Background. There have been reports of malignant melanoma arising within tattoos. However, there is no clear relationship between tattoos and the development of cutaneous malignancies. We report two new cases of melanoma and provide a review of cases of melanoma reported in the medical literature. Patients and methods. Case No. 1: a 61-year-old patient consulted following the appearance one year ago of a nodular lesion measuring 4.5,K 3 cm on a blue and red tattoo on his back. Complete excision of the lesion with histological analysis revealed an ulcerated nodular melanoma with a Breslow depth of 7 mm. No secondary sites were found. Case No. 2: a 39-year-old patient with a blue tattoo on his left arm consulted following the appearance of a pigmented lesion a few months earlier. Surgical excision was immediately performed, confirming the diagnosis of SSM, with a Breslow depth of 0.9 mm. There was no sign of relapse 9 years later. Discusson. In our systematic review we noted 34 cases of melanoma occurring in tattoos. There was a high male prevalence (90.3%) and a relatively young mean age (45.9 years). Most tattoos were monochrome (71.0%). The average time between tattooing and onset of melanoma was 13.2 years. The most common sites of melanoma were the upper limbs (53.1%) and trunk (34.4%). Mean tumor size was 11.6 mm. Histologic examination revealed 2 cases of melanoma in situ, and in 13 cases, the Breslow depth was 1 mm or less. In 5 cases, macroscopic or microscopic lymph node metastasis (sentinel lymph node) was found at diagnosis, and in one case, in transit skin metastases were also observed at the time of diagnosis. We discuss the hypothetical pathogenic role of tattoos in melanoma. (C) 2019 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
Abstract We read with interest the publications in the JEADV which reported dermatological manifestations associated with COVID‐19, such as pityriasis rosea, urticaria, rash, vascular signs, or chilblain‐like lesions. Herein, we report two life‐threatening cases of children presenting with fever and eruptions with mucous membrane involvement – erythema multiforme and Kawasaki disease – associated with COVID‐19.
Quelques cas de mélanomes sur tatouages ont été rapportés. Le rôle du tatouage dans le développement de tumeurs cutanées malignes est cependant très discuté. Nous rapportons deux nouvelles observations de mélanomes se développant sur des tatouages et complétons l’analyse d’une revue systématique de la littérature. La revue systématique a été réalisée sur Medline avec l’interface PubMed avec les termes « Melanoma » [All Fields] AND « Tattoo » [All Fields]. Des recherches complémentaires ont été réalisées à partir des références bibliographiques. Cas 1. Un patient de 61 ans, de phototype IV, consultait pour une lésion nodulaire pigmentée de 4,5 × 3,0 cm, (Fig. 1) développée sur un tatouage noir et rouge du dos apparue depuis un an. L’examen histologique de la lésion objectivait un mélanome nodulaire ulcéré, indice de Breslow à 7 mm. Le bilan d’extension ne montrait pas de localisations secondaires. Cas 2. Un patient de 39 ans, de phototype II, portant un tatouage noir du bras consultait pour une lésion pigmentée (Fig. 2) suspecte, de petite taille évoluant depuis plusieurs mois. L’exérèse confirmait le diagnostic de mélanome de type SSM, développé sur nævus préexistant, indice de Breslow 0,9 mm. Une reprise à 1 cm était réalisée, et avec un recul de 9 ans il n’était pas noté de récidive. La revue systématique trouvait 34 cas de mélanomes survenus sur tatouage. Il existait une prévalence masculine (90,3 %) et un âge moyen jeune (45,9 ans). Il s’agissait majoritairement de tatouages monochromes noir/bleu foncé (71,0 %). Le délai moyen entre la réalisation du tatouage et l’apparition du mélanome était de 13,2 ans. La localisation la plus fréquente du mélanome était le membre supérieur (53,1 %) suivi du tronc (34,4 %). À l’examen anatomopathologique, il s’agissait dans 2 cas de mélanomes in situ, dans 13, l’indice de Breslow était inférieur ou égal à 1 mm. Dans 5 observations, une métastase ganglionnaire était trouvée au moment du diagnostic, et dans une de ces observations étaient aussi observées des métastases cutanées en transit au diagnostic. Plusieurs arguments font suspecter le rôle du tatouage dans la mélanogenèse : – épidémiologie : population différente dans cette étude (hommes jeunes), de celle souffrant de mélanome habituellement ; – physiopathologie : utilisation de carcinogènes dans les encres de tatouage tels que anisidine, nitro-o- et chloro-o-toluidine, 3,3 dichlorobenzidine, hydrocarbures polycycliques ou phtalates ; – la localisation des tatouages sur des zones photo-exposées pourrait faire intervenir le tatouage comme cocarcinogène. Dans le doute, même si cette association semble rare, une vigilance accrue parait nécessaire pour assurer un diagnostic et une prise en charge précoces de ces mélanomes sur tatouage. Éduquer les tatoueurs sur le risque potentiel de survenue de cancer cutané semble aussi être un bon moyen de surveillance.
