Introduction Les patients de 65ans et plus représenteraient 10 % des patients atteints de DA, dont l’origine serait liée à une perte de fonction barrière cutanée et à une immunosénescence (effet pro-inflammatoire et orientation Th2). Le concept de DA du sujet âgé étant récent, il existe un manque de données concernant ses particularités notamment par rapport à la DA de l’adulte jeune. L’objectif de l’étude est de décrire les caractéristiques cliniques, thérapeutiques et le fardeau de la DA après 65ans en comparaison aux adultes jeunes<30ans. Matériel et méthodes Il s’agit d’une étude observationnelle prospective multicentrique réalisée à partir de la cohorte prospective française des maladies inflammatoires chroniques cutanées (OMCCI). Ont été inclus tous patients âgés≥18ans atteints de DA modérée à sévère relevant d’une introduction ou d’une modification de traitement systémique vus en consultation hospitalière ou libérale entre 12/2020 et 05/2023. Données recueillies : clinique (âge de début, localisations, EASI), fardeau (DLQI, impact global, thymique et sur le sommeil), thérapeutique (traitement des 6 derniers mois et prescrit à l’inclusion). Résultats La population comprenait 487 patients dont 12,5 % ≥65ans, chez qui l’âge de début était plus élevé par rapport aux<30ans (63,6 % de débuts tardifs vs 11,7 %).Il n’existait pas de différence de sévérité clinique d’après l’EASI moyen (17,8±10,3 vs 20,1±13,4).Les atteintes tête et cou (62,3 % vs 85,6 %), des extrémités (55,6 % vs 68,9 %) et généralisée (9,6 % vs 20,4 %) semblaient moins fréquentes chez les ≥65ans.Le fardeau de la maladie était moins lourd d’après le DLQI moyen (8,2±4,8 vs 12,3±6,7) bien que le prurit soit aussi sévèrement vécu (p=0,576). Les impacts généraux sur la vie courante, thymiques et sur le sommeil étaient vécus de manière équivalente.Les traitements systémiques concernaient 15 % des ≥65ans avant l’inclusion contre 85 % après et les plus prescrits étaient les biothérapies (en tête le dupilumab), les immunomodulateurs en 2e position (surtout le méthotrexate) puis les JAKi. Discussion Notre étude confirme la proportion non négligeable de patients âgés atteints de DA avec une majorité de débuts tardifs et une sévérité clinique similaire.Les atteintes tête et cou, des extrémités et généralisées étaient moins fréquentes.Le fardeau était moins lourd mais il a pu être sous-estimé, le DLQI contenant des items ne concernant pas les sujets âgés. Par ailleurs, le prurit, symptôme majeur de la DA, n’était pas moins sévèrement vécu.Près de 90 % n’étaient pas traités ou par topique seul avant l’inclusion, contre 10 % après, questionnant un traitement insuffisant. L’âge n’était pas un frein à la prescription de biothérapies dont l’efficacité et la tolérance semblent en pratique similaires aux patients plus jeunes. L’utilisation des autres systémiques était limitée, probablement par crainte d’effets indésirables plus fréquents et de restrictions d’utilisation publiées au moment de l’étude.Les forces de notre étude sont son caractère multicentrique et son recrutement mixte par des dermatologues (confiance diagnostique).Les limites sont un possible biais de mémorisation et l’absence de patients non sévères. Conclusion Les caractéristiques cliniques sont différentes chez les patients âgés atteints de DA.
Introduction Les données des essais cliniques et de vraie vie ont mis en évidence une augmentation de l’incidence de la survenue de conjonctivite pour les patients traités par dupilumab (DUPI) pour leur dermatite atopique (DA). Les objectifs de notre étude étaient (1) de décrire les caractéristiques des patients développant une conjonctivite nécessitant l’arrêt du DUPI et (2) d’analyser les facteurs associés à une amélioration complète de la conjonctivite après passage au tralokinumab ou aux inhibiteurs de Janus kinase (JAKi). Matériel et méthodes Étude de cohorte rétrospective multicentrique incluant tous les patients atteints de DA et traités par DUPI qui ont développé une conjonctivite nécessitant un passage au tralokinumab ou à un JAKi en pratique quotidienne. Les données concernant les patients, leur DA et la conjonctivite ont été analysées lors de la visite d’inclusion (correspondant à l’arrêt du DUPI et à l’instauration d’un nouveau traitement de la DA), lors de la visite 2 (3–6 mois après l’inclusion) et lors de la visite 3 (correspondant à la dernière visite médicale). Résultats Au total dans les 12 centres de l’étude, 1109 patients ont été traités par DUPI pour leur DA ; 83 ont développé une conjonctivite, décrite comme sévère pour 30 % d’entre eux, conduisant à l’arrêt du DUPI et les passage à un autre traitement ; 71 patients avaient au moins une visite de suivi et ont été analysés. Le délai moyen entre le début du traitement par DUPI et l’apparition de la conjonctivite était de 4,5 mois (±3,63). Deux patients ont eu des complications liées à la conjonctivite (kératite). Aucun des patients traités à nouveau par le DUPI n’a obtenu une amélioration complète de la conjonctivite. Seuls 12 % des patients passés au tralokinumab ont obtenu une amélioration complète à la visite 2 et 45 % à la visite 3. La plupart de ces patients ont dû poursuivre des traitements ophtalmologiques. Au total, 81 % des patients qui sont passés à un JAKi (abrocitinib, baricitinib ou upadacitinib) ont obtenu une amélioration complète à la visite 2 et 96 % à la visite 3 sans avoir besoin de poursuivre des traitements ophtalmologiques pour leur conjonctivite ; les seuls facteurs associés à une résolution complète de la conjonctivite à la visite 2 ou 3 étaient la durée courte de la conjonctivite (OR 8,98, 95 % CI 1,47–55), les antécédents personnels d’asthme (OR 10,66, 95 % CI1,82–62,63) et le passage du DUPI aux JAKi (OR 17,11, 95 % CI 2,94–99,66) (p=0,002). Discussion La littérature sur l’évolution des conjonctivites après l’arrêt du DUPI et le passage à d’autres traitements de la DA repose essentiellement sur des séries de cas. À notre connaissance, notre étude est la plus importante, à ce jour, en termes de nombre de patients étudiés et de durée de suivi. Avec 83 des 1109 (7,5 %) patients de notre cohorte traités par DUPI développant une conjonctivite, décrite comme sévère pour 30 % d’entre eux, et conduisant à l’arrêt du DUPI, nos chiffres sont beaucoup plus élevés que ceux rapportés dans les essais cliniques (<0,5 %). Aucun patient ayant repris son traitement par DUPI n’a eu de résolution complète de sa conjonctivite. Conclusion En cas de survenue d’une conjonctivite sous DUPI, notre étude semble suggérer qu’un changement vers une autre molécule, en particulier un JAKi, devrait être rapidement envisagé pour une résolution complète et rapide de ces problèmes oculaires.
