Sarcoidosis often manifests with pulmonary involvement, making isolated extrapulmonary presentations rare and diagnostically challenging. We present the case of a 43-year-old woman who presented with prolonged fever, deep lymphadenopathy, massive splenomegaly, hepatomegaly, and severe hypercalcemia, mimicking malignancy. The diagnosis of sarcoidosis was established after the failure of anti-tubercular therapy, exclusion of differential diagnosis, and the subsequent development of cutaneous sarcoids. This case highlights the importance of recognizing isolated extrapulmonary pseudo-tumoral presentations of sarcoidosis, which can lead to delayed diagnosis.
INTRODUCTION:Anticoagulant therapy, often required in the elderly, is not without risk. This study aims to investigate the particularities of the use of anticoagulants in the elderly during hospital stay, along with the factors associated with bleeding and overdose. RESULTS:There were 55 women and 45 men (sex ratio: 0.81), with a mean age of 75.7 ± 6.9 years. The indications for anticoagulant treatment were venous thromboembolism (VTE) (92%) and atrial fibrillation (AF) (8%). The average duration of treatment with acenocoumarol was 17.22 days ± 7.9. The dose of acenocoumarol initiation was 1 mg in 85% of patients and 2 mg in 15%. INR < 2 was observed in 15% of patients. INR in the target area was obtained in 47% of patients with a mean dose of 2.33 mg of acenocoumarol. An overdose of acenocoumarol was noted in 38% of patients: average INR at 4.7. Seven patients had bleeding events. An overdose was reported in 4 of them. Fever, infection, inflammatory syndrome, hypoalbuminemia, hypoprotidemia, and malnutrition were associated with a greater risk of overdose in our patients. Gastroduodenal ulcer disease, past medical history of gastrointestinal bleeding and renal failure were risk factors for bleeding in our patients. CONCLUSION:The use of anticoagulants in the elderly requires a comprehensive assessment, including comorbidities, geriatric settings, and social environment.
Introduction La sclérodermie systémique est une maladie auto-immune rare, caractérisée par une fibrose cutanée et viscérale ainsi que des anomalies de la microcirculation. Elle entraîne une perte fonctionnelle, un handicap localisé ou global, souvent associé à des troubles de l’humeur, ce qui altère significativement la qualité de vie (QDV) des patients et génère un impact socio-psychologique et économique majeur. Notre étude a pour objectif d’évaluer la qualité de vie physique et psychologique des patients atteints de sclérodermie systémique. Patients et méthodes Il s’agit d’une étude descriptive, transversale et monocentrique, incluant un échantillon des patients suivis pour sclérodermie systémique, dont le diagnostic est retenu selon les critères de l’ACR-EULAR 2013. La QDV a été évaluée à l’aide du score SF-12 modifié. Le questionnaire est anonyme, il comporte 26 questions à choix multiples, dont 16 sur le handicap physique et 10 sur l’impact psychologique. Chaque item était noté, avec un score total sur 20 points pour chacun des domaines physique et psychologique, un résultat supérieur à 20/40 étant considéré comme une bonne QDV. Résultats Quinze patients avaient répondu au questionnaire, parmi lesquels 80 % étaient des femmes et 20 % des hommes. L’âge moyen était de 50,8 ans, et la durée moyenne d’évolution de la maladie était de 9,6 ans. Une atteinte cutanée était notée chez 90 % des patients, dont 80 % avait une sclérose cutanée diffuse. Un raccourcissement des doigts était présent chez 26,6 % des patients. Une limitation des mouvements et une réduction des angles articulaires étaient objectivées dans 33,3 % des cas. Quatre-vingts pour cent des patients présentaient un phénomène de Raynaud, compliqué de nécrose digitale dans 60 % des cas et d’ulcérations pulpaires dans 33,3 %. Neuf patients avaient une atteinte cardiorespiratoire, avec 40 % de pneumopathie interstitielle diffuse et 26,6 % de trouble ventilatoire restrictif à la spirométrie. Une hypertension pulmonaire a été détectée dans 26,6 % des cas, avec seulement 20 % des patients au stade d’insuffisance cardiaque droite. Une atteinte digestive a été constatée chez plus de 50 % des patients, incluant une limitation de l’ouverture buccale dans 33,3 % des cas, une dysphagie et un reflux gastro-œsophagien dans 53,3 %. Un seul patient souffrait d’incontinence fécale.L’analyse des réponses des patients avait révélé une QDV altérée chez 80 % des participants. Le score moyen, noté sur 40, était de 18,3 avec des extrêmes de 12,5 et 28.L’évaluation du retentissement physique était notée selon une échelle à 20, la moyenne était de 8,8, avec un minimum de 5 et un maximum de 14,5. Huit patients déclaraient qu’ils souffrent d’un handicap physique important, et 6 patients avaient une limitation dans la motricité fine, notamment au niveau des mains. Ainsi la réalisation des gestes fins était impossible dans 13,3 % et restait difficile selon 26,6 % des patients. L’évaluation du retentissement de la maladie sur les activités quotidiennes, avait montré une restriction dans la pratique du sport dans 73,3 % des cas, des difficultés pour les tâches ménagères dans 66,6 %, et des difficultés pour faire les courses et les visites sociales également dans 66,6 % des cas. Le déplacement hors du domicile était difficile pour 60 % des patients interrogés. L’évaluation du retentissement psychologique était, de même, notée selon une échelle à 20. Le score moyen était de 9,5 avec un minimum de 7,5 et un maximum de 13,5. Un état dépressif était noté chez 40 % des patients, parmi eux, un patient a rapporté des idées suicidaires. Des troubles anxieux, des troubles de la personnalité et un retrait social étaient présents chez la moitié des patients. Conclusion La sclérodermie systémique induit une altération importante de la qualité de vie des patients, tant sur le plan physique que psychologique, notamment en raison des changements de l’image corporelle et du handicap fonctionnel. Ceci, nous incite à fournir à ces patients une prise en charge globale incluant des mesures thérapeutiques non pharmacologiques, telles que la kinésithérapie, l’activité physique adaptée, l’assouplissement cutané, l’utilisation d’aides techniques, ainsi qu’un soutien psychologique. Ce volet est indispensable pour garantir une meilleure QDV.