BACKGROUND:There have been reports of malignant melanoma arising within tattoos. However, there is no clear relationship between tattoos and the development of cutaneous malignancies. We report two new cases of melanoma and provide a review of cases of melanoma reported in the medical literature. PATIENTS AND METHODS:Case No. 1: a 61-year-old patient consulted following the appearance one year ago of a nodular lesion measuring 4.5×3cm on a blue and red tattoo on his back. Complete excision of the lesion with histological analysis revealed an ulcerated nodular melanoma with a Breslow depth of 7mm. No secondary sites were found. Case No. 2: a 39-year-old patient with a blue tattoo on his left arm consulted following the appearance of a pigmented lesion a few months earlier. Surgical excision was immediately performed, confirming the diagnosis of SSM, with a Breslow depth of 0.9mm. There was no sign of relapse 9 years later. DISCUSSION:In our systematic review we noted 34 cases of melanoma occurring in tattoos. There was a high male prevalence (90.3%) and a relatively young mean age (45.9 years). Most tattoos were monochrome (71.0%). The average time between tattooing and onset of melanoma was 13.2 years. The most common sites of melanoma were the upper limbs (53.1%) and trunk (34.4%). Mean tumor size was 11.6mm. Histologic examination revealed 2 cases of melanoma in situ, and in 13 cases, the Breslow depth was 1mm or less. In 5 cases, macroscopic or microscopic lymph node metastasis (sentinel lymph node) was found at diagnosis, and in one case, in transit skin metastases were also observed at the time of diagnosis. We discuss the hypothetical pathogenic role of tattoos in melanoma.
Pyoderma Grangrenosum (PG) is a rare neutrophilic dermatosis with challenging diagnosis and unclear underlying mechanisms. Multifactorial causes are purposed, including neutrophilic dysfunction, aberrant cellular immunity and cytokinic activities, and genetic predispositions1 . An association with a systemic disease is classically described in 25 to 75% of cases, including inflammatory bowel diseases (IBD), inflammatory rheumatological diseases (IRD) and hematological disorders. Association of PG with cardiovascular disorders have also been proposed 2,3 . Due to its rarity, the literature on PG-associated comorbidities remains limited to date. This article is protected by copyright. All rights reserved.
La télédermatologie est en plein essor. La pénurie de dermatologues rend difficile l’accès de certaines structures hospitalières à des avis dermatologiques. Nous présentons notre expérience unissant un centre expert, le service de dermatologie du centre hospitalier Victor-Dupouy d’Argenteuil, à toutes les structures médicales rattachées au centre hospitalier André-Mignot (CHV) de Versailles : 2 unités sanitaires de centres pénitentiaires (UCSA), les services traditionnels et les urgences. La télédermatologie, sous la forme de télé-expertises, a été déployée aux UCSA du CHV en novembre 2013. Cette expertise s’est ensuite étendue en juin 2014 au service de médecine interne et du CHV, et en décembre 2014 à l’ensemble des services du CHV y compris les urgences. Les règles de télédermatologie et éthiques ont été respectées. Si tous dossiers pouvaient être déposés par les UCSA, seuls les dossiers urgents ou difficiles pouvaient être déposés par les autres services du CHV. En 26 mois, 347 requêtes ont été déposées, 231 par les centres pénitentiaires et 116 par le CHV. Aucun refus de patient d’utiliser la télé-expertise n’a été exprimé. La qualité des informations et photographies était considérée comme bonne ou excellente dans plus de 95 % des cas. La réponse était donnée dans les 3 heures dans plus de 50 % des cas et dans tous les cas dans les 24 heures (jours ouvrables). L’analyse des pathologies diagnostiquées illustre la grande diversité des pathologies rencontrées en dermatologie, avec des spécificités propres aux différentes structures. L’exemple détaillé ici illustre la possibilité de développer une telle plate-forme inter-hospitalière. Elle ne répond pas encore aux demandes adressées aux dermatologues par des patients ou par d’autres dermatologues. Son acceptabilité a été considérée comme excellente par les patients (aucun refus), par les demandeurs et par le centre expert. Teledermatology is currently booming. Due to the shortage of dermatologists in hospitals access to dermatological consultations is very limited in some hospitals. We present our experience of collaboration between an expert center, the dermatology department of the Victor-Dupouy Hospital Centre in Argenteuil, and all medical structures under the André-Mignot Hospital in Versailles (CHV), including 2 prison medical centers (UCSA), traditional departments and emergency department. Teledermatology, developed