Les conséquences physiques du psoriasis sont mesurées par le score PASI d’usage devenu banal chez les dermatologues pratiquant les traitements systémiques. Mais si ce score traduit l’apparence clinique, le ressenti du patient n’est pas évalué. Or, selon l’OMS la santé se définit par ses composantes physiques, mentales et sexuelles. Nous avons donc cherché à évaluer l’adéquation du ressenti des dermatologues et des malades lors du début ou d’une modification d’une biothérapie. L’Observatoire OMCCI (Observatoires des Maladies Chroniques Inflammatoires) est une étude de cohorte, observationnelle, prospective et multicentrique, en vie réelle française. De décembre 2020 à janvier 2023, 1244 patients atteints de psoriasis modéré à sévère ayant une indication de modification ou d’introduction d’un traitement systémique ont été inclus. La sévérité clinique du psoriasis a été évaluée selon le score PASI. L’impact physique et psychique sur la vie des patients a été évalué à l’aide des scores DLQI et SF12. Les caractéristiques démographiques ont été recueillies à l’aide de questionnaires standardisés remplis par le patient à l’inclusion. Les données ont ensuite été analysées à l’aide du test de Wilcoxon–Mann–Whitney et du Chi2. Le PASI moyen selon les tranches d’âge < 45 ans, 45–65 ans, 65–75 ans et > 75 ans était respectivement de 10, 9, 10 et 11 sans différence significative. Le PASI moyen des hommes était de 12,7 et de 11,3 chez les femmes (p = 0,004). Le DLQI moyen pour les mêmes tranches d’âge était mesurée de 11, 9, 8 et 6 (p < 0,001). Le DLQI moyen des hommes était de 9,6 et de 11,3 chez les femmes (p < 0,001). La proportion des DLQI entre 11 et 30 pour ces tranches d’âge était respectivement de 52,9 %, 45,5 %, 34,1 % et 18,4 % (p < 0,001). La valeur de la composante mentale de la SF12 pour ces tranches d’âge était respectivement de 38,5, 41,3, 41,9 et 44,4 (p < 0,001). La valeur de la composante mentale de la SF12 les hommes était de 42,03 et pour les femmes de 37,77 (p < 0,001). Le pourcentage de biothérapie pour les mêmes tranches d’âges était le même : 71,8 %, 69,2 %, 64,3 % et 82,1 (p = 0,129). Parmi la cohorte, 72,7 % des hommes et 66,9 % des femmes ont eu une biothérapie (p = 0,027). Ce sont les patients jeunes et les femmes qui ont le plus fort impact mental du psoriasis. Nous constatons cependant que les femmes sont un peu moins souvent traitées par biothérapies que les hommes. Les jeunes patients ne bénéficient pas plus souvent d’un traitement par biothérapie que les hommes. Le score PASI semble être l’élément prépondérant du choix des dermatologues de la cohorte de l’OMCCI au détriment du ressenti des patients jeunes et des femmes. La composante mentale de la maladie devrait être plus discutée quant à son impact sur nos choix thérapeutiques et plus particulièrement lors de la décision d’instauration d’une biothérapie. Nous soulignons l’importance du score DLQI mais aussi de la composante mentale du score SF 12 dans la prise de décision thérapeutique en pratique clinique.
Les dermatoses inflammatoires chroniques (DIC) peuvent grever de manière significative la qualité de vie des patients. Leurs traitements ont fait l’objet d’avancées majeures ces dernières années. Très peu de données à long terme sur la vision des patients vis-à-vis de leur DIC et de leurs traitements ont été rapportées. Un registre français, prospectif et multicentrique a été mis en place pour quantifier l’impact et l’évolution de la qualité de vie des patients suivis pour une des 4 DIC de stade modéré à sévère, les plus fréquentes et ayant le plus d’impact sur le quotidien, le psoriasis (PS), la maladie de Verneuil (MV), la dermatite atopique (DA) et l’urticaire chronique (UC), durant une période de suivi de quatre ans. Les patients adultes vus en pratique courante étaient inclus à l’initiation ou lors de la modification d’un traitement systémique ou biologique. Lors de la visite d’inclusion, puis tous les 6 mois pendant 4 ans, les résultats rapportés par les patients (PRO) et les données cliniques de ces maladies et de leurs traitements ont été recueillies. Au total, 2058 patients ont été inclus dans 24 centres : 1137 PS, 413 DA, 301 MV et 207 UC. Ces maladies avaient un impact majeur pour plus de 90 % des patients affectant la vie quotidienne, familiale et professionnelle. Selon le SF-12, l’impact des quatre maladies était à la limite du pathologique pour la santé physique et sévère pour la santé mentale. Au cours des 6 mois précédant l’inclusion, 17,7 % (PS), 27,9 % (DA), 43,1 % (MV) et 43,6 % (UC) des patients se sont absentés du travail en raison de leur maladie. 26,3 % des patients atteints de MV ont été hospitalisés (vs 8,1 %, 5,8 % et 13 % des patients atteints de PS, DA ou UC, respectivement). Près de la moitié des patients MV (majoritairement des femmes d’un âge médian de 32 ans) étaient toujours célibataires. Plus de 25,8 % des patients atteints de MV étaient au chômage et ceux qui avaient un emploi occupaient principalement des postes peu qualifiés. Malgré le poids important de ces 4 DIC, seuls 6,2 % des patients recevaient un traitement systémique conventionnel et 14,2 % un traitement biologique avant la visite d’inclusion. Après cette première visite, 87,4 % de ces patients recevaient un traitement systémique ou biologique. Les DIC affectent environ un adulte français sur dix. Les études qui quantifient le fardeau des DIC sont principalement des évaluations ponctuelles qui n’évaluent pas l’impact dynamique des DIC qui peut s’accumuler avec le temps ou changer en termes de dimensions affectées (physique, psychologique, socioprofessionnelles, sentiments des patients à l’égard de leur maladie, de leurs traitements…). Malgré la révolution thérapeutique dans ces domaines, nous constatons encore dans la pratique quotidienne l’impact majeur de ces DIC sur la qualité de vie de ces patients et de leur famille. Le poids de ces DIC au niveau individuel et sociétal tend à être sous-estimé, y compris parfois par les dermatologues. Ces DIC (en particulier la MV) ont un impact majeur sur tous les aspects de la qualité de vie des patients. La faible utilisation de base des traitements systémiques au regard du fardeau élevé de ces DIC suggèrent un usage sous optimale des traitements pour ces patients. L’évaluation dynamique et à long terme des changements apportés par l’initiation ou l’optimisation de ces traitements sur l’évolution de la vie des patients sera étudiée prospectivement au cours des 4 ans de suivi de ce registre.