Introduction Le diagnostic positif d’un granulome est souvent simple et repose sur l’examen anatomopathologique d’une biopsie d’un organe atteint. La difficulté réside dans le diagnostic étiologique qui conditionne la prise en charge thérapeutique. Le but de notre étude était d’évaluer l’intérêt des examens d’imagerie dans le diagnostic étiologique des pathologies granulomateuses. Patients et méthodes Étude étiologique transversale ayant inclus des patients chez qui un granulome a été confirmé par un examen histopathologique dans un service de médecine interne sur une durée de 11 ans. Résultats Nous avons retenu 62 cas de pathologies granulomateuses. Le sex-ratio femme/homme était égal à 9,3, l’âge moyen de nos patients au moment du diagnostic était de 54 ans±15.Une étiologie au granulome a été identifiée dans 50 (81 %) cas dont 30 (60 %) cas de sarcoïdose, 10 (20 %) cas de tuberculose, un lymphome dans cinq (10 %) cas, une cholangite biliaire primitive dans quatre (8 %) cas et un cas (2 %) de maladie de Castleman ainsi que 12 (19 %) cas sans étiologies.La radiographie du thorax a été réalisé chez 58 (94 %) patient elle montrait un syndrome interstitiel chez 12 patients chez qui une étiologie a été retrouvé et aucun patient sans étiologie (p=0,037), alors qu’un élargissement médiastinal a été retrouvé chez 14 patients avec chez qui une étiologie a été retrouvé au granulome et aucun patient sans étiologie (p=0,026).La tomodensitométrie thoraco-abdomino-pelvienne a été réalisée chez 50 (81 %) patients et a montré respectivement chez les patients chez qui une étiologie du granulome a été retrouvée et ceux sans étiologie : une infiltration interstitielle pulmonaire dans 17 vs un cas (p=0,038), la présence de nodules ou micronodules pulmonaires dans 22 vs un cas (p=0,026), des adénopathie profonde dans 37 vs quatre cas (p=<0,001), une hépatomégalie dans 13 vs deux cas (p=0,043) et une splénomégalie dans 12 vs deux cas (p=0,078).L’échographie abdomino-pelvienne a été réalisée chez 32 (52 %) patients présence d’une hépatomégalie ou d’une splénomégalie sur l’échographie abdominale n’étaient pas significativement associées à la présence d’une étiologie (p=0,524 ; p=0,346). Conclusion Les examens d’imagerie peuvent être d’une grande aide diagnostique. Chez nos patients, l’examen complémentaire d’imagerie ayant la meilleure rentabilité étiologique était la TDM thoraco-abdomino-pelvienne. Le clinicien reste confronté au problème de disponibilité, d’irradiation et de coût plus importants. En dehors des contre-indications et si la situation clinique le permet, une imagerie par TDM constitue le meilleur choix pour l’exploration d’une granulomatose.
Introduction L’enseignement interdisciplinaire constitue une stratégie de formation post graduée des résidents en médecine. Le choix des thèmes se base sur les critères de la gravité, de l’urgence et de l’exemplarité. L’amylose représente un thème transversal englobant les spécialités fondamentales et médicales. L’objectif de ce travail était d’évaluer les moyens pédagogiques utilisés lors d’un enseignement interdisciplinaire transversal portant sur les amyloses. Matériels et méthodes Les activités d’apprentissage prévues au cours de la journée d’enseignement ont comporté après un pré-test une « case based session » portant sur les différents types d’amyloses. L’interactivité était assurée à travers des questions aux quelles les résidents ont répondu via l’outil « Wooclap ». Un jeu de rôle portant sur l’éducation thérapeutique d’un patient suivi pour amylose a été par les résidents par la suite. Le matériel utilisé pour expliquer l’amylose aux patients était : des fils électriques (protéines amyloïdes), un ballon de consistance dure et un ballon de consistance molle (organes infiltrés par les dépôts amyloïdes). Un questionnaire d’évaluation comportant 10 questions cotées de 1 à 5 sur une échelle de Likert a été adressé aux résidents à la fin de la journée. Résultats Vingt-neuf résidents ont participé à la journée d’enseignement. Les spécialités des résidents étaient : la médecine interne, la cardiologie, l’hématologie et la néphrologie. La note globale attribuée à la pertinence du choix du thème de l’amylose était de 4,62. Dix-neuf résidents ont accordé la noté de 5 aux choix des activités prévues au cours de l’atelier. L’appréciation globale des activités d’apprentissage utilisées était de 4,44. En réponse à la question, si les activités d’apprentissage ont permis d’atteindre les objectifs, la note moyenne était de 4,31. La moyenne des bonnes réponses est passée de 1,5/10 au pré-test à 3,38/10 au post-test. Conclusion Les méthodes d’apprentissage actives mettant les apprenants au centre de l’apprentissage sont appréciés par les résidents. Les confusions qui peuvent exister entre les différents types d’amylose peuvent être levées plus facilement grâce à ces méthodes. Le jeu de rôle constitue une méthode appropriée pour l’apprentissage de l’éducation thérapeutique.