in the form of tele-expertise, began at the UCSA in November 2013. This expertise was then extended in June 2014 to the Internal Medicine department of CHV, and in December 2014 to all departments, including the emergency department. The rules and ethics of teledermatology were strictly adhered to. While UCSA could file all expertise dossiers, only urgent or difficult cases could be filed by other CHV departments. In 26 months, 347 expertise requests were filed: 231 by prisons and 116 by the other departments of the CHV. No patients refused teledermatology. The quality of information and photographs was considered good or excellent in over 95% of cases. A response was given within 3 hours in more than 50% of cases and in all cases within 24 hours (on working days). Analysis of diseases diagnosed illustrates the wide variety of conditions encountered in dermatology, with different structures having their own specific features. Our example illustrates the possibility of developing such an inter-hospital platform. However, it does not yet cater for requests made by patients to dermatologists, by dermatologists to dermatologists, or by dermatologists to the hospital teledermatology department. Acceptability was considered excellent by patients (with no refusals), physicians at the CHV, and the expert center.
Background.- Teledermatology is currently booming. Due to the shortage of dermatologists in hospitals access to dermatological consultations is very limited in some hospitals. We present our experience of collaboration between an expert center, the dermatology department of the Victor-Dupouy Hospital Centre in Argenteuil, and all medical structures under the Andre-Mignot Hospital in Versailles (CHV), including 2 prison medical centers (UCSA), traditional departments and emergency department. Patients and methods.- Teledermatology, developed in the form of tele-expertise, began at the UCSA in November 2013. This expertise was then extended in June 2014 to the Internal Medicine department of CHV, and in December 2014 to all departments, including the emergency department. The rules and ethics of teledermatology were strictly adhered to. While UCSA could file all expertise dossiers, only urgent or difficult cases could be filed by other CHV departments. Results.- In 26 months, 347 expertise requests were filed: 231 by prisons and 116 by the other departments of the CHV. No patients refused teledermatology. The quality of information and photographs was considered good or excellent in over 95% of cases. A response was given within 3hours in more than 50% of cases and in all cases within 24hours (on working days). Analysis of diseases diagnosed illustrates the wide variety of conditions encountered in dermatology, with different structures having their own specific features. Conclusion.- Our example illustrates the possibility of developing such an inter-hospital platform. However, it does not yet cater for requests made by patients to dermatologists, by dermatologists to dermatologists, or by dermatologists to the hospital teledermatology department. Acceptability was considered excellent by patients (with no refusals), physicians at the CHV, and the expert center. (C) 2017 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
Le retour d’expérience du CH d’Argenteuil (CHA) – centre expert et du CH de Versailles (CHV) a permis d’objectiver la mise en place d’un modèle pérenne de télédermatologie. Cette expérience a abouti à la soumission d’une publication dans les annales de dermatologie. En novembre 2013, la télédermatologie a été déployée entre CHA et les unités sanitaires (US) des deux centres pénitentiaires dépendants du CHV. Après une évaluation médico-économique favorable (réalisée par l’URCECO), cette expertise s’est étendue en juin 2014 au service de médecine interne et en décembre à l’ensemble des services du CHV y compris les urgences. Si tous dossiers pouvaient être déposés par les UCSA, seuls les dossiers urgents ou difficiles pouvaient être déposés par les autres services du CHV. En 26 mois, 347 requêtes ont été déposées, 231 par les US et 116 par le CHV. Aucun refus de patient n’a été exprimé. La qualité des informations et photographies était considérée comme bonne ou excellente dans plus de 95 % des cas. La réponse était donnée dans les 3 h dans plus de 50 % des cas et dans tous les cas dans les 24 heures (jours ouvrables). L’analyse des pathologies diagnostiquées illustre la grande diversité des pathologies rencontrées en dermatologie, avec des spécificités propres aux différentes structures. L’expérience a mis en évidence les avantages certains de la télédermatologie : son acceptabilité par tous, son efficience, sa faisabilité et sa diffusion à moindre coûts. Le modèle a donc été pérennisé et est toujours fonctionnel actuellement.