La sarcoïdose hypodermique, dite de Darier-Roussy, est une forme rare de sarcoïdose caractérisée par une infiltration granulomateuse de l’hypoderme se manifestant par la présence de nodules sous cutanés. Les caractéristiques sémiologiques, le pronostic et les traitements de ces formes sont très peu décrits. Étude multicentrique rétrospective nationale des cas de sarcoïdose hypodermique prouvés histologiquement, entre 1990 et 2023, description épidémiologique, sémiologique et pronostique, et comparaison entre patients avec atteinte hypodermique isolée et atteinte dermique plus hypodermique. Analyses statistiques effectuées avec test de Fischer bilatéral pour les variables qualitatives et Mann–Whitney pour les variables quantitatives. Soixante-dix-huit patients ont été inclus (âge médian 46 ans [20–75], avec une prédominance féminine, sex-ratio = 1 : 2). Les quatre présentations sémiologiques dermatologiques principales étaient la présence de nodules froids (n = 65, 81 %), plaques érythémateuses infiltrées (n = 26, 34 %), nodules chauds (n = 22, 28 %), dépression cupuliforme (n = 6, 7 %). Les atteintes extra cutanées associées principales étaient l’atteinte ganglionnaire (n = 56, 74 %), l’atteinte pulmonaire (n = 48, 63 %), articulaire (n = 24, 31 %) et ORL (n = 17, 22 %). L’enzyme de conversion de l’angiotensine était augmentée chez 65 % (n = 50) des patients. La durée de suivi était de plus de 1 an dans 72 % des cas (n = 55) et plus de 3 ans dans 66 % des cas (n = 50). Les schémas thérapeutiques principaux ainsi que leur taux de rémission complète respectifs à un an étaient : abstention : n = 12, 67 % de rémission complète ; hydroxychloroquine (HCQ) seule : n = 18, 61 % de rémission complète, corticothérapie (CTC) et HCQ : n = 9, 50 % de rémission complète, CTC avec HCQ et méthotrexate (MTX) : n = 8, 63 % de rémission complète. L’analyse comparative sarcoïdose hypodermique seule vs hypodermique et dermique montrait: des antécédents d’hypertension artérielle et de diabète de type 2 plus élevés au sein du groupe hypodermique seule (p < 0,025 chacun) plus de phototypes foncés (5 et 6) (p = 0,034), des scores de gravité d’atteinte organique plus élevés (m = 2 [1–5] ; m = 3 [1–5], p = 0,005) et plus d’introduction du MTX (p = 0,014) ou des anti-TNFα (p = 0,04) chez les patients avec atteinte dermique et hypodermique. Les patients avec atteinte hypodermique seule présentaient significativement plus de facteurs de risques cardiovasculaires avant corticothérapie que ceux avec atteinte dermique et hypodermique et un recours aux traitements immunosuppresseurs forts tels que le MTX ou les anti-TNFα moins souvent nécessaire. Il s’agit de la plus vaste cohorte décrite de sarcoïdose hypodermique. Compte tenu de l’évolution favorable sous HCQ ou en cas d’abstention thérapeutique, il semble licite de ne pas introduire de corticothérapie générale dans les formes hypodermiques isolées pour éviter les effets indésirables cardiovasculaires.
La sarcoïdose hypodermique, dite de Darier-Roussy, est une sarcoïdose d’expression clinique rare, caractérisée par une infiltration granulomateuse de l’hypoderme se manifestant par la présence de nodules sous cutanés. Les caractéristiques sémiologiques, les atteintes systémiques associées, le pronostic et les traitements de ces formes sont très peu décrits. Étude multicentrique rétrospective nationale des cas de sarcoïdose hypodermique (H) prouvés histologiquement, entre 1990 et 2023, description épidémiologique, sémiologique, anatomopathologique et pronostique, et comparaison avec une cohorte multicentrique de sarcoïdoses dermiques (D) (n = 80 cas). Analyses statistiques effectuées avec test de Fischer bilatéral pour les variables qualitatives et Mann-Whitney pour les variables quantitatives. Quatre-vingts patients dont 34 patients ayant une sarcoïdose H isolée (HI) et 46 patients ayant une sarcoïdose hypodermique + dermique (H + D) ont été inclus : âge (médiane [min–max]) : 46,5 ans [20–75], sex-ratio = 2 femmes pour 1 homme. Les quatre présentations sémiologiques dermatologiques principales étaient la présence de nodules froids (n = 68, 80 %), de nodules inflammatoires (n = 30, 38 %), de plaques érythémateuses infiltrées (n = 23, 29 %), de dépressions cupuliformes (n = 6, 8 %). Les atteintes extra cutanées associées principales étaient l’atteinte ganglionnaire médiastinale (n = 58, 74 %), l’atteinte pulmonaire (n = 51, 65 %), articulaire (n = 28, 35 %) et ORL (n = 17, 21 %). L’enzyme de conversion de l’angiotensine était augmentée chez 67 % (n = 42) des patients. La durée médiane de suivi était de 8 ans [0–40]. Les schémas thérapeutiques principaux ainsi que leur taux de rémission complète (RC) respectifs à un an étaient : abstention : n = 13, 69 % de RC ; hydroxychloroquine (HCQ) seule : n = 18, 81 % de RC ; corticothérapie (CTC) et HCQ : n = 13, 83 % de RC, CTC avec HCQ et méthotrexate (MTX) : n = 9, 88 % de RC. L’analyse univariée comparative des groupes sarcoïdose HI versus H + D montrait une fréquence plus élevée dans le groupe HI de diabète de type 2 avant initiation de traitement (p = 0,02) et de rémission complète à 3 ans (p = 0,02). Chez les patients avec atteinte H + D on retrouvait plus d’origines afro-américaines (p = 0,03), des scores de gravité d’atteinte cutanée ePost plus élevés (m = 2 [1–5] ; m = 3 [1–5], p = 0,005), des stades radiographiques d’atteinte pulmonaire plus élevés (m = 0 [0–3] ; m = 2 [0–4], p = 0,04), plus de nécessité d’introduction du MTX (p = 0,01) ou des anti-TNFα (p = 0,02) et plus de nécessité d’introduction d’au moins trois lignes thérapeutiques (p = 0,01) que chez les patients HI. L’analyse univariée comparative des groupes avec atteinte hypodermique (H) versus avec atteinte dermique isolée (D) (n = 80) montrait : une fréquence plus élevée dans le groupe H de femmes (p = 0,03), d’atteinte des membres (p < 0,001), d’atteintes articulaire (p < 0,001), d’adénopathies médiastinales (p < 0,001), de syndromes secs (p < 0,01), d’augmentation de l’ECA (p < 0,001), d’abstention thérapeutique (p < 0,001), et de RC après première ligne thérapeutique (p < 0,01). Les atteintes du visage (p < 0,01) et les patients d’origines afro-américaines (p = 0,01) étaient plus souvent présents dans le groupe D. Il s’agit de la plus vaste cohorte décrite, à notre connaissance de sarcoïdoses hypodermiques. La présentation clinique faite de nodules froids prédominant aux membres (alors que la sarcoïdose dermique touche plus souvent le visage) est à connaître. Plusieurs arguments convergent pour penser que les formes hypodermiques de sarcoïdose ont une évolution moins grave que les formes dermiques : (1) dans formes HI les scores de gravité d’atteinte cutanée ePost sont moins élevés, les stades radiographiques d’atteinte pulmonaire moins élevés et les traitements moins lourds que dans les atteintes H + D ; (2) les formes avec atteinte H sont moins lourdement traitées que les formes D (plus d’abstention thérapeutique et de rémission complète après première ligne thérapeutique). Au vu de cette étude, un traitement de première ligne par HCQ pour la peau si le patient est demandeur pourrait être proposé.