Objectives:We aimed to compare inflammatory markers and determine their potential role in distinguishing secondary leukocytoclastic vasculitis (SLV) from idiopathic leukocytoclastic vasculitis (ILV). Materials and Methods:We included in this cross-sectional study patients with cutaneous leukocytoclastic vasculitis (CLV) diagnosed on cutaneous biopsy. We assessed clinical and laboratory data and then calculated platelet-to-lymphocyte ratio (PLR), neutrophil-to-lymphocyte ratio (NLR), C-reactive protein (CRP)-to-albumin ratio (CAR), and fibrinogen-to-albumin ratio (FAR). We have also defined the number of positive etiological examination (NPE) as the sum in a unique patient of the positive paraclinical examinations involved in the etiological assessment of CLV. Results:In total 77 patients were included, with 52 SLV group patients and 25 in the ILV group, mean age was 44+/-18 vs 49+/-21, and gender ratio was 29/23 vs 11/14. Comparison of PLR, NLR, CAR, and FAR showed significant differences in mean values between SLV and ILV groups with 199.1 (117.3-309.8) vs 126.8 (79-193) (P = 0.01) for PLR, 3.6 (1.9-5.1) vs 2.3 (1.7-3.4) (P = 0.048) for NLR, 1.9 mg.g-1 (0.4-3.6) vs 0.6 mg g-1 (0.2-1.9) (P = 0.043) for CAR, and 155.8 mg.g-1 (90.7-192.3) vs 108.7 mg.g-1 (82.2-148.1) (P = 0.034) for FAR. PLR, CAR, and FAR were positively correlated to NPE (r = 0.463, P < 0.001; r = 0.434, P < 0.001; and r = 0.411, P < 0.001, respectively), and there was no significant correlation between NLR and NPE (r = 0.165, P = 0.151). Conclusion:This is the first study to investigate PLR, NLR, CAR, and FAR in CLV, and it demonstrates that elevation of these ratios is associated with SLV, which leads us to suggest to exhaustively explore patients with elevated ratios.
Introduction Les pneumopathies infiltrantes diffuses (PID) englobent un large éventail de maladies respiratoires aboutissant finalement à une fibrose pulmonaire. Cette étude vise à décrire les caractéristiques cliniques et radiologiques, ainsi qu’à établir le profil étiologique des PID chez un groupe de patients tunisiens. Patients et méthodes Étude rétrospective descriptive impliquant des patients chez qui le diagnostic de PID a été établi entre 2000 et 2022. Le diagnostic de PID était basé sur les données de la TDM thoracique chez des patients qui présentaient une symptomatologie respiratoire. Résultats Soixante-trois patients ont été inclus. L’âge moyen était de 55 ans. Les PID étaient plus fréquentes chez les femmes (51 cas : 81 %) avec un sex-ratio (H/F) de 0,23. Aucun antécédent familial de PID n’était noté chez les patients. Le tabagisme était retrouvé chez 10 patients. Le début de la maladie était progressif chez tous les patients, avec une dyspnée comme symptôme prédominant dans 61 % des cas. La TDM thoracique mettait en évidence un infiltrat interstitiel chez 100 % des patients. La présence d’un syndrome restrictif sur les données de la spirométrie était observée chez 59 % des patients. Les étiologies des PID étaient dominées par les connectivites (n=30) et la sarcoïdose (n=24). Le diagnostic de fibrose pulmonaire idiopathique était retenu chez 3 patients, celui d’une histiocytose langerhansienne dans 2 cas, et la maladie de Niemann-Pick type B était objectivée dans 1 cas. Un traitement par corticostéroïdes était prescrit dans 61 % des cas, à des doses variables selon la gravité de l’atteinte pulmonaire. Un traitement immunosuppresseur par cyclophosphamide était utilisé dans 7 cas. L’évolution était favorable dans 63 % des cas. Une stabilité des lésions pulmonaires était notée dans 34 % des cas. Conclusion Le diagnostic étiologique des PID est une étape cruciale dans leur prise en charge thérapeutique, nécessitant une collaboration entre cliniciens et radiologues.
