charge de qualité d'un patient suivi en oncologie pédiatrique dépasse largement le cadre des traitements anti-tumoraux et englobe un certain nombre de thématiques en lien avec les soins de support. Certains, communs aux soins de support proposés en oncologie adulte, comme la prise en charge de la douleur et le support nutritionnel présentent cependant des particularités pédiatriques. D'autres sont plus spécifiques à l'enfant comme la scolarité et l'information au jeune patient et exigent un cadre précis et des outils adaptés. Le jeune âge des patients et l'amélioration des taux de survie en oncologie pédiatrique conduisent également à interroger la temporalité des soins de support en ayant une réflexion sur leur accès au-delà de la phase active de la maladie. La synthèse présentée explore ces différents sujets : l'information et la communication au patient et à ses parents, l'évaluation et la gestion de la douleur, le soutien nutritionnel mais aussi la scolarisation et le suivi à long terme et le dépistage des séquelles induites par la maladie et ses traitements.Organization of health care of a patient followed in pediatric oncology is not limited to cancer treatment. It includes a whole range of supportive care. Some are common to the supportive care offered in adult oncology, such as pain management and nutritional support. However, there are pediatric specificities. Others are more peculiar to children, such as education and information for young patients, and require a specific framework and innovative tools. The young age of patients and the improvement in survival rates in pediatric oncology also lead to questioning the temporality of supportive care by considering access to supportive care beyond the active phase of the disease. This review explains some of these different specificities: information and communication to the patient and his parents, assessment and management of pain, nutritional support but also schooling, long-term follow-up and screening sequelae induced by the disease and its treatments.