Background. - Certain anticancer drugs are known to induce leg ulcers, mainly chemotherapy agents such as hydroxyurea. We report 2 cases of leg ulcers in cancer patients treated with the tyrosine kinase inhibitors, sunitinib and nilotinib, and we discuss the role of these treatments in the pathogenesis of leg ulcers.Patients and methods. - Case 1. A 62-year-old patient on sunitinib for intrahepatic cholangiocarcinoma developed a lesion on her right foot. The vascular evaluation was negative. After progressive worsening, sunitinib was stopped and healing was observed within a few months. Case 2. A 83-year-old patient had been treated for chronic myeloid leukemia since 2005. Nilotinib was introduced in 2009. Peripheral arterial revascularization was required in May 2013. A few months later, worsening was noted with the onset of ulceration and necrosis of the third toe. Further revascularisation surgery was performed, and nilotinib was suspended and antiplatelets introduced. Healing occurred a few months later.Discussion. - Many skin reactions have been described in patients on nilotinib and sunitinib, but few publications report the development of de novo ulcers in patients without risk factors. The pathophysiology of the development of ulcers in patients receiving tyrosine kinase inhibitors is not clear, and probably involves several mechanisms of action. The increasing use of this type of treatment could lead to an upsurge in the incidence of vascular complications.Conclusion. - We report two cases of leg ulcers developing in patients on tyrosine kinase inhibitors and raise the question of causal implication of these treatments in the pathogenesis of ulcers. (C) 2016 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
Le Pyoderma gangrenosum (PG) est une dermatose neutrophilique rare dont la physiopathologie reste discutée. L'objectif de cette étude était de rapporter les comorbidités et les pathologies associées au PG, selon les caractéristiques démographiques des patients. Il s'agissait d'une étude multicentrique rétrospective portant sur des PG diagnostiqués entre 2000 et 2015, sur 2 critères majeurs (aspect clinique, exclusion des diagnostics différentiels) et au moins 2 critères mineurs (histologie, pathologies associées, corticosensibilité, pathergie, douleur). On étudiait les caractéristiques démographiques, les comorbidités cardiovasculaires et métaboliques et les autres pathologies associées aux PG. Au total, 126 cas provenant de 9 hôpitaux français étaient inclus, dont les caractéristiques démographiques et les comorbidités sont répertoriées dans le Tableau 1. Le PG était associé à une ou plusieurs pathologies dans 64 % des cas et isolé dans 36 % des cas, sans différence significative d'âge. Les maladies inflammatoires intestinales (MICI) et les hémopathies (principalement leucémies et myélodysplasies) prédominaient nettement (Tableau 2). On trouvait par ailleurs 5 cas d'acné sévère et/ou hidradénite dont un syndrome PASH confirmé génétiquement, 4 cas de maladies auto-immunes, et 5 cas de psoriasis. L'OR pour le sexe féminin était significativement de 4,3 dans le groupe MICI (p = 0,02), 0,26 dans le groupe hémopathies (p = 0,015). La différence d'âge était significative par rapport au reste de l'échantillon dans les groupes MICI (54 vs. 70 ans, p < 10−3), hémopathies (80 vs. 62 ans, p < 10−3) et néoplasies (81 vs. 65 ans, p < 0,05). Notre étude est la plus large cohorte française de PG. La nette prédominance féminine et l'âge moyen de 66 ans concordent avec les publications. La littérature rapporte 45 à 75 % de pathologies associées au PG, avec en moyenne 20–65 % de MICI, 7–30 % de rhumatismes inflammatoires, 3–25 % d'hémopathies, 7–25 % de néoplasies et 25–30 % de diabète de type 2. Dans notre étude, les MICI sont statistiquement associées à des femmes jeunes, les hémopathies à des hommes âgés, et les néoplasies à des sujets âgés sans différence significative de sexe. On retrouve le concept de nouveaux syndromes auto-inflammatoires type syndrome PASH associant PG, acné et hidradénite. En revanche, on ne trouve pas d'association de ces dermatoses avec le psoriasis, dont la fréquence dans l'étude ne semble pas supérieure à la fréquence du psoriasis de la population générale. La recherche de pathologies associées au PG doit être systématique et s'orienter préférentiellement vers une pathologie digestive chez le sujet jeune, à fortiori de sexe féminin, et vers une hémopathie chez le sujet âgé, a fortiori de sexe masculin. Notre étude pourrait ouvrir sur une étude multicentrique prospective sur l'évolution du PG selon les pathologies associées.