Introduction La médecine interne est une spécialité qui ne cesse de se développer. Son caractère holistique en fait un terrain fertile aux divergences dans la définition. La place de la gériatrie est toujours débattue comme étant compétence requise aux internistes.L’objectif de notre travail est d’évaluer les différences dans l’intérêt et la pratique de la gériatrie chez les internistes dans les pays francophones ainsi que leur niveau de satisfaction. Patients et méthodes Enquête transversale internationale par un questionnaire anonyme sur la plateforme Google forms® diffusé en ligne au corps médical francophone durant le mois d’août 2022. Les questions portaient sur : données générales, définition et pratique, et niveau de satisfaction. Résultats Cent vingt participants ont répondu au questionnaire. Les 3 pays les plus représentés au questionnaire étaient la Tunisie, la France et l’Algérie (89 %). Cinquante-huit participants étaient des internistes (48,3 %). La répartition des participants était comme suit : internes ou résidents (49,2 %), des médecins spécialistes non universitaires (43 %), des médecins spécialistes universitaires (6,7 %).Pour la question « Quelles compétences font partie de la médecine interne selon vous ? », la gériatrie était rapportée par 16 participants (13 %). Ces participants représentaient 18 % des internistes et 19 % des non-internistes.Pour la question « Quelles sont les pathologies les plus rencontrées dans votre pratique quotidienne en tant qu’internistes ? », les pathologies gériatriques ont été rapportées par 31 participants (54 %).Dix pour cent des internistes algériens qui pratiquaient la gériatrie considéraient qu’elle faisait partie des compétences définissant la médecine interne. Des résultats similaires ont été retrouvés chez les internistes français (12 %). Chez les internistes tunisiens, la proportion était de 28 %.L’étude analytique n’a pas conclu à une différence statistiquement significative entre les trois pays (p=0,074).Le rapport de satisfaction global des internistes francophones par rapport à l’exercice de gériatrie était de 17 % (p<0,001). Conclusion Quoiqu’elle partage avec la médecine interne son approche holistique dans la prise en charge du patient, la gériatrie semble être une compétence dont la place en médecine interne varie d’un médecin à un autre. Ce choix pourrait être fait en fonction des besoins de la communauté, de l’infrastructure sanitaire locale, et des préférences du praticien lui-même.
Les granulomatoses sont un ensemble hétérogène de pathologies comprenant une infiltration faite d’un agrégat épithélioïde gigantocellulaire avec ou sans nécrose caséeuse pouvant toucher les articulations. Le but de notre étude était de décrire les manifestations oculaires chez des patients suivis pour une granulomatose. Il s’agissait d’une enquête descriptive, longitudinale incluant les patients hospitalisés au service de médecine interne B de l’hôpital Charles Nicolle de Tunis, sur une durée de 11 ans, pour exploration et prise en charge thérapeutique d’une granulomatose. Nous avons retenu 62 cas. Le sexe-ratio femme/homme était égal à 9,3, l’âge moyen de nos patients au moment du diagnostic était de 54 ans avec un écart-type de 15 ans. Les localisations granulomateuses les plus fréquentes étaient ganglionnaires dans 41 cas (66 %), cutanées dans 11 cas (18 %) oto-rhino-laryngologiques dans 9 cas (15 %), labiales dans 8 cas (13 %), hépatiques dans 7 cas (11 %), bronchiques dans 3 cas (5 %) et endométriales et thyroïdiennes dans un cas chacune (2 %). Des arthralgies d’horaire inflammatoire étaient rapportées chez 11 patients (18 %). L’atteinte articulaire était périphérique dans tous les cas. Il s’agissait d’une atteinte oligo-articulaire dans 8 cas et poly-articulaire dans 3 cas. L’atteinte articulaire intéressait de façon exclusive les grosses et les petites articulations dans respectivement 5 cas et 1 cas. L’atteinte simultanée des grosses et des petites articulations était notée dans 5 cas. Des arthrites étaient observées dans 3 cas (5 %). Sur le plan radiologique, une radiographie des articulations atteinte a été réalisée chez tous les patients, et aucun cas de lésions érosives ou déformatrices n’a été noté. Les étiologies retenues étaient la tuberculose dans 5 cas, la sarcoïdose dans 4 cas et une granulomatose sans étiologie dans 3 cas. Sur le plan thérapeutique, un traitement symptomatique par des antalgiques et anti-inflammatoires non stéroïdiens a été employé chez tous les patients avec amélioration des symptômes associé au traitement étiologique lorsqu’une étiologie a été retrouvée. Les granulomatoses sont des maladies systémiques qui peuvent affecter divers organes, y compris les articulations. Une prise en charge précoce et appropriée de ces manifestations articulaires peut aider à améliorer le pronostic fonctionnel chez les patients présentant une granulomatose.