Journal of the European Academy of Dermatology and VenereologyAccepted Articles LETTER TO THE EDITOR Janus kinase inhibitors (JAKi) for the treatment of atopic dermatitis: real-life data on efficacy and safety in light of the Pharmacovigilance Risk Assessment Committee (PRAC) recommended measures Z. Reguiai, Corresponding Author Z. Reguiai [email protected] Department of Dermatology, Polyclinique Courlancy, Reims-Bezannes, France Correspondence Ziad REGUIAI, Postal address: Department of Dermatology, Polyclinique Courlancy-Bezannes, 89 rue Louis-Victor de Broglie, 51430 Bezannes. Email: [email protected], Tel: 0033352150808, Fax: 0033352150809Search for more papers by this authorP. A. Becherel, P. A. Becherel Dermatology and Clinical Immunology Unit, Antony Hospital, Antony, FranceSearch for more papers by this authorA. C. Fougerousse, A. C. Fougerousse orcid.org/0000-0002-2850-867X Hôpital d'Instruction des Armées Begin, Saint Mandé, FranceSearch for more papers by this authorG. Chaby, G. Chaby CHU Amiens- Picardie, Amiens, FranceSearch for more papers by this authorJ. L. Perrot, J. L. Perrot CHU Saint Etienne, Saint-Priest-en-Jarez, FranceSearch for more papers by this authorE. Begon, E. Begon Centre hospitalier René Dubos, Pontoise, FranceSearch for more papers by this authorC. Jacobzone-Lévêque, C. Jacobzone-Lévêque Centre hospitalier Bretagne Sud, Lorient, FranceSearch for more papers by this authorC. Boulard, C. Boulard GH, Le Havre, Montivilliers, FranceSearch for more papers by this authorA. Badaoui, A. Badaoui Cabinet Médical, Paris, FranceSearch for more papers by this authorC. Poreaux, C. Poreaux Centre de dermatologie Stanislas, , Nancy, Clinique Paster, Essey les Nancy, FranceSearch for more papers by this authorL. David, L. David Hopital Saint Joseph, Marseille, FranceSearch for more papers by this authorN. Quiles-Tsimaratos, N. Quiles-Tsimaratos Hopital Saint Joseph, Marseille, FranceSearch for more papers by this authorD. Lons-Danic, D. Lons-Danic Hôpital Paris Saint Joseph, Paris, FranceSearch for more papers by this authorC. Fite, C. Fite Hôpital Paris Saint Joseph, Paris, FranceSearch for more papers by this authorA.-L. Liegeon, A.-L. Liegeon Centre hospitalier régional Metz-Thionville, Thionville, FranceSearch for more papers by this authorA. Patchinsky, A. Patchinsky Centre hospitalier régional Metz-Thionville, Thionville, FranceSearch for more papers by this authorJ. Parier, J. Parier Centre de Santé Sabouraud, hôpital Saint-Louis, Paris, France Cabinet Médical, Saint-Maur-des-Fossés, FranceSearch for more papers by this authorC. Garcia, C. Garcia Centre hospitalier Emile Roux, Le Puy-en-Velay, FranceSearch for more papers by this authorE. Estève, E. Estève Centre hospitalier d'Orléans, Orléans, FranceSearch for more papers by this authorR. Mohty, R. Mohty Cabinet Médical, Beauvais, Beauvais, FranceSearch for more papers by this authorL. Mery-Bossard, L. Mery-Bossard Saint-Germain-en-Laye, France, for the GEM ResoSearch for more papers by this authorF. Maccari, F. Maccari Hôpital d'Instruction des Armées Begin, Saint Mandé, France Cabinet Médical, Saint-Maur-des-Fossés, FranceSearch for more papers by this author Z. Reguiai, Corresponding Author Z. Reguiai [email protected] Department of Dermatology, Polyclinique Courlancy, Reims-Bezannes, France Correspondence Ziad REGUIAI, Postal address: Department of Dermatology, Polyclinique Courlancy-Bezannes, 89 rue Louis-Victor de Broglie, 51430 Bezannes. Email: [email protected], Tel: 0033352150808, Fax: 0033352150809Search for more papers by this authorP. A. Becherel, P. A. Becherel Dermatology and Clinical Immunology Unit, Antony Hospital, Antony, FranceSearch for more papers by this authorA. C. Fougerousse, A. C. Fougerousse orcid.org/0000-0002-2850-867X Hôpital d'Instruction des Armées Begin, Saint Mandé, FranceSearch for more papers by this authorG. Chaby, G. Chaby CHU Amiens- Picardie, Amiens, FranceSearch for more papers by this authorJ. L. Perrot, J. L. Perrot CHU Saint Etienne, Saint-Priest-en-Jarez, FranceSearch for more papers by this authorE. Begon, E. Begon Centre hospitalier René Dubos, Pontoise, FranceSearch for more papers by this authorC. Jacobzone-Lévêque, C. Jacobzone-Lévêque Centre hospitalier Bretagne Sud, Lorient, FranceSearch for more papers by this authorC. Boulard, C. Boulard GH, Le Havre, Montivilliers, FranceSearch for more papers by this authorA. Badaoui, A. Badaoui Cabinet Médical, Paris, FranceSearch for more papers by this authorC. Poreaux, C. Poreaux Centre de dermatologie Stanislas, , Nancy, Clinique Paster, Essey les Nancy, FranceSearch for more papers by this authorL. David, L. David Hopital Saint Joseph, Marseille, FranceSearch for more papers by this authorN. Quiles-Tsimaratos, N. Quiles-Tsimaratos Hopital Saint Joseph, Marseille, FranceSearch for more papers by this authorD. Lons-Danic, D. Lons-Danic Hôpital Paris Saint Joseph, Paris, FranceSearch for more papers by this authorC. Fite, C. Fite Hôpital Paris Saint Joseph, Paris, FranceSearch for more papers by this authorA.-L. Liegeon, A.-L. Liegeon Centre hospitalier régional Metz-Thionville, Thionville, FranceSearch for more papers by this authorA. Patchinsky, A. Patchinsky Centre hospitalier régional Metz-Thionville, Thionville, FranceSearch for more papers by this authorJ. Parier, J. Parier Centre de Santé Sabouraud, hôpital Saint-Louis, Paris, France Cabinet Médical, Saint-Maur-des-Fossés, FranceSearch for more papers by this authorC. Garcia, C. Garcia Centre hospitalier Emile Roux, Le Puy-en-Velay, FranceSearch for more papers by this authorE. Estève, E. Estève Centre hospitalier d'Orléans, Orléans, FranceSearch for more papers by this authorR. Mohty, R. Mohty Cabinet Médical, Beauvais, Beauvais, FranceSearch for more papers by this authorL. Mery-Bossard, L. Mery-Bossard Saint-Germain-en-Laye, France, for the GEM ResoSearch for more papers by this authorF. Maccari, F. Maccari Hôpital d'Instruction des Armées Begin, Saint Mandé, France Cabinet Médical, Saint-Maur-des-Fossés, FranceSearch for more papers by this author First published: 06 July 2023 https://doi.org/10.1111/jdv.19302 This article has been accepted for publication and undergone full peer review but has not been through the copyediting, typesetting, pagination and proofreading process, which may lead to differences between this version and the Version of Record. Please cite this article as doi:10.1111/jdv.19302. 