Certain anticancer drugs are known to induce leg ulcers, mainly chemotherapy agents such as hydroxyurea. We report 2 cases of leg ulcers in cancer patients treated with the tyrosine kinase inhibitors, sunitinib and nilotinib, and we discuss the role of these treatments in the pathogenesis of leg ulcers.Case 1. A 62-year-old patient on sunitinib for intrahepatic cholangiocarcinoma developed a lesion on her right foot. The vascular evaluation was negative. After progressive worsening, sunitinib was stopped and healing was observed within a few months. Case 2. A 83-year-old patient had been treated for chronic myeloid leukemia since 2005. Nilotinib was introduced in 2009. Peripheral arterial revascularization was required in May 2013. A few months later, worsening was noted with the onset of ulceration and necrosis of the third toe. Further revascularisation surgery was performed, and nilotinib was suspended and antiplatelets introduced. Healing occurred a few months later.Many skin reactions have been described in patients on nilotinib and sunitinib, but few publications report the development of de novo ulcers in patients without risk factors. The pathophysiology of the development of ulcers in patients receiving tyrosine kinase inhibitors is not clear, and probably involves several mechanisms of action. The increasing use of this type of treatment could lead to an upsurge in the incidence of vascular complications.We report two cases of leg ulcers developing in patients on tyrosine kinase inhibitors and raise the question of causal implication of these treatments in the pathogenesis of ulcers.
Les cancers peuvent se présenter d’emblée sous forme de plaies des membres inférieurs (MI) et avoir un aspect trompeur faisant suspecter un ulcère vasculaire. L’objectif de cette étude était d’évaluer la fréquence et les caractéristiques de ces plaies néoplasiques des MI adressées comme des « ulcères des membres inférieurs » sans que soit suspecté le diagnostic de cancer. Une étude rétrospective a été menée du 1er janvier 2011 au 28 février 2015 portant sur l’ensemble des patients hospitalisés codés tumeur maligne de la peau du MI (C43.7, C44.7, C49.7). Seuls les patients qui étaient adressés avec le diagnostic de d’ulcère vasculaire étaient inclus. La suspicion de néoplasie par le médecin adressant le patient et la transformation maligne d’un ulcère vasculaire déjà suivi étaient des critères d’exclusion. Des données épidémiologiques, cliniques, paracliniques et thérapeutiques étaient colligées. Sur 48 patients avec des lésions néoplasiques des MI, 14 avaient été adressés sans suspicion diagnostique. L’âge moyen était de 87,7 ans (78–93 ans), le sex-ratio de 4 hommes pour10 femmes. La durée moyenne d’évolution était de 3 ans (0,5–10 ans). Les médecins qui adressaient les patients étaient principalement des médecins généralistes (n = 9). Huit patients présentaient des troubles cognitifs. Des troubles vasculaires des MI étaient trouvés chez 7 patients. La taille moyenne des lésions était de 29,3 cm2 (1,5–144 cm2). Elles étaient localisées à la jambe dans 11 cas, aux pieds dans 2 cas, à la cuisse dans 1 cas. Les plaies étaient bourgeonnantes (n = 12), hémorragiques (n = 4), et indolores (n = 11). Il s’agissait de carcinomes basocellulaires (n = 6), de carcinomes épidermoïdes (n = 5), de mélanomes (n = 2) et d’un sarcome myéloïde (n = 1). Deux patients ont présenté des métastases à distance et 1 patient une extension locale. Onze patients ont pu être traités par chirurgie, 1 par radiothérapie et 1 par chimiothérapie. Deux patients sont décédés des conséquences de leur cancer. La fréquence des tumeurs primitives malignes des MI « mimant » une plaie banale n’est pas négligeable dans un service prenant en charge les plaies chroniques. Le terrain est trompeur car il s’agit en majorité de femmes âgées, ayant une localisation à la jambe et pouvant présenter des troubles vasculaires sous-jacents. Les caractères bourgeonnant et indolore des plaies semblent plus importants que le critère hémorragique pour orienter vers une étiologie cancéreuse. Les carcinomes sont les principaux cancers simulant une plaie banale. Le retard diagnostique n’est pas sans conséquence avec 2 décès et des chirurgies souvent larges en raison de la taille des plaies. Le retard au diagnostic de tumeurs primitives malignes des MI mimant un ulcère de jambe est important, incitant à accentuer la formation sur l’étiologie des plaies auprès des médecins et infirmières.