À l’heure actuelle, le traitement du lupus érythémateux systémique (LES) est de mieux en mieux codifié, conditionné par le type et la gravité de l’atteinte. Il vise à obtenir une rémission de la maladie, à prévenir ses complications et la survenue de poussées. Ainsi, l’adhérence thérapeutique (AT) représente une pierre angulaire dans la prise en charge de cette maladie. L’objectif de notre travail était d’évaluer l’AT chez des patients lupiques et d’identifier les différents facteurs l’influençant. Étude monocentrique transversale incluant les patients suivis pour un LES vus aux consultations externes d’un service de médecine interne sur une période de 6 mois (juillet 2022–décembre 2022). L’évaluation de l’AT était réalisée à l’aide d’un auto-questionnaire: Compliance Questionnaire of Rheumatology (CQR)-19. L’activité de la maladie était évaluée par le score clinical-SLEDAI. Nous avons inclus 40 patients répartis entre 36 femmes et 9 hommes (genre ratio F/H : 9). L’âge moyen au moment de l’entretien était de 43,9 ± 10,9 ans [21–68]. Les manifestations systémiques cumulées étaient dominées par les atteintes articulaires (82,5 %), hématologiques (77,5 %), cutanéomuqueuses (65 %), rénales (42,5 %) et les sérites (30 %). La maladie était jugée non active dans 87,5 % des cas et en activité légère dans 12,5 % des cas. Des séquelles étaient retrouvées chez 12,5 % des patients. Le nombre moyen de poussées était de 1,63 [0–12]. Au moment de l’entretien, 35 patients (87,5 %) étaient sous hydroxychloroquine, 26 (60 %) sous corticothérapie orale et 14 (35 %) sous immunosuppresseurs. Selon le questionnaire CQR, 57,5 % de nos patients étaient adhérents au traitement et 42,5 % étaient non adhérents. Les facteurs de non-AT retrouvés étaient : l’habitat seul (p = 0,01), la résidence dans un milieu urbain (p = 0,03), l’absence de couverture sociale (p = 0,014), une durée d’évolution de la maladie inférieure à 5 ans (p = 0,038), l’absence d’atteinte cutanée (p = 0,041), la survenue de moins de 2 poussées (p = 0,043), l’absence de comorbidités (p = 0,031), la polymédication (p = 0,001), un nombre de comprimés supérieur ou égal à 3 par jour (p < 0,001), un nombre de prises journalières supérieur à 1 (p = 0,028), un cout mensuel du traitement supérieur à 50 TND (l’équivalent d’environ 15 Euro) (p = 0,03) et l’absence de remboursement (p = 0,016). L’évaluation de l’AT doit faire partie intégrante de la gestion globale du LES. Notre étude a montré que 42,5 % de nos patients étaient non adhérents à leur traitement et nous a permis de relever les principaux facteurs de risque nous permettant d’identifier les patients à risque de non-AT.
La maladie de Takayasu (MT) est une artérite inflammatoire primitive des gros vaisseaux atteignant avec prédilection l’aorte, ses branches principales et les artères pulmonaires. C’est une affection rare touchant essentiellement les femmes jeunes. L’épaississement pariétal artériel est le signe précoce le plus caractéristique de la maladie aboutissant progressivement à des sténoses et parfois à des anévrysmes. L’objectif de ce travail était d’étudier la présentation topographique des lésions vasculaires chez un groupe de patients tunisiens présentant une MT. Il s’agit d’une étude rétrospective descriptive d’une série de 20 patients atteints de MT et suivis en médecine interne sur une période étalée entre 2002 et 2020. Tous les patients validaient les critères de l’American Collège of Rheumatology (ACR) et tous ont bénéficié d’une exploration vasculaire (écho-doppler et/ou angioscanner et/ou angio-IRM) permettant d’établir leurs bilans lésionnels selon la classification topographique de Lupi Herrera. Vingt patients atteints de MT étaient colligés dans notre étude. Il s’agissait de 17 femmes et de 3 hommes avec un âge moyen au moment du diagnostic de 33,8 ans. La phase systémique était retrouvée chez 8 patients, les autres étaient diagnostiqués à la phase occlusive avec comme manifestation la plus fréquente une claudication des membres supérieurs. Les moyens d’imagerie employés pour étayer le diagnostic topographique des lésions vasculaires étaient l’échographie Doppler pratiquée chez tous les patients, l’angio-TDM pratiquée dans 12 cas (60 %) et l’angio-IRM pratiquée dans 4 cas (20 %). L’atteinte des troncs artériels supra-aortiques était observée chez 17 patients (85 %) : il s’agissait d’une sténose des artères sous clavières dans 14 cas (82 %), des carotides dans 13 cas (76 %) et du tronc brachiocéphalique dans 5 cas (29 %). Une atteinte de l’aorte ascendante était retrouvée dans 2 cas et celle de la crosse aortique dans 2 cas. L’atteinte de l’aorte thoracique descendante était identifiée dans 3 cas (15 %) alors que l’aorte abdominale était touchée dans 9 cas (45 %). Une sténose des artères rénales était notée dans 4 cas et elle était responsable d’une HTA d’emblée sévère dans 3 cas : elle était unilatérale dans 3 cas et bilatérale dans un seul cas. L’atteinte de l’artère pulmonaire n’était observée que dans un seul cas et elle était responsable d’une hypertension artérielle pulmonaire. Par ailleurs, aucune lésion des coronaires n’était notée. L’atteinte de la vascularisation digestive était observée dans 16 cas (80 %) : l’artère mésentérique était touchée dans 9 cas (45 %) et le tronc cœliaque dans 6 cas (30 %). Outre l’épaississement des parois vasculaires, la sténose était le type de lésion prédominante touchant 13 patients (65 %) alors que l’atteinte anévrysmale n’a été présente que dans 3 cas (15 %). L’imagerie vasculaire non invasive est sensible pour poser le diagnostic de la MT, à tous ses stades évolutifs, remplaçant ainsi l’indication classique de l’artériographie. Le diagnostic précoce et la prise en charge thérapeutique adaptée sont des enjeux importants permettant d’améliorer le pronostic de la maladie.