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Trois JAKi (baricitinib (BAR), upadacitinib (UPA), abrocitinib (ABR)) ont actuellement une AMM pour le traitement de la DA de stade modéré à sévère après échec ou intolérance à la ciclosporine. En janvier 2023, le PRAC a émis des recommandations pour réduire le risque d’effets indésirables graves avec les JAKi. Les données disponibles sur le traitement de la DA par les JAKi proviennent en grande partie d’essais cliniques. Cela peut entraîner des biais potentiels liés aux critères d’inclusion de ces essais et au risque de sous-représentation des patients à risque ou présentant des comorbidités. Très peu d’études en vie réelle ont été publiées à ce jour, la plupart d’entre elles n’incluant qu’un nombre limité de patients et/ou présentant des résultats à court terme. Étude de cohorte multicentrique incluant tous les patients traités par JAKi en pratique courante et ayant eu au moins une visite de suivi après l’initiation du traitement. Concernant la tolérance une attention particulière a été accordées pour les maladies cardiovasculaires, les thromboses (TVE), les cancers, les infections et l’acné. Dix-huit centres français ont inclus 214 patients. Certains patients ont reçu plus d’un JAKi ; 136 ont reçu du BARI, 94 ont reçu de l’UPA, et 16 ont reçu de l’ABRO. À l’inclusion, la plupart des patients avaient une DA sévère (EASI moyen: 23 ± 14,4 [0–57]) et avaient déjà reçu plusieurs médicaments systémiques, y compris des biothérapies. Selon les recommandations du PRAC, 64 % des patients étaient considérés comme à risque et la moitié des femmes utilisaient une contraception orale oestroprogestative. A la dernière visite de suivi, 79,4 % des patients étaient toujours traités par un JAKi. L’EASI moyen était de 4,8 ± 5,6 (0–34). Concernant les patients antérieurement traités par biothérapie, 69 % ont obtenu une amélioration de 75 % du score EASI. Après une exposition moyenne de 10,8 ± 8,8 mois (0,3–43,7), aucun événement cardiovasculaire, TVE ou cancer n’a été rapporté. Quatre patients ont signalé des infections graves, 10 une infection HSV, six une infection VZV et 24 de l’acné. Les recommandations du PRAC étaient essentiellement basées sur les données de patients traités pour une polyarthrite rhumatoïde (PR). Les caractéristiques et les facteurs de risque des patients atteints de DA sont très différentes de ceux ayant une PR. Les résultats de notre étude confirment le bon rapport bénéfice-risque des JAKi démontré dans les études pivotales, et ceci même dans une population de patients présentant des comorbidités et des facteurs de risque cardiovasculaire. La DA peut fortement impacter la vie des patients atteints. En tant que dermatologues, nous avons le devoir d’assurer la sécurité de nos patients, mais nous ne devons pas, pour autant, les priver de traitements qui pourraient améliorer considérablement leur qualité de vie. Plus que jamais, les données de vie réelle et les registres seront utiles.
La pemphigoïde bulleuse (PB) est la dermatose bulleuse auto-immune la plus fréquente. Les situations de corticodépendance ou corticorésistance sont fréquentes et l’utilisation des immunosuppresseurs (IS) est problématique du fait du terrain âgé et souvent polypathologique des patients. La littérature suggère une efficacité du dupilumab dans la PB avec plusieurs cas rapportés et 2 séries (13 et 7 cas). Nous rapportons la 1 re série rétrospective française de PB traitées par dupilumab. Nous avons conduit une étude nationale rétrospective multicentrique incluant les patients avec PB traités par dupilumab avec au moins 6 mois de suivi entre 2018 et 2022. L’activité de la PB était estimée rétrospectivement avec le score Bullous Pemphigoid Disease Activity Index (BPDAI) allant de 0 à 360 et le prurit avec une échelle numérique (EN) allant de 0 à 10. Les critères de réponse au traitement étaient ceux définis par la conférence de consensus de 2012. Au total, 31 patients ont été inclus (femmes 51 %, âge médian 79 ans), avec un score BPDAI médian au diagnostic de 39 ; 24/31 étaient corticodépendants et 7/31 corticorésistants. La durée médiane d’évolution de la PB avant dupilumab était de 18 mois. Tous les patients avaient reçu précédemment un ou plusieurs traitements : dermocorticoïdes (DC) ( n = 31), corticothérapie générale ( n = 8), méthotrexate ( n = 14), omalizumab ( n = 14), doxycycline ( n = 9), mycophénolate mofétil ( n = 3) et rituximab ( n = 1). Le dupilumab était proposé en raison d’une contre-indication aux IS dans 17 cas. Il était administré lors d’une rechute légère à modérée (BPDAI médian à l’introduction du dupilumab = 21) à posologie classique (600 mg puis 300 mg/2 semaines). Il était associé aux DC dans 27/31 cas et à d’autres systémiques dans 8/31 cas (corticothérapie orale ( n = 7), mycophénolate mofétil ( n = 1) et doxycycline ( n = 1)). Un contrôle de la maladie était obtenu chez 21 des 30 (70 %) patients pour lesquels l’information était disponible à 1 mois, avec un score BPDAI médian de 5 et un prurit médian de 1. A 6 mois le score BPDAI médian était de 0 avec un prurit médian de 0, et 18/31 (58 %) étaient en rémission complète dont 9/31 (29 %) sans autre traitement. La corticothérapie orale ou générale a pu être arrêtée dans 16/31 cas et diminuée dans 12/31 cas. Le mycophénolate mofétil a été arrêté. Le dupilumab était arrêté chez 2 patients après 6 et 9 mois pour inefficacité. Aucun événement indésirable grave lié au dupilumab n’était rapporté. La physiopathologie de la PB fait intervenir une dérégulation de la voie Th2 avec un fort rationnel pour l’efficacité du dupilumab qui inhibe l’action de l’IL4 et de l’L13. Nous rapportons la plus grande série rétrospective de PB réfractaires traitées par dupilumab. Cette molécule semble très prometteuse avec une efficacité rapide (< 1 mois), permettant une épargne cortisonique majeure couplée à un profil de tolérance excellent. Un essai de phase 3 est en cours.