Background. - Tuberculosis is the most common mycobacterial disease in the world. The cutaneous form is rare in low endemic countries. The occurrence of several cutaneous tuberculosis cases in our dermatology department during 2011-2012 led us to investigate whether there was a resurgence of cutaneous tuberculosis in France. The aim was to analyse changes in cutaneous tuberculosis and the related clinical, microbiological and therapeutic data.Patients and methods. - We conducted a retrospective study in our hospital between 2005 and 2012 by querying the PMSI database (code: A 18.4). Epidemiological, clinical, paraclinical and therapeutic data were collected. Erythema induratum was regarded as a variety of cutaneous tuberculosis.Results. - Thirteen patients presented cutaneous tuberculosis between 2005 and 2012. The most frequent clinical forms were erythema induratum of Bazin (n = 6) and scrofuloderma (n = 3). Microbiological evidence was provided in only 4 cases.Discussion. - Diagnosis is difficult due to the varied clinical forms and to the relatively high frequency of paucibacillary forms. Further, the set of additional examinations is non-specific. In some cases, it is only therapeutic tests that allow diagnosis to be made. The place of new diagnostic tools must be clarified and a universally acceptable definition of erythema induratum devised. (C) 2015 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
L’hyperpigmentation cutanée secondaire à un traitement par hydroxychloroquine n’est pas une complication rare. Nous rapportons un cas d’hyperpigmentation induite sévère résolutive sous traitement par laser fractionnel non ablatif. Une patiente de 59 ans était vue en consultation en 2010 pour une hyperpigmentation sévère ardoisée et diffuse du visage apparue depuis 6 mois. Elle était traitée par hydroxychloroquine depuis 2003 pour un lupus érythémateux systémique, à la posologie de 400 mg puis 200 mg par jour. Un traitement immunosuppresseur par mycophénolate mofétil et une corticothérapie générale étaient associés entre 2005 et 2009 pour une glomérulonéphrite extramembraneuse stade 4. Après rémission clinique, l’hydroxychloroquine était abaissée à 1 comprimé par jour puis arrêtée en 2012 sans aucune amélioration de l’hyperpigmentation. Un traitement par laser Erbium fractionnel non ablatif type Fraxel (+ longueur d’onde Thulium) était proposé en 2013 pour traiter le pigment dermique. Après 5 séances de laser, on observait une régression majeure de l’hyperpigmentation assortie d’un teint hâlé. L’hyperpigmentation cutanée induite par l’hydroxychloroquine apparaît après plusieurs mois ou années de traitement mais ne semble pas liée à la durée du traitement ni à la dose cumulée. Dans notre observation, l’hyperpigmentation était survenue après 9 ans de traitement. La physiopathologie de cette hyperpigmentation est mal connue, probablement par thésaurismose. Dans la majorité des cas cette hyperpigmentation est réversible avec l’arrêt du traitement et le maintien des mesures de photoprotection, ce qui n’a pas été observé chez notre patiente. Les lasers fractionnels non ablatifs, indiqués dans le photovieillissement permettent un traitement non invasif sous anesthésie locale avec très bonne tolérance clinique sans éviction sociale. L’hyperpigmentation cutanée induite par hydroxychloroquine n’est pas une complication rare mais reste le plus souvent réversible à l’arrêt du traitement. Un traitement par laser fractionnel non ablatif type Fraxel semble une option thérapeutique intéressante avec très bonne tolérance clinique pour la prise en charge des formes résistantes malgré l’arrêt du traitement. Ce traitement par laser reste cependant coûteux.