Les myopathies inflammatoires (MI) sont un groupe de maladies auto-immunes hétérogènes touchant le muscle squelettique à divers degrés de gravité. Les autres organes peuvent être touchés, essentiellement le poumon. Certaines myopathies sont associées à des néoplasies, notamment en présence de certains autoanticorps. Les néoplasies les plus souvent retrouvées sont des néoplasies solides et beaucoup plus rarement des hémopathies malignes. Il s’agit d’une étude descriptive, monocentrique, des patients atteints de myopathie inflammatoires suivis dans le Service de médecine interne de l’hôpital Charles Nicolle de Tunis sur une période de 11 ans (2012–2023). Nous avons étudié les caractéristiques cliniques et évolutives des patients. Nous avons également recensé les néoplasies associées. Nous avons inclus 39 patients suivis pour MI. L’âge moyen de nos patients au moment de diagnostic de la maladie était de 48,6 ans avec une prédominance féminine (69 %). L’âge moyen aux premiers signes de la maladie était de 47,8 ans. Le délai moyen de diagnostic était de 10 mois. Les MI les plus fréquemment retrouvées étaient la dermatomyosite (66,6 %), le syndrome des anti-synthétases (23,07 %) et myosite nécrosante auto-immune (5,12 %). L’atteinte cutanée était la manifestation la plus fréquente (66,7 %), suivie de l’atteinte musculaire (64,1 %), des signes généraux (23 %) et de l’atteinte pulmonaire (12,8 %). La prévalence des cancers était à 20,51 %. Les néoplasies retrouvées étaient principalement des cancers solides : sein (44,4 %), poumon (22,2 %), ovaire (11,1 %) et cavum (11,1 %). L’anticorps anti-TIF1 gamma était présent chez un seul patient atteint d’un cancer du poumon. Une maladie auto-immune associée a été retrouvée chez 50 % des patientes présentant un cancer du sein (hyperthyroïdie et syndrome de Sjogren). Les néoplasies précédaient le diagnostic de myopathie dans 44,4 % des cas. L’évolution était bonne chez tous les patients après avoir contrôlé la néoplasie. Un seul cas de décès a été noté par une détresse respiratoire chez un patient suivi pour une myosite nécrosante auto-immune. La recherche d’une néoplasie sous-jacente est une étape incontournable dans la démarche de prise en charge d’une MI. Dans la majorité des cas, la MI précède la néoplasie, d’où l’importance de répéter ce bilan durant la phase initiale de l’évolution de la maladie.
L’artérite de Takayasu est une vascularite des gros vaisseaux touchant avec prédiction l’aorte et ses principales branches. Classiquement, elle présente deux phases distinctes : une phase systémique pré-occlusive qui succède à la phase vasculaire ou occlusive. Cette dernière est de topographie variable, conférant à la maladie une diversité clinique et radiologique. L’objectif de notre travail était d’étudier les caractéristiques clinico-radiologigique et topographiques ainsi que les complications de l’atteinte vasculaire au cours de l’AT. Étude rétrospective descriptive recensant les dossiers des patients suivis pour une AT, hospitalisés entre 2010 et 2023. Le diagnostic d’AT était retenu selon les critères de l’ACR 1990. Dix-sept patients ont été inclus : 16 femmes et un homme. L’âge moyen au moment du diagnostic était de 34,8 ans [12–60]. L’atteinte vasculaire révélait la maladie dans 82,3 % des cas. L’interrogatoire révélait une claudication des membres (70,6 %), une carotidodynie (23,5 %) et une claudication intestinale (11,8 %). L’examen retrouvait une diminution et/ou une abolition des pouls périphériques (88,2 %), une asymétrie tensionnelles (76,5 %), un souffle vasculaire (58,8 %) et une hypertension artérielle (41,2 %). L’exploration vasculaire radiologique, réalisée chez tous les patients, faisait recours à l’échographie-doppler artérielle (88,2 %), l’angioscanner aortique (76,5 %), l’angio-IRM (11,8 %) et l’artériographie (5,9 %). Les anomalies révélées par l’imagerie étaient dominées par l’épaississement pariétal (100 %), la sténose (94,1 %) et l’occlusion (47,1 %) et elle montrait plus rarement une thrombose (29,4 %) et un anévrysme (11,7 %). La cartographie des anomalies artéritiques chez nos patients concernait les troncs supra-aortiques (82,3 %), l’aorte abdominale (76,5 %), les artères des membres supérieurs (47,1 %), l’aorte thoracique (41,2 %) et les artères des membres inférieurs (35,3 %). Nous avons retrouvé une atteinte de l’artère sous-clavière dans 76,5 % des cas, l’artère axillaire dans 41,2 %, l’artère rénale dans 17,6 % et l’artère mésentérique supérieure dans 5,9 % des cas. Nous n’avons pas retrouvé d’atteinte des artères pulmonaires ni coronaires. La classification radiologique de nos patients était la suivante : type I (17,6 %), type Iia (5,9 %), type IIb (5,9 %), type III (11,7 %), type IV (5,9 %) et type V (52,9 %). Les complications observées étaient un cas d’ischémie aiguë du membre supérieur nécessitant le recours à une thrombectomie de l’artère sous-clavière, une ischémie rénale revascularisé par angioplastie de l’artère rénale, une dissection de l’aorte sous rénale et une ischémie du membre inférieur avec échec du pontage artériel nécessitant finalement le recours à l’amputation du membre. Cette étude a mis en lumière la diversité des manifestations cliniques et des atteintes vasculaires au cours de l’AT. Il convient de souligner la fréquence élevée du type V retrouvée dans notre étude, ce qui concorde avec les résultats des autres séries tunisiennes.