Les formes rapidement progressives de PID (RP-PID) sont fréquentes au cours des dermatomyosites (DM), en particulier associées à un anticorps (AC) anti-MDA5 (PID-MDA5). Les facteurs prédictifs de survenue d’une RP-PID sont mal connus. L’objectif principal était de déterminer les éléments facteurs prédictifs de survenue des formes RP au cours de PID-MDA5. Il s’agit d’une étude rétrospective multicentrique nationale de patients adultes ayant une PID-MDA5. La RP-PID, a été définie par une détérioration respiratoire < 3 mois. Les TDM thoraciques ont été analysés de façon centralisée. Les patients ont été classés en forme « limitée » ou « étendue » selon l’algorithme de Goh et al. qui tient compte de la CVF (≥ ou < 70 %) et du score d’extension de la PID (> ou < 20 %). 92 patients ont été inclus (29 (31 %) hommes, âge médian 50,1 ans (38,7–58,6), 57,6 % afro-caribéens, 79,3 % non fumeurs) (Fig. 1). CVF médiane: 68 % (52,2–86,8), DLCO médiane: 47 % (40,5–60,5). Des lésions ulcérations étaient notées chez 42.4 % des patients et 69.6 % étaient amyopathiques. L’extension de la PID était > 20 % chez 34,8 % des patients. Le pattern initial était le suivant: PINS (33,7 %), PINS-PO (29,3 %), PID indéterminée (19,6 %) et PIA (7,6 %). Le délai de suivi médian était de 36 mois (7.7-63). Douze patients ont présenté un pneumomédiastin au cours du suivi. Quarante et un patients (44,5 %) avaient une PID-RP. Les données démographiques, le tabac, les signes cutanés et musculaires étaient comparables mais les PID-RP avaient une fièvre plus fréquente (65.9 vs 29.4 % p = 0,001), et plus de condensations (75.6 vs 49 % p = 0,008). Vingt-neuf patients sont décédés dont 25 dans le groupe PID-RP et 3 ont été greffés, tous dans le groupe PID-RP. L’extension de la PID, la fièvre et la ferritinémie au diagnostic étaient associées à la survenue d’une PID-RP en analyse de regression logistique. La survenue d’une PID-RP était associée à un pronostic défavorable avec 28 % de survie estimée à 5 ans (p < 0,001) (Fig. 1). Les patients ayant une forme « limitée » avaient une meilleure survie que ceux ayant une forme « étendue » (p = 0,012). Enfin, en analyse multivariée, l’âge, l’extension de la PID, la ferritinémie étaient des facteurs pronostiques associés à la mortalité. Dans cette série française de PID-MDA5, la fièvre, la ferritinémie et l’extension de la PID au diagnostic sont associés à la survenue d’une PID-RP.
L'épidémie de COVID-19 en France a conduit à la mise en place de mesures de confinement avec limitation de l'activité médicale aux soins urgents. Nous avons évalué l'impact de ces mesures sur la prise en charge des dermatoses inflammatoires chroniques (DIC) en interrogeant des dermatologues (D) et des patients (P) (membres d'associations) chacun avec un questionnaire dédié entre le 15 et le 27 avril 2020. Trois cent huit D et 2141 P ont répondu. Parmi les patients, 36,2 % avaient un rendez-vous prévu durant cette période. Celui-ci a été maintenu 8,2 %, annulé par P 8,2 % et par D 19,8 %. Dans ce dernier cas, 70 % P déclaraient qu'aucune solution de remplacement ne leur avait été proposée. D indiquaient avoir reporté les rendez-vous de suivi des DIC : 95 % et avoir pratiqué un suivi à distance : 95,1 %. Parmi les 1593 P sous traitement pour leur DIC, 1210 l'ont poursuivi, 267 l'ont interrompu par crainte des effets secondaires, 89 sur les conseils du D, 27 par indisponibilité en pharmacie. Pendant l'épidémie, moins de 2 % D déclaraient avoir arrêté systématiquement les traitements systémiques et biologiques. Dans la majorité des cas le traitement était maintenu à l'identique, ou sa poursuite discutée en fonction des comorbidités du P. Les initiations des traitements systémiques et des biothérapies étaient reportées dans 63,6 et 41,2 % des cas. 40,3 % P et 49,7 % D estimaient que l'épidémie de COVID-19 avait un impact négatif sur la prise en charge des DIC. 69 % P déclaraient que leur DIC s'était aggravée pendant le confinement. Avant l'épidémie de COVID-19, 9,1 % D pratiquaient la téléconsultation, pendant 68,8 %D en ont réalisé, 52,3 % pensent en réaliser plus après l'épidémie. Les mesures de confinement ont grandement modifié les modalités de consultations pour les DIC. L'absence de solution de remplacement au rendez-vous présentiel pour la majorité des P peut s'expliquer car la téléconsultation n'était pas utilisée avant l'épidémie par la majorité des D. Sa mise en place a pu prendre plusieurs jours/semaines expliquant le décalage entre les déclarations des P et des D. Les D n'ont pas systématiquement interrompu les traitements des P atteints de DIC conformément aux recommandations des sociétés savantes édictées début mars 2020. Le taux d'interruption des traitements peut s'expliquer par le manque d'information sur les risques liés aux traitements et par la médiatisation importante de cette épidémie qui a pu inquiéter les P et les D. On note une différence de ressenti de l'impact de l'épidémie sur les DIC est entre les P et les D. Cette épidémie a permis d'accélérer la mise en place de moyens de téléconsultation pour les P atteints de DIC. Elle a également montré l'intérêt d'outils numériques (webinaires, sites d'information spécialisée) permettant de transmettre et d'actualiser les informations auprès des P atteints de DIC sous traitements systémiques ou biologiques.
Journal of the European Academy of Dermatology and VenereologyVolume 34, Issue 11 p. e676-e679 Letter to the Editor Systemic or biologic treatment in psoriasis patients does not increase the risk of a severe form of COVID-19 A.-C. Fougerousse, Corresponding Author A.-C. Fougerousse [email protected] orcid.org/0000-0002-2850-867X Dermatology Department, Military Teaching Hospital Bégin, Saint Mandé, France Correspondence: A.-C. Fougerousse. E-mail: [email protected]Search for more papers by this authorM. Perrussel, M. Perrussel Private Practice Auray, Dermatology Department, University Hospital Rennes, Rennes, FranceSearch for more papers by this authorP.-A. Bécherel, P.