Tuberculosis is the most common mycobacterial disease in the world. The cutaneous form is rare in low endemic countries. The occurrence of several cutaneous tuberculosis cases in our dermatology department during 2011-2012 led us to investigate whether there was a resurgence of cutaneous tuberculosis in France. The aim was to analyse changes in cutaneous tuberculosis and the related clinical, microbiological and therapeutic data.We conducted a retrospective study in our hospital between 2005 and 2012 by querying the PMSI database (code: A 18.4). Epidemiological, clinical, paraclinical and therapeutic data were collected. Erythema induratum was regarded as a variety of cutaneous tuberculosis.Thirteen patients presented cutaneous tuberculosis between 2005 and 2012. The most frequent clinical forms were erythema induratum of Bazin (n=6) and scrofuloderma (n=3). Microbiological evidence was provided in only 4 cases.Diagnosis is difficult due to the varied clinical forms and to the relatively high frequency of paucibacillary forms. Further, the set of additional examinations is non-specific. In some cases, it is only therapeutic tests that allow diagnosis to be made. The place of new diagnostic tools must be clarified and a universally acceptable definition of erythema induratum devised.
INTRODUCTION:The etiologic treatment of venous ulcers is based on compression therapy in compliance with the new guidelines promulgated by the French National Authority for Health (HAS) in 2010. Prescriptions often originate from a request by the nurse delivering care in the patient's home. A recent French study demonstrated the positive impact of compression therapy on venous ulcer healing. The objective of this study was to evaluate medical practices in order to target corrective actions.MATERIALS AND METHODS:We conducted a single-center prospective observational study, using a standardized questionnaire from January to May 2014. Patients with venous ulcers who had an indication for compression therapy were included consecutively. The questionnaire collected demographic and clinical data and also recorded the results of complementary tests and the characteristics of the compression therapy.RESULTS:One hundred patients were included (61 women and 39 men). The average age was 76 years. Patients were recruited during consultations (n = 69), with a majority of patients living at home (n = 80) and receiving home care delivered by a nurse (n = 81). Thirteen patients were seen for the first time and 87 patients were receiving long-term care. The ulcers evolved for 5.7 years on average. Patients presented peri-lesional edema (n = 58), ankle ankylosis (n = 49), autonomous mobilization (n = 40) and walking problems (n = 60). Physical therapy was prescribed for 39 patients and was effectively carried out for 24. The two main causes were venous varices (n = 66) and post-phlebitis disease (n = 18). Compression therapy was prescribed for 97 patients and the products delivered by the pharmacy were consistent with the prescription for 74 patients. Compliance with compression therapy was faulty for 28 patients because of poor tolerance, misunderstanding, manipulation problems, or inappropriate footwear. At assessment, 66 patients were wearing the bands, but not always correctly (starting at the base of the toes [n = 61], heel included [n = 43], proper stretching [n = 43] up to below the knee [n = 57]). Proper footwear was noted in 70 patients.CONCLUSION:Data are scarce on compliance with compression banding. This study shows that further efforts are needed to ensure proper patient education and professional training for physicians and allied profession concerning the installation of compression therapy. Total compliance was observed in only 35% of patients. In addition, the products delivered by the pharmacy were not consistent with the prescription in 26% of cases. Many discrepancies were observed between what was prescribed and what the patients achieved. Patient adherence is a crucial issue for compression therapy.