La tuberculose connaît une recrudescence dans les pays en voie de développement notamment avec l’augmentation de la fréquence de l’infection par le VIH et l’accroissement de l’utilisation des médicaments biologiques et immunosuppresseurs. La localisation cutanée est rare et sous-diagnostiquée. Son diagnostic reste difficile en raison du polymorphisme des présentations cliniques responsables d’un délai diagnostique souvent prolongé.L’objectif de notre étude était de rapporter le profil épidémiologique, anatomoclinique et évolutif d’un groupe de patients présentant une tuberculose cutanée.Étude rétrospective descriptive monocentrique portant sur des patients hospitalisés au service de médecine interne B du CHU Charles Nicolle. Le diagnostic de tuberculose cutanée a été retenu sur les données de l’examen anatomopathologique avec présence d’un granulome avec nécrose caséeuse ou sur les données bactériologiques (culture, PCR de la tuberculose). Cette étude s’était déroulée sur une durée de 12 ans entre 2010 et 2022.Nous avons colligé 5 cas de tuberculose cutanée : 3 femmes et 2 hommes. L’âge moyen était de 51 ans avec des âges extrêmes entre 18 ans 78 ans.La forme clinique était variable. Il s’agissait de lésions de type scrofuloderme dans 2 cas, des lésions ulcéreuses orificielles dans un cas, verruqueuses dans 1 cas et à type de gomme tuberculose dans 1 cas.La présence de localisations tuberculeuses extracutanées était notée chez l’ensemble des patients. Ces localisations étaient de type ganglionnaire dans 5 cas et péricardique dans 1 cas.Une tuberculose disséminée était objectivée chez une patiente âgée de 18 ans. Elle présentait des localisations tuberculeuses ganglionnaire, urogénitale, musculosquelettique, pulmonaire, péritonéale et cérébrale.Une thrombose de la veine porte et des infarcissement rénaux étaient retrouvés chez un patient âgé de 35 ans présentant une tuberculose cutanée et ganglionnaire. Une cryoglobulinémie mixte associée était retrouvée chez ce patient.L’IDR à la tuberculine était positive dans tous les cas. Elle était phlycténulaire dans 2 cas.La présence d’un déficit immunitaire, d’une infection VIH ou la prise d’un traitement immunosuppresseur n’a pas été retrouvé chez nos patients.La biopsie cutanée notait la présence d’un granulome tuberculoïde sans nécrose dans 2 cas, avec nécrose fibrinoïde dans 2 cas et avec nécrose caséeuse dans 1 cas. La recherche du génome du bacille de Kock réalisée chez 3 patients était positive dans 2 cas.Tous les patients avaient bénéficié d’une quadrithérapie pendant 2 mois puis bithérapie. La durée moyenne du traitement était de 7,8 mois.Des complications imputables au traitement antituberculeux étaient rapportées dans 2 cas à type de perturbation du bilan hépatique.L’évolution était favorable chez tous les patients. Chez le patient présentant une cryoglobulinémie mixte, le contrôle du bilan immunologique au terme du traitement montrait une négativation de la cryoglobulinémie.La tuberculose cutanée est une entité certes rare, mais encore présente surtout dans les pays d’endémicité. Les aspects cliniques étant multiples, la biopsie cutanée est recommandée devant toute lésion cutanée chronique et traînante. Elle constitue un site de biopsie préférentielle permettant de poser le diagnostic de la tuberculose. Elle épargne ainsi aux patients des explorations souvent coûteuses et invasives.
Le syndrome de Leser-Trélat est un syndrome paranéoplasique cutané rare. Il se manifeste par l’apparition rapide et extensive d’une kératose séborrhéique, généralement associé à une néoplasie digestive, en particulier les adénocarcinomes. Nous rapportons le cas d’un patient présentant une kératose séborrhéique d’installation brutale aboutissant au diagnostic d’un adénocarcinome gastrique. Un patient âgé de 66 ans, tabagique, sans antécédents notables, s’est présenté à nos consultations pour des lésions cutanées apparues en efflorescence brutale au niveau du dos depuis 3 mois. L’examen objectivait des dizaines de lésions hyperpigmentées brunâtres au niveau du dos, ovalaires, majoritairement verruqueuses, très évocatrices d’une kératose séborrhéique. L’examen était normal par ailleurs. À l’interrogatoire, il rapportait la notion d’épigastralgies, anciennes et fluctuantes sans altération de l’état général. L’examen dermatologique et la biopsie confirmait la kératose séborrhéique. À la biologie, il présentait une anémie microcytaire ferriprive à 10 g/dl associée à un syndrome inflammatoire biologique. Le scanner abdominal montrait un épaississement pariétal bourgeonnant de la petite courbure gastrique envahissant l’adventice et arrivant au contact de la languette hépatique avec des adénomégalies cœliaques, mésentériques supérieures et de la petite courbure. Une fibroscopie œsogastroduodénale était réalisée mettant en évidence une formation ulcéro-bourgeonnante largement nécrosée s’étendant jusqu’à l’angle de la petite courbure, avec au niveau de l’antre une infiltration de la région antrale en prépylorique avec un aspect ulcéré associé à une formation pseudo-polypoïde. L’étude anatomopathologique confirmait la présence d’un adénocarcinome peu différencié avec contingent à cellules en bague à châton. Le diagnostic d’un syndrome de Leser-Trélat révélant un adénocarcinome gastrique était retenu et le patient était adressé au service de chirurgie générale pour prise en charge. La description de ce syndrome en tant que syndrome paranéoplasique reste controversée par certaines équipes, en particulier la chronologie entre son installation et la survenue de la néoplasie en question. Les syndromes paranéoplasiques peuvent être le seul point d’appel permettant le diagnostic d’un cancer. Des explorations devraient être indiquées dès leur constatation par le clinicien.