-A. Bécherel Dermatology Department, Private Hospital, Antony, FranceSearch for more papers by this authorE. Begon, E. Begon Dermatology Department, Centre Hospitalier Pontoise, Pontoise, FranceSearch for more papers by this authorV. Pallure, V. Pallure Dermatology Department, Perpignan Hospital, Perpignan, FranceSearch for more papers by this authorI. Zaraa, I. Zaraa Dermatology Department, Saint-Joseph Hospital, Paris, FranceSearch for more papers by this authorG. Chaby, G. Chaby Dermatology Department, University Hospital, Amiens, FranceSearch for more papers by this authorJ. Parier, J. Parier Private Practice, La Varenne Saint Hilaire, France Dermatology Department, Saint Louis Hospital, Paris, FranceSearch for more papers by this authorM. Kemula, M. Kemula Private Practice, Paris, France Dermatology Department, Tarnier Hospital, Paris, FranceSearch for more papers by this authorL. Mery-Bossard, L. Mery-Bossard Dermatology Department, Centre Hospitalier Intercommunal Poissy-Saint Germain en Laye, Poissy, FranceSearch for more papers by this authorC. Poreaux, C. Poreaux Private Practice, Nancy, Pasteur Clinic, Essey-les-Nancy, FranceSearch for more papers by this authorC. Taieb, C. Taieb orcid.org/0000-0002-5142-2479 Emma Clinic, Fontenay sous Bois, FranceSearch for more papers by this authorF. Maccari, F. Maccari Dermatology Department, Military Teaching Hospital Bégin, Saint Mandé, France Private Practice, La Varenne Saint Hilaire, FranceSearch for more papers by this authorZ. Reguiai, Z. Reguiai Dermatology Department, Courlancy Polyclinic, Reims-Bezannes, FranceSearch for more papers by this authorthe GEM Resopso, the GEM ResopsoSearch for more papers by this author A.-C. Fougerousse, Corresponding Author A.-C. Fougerousse [email protected] orcid.org/0000-0002-2850-867X Dermatology Department, Military Teaching Hospital Bégin, Saint Mandé, France Correspondence: A.-C. Fougerousse. E-mail: [email protected]Search for more papers by this authorM. Perrussel, M. Perrussel Private Practice Auray, Dermatology Department, University Hospital Rennes, Rennes, FranceSearch for more papers by this authorP.-A. Bécherel, P.-A. Bécherel Dermatology Department, Private Hospital, Antony, FranceSearch for more papers by this authorE. Begon, E. Begon Dermatology Department, Centre Hospitalier Pontoise, Pontoise, FranceSearch for more papers by this authorV. Pallure, V. Pallure Dermatology Department, Perpignan Hospital, Perpignan, FranceSearch for more papers by this authorI. Zaraa, I. Zaraa Dermatology Department, Saint-Joseph Hospital, Paris, FranceSearch for more papers by this authorG. Chaby, G. Chaby Dermatology Department, University Hospital, Amiens, FranceSearch for more papers by this authorJ. Parier, J. Parier Private Practice, La Varenne Saint Hilaire, France Dermatology Department, Saint Louis Hospital, Paris, FranceSearch for more papers by this authorM. Kemula, M. Kemula Private Practice, Paris, France Dermatology Department, Tarnier Hospital, Paris, FranceSearch for more papers by this authorL. Mery-Bossard, L. Mery-Bossard Dermatology Department, Centre Hospitalier Intercommunal Poissy-Saint Germain en Laye, Poissy, FranceSearch for more papers by this authorC. Poreaux, C. Poreaux Private Practice, Nancy, Pasteur Clinic, Essey-les-Nancy, FranceSearch for more papers by this authorC. Taieb, C. Taieb orcid.org/0000-0002-5142-2479 Emma Clinic, Fontenay sous Bois, FranceSearch for more papers by this authorF. Maccari, F. Maccari Dermatology Department, Military Teaching Hospital Bégin, Saint Mandé, France Private Practice, La Varenne Saint Hilaire, FranceSearch for more papers by this authorZ. Reguiai, Z. Reguiai Dermatology Department, Courlancy Polyclinic, Reims-Bezannes, FranceSearch for more papers by this authorthe GEM Resopso, the GEM ResopsoSearch for more papers by this author First published: 21 June 2020 https://doi.org/10.1111/jdv.16761Citations: 33Read the full textAboutPDF ToolsRequest permissionExport citationAdd to favoritesTrack citation ShareShare Give accessShare full text accessShare full-text accessPlease review our Terms and Conditions of Use and check box below to share full-text version of article.I have read and accept the Wiley Online Library Terms and Conditions of UseShareable LinkUse the link below to share a full-text version of this article with your friends and colleagues. Learn more.Copy URL Share a linkShare onEmailFacebookTwitterLinkedInRedditWechat References 1Kalb RE, Fiorentino DF, Lebwohl MG et al. Risk of serious infection with biologic and systemic treatment of psoriasis: results from the psoriasis longitudinal assessment and registry (PSOLAR). 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Certains traitements systémiques et biologiques (TSB) du psoriasis sont associés à un sur-risque infectieux. Il existe peu de données concernant le risque d'infection à SARS-CoV-2 chez ces patients. Nous avons voulu évaluer la fréquence des formes graves de COVID-19 (hospitalisation ou décès) chez nos patients psoriasiques sous TSB, et plus particulièrement dans les 4 mois suivant leur initiation. Étude multicentrique nationale transversale, incluant les patients adultes, sous TSB pour du psoriasis, vus en consultation ou téléconsultation entre le 27 avril et le 7 mai 2020. Étaient colligés : sexe, âge, traitement, période de traitement (initiation : 4 premiers mois ou entretien), poursuite ou non au cours de l'épidémie, comorbidités exposant à une forme grave de COVID (obésité, HTA, diabète), présence depuis le début de l'épidémie d'un tableau clinique de COVID, confirmation le cas échéant par PCR et hospitalisation. Un total de 1418 patients étaient inclus dont les caractéristiques sont précisées dans le tableau. 22,4 % des patients sous traitement systémique et 13,8 % de ceux sous biologique ont arrêté leur traitement au cours de l'épidémie. Cinq patients ont été hospitalisés pour un tableau de COVID-19 : une femme de 27 ans, obèse et atteinte d'une maladie de Crohn sous adalimumab, un homme de 36 ans sous guselkumab, un homme de 53 ans sous méthotrexate, dont 2 patients en réanimation : une femme de 71 ans, obèse sous méthotrexate et étanercept, un homme de 34 ans obèse sous ustékinumab. Aucun décès n'était rapporté. La fréquence des cas selon le traitement est précisée dans le tableau 2. Dans notre étude, 0,35 % des patients ont présenté une forme grave de COVID-19 nécessitant une hospitalisation, dont 60 % présentait d'autres facteurs de risque de forme grave. Deux patients ont été hospitalisés en début d'épidémie car le TSB était alors considéré comme à risque de forme grave de COVID-19. Nos données sont similaires aux données italiennes, ne trouvant pas sur-risque d'hospitalisation en réanimation et décès chez les patients sous traitement biologique pour du psoriasis par rapport à la population générale. Il n'y a pas de différence significative du nombre de formes graves de COVID 19 selon que le patient soit en phase d'initiation ou d'entretien du traitement, test de Fisher p = 0,58, OR = 1,29 [95 %CI 0,03–13,4]. Les limites de cette étude sont l'absence de groupe contrôle et de confirmation par PCR de l'ensemble des cas probables. Notre étude ne met pas évidence de sur-risque de forme grave de COVID-19 chez les patients en phase d'initiation de TSB par rapport au traitement d'entretien. Ces éléments permettent d'envisager, au cas par cas, la reprise des initiations des traitements pour les formes sévères de psoriasis dans le contexte de circulation persistante du SARS-Cov-2.