Dans la pratique hospitalière, la dermatologie occupe une place prépondérante nécessitant souvent de recourir à un avis spécialisé. Le centre hospitalier (CH) de Versailles ne disposant plus de dermatologue sur place, le service de médecine interne a proposé sur la base de la plateforme télémédecine WebDCR (permettant déjà de réaliser des consultations entre le service de dermatologie d'Argenteuil et les unités pénitentiaires d'Île-de-France) d'évaluer ce dispositif, avant diffusion à tous les services de l'hôpital. Cette expérience reliait un centre demandeur, le CH Versailles, à un centre expert, le CH Argenteuil. Ce travail rapporte les résultats de cette expérience : apport médical, efficacité de la procédure et modèle financier. De septembre à octobre 2014, la solution informatique a été déployée dans le service de médecine interne, puis proposée à tous les services de l'hôpital. L'envoi de la demande était faite selon une procédure codifiée permettant d'optimiser la qualité des renseignements cliniques fournis. Chaque demande était évaluée sur le plan de l'information et de l'iconographie par le centre expert et rendu sous la forme de 2 scores. L'état d'avancement de chaque demande d'avis était visualisable en temps réel. Le financement retenu pour le centre expert était d'une vacation hebdomadaire. Sur 7 mois, 73 avis étaient sollicités. Dans 100 % des cas une réponse était obtenue sous 24 h. Un diagnostic était porté dans 47 % des cas, une hypothèse diagnostique dans 53 %. La réalisation d'examens complémentaires était nécessaire dans 72 % des cas. L'avis donnait lieu dans 11 % des cas à une consultation en dermatologie. Dans 11 % des cas, les patients ont été transférés pour prise en charge. La qualité des données recueillies était jugée excellente dans 57 % des cas, bonne dans 32 % et moyenne dans 11 % pour l'iconographie, excellente dans 53 %, bonne 45 % et moyenne dans 2 % des cas pour l'information médicale. Devant le bon déroulement du déploiement du système, il a été étendu à l'ensemble des services de l'hôpital y compris au service des urgences, le délai de réponse pouvant y être réduit à une heure, répondant ainsi non seulement à la problématique de l'urgence dermatologique mais aussi à la nécessité d'une prise en charge rapide des patients. Il existe des pistes d'amélioration notamment en automatisant l'envoi systématique des comptes rendu d'anatomopathologie dès leur mise à disposition afin de permettre finaliser leurs avis sans risquer de voir sortir des patients du dispositif. Cette première expérimentation de télédermatologie reliant totalement 2 hôpitaux semble montrer son réel intérêt en termes de service rendu au clinicien. Il est toutefois nécessaire de disposer d'une plus grande expérience pour confirmer l'apport de ce nouvel outil, et afin de pouvoir réévaluer dans le temps, la pérennité et la pertinence économique de ce dispositif.
BACKGROUND:Radiation-induced subcutaneous calcinosis is a rare and special form of potentially severe subcutaneous calcinosis of late onset. Herein, we report three cases of this disease, occurring in each instance more than 10 years after use of radiotherapy as an adjuvant treatment in breast cancer.PATIENTS AND METHODS:Our report concerns 3 women aged 69-88 years consulting for pre-sternal ulcers (n=2) and/or subcutaneous nodules (n=2). These lesions developed on areas irradiated between 10 and 38 years earlier for breast cancer. In all three cases, radiological explorations showed extensive subcutaneous calcification. In one case, calcification extended into the mediastinum. In each patient, a diagnosis of radiation-induced subcutaneous calcinosis was made and symptomatic treatment was given.DISCUSSION:Radiation-induced subcutaneous calcinosis is an irreversible and rare complication of high-dose radiation that usually occurs several years after radiotherapy. Its severity is related to potential ulcerations, pain and a risk for in-depth extension up to the mediastina. This complication remains unclear and treatment has not been codified. The only option seems to be "heavy" plastic surgery.
Background. - Acute ischemia of the upper limbs is rare in comparison with ischemia of the lower limbs. The origins of this condition are varied.Goals. - We retrospectively analyzed cases of acute finger ischemia (Raynaud's phenomena was excluded) in a dermatology department between 2008 and 2013 in order to evaluate the etiology and management of this phenomenon.Results. - Thirteen cases of finger ischemia were reported. The mean age was 54 years. Active smoking was noted in 11 cases. Ischemia was acute in 9 cases and subacute in 4 cases. The location was unilateral in 10 cases and bilateral in 2. Etiologies were: dysplasia of the palmar arch, antiphospholipid antibody syndrome, frostbite, distal arteritis linked to smoking, paraneoplastic arteritis, Buerger's disease, polyarteritis nodosa, stenosis of the subclavian artery, and 3 cases of embolic origin (ulnar, cardiac, and paraneoplastic aneurysm). In the acute phase, antiplate-lets were given in 6 cases, anticoagulants in 10 cases and ilomedin in 6 cases. Sympathectomy was performed in 1 case and amputation in 2 cases.Discussion. - This study illustrates the diversity of etiologies of finger ischemia. The etiological test battery should be broad and include immunological and thrombophilia tests, arterial and cardiac investigations, cervical radiography and CT scan (screening for cancer). Close collaboration between dermatologists, hematologists, vascular surgeons and radiologists is essential for the management of these patients. (c) 2015 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.