La dépression constitue une des manifestations neuropsychiatriques du lupus érythémateux systémique (LES). Sa prévalence est estimée entre 11,5 % et 47 % au cours du LES. Malheureusement, elle est souvent occultée par les cliniciens. L’objectif de notre étude était d’évaluer la dépression chez nos patients lupiques et de rechercher les facteurs de risque qui s’y associent. Étude transversale monocentrique incluant les patients âgés de plus de 18 ans, suivis pour un LES vus aux consultations externes d’un service de médecine interne sur une période de 6 mois (juillet 2022–décembre 2022). La dépression était évaluée par le Patient Health Questionnaire (PHQ)-9, la qualité de vie par le Short-Form (SF)-12 et l’activité de la maladie par le Clinical SLEDAI-2k. Quarante patients ont été inclus: 36 femmes et 4 hommes. L’âge moyen au moment de l’entretien était de 43,9 ± 10,9 ans [21–68]. Le score clinical-SLEDAI médian de nos patients était de 0,27 [0–4]. La maladie était jugée non active dans 87,5 % des cas et en activité légère dans 12,5 % des cas. Le score PHQ moyen était de 5,78 [0–22]. Selon le PHQ, 77,5 % des patients présentaient une dépression: dépression légère (35 %), minime (25%), modérée (7,5 %), modérément sévère (7,5 %) et sévère (2,5 %). Une patiente avait exprimé des idées suicidaires. La dépression était significativement associée le mode de vie seul (p = 0,016) et la présence d’une atteinte cutanée (p = 0,032). La dépression modérément sévère et sévère étaient significativement associées à un âge au moment de l’entretien entre 40 et 60 ans (p = 0,027), la présence d’un diabète associé (p = 0,039), d’une dyslipidémie (p = 0,017) ou d’un syndrome de Sjögren (p = 0,006), à une altération de la qualité de vie mentale (p < 0,001), à un âge de début de la maladie < 35 ans (p = 0,001), à un âge au moment du diagnostic < 40 ans (p = 0,004), à la positivité des anticorps anti-ribosomes (p = 0,008), à la polymédication (p = 0,027) et au cout mensuel du traitement supérieur à 50 TND (l’équivalent d’environ 15 Euro) (p = 0,03). Notre étude a révélé une prévalence plus élevée de la dépression chez nos patients lupiques par rapport à la littérature. Cette constatation devrait nous inciter à dépister précocement la dépression chez tous les patients lupiques et surtout ceux à risque afin de les orienter pour une prise en charge et des soins appropriés.
Le lupus érythémateux systémique (LES) est une maladie multisystémique chronique pouvant entraîner des répercussions importantes sur le plan physique, émotionnel et social. La compréhension de la qualité de vie (QDV) des patients lupiques est donc essentielle pour améliorer leur prise en charge médicale et leur bien-être général. L’objectif de notre étude était d’évaluer la QDV des patients lupiques tunisiens et d’identifier les facteurs l’influençant. Étude transversale colligeant les patients suivis pour LES vus aux consultations externes entre juillet 2022 et décembre 2022. La QDV a été évaluée par le questionnaire Short Form (SF)-12,la dépression par le Patient Health Questionnaire (PHQ)-9 et l’activité de la maladie par le Score Clinical SLEDAI-2k. Nous avons inclus 40 patients répartis entre 36 femmes et 4 hommes (genre ratio F/H : 9).L’âge moyen au moment de l’entretien était de 43,9 ± 10,9 ans [21–68]. Le score SLEDAI moyen était de 0,27 [0–4]. La QDV physique était altérée chez 42,5 % des patients, et la QDV mentale chez 25 % des patients. La dépression était significativement associée à une dégradation de la QDV physique et mentale (p < 0,001 dans les 2 domaines). L’altération de la QDV physique était significativement associée à un âge au moment de l’entretien > 40 ans (p = 0,033), un âge de début de la maladie < 35 ans (p = 0,038), un âge au moment du diagnostic < 40 ans (p = 0,036), au délai d’évolution de la maladie (p = 0,024), au nombre de poussées présentées (p = 0,019), à la prescription d’une corticothérapie (p = 0,014) et au nombre de traitements prescrits (p = 0,015). Les facteurs significativement associés à une altération de la QDV mentale étaient : l’âge au moment de l’entretien < 40 ans (p = 0,016), l’âge de début de la maladie < 35 ans (p = 0,001), l’âge au moment du diagnostic < 40 ans (p = 0,017), le nombre de personnes vivant avec le patient (p = 0,023), le nombre d’enfants (p = 0,022), la présence d’une hypertension artérielle (p = 0,003) ou d’un diabète (p < 0,001), le nombre de traitements prescrits (p = 0,003), de prises journalières (p = 0,01) et de comprimés (p = 0,011). Cette étude met en évidence l’impact significatif de divers facteurs, en particulier sociodémographiques, relatifs à la maladie et au traitement prescrit sur la QDV des patients lupiques en Tunisie. Ces résultats soulignent l’importance d’une prise en charge globale pour améliorer la QDV de ces patients.