Le guselkumab (G) a récemment été commercialisé pour la prise en charge du psoriasis modéré à sévère de l’adulte. Les données d’efficacité et de tolérance post-commercialisation sont limitées à ce jour. Étude rétrospective multicentrique en vie réelle en France et en Belgique. Évaluer la tolérance et l’efficacité à 4 mois du G, décrire les caractéristiques des patients à l’inclusion et à 4 mois. Etaient colligés caractéristiques socio-démographiques, histoire du psoriasis, comorbidités ; PASI, PGA, DLQI à l’initiation et à 4 mois, données de tolérance. Un total de 180 patients étaient analysables. Le G était la première ligne de biothérapie pour 52 patients. Pour les autres, la dernière biothérapie reçue était un anti-TNF n = 19, de l’ustékinumab (U) n = 63, un anti-IL17 n = 39, du tildrakizumab n = 1. Soixante-trois patients recevaient le G en relai de U, interrompu dans tous les cas pour échec secondaire. Leur PASI moyen initial était de 5,3 ; 41,3 % obtenaient un PASI 90 à M4. Quinze patients rapportaient des effets secondaires (arthromyalgies n = 4, asthénie n = 3, rhumatisme psoriasique n = 3, infection dentaire n = 3, réaction au site d’injection n = 2, leucémie lymphoïde chronique (LLC) n = 1, eczéma et palpitations n = 1, attaque de panique n = 1). Cinq patients arrêtaient le G avant M4 (arthromyalgies n = 1, réaction au site d’injection n = 1, LLC, attaque de panique, palpitations et eczéma). L’efficacité dans notre série est comparable à celles des études de phase 3 pour le PASI 100 (37,4 % et 34,1 % dans Voyage (V) 1 et 2). Elle est cependant inférieure pour le PASI 90 (73,3 % et 70 % dans V 1 et 2). Cela peut s’expliquer par les caractéristiques de nos patients, différentes de celles des patients de V1 et 2 : sévérité inférieure (seuls 42,7 % de PASI ≥ 12 à l’initiation du G), proportion de patients non naïfs de biothérapies supérieure : 67,2 %, vs 21,6 % et 20,4 % dans V1 et 2. Soixante-trois patients recevaient le G en relai de U et 42 % d’entre eux atteignaient un PASI 90 à 4 mois. Ce résultat est comparable à celui de l’étude NAVIGATE, où 50,4 % des patients, non répondeurs après 2 injections d’U, obtenaient un PASI 90 après 4 mois de G, soulignant l’intérêt d’un switch entre anti IL12/23 et anti IL23p19. Aucun effet secondaire grave n’était constaté durant l’étude et le profil des effets secondaires était comparable à celui des études de phase 3. Le taux d’interruption pour effet secondaire était de 2,7 % légèrement supérieur à celui de V 1 et 2 : 1,2 % et 1,4 % respectivement. En conclusion il s’agit, à notre connaissance, de la première étude de l’utilisation en pratique courante du G pour la prise en charge du psoriasis, confirmant son efficacité et sa bonne tolérance à court terme dans cette indication.
Journal of the European Academy of Dermatology and VenereologyVolume 34, Issue 10 p. e644-e646 Letter to the Editor Effectiveness and short-term (16-week) tolerance of guselkumab for psoriasis under real-life conditions: a retrospective multicenter study A.-C. Fougerousse, Corresponding Author A.-C. Fougerousse ac.fougerousse@gmail.com orcid.org/0000-0002-2850-867X Dermatology Department, Military Teaching Hospital Bégin, St Mandé, France Correspondence: A.-C. Fougerousse. E-mail: ac.fougerousse@gmail.comSearch for more papers by this authorP.-D. Ghislain, P.-D. Ghislain Dermatology Department, Private Practice, St-Luc University Hospital, Bruxelles, Mons, BelgiumSearch for more papers by this authorZ. Reguiai, Z. Reguiai Dermatology Department, Courlancy Polyclinic, Reims, FranceSearch for more papers by this authorF. Maccari, F. Maccari Private Practice, La Varenne, FranceSearch for more papers by this authorJ. Parier, J. Parier Private Practice, La Varenne, FranceSearch for more papers by this authorD. Bouilly Auvray, D. Bouilly Auvray Private Practice, Dijon, FranceSearch for more papers by this authorG. Chaby, G. Chaby Dermatology Department, University Hospital, Amiens, FranceSearch for more papers by this authorV. Pallure, V. Pallure Dermatology Department, Perpignan Hospital, Perpignan, FranceSearch for more papers by this authorJ.-L. Schmutz, J.-L. Schmutz Dermatology Department, University Hospital Brabois, Vandoeuvre les Nancy, FranceSearch for more papers by this authorC. Clément, C. Clément Dermatology Department, University Hospital of Côte de Nacre, Caen, FranceSearch for more papers by this authorC. Jacobzone, C. Jacobzone Dermatology Department, University Hospital of Lorient, Lorient, FranceSearch for more papers by this authorE. Begon, E. Begon Dermatology Department, Pontoise Hospital, Pontoise, FranceSearch for more papers by this authorE. Esteve, E. Esteve Dermatology Department, Regional Hospital, Orléans, FranceSearch for more papers by this authorFor the GEM ResoPso, For the GEM ResoPsoSearch for more papers by this author A.-C. Fougerousse, Corresponding Author A.-C. Fougerousse ac.fougerousse@gmail.com orcid.org/0000-0002-2850-867X Dermatology Department, Military Teaching Hospital Bégin, St Mandé, France Correspondence: A.-C. Fougerousse. E-mail: ac.fougerousse@gmail.comSearch for more papers by this authorP.-D. Ghislain, P.-D. Ghislain Dermatology Department, Private Practice, St-Luc University Hospital, Bruxelles, Mons, BelgiumSearch for more papers by this authorZ. Reguiai, Z. Reguiai Dermatology Department, Courlancy Polyclinic, Reims, FranceSearch for more papers by this authorF. Maccari, F. Maccari Private Practice, La Varenne, FranceSearch for more papers by this authorJ. Parier, J. Parier Private Practice, La Varenne, FranceSearch for more papers by this authorD. Bouilly Auvray, D. Bouilly Auvray Private Practice, Dijon, FranceSearch for more papers by this authorG. Chaby, G. Chaby Dermatology Department, University Hospital, Amiens, FranceSearch for more papers by this authorV. Pallure, V. Pallure Dermatology Department, Perpignan Hospital, Perpignan, FranceSearch for more papers by this authorJ.-L. Schmutz, J.-L. Schmutz Dermatology Department, University Hospital Brabois, Vandoeuvre les Nancy, FranceSearch for more papers by this authorC. Clément, C. Clément Dermatology Department, University Hospital of Côte de Nacre, Caen, FranceSearch for more papers by this authorC. Jacobzone, C. Jacobzone Dermatology Department, University Hospital of Lorient, Lorient, FranceSearch for more papers by this authorE. Begon, E. Begon Dermatology Department, Pontoise Hospital, Pontoise, FranceSearch for more papers by this authorE. Esteve, E. Esteve Dermatology Department, Regional Hospital, Orléans, FranceSearch for more papers by this authorFor the GEM ResoPso, For the GEM ResoPsoSearch for more papers by this author First published: 20 April 2020 https://doi.org/10.1111/jdv.16511Citations: 25Read the full textAboutPDF ToolsRequest permissionExport citationAdd to favoritesTrack citation ShareShare Give accessShare full text accessShare full-text accessPlease review our Terms and Conditions of Use and check box below to share full-text version of article.I have read and accept the Wiley Online Library Terms and Conditions of UseShareable LinkUse the link below to share a full-text version of this article with your friends and colleagues. Learn more.Copy URL Share a linkShare onFacebookTwitterLinkedInRedditWechat No abstract is available for this article.Citing Literature Volume34, Issue10October 2020Pages e644-e646 RelatedInformation